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Leur « Union nationale », c’est la « soumission »

«Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.» Guy Debord
C’est un indicible écœurement que toute personne intègre devrait ressentir devant le déferlement de glu sentimentale et d’obscénité auquel a donné lieu le massacre commis à l’encontre des journalistes de Charlie-Hebdo. Et de mensonges aussi. Notamment celui d’une France unie et debout face à l’intolérance, alors que la comédie de l’union nationale qui se joue devant nous, du NPA à l’UOIF en passant par l’UMPS,  n’est rien d’autre que la manifestation de la soumission de la France institutionnelle devant l’islam le plus barbare. Comment en effet qualifier l’invitation des Frères musulmans de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) à participer à la manifestation du 11 janvier, sinon de capitulation et de consentement à l’islamisation de la société française ? Comment ne pas voir que cette mascarade ne fait finalement que donner raison à Houellebecq : l’unité nationale du moment  se réalisant sur le dos du Front national et des « méchants » du moment, les Zemmour, Camus, Millet et Finkielkraut qu’une certaine presse commence déjà à rendre responsable du carnage, du fait d’un climat « nauséabond » et « islamophobe » qui règnerait dans le pays ?
Tout cela était malheureusement prévisible. Qu’attendre en effet d’une classe politique qui brade au nom du néant « européen » la souveraineté du peuple, qui suit servilement  les injonctions américaines en s’alignant sur l’axe wahabbite Doha-Ryad, qui enterre tous les jours un peu plus la laïcité en subventionnant généreusement les constructions de mosquées abandonnées aux bons soins  des imams de l’UOIF ? Que penser d’une UMP dont le président, à peine élu, n’a rien de plus urgent à faire que de courir au Qatar toucher 100 000 euros ? Que penser d’un Juppé dont la seule ligne politique à peu près identifiable est la lutte contre l’islamophobie ? Que penser d’une gauche et d’une extrême-gauche qui n’ont cessé de stigmatiser le « racisme antimusulman »  de Charlie-Hebdo (de Boniface, le porteur d’eau de Médine, à Besancenot en passant par Bedos, qui lui souhaitait carrément, selon ses propres termes, que le journal « crève »), tout en défilant à Paris aux côtés des Indigènes d’opérette devenus  la branche parisienne Hamas, ignorant pudiquement les drapeaux noirs du djihad qui parsemaient les manifestations, les prières de rue et les tentatives de pogroms à l’encontre des juifs de Sarcelles et d’ailleurs ? De quoi se plaignent-ils ? Pourquoi gémissent-ils ? Les frères Kouachi ne sont rien d’autre en effet que les fruits amers  de leur lâcheté et leurs mensonges, et les larmes de crocodile et les indignations vertueuses n’y changeront rien.  « Nul ne ment plus qu’un homme indigné » écrivait Cioran : il avait raison.
Michel Gandilhon




Dieudonné ou le pogrom à la portée des caniches

Ce serait une erreur à la faveur du psychodrame entourant les provocations souvent sinistres de Dieudonné de ne voir dans la mise en scène  obscène de l’antifascisme à deux sous d’un ministre de l’Intérieur, qui ne prend même plus la peine de cacher ses ambitions, que les manipulations d’un pouvoir aux abois. Certes la manipulation est évidente et l’instrumentalisation de Dieudonné s’inscrit dans les tentatives menées depuis des mois (Millet, Méric, Taubira), dans la grande tradition mitterrandienne des années 1980, de jouer sur la peur d’une menace « fasciste » largement imaginaire pour souder une partie d’une clientèle électorale saisie par le doute autour de Hollande. Tout cela est incontestable, mais l’affaire Dieudonné est intéressante à plus d’un titre car elle est un révélateur des évolutions sociologiques que connaît la société française depuis trente ans.

