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Bobards d’Or 2012 : une entreprise de salut public

Caroline Fourest, primée aux Y a bon awards 2012, n’a pas apprécié la distinction. Signe des temps, celle que l’on classera sans hésiter dans la catégorie donneuse de leçons institutionnelle sur l’islam, le féminisme ou la laïcité, a été arrosée par ceux-là même que beaucoup considèrent comme ses pairs idéologiques dans le Grand Ordre des gentils qui pensent bien. L’experte en dogmes antiracistes a découvert qu’en son sein elle couvait un monstre, et que des Rokhaya Diallo et des Houria Bouteldja n’ont pas d’amis ni d’alliés : seulement des ennemis communs. Celle qui traînait Riposte Laïque dans la boue, celle qui emploie sans rougir le terme d’intégriste pour définir la Fraternité Saint Pie X a appris – à ses dépends et sous le sourire narquois de millions de Français qui n’en pouvaient mais – que la bêtise entraînait la bêtise et l’incohérence une incohérence plus grande encore.

Pendant, donc, que se déroulait cette mystification des supposées victimes du racisme, où la couleur de peau relève de l’obsession pathologique, et où la défense de l’islam prend des airs de grand-messe aux antiennes enamourées, avaient lieu les Bobards d’Or 2012, organisés par Polémia.

S’il est un mouvement à défendre, soutenir et encourager plus que les autres, c’est bien Polémia. Car Jean-Yves Le Gallou et ses troupes s’appuient sur une arme efficace et sûre, sur ce dont notre pays (évitons le mot désormais honni de civilisation), de Rabelais à Desproges, a toujours usé pour renverser les puissants : rire d’eux, de leurs vices et de leurs mensonges, de leurs péchés véniels et de leurs impardonnables insultes à la vérité et à la justice. Tandis qu’un Drucker ou une Elkrief ronronnent d’autosatisfaction tout en distribuant des satisfecit de bienséance idéologique, Polémia veille, l’air patelin, la griffe cachée, l’œil grand ouvert. Presse, radio, télévision, ils ne vous épargnent rien des énormités qui vous sont assénées chaque année, à chaque seconde, lorsque vous écoutez Europe 1 en avalant le café matinal, ou quand, épuisé par une journée de travail, vous vous affalez devant BFM TV.

Polémia, par la voix de Jean-Yves Le Gallou, a annoncé la mise en place d’un Observatoire des journalistes et des médias. Site internet participatif, il aura pour objectif d’assurer « la traçabilité idéologique et politique des journalistes. » Il fallait y penser, et il fallait le faire. Une fois de plus, Polémia démontre la nécessité de son existence. Car si un Ruquier n’hésite pas à dire qu’en 2007 il vota pour Ségolène Royal, combien de journalistes et combien de médias dévoilent sans sourciller leur passé idéologique, leurs financements, leurs références intellectuelles, leurs petits copinages (soyons compréhensifs : les temps sont durs !), les tables rondes et autres machins du même tonneau auxquels ils sont conviés (et où ils se rendent à bride abattue) pour donner leur précieux avis d’ « experts » ?

Pour une Audrey Pulvar dont personne n’ignore quel homme partage sa vie, de combien de chroniqueurs connaissons-nous réellement les affinités sélectives ? Lorsque Natacha Polony déclare ouvertement à Éric Zemmour qu’elle partage 99% de ses positions, elle ne réalise pas qu’aux yeux du téléspectateur français, son attitude est inouïe de franchise, tant il est vrai que les Apathie, Duhamel et autres Denisot jouent le numéro des types objectifs, la gueule enfarinée, lorsqu’ils reçoivent un de leurs copains en interview, tentant de donner l’illusion que, Grand Dieu non, ils ne vont pas lui passer la brosse à reluire ?

Inversement, lorsqu’il s’agit d’inviter un gogo (quelqu’un qui ne pense pas systématiquement comme TF1 ou M6) à s’exprimer / se ridiculiser / se faire humilier / à être écrasé par le « jury », on choisit soigneusement tout un parterre d’opposants à qui on laissera un temps de parole considérable, temps de parole qu’ils utilisent en général essentiellement à balancer des affirmation péremptoires relevant davantage d’une psychologie de comptoir ou de postulats politiquement indéfendables.

Lorsque Paul Amar invite François-Xavier Péron sur son plateau, c’est l’abbé de La Morandais qu’il choisit pour l’affronter. Lorsqu’ Yves Calvi fit une émission sur l’avortement et qu’il convia Tugdual Derville (qu’il traita par ailleurs plutôt poliment), il invita une panoplie complète d’opposants, et non des moindres, en « qualité » comme en quantité : Nisand et Fiammetta Venner entre autres.

