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Vive le rire et le rut !

J’ai eu l’occasion de lire dans le RL 84, un article sur la prestation d’Erika Moulet chez Ruquier, dans la grand’messe du samedi « On n’est pas couché ».
Comme j’avais enregistré l’émission, j’ai eu tout loisir de la voir et de la revoir…Pleine de bonne volonté, j’ai voulu débusquer l’hallali dont il était question. Je n’en ai pas vu la moindre trace. Il y avait bien une biche gracile cernée par la meute, mais cette dernière était, pour une fois, pleine de bonhomie, de bienveillance et de bonne humeur.
En voici ma lecture.
Les protagonistes: la ravissante présentatrice du JT qui officie sur LCI le week-end.
En face d’elle, outre nos deux snipers habituels (Zemmour et Naulleau) il y avait un autre tonton flingueur Guy Carlier…et l’humoriste Patrick Timsit.
Tout le monde était subjugué par cette grâce raphaélique. Même les cameramen la caressaient sous tous les angles !
Ruquier, pourtant guère suspect d’attirance pour les femmes, en bredouillait des éloges itératifs et s’évertuait à lui arracher un sourire. Bon, c’est vrai que même aplati de gentillesse, il était parfois un peu lourd…mais tout le monde n’a pas la verve spirituelle d’un Talleyrand, pour faire sa cour !
La belle, imperméable à la gaîté ambiante et à ces hommages appuyés, attendait en silence qu’on parle de…choses sérieuses, c’est-à-dire de son boulot.
Certes, elle fleurait bon l’intelligence, la subtilité, la simplicité, loin des codes bobos de la vie parisienne.
Mais son exquise politesse, son air impénétrable décourageaient toute familiarité.
Timsit qui la défendit en mettant Ruquier en boîte à deux reprises, fut foudroyé par ses yeux-revolvers.
Zemmour tenta bien de placer une ou deux rengaines de misogynie ordinaire…mais on le sentait mal à l’aise. Et il battit très vite en retraite.
Carlier n’a pipé mot, sauf pour dire que le qualificatif « amusant » ne convenait guère à la demoiselle.
Quant à Naulleau, le lance-flammes de service, il s’était transformé en gros chat muselé, ronronnant et énamouré !

Certes, on a à peine parlé de son job (heureusement d’ailleurs, car le peu qu’elle en a dit était trop lisse, trop propre, trop correct) On a plus évoqué ses goûts non-conformistes (tango, bal popu, servir les plats dans la pizzeria de maman à Verdun…) qui en faisaient presque une extra-terrestre dans ce milieu paillettes.
Cette salve de phéromones, plus amoureuse que sexuelle, n’atteignait pas la blanche colombe !
C’est seulement à la fin que Timsit s’est un peu insurgé contre l’image de papier glacé qu’elle renvoyait. Mais sa sortie a été coupée net par un Naulleau sous le charme, qui lui faisait signe de se taire. Une inversion des rôles assez surréaliste !
Bref ce soir là, notre sirène a dominé le plateau de son silence marmoréen et de son regard ensorcelant…et a réussi le tour de force de déstabiliser tous ces vieux singes habitués à dézinguer les autres.
En tout cas, rien à voir avec la présentation qui en a été faite, du tendron virginal, victime d’une horde de machistes hyper-testostéronés, jaloux et frustrés, acharnés à la dépecer !
En ce qui me concerne, je suis heureuse de vivre dans le pays des cours d’amour, de Rabelais et de Marivaux, où on sait savourer la beauté et où on ose encore exprimer son admiration !
Ne boudons pas notre plaisir. N’imitons pas le Woman’s Lib américain qui, dès qu’un homme rend hommage à la plastique d’une femme, est prêt à le traîner en justice pour machisme et autres turpitudes….
Au-delà des mines compassées des dames patronnesses et des moues offusquées des puritains en tout genre, portons un toast à la délicieuse légèreté de l’être. (Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a rien dans la tête)
Rengainez vos poussées d’aigreur, tristes gardiens de la morale qui appelez vices les plaisirs qui vous échappent et vertus les infirmités qui vous arrivent, selon la belle expression d’Alphonse Karr…
Préférez-vous des femmes séductrices…ou voilées jusqu’aux yeux ?
Et vous femmes, préférez-vous un regard masculin de caresse et de convoitise, ou les yeux atones et méprisants des ayatollahs ? .
Alors vive le rire et le rut !… J’en fais ma devise.
Morgana