Evolution ethnique d’abord qui voit l’émergence d’un pays communautarisé – processus célébré par la doxa sous le nom de « diversité » – livré à une intense compétition victimaire dont les juifs et la nation française sont les boucs émissaires par une sorte de mécanisme très girardien. Un ressentiment immense traverse en effet aujourd’hui certaines franges des populations venues du Maghreb et d’Afrique noire qui voudraient voir se reconnaître, à l’instar des juifs, considérés comme les « chouchous » de la République, un statut de victimes au nom de l’esclavage et de la domination coloniale. Il est fascinant de voir à quel point ceux qui s’affichent comme antisionistes ne font finalement qu’imiter dans le cadre d’une surenchère mimétique leurs frères ennemis de la LICRA ou du  CRIF en exigeant sans cesse de l’Etat des repentances, des lois mémorielles, des séances d’expiation et des « tribunaux dinatoires » sur le modèle des dîners ridicules où chaque année le Président de la République est sommé de venir s’expliquer de sa politique devant le gotha communautaire. Crime contre l’humanité pour tous, lois mémorielles pour tous, conseils représentatifs pour tous, Dieudonné, à côté du CRAN ou du CRIF,  n’est finalement que le point de cristallisation d’un phénomène où la jalousie le dispute à la haine et où s’opère le recyclage original d’un vieil antisémitisme  français (Drumont, Céline) sur fond d’antijudaïsme coranique mis à la sauce antisioniste. Dieudonné en somme aujourd’hui c’est l’accouplement grotesque de Drumont et Mahomet, une sorte de socialisme des imbéciles du XXIe siècle.

Mais Dieudonné n’est pas seulement cela. C’est aussi le produit de trente ans de gauche  showbiso-sociétalo-culturaliste et du règne de l’a-pensée Canal-Plus. Un produit de vingt ans de déculturation incarné par le règne des amuseurs et des ricaneurs salariés profanant tout sur leur passage, enfin presque puisque c’est finalement ce pauvre catholicisme, véritable paillasson des amuseurs, qui fait la plupart du temps  les frais de ce nouveau conformisme de masse tissé de provocations minables fondées sur l’assurance que les moqués ne réagiront pas. Dans la France d’aujourd’hui les rebelles sont courageux mais pas téméraires. Un pays et un gouvernement qui fait des Femen des héroïnes de la liberté d’expression, avec le soutien de Patrick Klugman, Caroline Fourest et de SOS Racisme, ne doit pas s’étonner qu’aujourd’hui un Dieudonné surgisse pour se livrer à ses petites profanations personnelles en faisant du génocide des juifs un sujet de réjouissances et de moqueries. Tout cela est dans l’ordre des choses et Dieudonné n’est rien d’autre que le fils indigne de la gauche divine.

Victor Serge disait de Bagatelles pour un massacre qu’il ne s’agissait de rien d’autre qu’un pogrom en 400 pages. Un spectacle de Dieudonné c’est un pogrom en deux heures. Mais un pogrom à la portée des caniches car comme l’écrivait le juif Marx l’Histoire se répète toujours deux fois : la première en tragédie, la seconde en farce.

Michel Gandilhon




Faut-il rappeler à la gauche son animalisation historique de tout opposant ?

« Les Français sont des porcs consanguins »,

Médine (le rappeur préféré de Pascal Boniface)

Il aura fallu les saillies d’une enfant et d’une obscure candidate du Front national, la couverture d’un  fanzine que personne ne lit plus, pour que la gauche « divine » sonne le tocsin en invoquant ce grand classique de l’antifascisme hypermnésique que sont les « heures-les-plus-noires-de-notre-histoire ». Ainsi, l’heure serait aujourd’hui aux années trente avec l’éternel  retour d’une France raciste, cédant, dans la grande tradition de la stigmatisation coloniale, aux vertiges de l’animalisation d’une ministre noire, expulsée ainsi de l’humanité selon une tradition propre à l’extrême-droite raciste.