Des patrons d’émission de télé ou de radio, des rédacteurs en chef voudraient ainsi faire avaler aux Français que l’abbé de La Morandais (ou, plus récemment, sur RMC, le père Patrice Gourrier qui déclare, en mode cool et détendu : « Je suis devenu prêtre à 40 ans. Avant, je n’ai pas été un ange. J’ai eu une vie comme tout homme bien portant entre 20 et 40 ans. J’ai malgré tout vécu le célibat comme une amputation. ». Voilà, on s’en doute, un prêtre tout à fait représentatif du clergé catholique.) serait une lumière pour comprendre les phénomènes religieux ; ou que Houria Bouteldja aurait un avis pertinent à donner sur l’immigration ou le racisme ; ou encore – et surtout – que l’on pourrait encore se fier au Parisien lorsque ce dernier illustre en Une une manifestation anti-Poutine avec la photo d’un défilé…pro-Poutine (il a d’ailleurs été distingué par les Bobards d’Or).

Il existe aujourd’hui quelques – trop rares encore – journalistes capables de dire « Je ne suis pas d’accord idéologiquement avec vous. Mais votre opinion mérite d’être relayée et critiquée sans caricature. » et d’appliquer concrètement ces propos. Comme un Robert Ménard, qui paie d’ailleurs pour cela un prix très élevé. On n’attend en effet pas des journalistes qu’ils n’aient pas d’opinion. Il n’est nullement question de les prier d’être de droite ou de gauche. Il est en revanche du droit des téléspectateurs français d’exiger d’eux un minimum de transparence, de justice et de déontologie.

Nous avons mis entre leurs mains les clés du pouvoir, admettons-le. En n’écrivant pas systématiquement aux diverses rédactions, en faisant le choix d’avoir chez soi la télévision et de payer la taxe audiovisuelle, en n’acceptant pas toujours les invitations des divers média (certes, on prend le risque de se faire lyncher et ridiculiser. Mais on apprend aussi à fourbir des armes cathodiques. Mais on doit bien comprendre qu’aujourd’hui les téléspectateurs lisent de plus en plus entre les lignes et les images et se sentent soulagés d’être représentés).

Lorsque Rémy Pfimlin (président de France-Télévision), fut interrogé sur le fait que le téléfilm sur Toussaint Louverture piétinait allègrement la réalité, il eut cette réponse splendide de cynisme : il s’agissait de « tordre le cou à la vérité historique au nom de la vraisemblance idéologique. ». On ne sera pas surpris, je pense, d’apprendre qu’il a reçu un Bobard d’Or.

De la même façon que Christophe Alévêque s’interroge, dans un de ses spectacles, sur la nécessité de mettre un policier  pour surveiller le policier qui surveille l’enfant sortant de son école, il convient désormais de se demander s’il n’est pas nécessaire de mettre un journaliste derrière chaque journaliste ou « expert » autoproclamé.

Les Bobards d’Or sont devenus une arme incontournable dans le combat contre la crétinisation collective. Débusquer sans relâche les approximations, mensonges et absurdités que nous payons pour écouter et subir n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Les journalistes se chargent des politiques ? Chargeons-nous donc des journalistes. C’est la vague de soutien sans précédent dont bénéficia Éric Zemmour qui fit plier Étienne Mougeotte. Catherine Barma veut de l’audimat ? Rémy Pfimlin veut pouvoir continuer de diffuser son consternant Plus belle la vie ? Canal + rêve de se rouler longtemps encore dans le fric de ses publicités imbéciles ? Rappelons-leur que, comme tous les puissants, ils vont devoir un jour ou l’autre justifier leurs incroyables privilèges.

« La merde a de l’avenir. » écrivait Louis-Ferdinand Céline. « Vous verrez qu’un jour on en fera des discours. » Ce temps est arrivé. Il est venu le siècle où Alain Duhamel traîne ses années d’inutilité comme un drapeau, où Malek Chebel nous parle sans rire de l’islam des Lumières tandis que Franz-Olivier Giesbert en vient presque à lui lécher les pieds de délectation, où Clémentine Autain se croit bien placée pour dire n’importe quoi sur le mariage homosexuel, où l’on va interroger gravement un Frédéric Lenoir sur le célibat des prêtres. Il est venu le temps où l’on demande des avis littéraires à Christine Angot, et des avis sociologiques à Raphaël Lioger. Il est venu et il s’est diablement trop attardé, pique-assiette exaspérant qui refuse de comprendre le froncement de sourcils de la maîtresse de maison qui bat nerveusement du talon. Faisons comme Feydeau : raccompagnons à la porte sans barguigner ce Dindon des temps modernes, après avoir, tout de même, pour le panache et pour la postérité, découvert l’inconsistance de ses mollets.