Un rapport tout en émotion avec une Taslimania avouée

Il m’a été demandé d’exprimer mon « ressenti » sur les 2e Rencontres Laïques Internationales auxquelles j’ai pu assister le samedi 4 avril 2009 à la Bourse du travail de St-Denis.
Je ne vous parlerai pas du fond. D’autres seront mieux qualifiés que moi pour vous raconter en détail la teneur de chaque exposé.
J’ai passé quelques heures de pur bonheur. Quelle bouffée d’oxygène de sortir des problèmes franco-français pour écouter les témoignages souvent poignants d’outre-hexagone !
Comme cela réchauffe le coeur de voir des militants se battre pour défendre ou introduire la laïcité dans des pays où l’évocation de ce seul mot peut entraîner la mort !
Sont intervenus dans cette table ronde deux représentants du MDSL algérien. (Mouvement Démocratique Social et Laïque) : Moulay CHENTOUF et Aouicha BEKHTI.
Cette dernière notamment nous a bouleversé – et nous a fait éclater de rire également – par son éloquence naturelle à pointer les pressions théocratiques qui oppriment son peuple.
Il y a eu également Marieme HELIE-LUCAS, Algérienne fondatrice du WLUML (femmes sous la loi musulmane) qui nous a fait un historique d’une grande clarté sur l’infiltration progressive du bloc des fondamentalistes dans les instances internationales. Elle a conclu son discours en nous prévenant contre toute essentialisation de l’Islam, soulignant que ce n’est pas cette religion qui est à combattre mais son instrumentalisation politique.
Il y a eu la brillante intervention de l’Indien Harsh KAPOOR qui nous a beaucoup appris sur le noyautage des intégristes dans tous les milieux, y compris au sein de l’armée.
La philosophe Catherine KINTZLER nous a donné une définition limpide, teintée d’humour, de la laïcité, marquant bien la différence entre un régime de laïcité et un régime de tolérance.
Christian TERRAS, rédacteur en chef de la revue des catholiques de gauche « Golias », nous a exprimé ses prises de position laïques. Des croyants ouverts comme cela, on en redemande !….Surtout dans cette conjoncture où un pape d’extrême-droite commet ses méfaits à travers la planète !
Intervenante non prévue au programme, la Polonaise Nina SANKARI (qu’elle m’excuse si j’écorche son nom) nous a informé des derniers assauts des extrémistes catholiques dans son pays.
La sociologue sénégalaise Fatou SOW nous a brossé un tableau éloquent des compromis passés entre les politiques et les religieux, concernant notamment le Code de la famille au Sénégal… Passionnant !
Azar MAJEDI, Iranienne de l’Organisation for Women’s Liberation, a fait le seul discours controversé, car elle l’a orienté vers des prises de position politiques (Obama, le conflit israélo-palestinien…) qui ne pouvaient que diviser un auditoire jusque là consensuel.
Vibrante intervention de l’Anglo-iranienne Maryam NAMAZIE, qui a publiquement apostasié sa religion et qui milite activement contre la Charia en Grande-Bretagne, le pays d’Europe le plus gangrené par les fondamentalistes.
(Dommage : traduction cafouilleuse phrase par phrase, qui a amoindri l’éclat de son talent oratoire)
Et enfin l’apothéose, le frisson intégral : la belle Bengalie condamnée à mort il y a 15 ans, par une fatwa des fous d’Allah, Taslima NASREEN, qui, du fond de son exil, continue à dénoncer les conditions des femmes musulmanes et le fanatisme religieux.

Quand elle a pris le micro, et que sa voix mélodieuse, légèrement voilée, dans un anglais parfaitement articulé, a fendu l’espace, une ferveur quasi-religieuse (si j’ose dire !) a saisi la salle.
Les silences émus qui ponctuaient ses phrases et aéraient son discours, apportaient à l’assistance, une intense charge émotionnelle.
Elle a raconté ses luttes, avec calme et dignité. Et puis il faut bien le dire, elle a déploré que la gauche européenne l’ait si peu soutenue….
A elle toute seule, elle réunissait le charisme d’Obama, l’aura d’un Gandhi et la beauté rebelle du Che !
Merci Taslima, Maryam, Harsh, Fatou, Aouicha, Marieme et les autres… Quand on rêve tout seul, il ne s’agit que d’un rêve. Quand on rêve ensemble, c’est le commencement de la réalité.
Peut-être que cette vision affective et positive que je vous ai donnée, en agacera certains, prompts à la critique et âpres dans la contradiction….Mais voilà, c’est mon ressenti. Je n’y peux rien, personne ne peut me l’enlever.
Morgana