Une fois de plus, la gauche éternelle fait la preuve de sa mémoire courte. Rappelons-nous les années 1930, justement, et la terreur stalinienne qui battait alors son plein en URSS, tandis qu’en France, ses relais politiques du PCF stigmatisaient ceux qui refusaient de prendre les vessies du stalinisme pour les lanternes du socialisme : « Chiens enragés », « hyènes dactylographes », « vipères lubriques », les doux épithètes issues de l’imagination fertile du  procureur des  procès de Moscou −  auxquels soit dit en passant la vertueuse ligue des Droits de l’homme n’avait rien trouvé à redire − et de la logorrhée stalinienne allaient irriguer durablement toute une partie de la gauche française.

Tout cela, rappelons-le aux ligues de vertu héritières de cette glorieuse tradition intellectuelle comme le MRAP, sur fond d’une des terreurs politiques les plus terribles que l’Histoire ait jamais vue, marquées par la mort de ces millions de personnes traitées de « poux », « cafards », « parasites » et autres « punaises » dont le camarade Lénine, s’était déjà proposé, pendant la guerre civile des années 1920, de délivrer la terre russe.  Excès bien compréhensibles d’une époque troublée répondra l’indulgent. Mais non. L’animalisation de l’ennemi du « paradis socialiste » poursuivra son triste cours dans les années 1950 avec les condamnations de la « vermine » titiste, des « chiens enragés » des procès de Prague, tandis que Sartre, en France, apportera sa contribution à la barbarie en clamant en écho dans le Temps modernes que « tout anticommuniste est un chien ».

La tradition des taches de sang intellectuel, que les criminels de séminaire − cette tradition si française pour le coup – aiment à répandre, sera prolongée en 1968 par les gardes rouges d’opérette de la Gauche prolétarienne  et arrivera jusqu’à nous par la grâce du polpotiste Badiou comparant Sarkozy à un « rat ».

Non décidément une certaine gauche n’a rien à envier à une certaine extrême-droite, d’autant plus que ces tristes procédés ne sont pas l’apanage des illuminés du stalinisme et du maoïsme. Que dire du Monde qui pendant des années, par l’intermédiaire de l’artiste Plantu, a affublé en première page Jean-Marie Le Pen d’un groin ? Que dire de Rouge, pourtant héritier d’une tradition politique qui aurait dû l’immuniser contre ce genre de pratiques, qui faisait sa une en 1986 sur les « 32 rats en habit de gala » au moment de l’entrée des députés du FN à l’Assemblée nationale ? Que dire de ce recours permanent au syntagme pétrifié de la « bête immonde » pour qualifier tous ceux qui ne s’aplatissent pas devant le monde merveilleux de la mondialisation heureuse, de l’Union européenne et ne renchérissent pas sur  les indignations exsangues des « intellectuels intègres » ? Et que dire du poète Mélenchon, ce roi de l’ellipse, qui pleurniche dans les médias en se demandant pourquoi l’on n’arrive pas à ramener Marine Le Pen dans sa « cage ».

Animalisation ? Vous avez dit animalisation ?

Michel Gandilhon




Les ébouriffantes découvertes de la sénatrice Benbassa

« Je demande donc que tous les hommes soient libres, sans distinction de couleur »

René Levasseur, jacobin (16 pluviôse an II)

La rentrée 2011 restera sans doute dans les annales de l’historiographie de la Révolution française comme le moment d’un changement de paradigme absolument essentiel. Ce grand bouleversement, que l’on doit à Esther Benbassa, « historienne » de tendance « postcoloniale » et sénatrice fraichement élue d’EE-LV (Europe écologie-Les Verts), a trait notamment à la représentation du jacobinisme telle qu’elle prévalait il y a peu encore. En effet, pour les historiens et le grand public, le club des Jacobins, et son plus éminent représentant, Maximilien Robespierre, symbolisait l’aile la plus intransigeante de la Révolution française ; la fraction la plus déterminée à faire triompher la République et ses idéaux d’égalité politique. Certains historiens, comme Albert Mathiez, voyaient même dans le jacobinisme, du fait de son alliance avec les classes populaires des villes en 1793, et sa politique économique hardie[1], fondée sur le droit à la subsistance, une préfiguration de l’audace des bolchéviks de 1917.