Myriam Picard




Envoyé Spécial : Madame Anouk Burel, je vous prédis le 20 heures d’ici deux ans !

Madame Burel,

J’ai regardé attentivement le machin sur France 2. Envoyé Spécial. C’était amusant. J’ai appris plein de choses.

D’abord, qu’un sourire n’est pas un sourire. Il paraît que « derrière mon sourire » se passe un tas de choses inavouables et terrifiantes. Désormais, donc, je montrerais les dents. Mais, pour information, derrière mon sourire, il y a mes gencives. Rien de plus. A moins qu’on m’ait menti.

Puis, que je suis une mère de famille. Ce qui est très important lorsque l’on parle d’islamisation, vous en conviendrez. De même, que je suis contre l’avortement : ça aussi, c’est capital pour le débat. Je suppose que vous vouliez faire grand peur aux téléspectateurs. Je leur présente immédiatement mes excuses. J’espère que personne n’a eu d’infarctus. Dans le cas contraire, qu’ils envoient la note à France 2.

Il est vrai que « mère de famille anti-avortement », ça rappelle tout de suite les heures les plus sombres de notre histoire. Je suis vraiment désolée de ne pas m’être habillée en conséquence. Si j’avais su, j’aurais acheté un serre-tête en velours et une kalachnikov, puisque si j’ai bien saisi votre logique, ce devrait être mes attributs.

Également, que je me documente mal. A ce sujet, j’informe charitablement les malheureux qui ont vu votre reportage que je suis arrivée avec une valise pleine de bouquins. Il y avait même le Coran dedans. La prochaine fois que je veux me documenter sur le christianisme, je lirai donc un truc sans rapport avec ça (Le guide du jardin bio, de Jean-Paul Thorez, est très intéressant), et peut-être m’accorderez-vous un satisfecit de rigueur intellectuelle.

Nous avons passé, au bas mot, plus de six heures ensemble. De ces longs échanges étalés sur deux jours sont sorties huit pitoyables minutes. En outre, si l’on compte les secondes consacrées à vos commentaires enrichissants, aux musiques angoissantes que vous avez dû choisir avec délectation, et aux moments palpitants, sur fond noir et bruits de Vendredi 13, où vous tapez mon nom sur Google, il ne doit guère plus rester que quatre ridicules minutes qui pleurent dans un coin sur le repos de l’âme du vrai journalisme.

Grâce à vous, les musulmans de France ne sauront jamais que j’ai clairement dit que je n’avais aucune haine contre eux. Je vous remercie pour votre déontologie. J’en suis toute confondue.

Par respect pour tous ceux à qui vous avez infligé les fruits pitoyables de vos « recherches », je tiens à les prévenir que, alors que je citais Gourévitch et Tribalat, vous m’avez dit de pas les connaître, et, vous saisissant de votre bloc-notes, m‘avez demandé d’épeler leur nom. Ce qui prouve combien vos lectures sont « très particulières » et quelque peu excluantes, vous en conviendrez.

Vous avez néanmoins oublié quelque chose de capital, dans votre petite bafouille télévisuelle. J’étais étonnée. Ça m’a perturbée. Vu le degré de réflexion de ladite bafouille, j’ai été, figurez-vous, surprise que vous ayez oublié de révéler des détails majeurs : le jean que je portais vient de Camaïeu. Or, qu’est-ce qu’un camaïeu, sinon une peinture dans laquelle n’est employée qu’une seule couleur dans des tons différents. Ce qui prouve bien que je suis raciste et que je n’aime pas la diversité. Et aussi, et surtout, que je fume des Gauloises blondes bleues. Ce qui (c’est du moins ce que j’en retire, à présent que j’ai saisi la merveilleuse profondeur intellectuelle d’Envoyé Spécial) démontre sans le moindre doute que je suis obsédée par la patrie et par les blonds. Et le fait que mes Gauloises soient bleues et non rouges est carrément significatif.

Gauloises blondes rouges = patriote version communiste.

Gauloises blondes bleues= monstre de nationaliste qui, derrière son sourire, cache une nostalgie de la monarchie. Veut donc restaurer cette dernière. Avec ses petits bras musclés et ce qui se cache de monstrueux «derrière etc… »

Je crois que j’ai tout bien compris. Merci, madame, pour votre intégrité, votre absence de parti pris, etc. Je vous prédis une brillante carrière. Dans deux ans maximum, vous nous raconterez les joies du multiculturalisme au 20h. Je suis déjà votre plus grande fan.

Veuillez accepter, chère Madame, l’expression de mes gencives (qui cachent un palais plein de noirs desseins) et de mes considérations respectueuses (oui, je vous considère respectueusement. Avec vous, j’ai découvert l’URSS. Eh bien c’est rigolo, l’URSS. On m’avait menti).

Myriam Picard

PS : La bise à vos deux cameramen. Dites-leur bien que je les félicite pour tous ces cadrages émouvants. Super boulot. Et au fait, je crois que La Pravda recrute.

PS n°2 : Anne Zelensky va bien. Elle aussi a trouvé ce reportage stalinien éminemment instructif. En vous saluant. Encore Myriam Picard et son sourire.




Je n'approuve pas les actions contre la "christianophobie" de certains de mes coreligionnaires

Mes articles sur le débat autour de la pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu » (ici et ) auront suscité de nombreuses réactions, des soutiens, de la colère, de l’indignation, de la sympathie. J’entends la souffrance de mes frères et sœurs catholiques devant les quotidiennes attaques infligées à ce qui nous fait vivre, à ce qui anime notre existence, à ce qui lui donne un sens. J’ai en commun avec vous cette blessure béante de voir Celui que nous aimons, son Vicaire, ses prêtres, ses religieux, et tous ses enfants catholiques et chrétiens, caricaturés dans les media, salis par ceux qui les ignorent ou les haïssent. J’ai bien du mal à porter paisiblement la croix des attaques qui nous sont perpétuellement faites. J’ai souvent eu envie, devant la violence du mensonge institutionnalisé à notre égard, de réfuter tout le message évangélique pour ne plus écouter que mes tripes et mon ire personnelle, et injurier copieusement les responsables de cette situation.
Mais je refuse, pour autant, d’alimenter ce climat de division qui blessa l’Eglise il y a des années, et ressurgit aujourd’hui alors que nous avons un Benoît XVI et l’espoir d’un rapprochement entre nos frères de la Fraternité Saint Pie X et le Saint-Siège. Je ne souhaitais pas rentrer publiquement dans ce débat, mais l’indignation qui m’a soulevée à la lecture d’un commentaire fait à un de mes articles m’a décidée à le faire. 
Une lectrice, en effet, commentant ma critique du spectacle de Roméo Castellucci, m’a écrit le message suivant : « Presque tous les catholiques qui s’insurgent contre cette pièce ont ceci de commun qu’ils prient régulièrement selon la liturgie bimillénaire de l’Eglise, chargée à ras-bord de sacré. C’est le cas de la dizaine d’évêques qui ont pris officiellement position en envoyant un courrier manuscrit à Civitas (Mgr Centène, Mgr Aumônier et d’autres confrères), du métropolite syriaque dont les fidèles chaldéens et araméens ont répondu en masse à son appel, du monastère bénédictin du Barroux, des prêtres de la Fraternité St-Pie X, de la Fraternité St-Pierre et de l’Institut du Bon Pasteur qui ont participé eux-mêmes aux manifestations en tête de ligne. Tous les catholiques qui trouvent cette pièce acceptable ont ceci de commun qu’ils ne fréquentent pas, ou plus comme c’est votre cas, la liturgie antique de l’Eglise, mais un rite nouveau et dépouillé de sacré jusqu’à la plus extrême limite, la misère représentative la plus concrète. C’est le cas de l’Abbé Grosjean, des dominicains de Paris, des bénédictins de Toulouse et de vous-même. Conclusion : les seules personnes qui trouvent cette pièce « chrétienne » et qui nient sa profanation du sacré sont précisément celles qui n’ont pas de rapport quotidien avec la représentation du sacré. CQFD. »
Que veut dire cette internaute ? Ma foi, quelque chose de très simple : il y aurait « les bons catholiques », c’est-à-dire les tradis, et puis les autres, fidèles d’« un rite nouveau et dépouillé de sacré jusqu’à la plus extrême limite, la misère représentative la plus concrète. » Par votre virulence, Madame, par la violence de vos propos, vous êtes en train d’insulter des millions de prêtres qui disent quotidiennement cette messe, humblement mais avec tout leur cœur, vous insultez leur sacerdoce, vous insultez les âmes qu’ils mènent quotidiennement à Dieu, par le sacrifice de joies humaines (mariage, enfants, carrière professionnelle, etc), grâce aux sacrements qu’ils donnent. Vous insultez les morts qu’ils enterrent, les couples qui s’unissent sous leur regard. Vous insultez le prêtre qui me permit de ne pas sombrer dans la révolte quand j’étais adolescente, un autre encore qui m’apprit à faire oraison, un troisième qui me confessa alors qu’en pleine nuit je frôlai le désespoir absolu, un quatrième qui conduisit mon mari sur le chemin de l’espérance chrétienne, un cinquième qui nous prépara au mariage et dont l’homélie qu’il prononça à cette occasion reste pour moi, dans les moments difficiles de la vie conjugale et maternelle, une référence en matière d’abandon à Dieu et à sa miséricorde. Vous insultez des bénédictins, des franciscains, des clarisses, des prêtres, vous insultez ces prêtres béninois grâce auxquels les habitants de campagnes reculées peuvent encore communier et se confesser. Vous insultez un Monseigneur Rey, un Monseigneur Batut, un Monseigneur Aumônier, un Monseigneur Aillet. Bravo. C’est édifiant.