Quoi qu’il en soit, jusqu’à l’irruption remarquable de Madame Benbassa dans le champ de l’histoire de France, on pensait que la défense de l’homme universel avait conduit les Jacobins à appuyer à l’Assemblée législative, le 27 septembre 1791, la loi faisant des juifs des citoyens ; à soutenir quand ils étaient au pouvoir, et y compris militairement, la grande révolte des esclaves noirs de la colonie de Saint-Domingue et voter, le 16 pluviôse an II (4 février 1794), sur proposition d’un certain Levasseur[2], l’abolition de l’esclavage[3] ; et à mener une politique vigoureuse de lutte contre la principale institution de la société féodale : l’Eglise catholique. Bref à être « le fer de lance de la politique démocratique révolutionnaire »[4]. Hélas, tous ces faits, comme nous allons le voir, n’étaient que des représentations erronées ; des considérations nulles et non avenues.

Que lit-on en effet dans l’introduction rédigée par Esther Benbassa au dossier du hors-série de la revue Mouvements, éditée par les éditions La Découverte, consacré à La France en situation postcoloniale ? :

« La France n’a jamais cessé d’être nationaliste, d’un nationalisme lié directement à l’essence même du jacobinisme [nous soulignons (NDR)] qui, s’il se présente sous le label d’un universalisme, entend d’abord assurer la domination d’une couleur, d’une religion et d’un genre. Un « universalisme » donc blanc, masculin et catholique. Et qui se ressource, le cas échéant, dans la laïcité, laquelle, à son tour, peut à certains moments tourner au dogmatisme laïciste. »

Ce bouleversement historiographique est tellement énorme que le lecteur, longtemps abusé par le bourrage de crâne du dogmatisme laïciste à l’œuvre depuis les lois intégristes de 1882, se frotte les yeux et relit le paragraphe plusieurs fois avant de jeter l’éponge et convenir, avec tristesse et colère (contre l’école laïciste et autoritairement obligatoire), qu’il a été floué. Le jacobinisme n’était en fait, si l’on en croit du moins Madame Benbassa, rien d’autre que l’incarnation de la bête immonde raciste, cléricale et machiste. En quelque sorte, un ancêtre de l’Action française…

Il ne fait aucun doute que cette découverte historique fondamentale, qui fait ainsi de Robespierre  le père spirituel de Charles Maurras, fera date et mérite d’ores et déjà de rejoindre dans l’empyrée de l’Histoire les trouvailles[5] de Reynald Sécher relatives au « génocide » vendéen qui font du Comité de salut public le précurseur du Reichstag d’Adolf Hitler ou du « soviet » suprême de Joseph Staline…