Par la haine qui transpire de vos propos et qui ne manquera pas d’indigner les âmes de bonne volonté, vous risquez de convaincre que les imbéciles et les entêtés seraient du côté de la Tradition, vous ruinez le patient travail que des esprits courageux mènent, d’un côté comme de l’autre, pour l’unité de l’Eglise et l’amour du Christ. La sœur de deux prêtres « tradis » que je suis est infiniment blessée de voir que grâce à vous, le magnifique sacerdoce de ses frères se verra une fois de plus attaquée par votre aveuglement et votre sottise. Ils n’insultent pas « les gens d’en face », eux, Madame, ils ne disent pas à des millions de catholiques ce que vous leur crachez au visage, non ! Ils ont tout abandonné pour être tout à tous, témoins de cet amour brûlant et crucifié, ils portent une soutane qui leur vaut des regards agressifs mais provoque également des rencontres avec le Christ. Ils ont sacrifié leur existence terrestre, comme tant d’autres, pour que vous puissiez bénéficier d’une liturgie magnifique et de l’accès aux sacrements. Alors même que vous m’écriviez ces mots dégoulinants de mépris, ils lisaient sans nul doute leur bréviaire à l’intention des âmes qui souffrent et qui pèchent. Et vous débarquez, avec votre bannière d’intolérance, vous faites du rite extraordinaire un outil de division, alors qu’il est précisément le signe de la puissance d’une Eglise qui conduisit des millions d’âme à l’amour de Dieu.
Vous écrivez que « Tous les catholiques qui trouvent cette pièce acceptable ont ceci de commun qu’ils ne fréquentent pas, ou plus comme c’est votre cas, la liturgie antique de l’Eglise, mais un rite nouveau et dépouillé de sacré ». Vous avez de la chance, Madame, d’avoir la science infuse. Ayant personnellement interrogé de nombreux manifestants, j’ai pu constater que non seulement ils n’étaient pas tous traditionnalistes, mais aussi qu’il y avait des membres de l’Emmanuel, des Béatitudes et aussi ceux que vous nommez sans doute de simples « conciliaires ». Sur l’autre rive, le constat est le même, la « population sociologique » est tout aussi diverse. J’ajoute enfin – et même si cela m’étouffe de vous parler de ma vie de paroissienne et que je ne devrais pas avoir à le faire – que contrairement à ce que vous pensez, je fréquente dès que j’en ai la possibilité géographique, des paroisses où le rite Saint Pie V est célébré.
A la lecture de votre billet, je devrais conclure ceci : le Père Daniel-Ange n’est pas un bon catholique, Mère Térésa et non plus, et sans nul doute, finalement, un abbé Grosjean ou un abbé Cariot qui se démènent pour évangéliser patiemment et passionnément notre terre française.
Qu’il y ait des problèmes, une crise, des débats : oui. Mais que vous vous permettiez des jugements aussi manichéens, aussi binaires, aussi primaires, voilà qui me révolte et voilà qui m’indigne. C’est ce type d’attitude intrinsèquement perverse qui provoque deux types de scandales : des prêtres qui refusent à leurs paroissiens ce qu’exige pourtant un Motu Proprio, ou qui refusent de serrer la main à des membres de la Fraternité Saint Pie X ou Saint Pierre ; et d’autres prêtres encore qui se permettent de traiter d’apostats ceux qu’ils nomment « les pseudo clercs conciliaires. » Même haine, même bêtise, mêmes crachats lancés sur le Christ.
Vous avez peut-être la chance, contrairement à moi, de bénéficier de la présence d’une paroisse tradi près de chez vous : allez-y le plus souvent possible, Madame, et priez bien, dans les semaines qui viendront, pour que votre attitude, dont je sais qu’elle est hélas plus fréquente qu’on ne le pense, ne sape pas l’espoir d’un rapprochement qui est dans tous les cœurs et sur toutes les lèvres des hommes et des femmes de bonne volonté.
En vingt-six années d’existence, j’ai eu la chance de prier en latin et en français. J’ai eu le malheur, quelquefois, d’assister à des messes où l’on nous gavait de chansonnettes crétines et de « sermons » nous enseignant doctement la beauté de l’islam. J’ai souffert, ailleurs, d’entendre des homélies où l’on nous expliquait à demi-mots que le siège de Rome n’était peut-être pas vacant, non, mais que celui qui l’occupait ferait mieux de déménager ailleurs. Mais, plus que tout et par-dessus ces souffrances et ces offenses faites à la liturgie, à la doctrine sociale de l’Eglise, à notre Credo à tous, j’ai d’abord et avant tout eu le bonheur de prier, de communier, d’être confessée par de saints prêtres de toutes les chapelles, aussi bien de la Fraternité Saint Pie X, que de la Fraternité Saint Pierre, que du Christ-Roi, que de l’église Saint Louis d’Antin ou Saint Léon. Au pèlerinage de Chartres comme à Lourdes, j’eus la grâce à maintes reprise de revoir l’absolution de prêtre portant soutane et clergyman qui me remettaient dans les bras du Seigneur. Et je dois personnellement beaucoup à une Sœur Marie Faustine qui m’enseigna et m’enseigne encore, par son exemple, ce que signifie le saint acharnement de la prière.
Ayez donc une seule fois le courage d’un abbé Grosjean qui ose investir des débats de société avec audace, fermeté et sérénité, alors même que les seuls « curés » appréciés des media se nomment Gaillot et La Morandais, et vous viendrez ensuite me parler de fréquentation du sacré.
Quand les paroisses seront vides, que les murs de nos séminaires et de nos monastères pleureront de solitude, que des âmes, faute de prêtres, partiront vers le Père sans avoir pu se réconcilier avec lui, j’espère que vous serez contente du travail effectué par vous et tous ceux qui partagent votre détestable point de vue.
Myriam Picard
Membre du Comité de rédaction de Riposte Laïque.
Paru dans Nouvelles de France
http://www.ndf.fr/en-avant/30-10-2011/lettre-ouverte-a-une-soeur-catholique-qui-aime-la-division#more-13787




Famille Antiracistes, je demande le fils benêt Patrick Lozes

Il y a Papa, Harlem Désir, dont l’inénarrable Pierre Bergé a dit : « Harlem Désir est un des moments de la conscience humaine. Il est aussi un des moments de l’honneur de la France. » Rien que ça. Après vérification, Harlem Désir n’est pas tombé au champ d’honneur, n’a pas découvert le vaccin contre la rage. Non. Harlem Désir est « un des moments de la conscience humaine » parce qu’il a touché un salaire pour présider SOS Racisme. Signes distinctifs : condamné en 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux ; en 1992, bénéficie d’une amnistie de Mitterrand pour une dette de 80 000 francs envers le Trésor Public. Un des moments de l’honneur de la France, sans nul doute.

Il y a Maman, Christiane Taubira, qui trouve que la traite négrière et l’esclavage, c’est mal, mais seulement quand ce sont de méchants Blancs qui en sont responsables. Exit, donc, les traites intra-africaines et arabes : quand un crime est commis par des « minorités visibles », ça n’est plus un crime, c’est un vide juridique.

Il y a la grande sœur, la forte tête, la hargneuse, Houria Bouteldja. Qui éructe, s’agite, revendique, et ponctue chacune de ses phrases d’un tonitruant « indigène !!! », mot qu’elle doit certainement être la seule à encore prononcer en France, et dont elle se soûle jusqu’au coma verbal.

Il y a le grand frère, le sournois, l’insidieux, Dominique Sopo. Moins agressif que sa douce sœur, l’air presque aimable pour qui a la rétine et le cerveau anéantis par France Télévisions. Signes distinctifs : fume beaucoup pendant que les témoins de Zemmour enchantent l’auditoire, à la barre de la XVIIème chambre correctionnelle ; croit que la présence de deux S dans le mot sauciSSon est un appel subliminal à la résurrection des HLPSDNH (heures les plus sombres de notre histoire, pour les non-initiés) ; pense que le racisme anti-blancs est une invention du FN ; est agrégé en sciences économiques et sociales mais estime que la polygamie en France est « un phénomène en recul très fort ».