Mais, trêve d’ironie. Une fois retrouvé ses esprits devant l’hénaurrrmité des assertions benbassiennes, le lecteur se pose une question de bon sens : qu’est-ce qui justifie qu’une revue comme Mouvements publie de telles inepties ? La réponse est complexe et se trouve probablement à l’intersection de plusieurs phénomènes. Le premier tient aux modes intellectuelles et aux vanités qui agitent régulièrement l’intelligentsia parisienne. Après, l’existentialisme, le structuralisme, le stalinisme, le maoïsme, les habits neufs de l’idéologie sont à la mode postcoloniale et à la « déconstruction » − coquetterie derridienne −, de la Nation[6]. Le deuxième tient à la décomposition idéologique accélérée dans laquelle est entrée une partie de la gauche politique, si bien incarnée par le Parti socialiste et EE-LV − et à l’œuvre aujourd’hui dans ce temple de la démocratie participative qu’est le Sénat −, laquelle ne voit plus dans l’héritage de la tradition républicaine, ouvrière et laïque qu’une émanation du fascisme et du racisme. Tradition dont les écologistes et les think-tankistes de Terra Nova veulent se débarrasser au plus vite pour laisser place à celle d’un libéralisme multi-culturaliste à forte teneur obamienne. Exagération ? Non. Le lecteur attentif en poursuivant sa lecture de Mouvements verra que le numéro a été réalisé sous le patronage de la Mairie de Paris et de…l’ambassade des Etats-Unis, qui sont chaleureusement remerciées pour leur soutien. Tout se tient en effet. Au nom des « pa-ris du vivre ensemble » (nom de l’association présidée par Esther Benbassa), la République se doit d’être délivrée, sous l’aiguillon enthousiaste du PS, des Verts et des libéraux américains, de ses démons laïcistes et universalistes au profit d’une laïcité « ouverte », d’un relativisme culturel généralisé sur fond d’un revival régionaliste voué à en finir avec le modèle de la République une et indivisible. C’est d’ailleurs in fine un élément rassurant pour Madame Benbassa. Ses élucubrations complaisamment publiées par La Découverte ne sont pas l’expression d’un égarement passager et d’une confusion mentale regrettable mais la manifestation d’un projet politique précis[7], déterminé, cohérent. D’ailleurs, elle vend elle-même la mèche dans sa présentation en expliquant que « Le postcolonial en France ramène d’emblée au politique plus qu’à l’histoire dans la mesure où il interroge avec force l’identité nationale et le nationalisme ». Au politique plus qu’à l’histoire : en effet. On ne saurait mieux dire.

Michel Gandilhon



[1] Voir notamment son ouvrage Girondins et Montagnards, Editions de la Passion, 1988.

[2] Sur le sarthois René Levasseur, voir le numéro 50 des Cahiers du mouvement ouvrier consacré à la Révolution française.

[3] Voir l’ouvrage, Périssent les colonies plutôt qu’un principe ! Contributions à l’histoire de l’abolition de l’esclavage, 1789-1804, réalisé sous la direction de Florence Gauthier, Société des études robespierristes (horresco referens !), 2002.

[4] Pour reprendre l’expression de Jean-Marc Schiappa. Voir La Révolution française, 1789-1799, Librio, 2005.

[5]Dernière en date, dont le récit est donné dans le numéro 57 de La Nouvelle revue d’Histoire (novembre-décembre 2011) : une lettre du Comité de salut public, retrouvée aux Archives nationales, signée par Robespierre, Carnot et Barère, commandant l’« extermination » de la Vendée.

S’il n’est pas question de nier le caractère atroce, dénoncée d’ailleurs par Babeuf, de la répression menée par la Convention du soulèvement vendéen, sa caractérisation comme « génocide » relève de l’extravagance historique la plus totale. A ce compte, le ravage du Palatinat par les troupes de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle ou les guerres contre les Camisards pourraient aussi être qualifiés ainsi, ce qui serait bien entendu une absurdité. 

[6] Sur ce carnaval académique (Jean-François Bayart), voir l’excellent livre d’Yves Lacoste, La question postcoloniale : une analyse géopolitique, Fayard, 2010.

[7] Ce projet politique de déconstruction de l’héritage républicain s’exprime aujourd’hui au Sénat avec l’alliance PS-PC-EE-LV-Front de gauche sous l’égide de l’ancien militant de la LCR, Jean-Pierre Bel. Au programme, le droit de vote des étrangers (proposition portée par… Esther Benbassa, laquelle a déclaré au site d’information Mediapart qu’il n’était pas opportun – étrange d’ailleurs pour une partisane proclamée de la démocratie directe et participative− que le peuple  fût consulté pour l’occasion sur ce radical bouleversement de la conception de ce qu’est la citoyenneté) et la légalisation des drogues illicites.