Il y a la petite sœur, Rokhaya Diallo, qui pense que nous vivons dans « un contexte structurellement raciste ». La preuve, elle est chroniqueuse pour la matinale de Canal + et RTL. Autres signes distinctifs : estime que la police nationale est une « force d’occupation » et, quand Ben Laden déclare : « Si la France est en droit d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête », elle réplique : « Ce que dit Ben Laden n’est pas faux. On lui donne des arguments pour nous menacer. »

 

Et puis il y a mon chouchou, le petit dernier, le naïf, le gentil benêt, notre Patrick Lozès bien-aimé, qui, à chacune de ses interventions publiques, fait preuve d’une finesse intellectuelle et d’un humour tout à fait remarquables. L’homme noir est entré dans l’histoire, selon lui, à travers un certain nombre de faits marquants, comme le dessin animé du Roi Lion. Authentique. On regrettait depuis quelque temps son silence, qui faisait de la planète antiraciste un désert sombre et austère. Dieu merci, Patrick est ressuscité, Patrick est vivant, Patrick est plus en forme que jamais. Tellement en forme qu’il vient d’en pondre une si belle, une si rare, que nous pouvons désormais dire sans rougir, à notre tour, que Patrick Lozès est « un des moments de conscience de notre humanité ».

Patrick annonce en effet qu’il est candidat à l’élection présidentielle. Dans un pays où c’est possible pour Jean-Luc Mélenchon, ça n’a rien de surprenant. Mais ce qui renverse le lecteur, ce qui le pétrifie littéralement, ce sont les raisons présentées par notre candidat préféré, rapporté par Respect’Mag (pour information, c’est une feuille de chou internet qui se veut « urbaine », « sociale » et « métissée » ce qui n’est pas très gentil pour les « ruraux » ; « marginaux » et « tout blancs », ou « tout noirs » ainsi que pour les « tout jaunes » ou « tout marrons »).

Il déclare ainsi : « Aujourd’hui, les Français sont prêts à voter pour un candidat noir. Je ne suis pas en train de dire que les Français éliraient un Noir parce qu’il est noir [ouf ; j’ai cru un instant que Patrick Lozès dérapait et allait stigmatiser ; il n’en est rien]. Mais s’il est compétent, ils l’éliront J’étais candidat aux élections législatives en 2002 sous la bannière de l’UDF dans la première circonscription de Paris. On n’y croise pas tous les jours la diversité [c’est qui la diversité, Maman ?]… »

Français, vous qui pensiez qu’un candidat voulait être le président de tous les Français, vous vous trompiez. Ecoutez plutôt Patrick Lozès : « Je veux enfin ouvrir le monde politique aux personnes absentes de ce milieu : les jeunes, les femmes, les personnes issues des couches populaires, de la diversité. Ils vont apporter du sang neuf. Il faut arrêter cette consanguinité. » Passons sur les propos biologisants de monsieur Lozès, qui n’hésite pas un instant à se vautrer dans une terminologie assez malsaine et que je pourrais, moi, femme, non issue de la diversité, prendre relativement mal. Ces histoires de sang, de sang vicié, de sang…bref, on a vu ce que ça donnait par le passé.

Bref lexique à l’usage des âmes simples et pures. Jeunes=voyous qui passent 90% de leur temps à casser les pieds de leurs concitoyens et 10 % du reste à brâmer devant les journalistes qu’ils ne trouvent pas de boulot parce que les Français sont racistes. Femmes= militantes antiracistes (problème : elles ont déjà des emplois et souvent aussi des responsabilités politiques ou associatives financées par vos impôts ; tant pis, elles auront un double mandat). Personnes issues des couches populaires = personnes vivant dans des endroits où il pleut des frigidaires, où tombe du policier blessé, où fleurissent la peur et les armes lourdes. Personnes issues de la diversité = toute personne non blanche et non issue des couches populaires (voir définition précédente).C’est plus clair ?

Le plus inacceptable, finalement, c’est l’obsession de la couleur de peau que manifeste Patrick Lozès. Ne se permet-il pas de demander à Delanoë : « Sur les 163 conseillers de Paris, combien y en avait-il de Noirs ? » Autres temps, autres mœurs, dira-t-on. Certes, mais enfin il me semblait, à moi, qu’en France et en République on ne se préoccupait pas de la couleur, qu’on ne DEVAIT pas s’en préoccuper. Mais non, monsieur Lozès se permet des questions qui vaudraient illico, à n’importe qui d’autre, une jolie convocation au tribunal.

Enfin, puisqu’il est l’heure de payer vos impôts, et si la pilule a du mal à passer, lisez donc ces propos édifiants de notre ami Lozès : « Rien n’a été fait pour ces millions de personnes issues des zones de relégation ou des minorités visibles ». Strictement rien. » Rien, sachez-le. Ni l’AME (aide médicale d’Etat), ni la CMU, ni les reconduites – payées – à la frontière, ni les millions données aux ZEP, ZUS et autres RAR (réseaux ambitions réussite ; traduction : établissements où l’on rentre fraîchement certifié et d’où l’on sort définitivement dépressif), ni le Grand Paris (une broutille : 20, 5 milliards), ni le plan Espoir Banlieues (rien que pour le « désenclavement des quartiers sensibles » : 500 millions d’euros.), ni les politiques de rénovation urbaine ( et autres « politiques de la ville »), ni les subventions accordées aux associations X et Y, etc. Tout cela, tous ces bons euros sonnants et trébuchants, c’est peanuts, comme dirait le sapeur Camembert. Réjouissez-vous donc, mes amis : vous avez l’impression de payer, mais en fait, non. Tout cela est VIRTUEL
.

Myriam Picard




Pourquoi je peux écrire dans Riposte Laïque, et être catholique…

Monsieur Garroté,
Reprenant une interview que j’avais donnée à Valeurs Actuelles, vous rappelez, sur votre blog, les propos que j’ai tenus à Laurent Dandrieu, à propos de ma présence (en tant que catholique) au sein de la rédaction de Riposte Laïque : « Nous apprécions le débat d’idées vigoureux. Mais les massacres de chrétiens en Orient leur ont fait prendre conscience que ce n’est pas le christianisme l’oppresseur, et beaucoup se sont rendu compte qu’un certain nombre de choses qui sont menacées par l’islam et qui leur tenaient à cœur étaient d’héritage chrétien. La laïcité et la liberté de conscience procèdent pour une part du catholicisme et de cette notion de “forum intérieur” dont parle Luc Ferry, qui vient du christianisme. On a des objectifs communs, énormément de respect, malgré des sensibilités très différentes. Et on a tous en commun le même amour de la France et du roman national ».
Vous concluez votre billet par les mots suivants : « La communauté de blogues à laquelle j’appartiens défend la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne. A cet égard, espérons que Myriam Picard et Riposte Laïque daigneront, un jour, ne plus nous considérer comme des pestiférés. »
Je me suis sentie quelque peu éberluée à la lecture de cette phrase. Dites-moi donc où, quand et comment j’ai considéré « la communauté de blogues » à laquelle vous appartenez (et que vous ne définissez nulle part) comme des pestiférés ? Je me suis interrogée longuement sur ce mystère, et l’illumination a pointé: « Le titre, tout est dans le titre ! ». Retour aux sources, donc, et au titre de votre article : « Riposte Laïque un peu moins christianophobe ». Et là, tout s’éclaire. Riposte Laïque serait christianophobe.
Cher Monsieur, je suis lasse. Je suis lasse de devoir en permanence justifier mon appartenance à Riposte Laïque. Et des « interventions » comme les vôtres ne me facilitent pas la tâche, sachez-le. Permettez-moi donc d’expliciter, une fois pour toutes, les raisons de mon engagement à Riposte Laïque, l’exaspération et la rage qui me saisissent souvent devant les incompréhensions mutuelles des deux « camps », et le sentiment du lamentable gâchis et de la perte de temps considérable que tout cela entraîne.
Nous gagnerions beaucoup à être honnêtes et humbles, à savoir de quoi nous parlons avant de nous exprimer publiquement. Lorsque j’entends certains affirmer que Riposte Laïque est un club judéo-maçonnique, dont les rédacteurs haïssent viscéralement tout ce qui relève, de près ou de loin, de l’Eglise ou des chrétiens, je songe au « What else ? » de Nespresso, et je préfère rire que pleurer. Qu’on se le dise : lorsque Pierre Cassen m’a proposé de rentrer dans la rédaction de Riposte Laïque, on ne m’a pas prié de laisser mes convictions au vestiaire ; on ne m’a dit d’oublier qui j’étais et d’où je venais ; j’ai été accueillie très amicalement, y compris par des personnes dont les opinions et le parcours s’opposaient absolument aux miens. Anne Zelensky n’a pas sollicité de réunion de crise pour mettre un veto au « recrutement » de la provie Myriam Picard. Et Dieu sait pourtant que nous sommes en opposition absolue et définitive pour ce qui est de l’avortement. Est-ce à dire qu’il n’y a jamais de conflits ou de tensions ? Ce serait faux que de le prétendre. Mais, voyez-vous, il y a une liberté d’échanges entre nous, liberté quelquefois douloureuse, bien souvent constructive, cette liberté qui met côte à côte un Pascal Hilout, un Jacques Philarchein, une Christine Tasin, une Myriam Picard… Cette liberté a d’ailleurs quelquefois valu à Pierre Cassen des messages furibonds de lecteurs le jugeant « trop catho », ou trop de droite, ou pas assez de gauche.
Quel résultat obtenez-vous avec un titre aussi provocateur et condescendant ? Je vais vous le dire, moi qui suis au cœur de ces tensions : vous allez convaincre « ceux d’en face » – comme encore trop de catholiques s’obstinent à les présenter – que nous sommes décidément d’indécrottables paranoïaques. Je sais autant que vous combien la christianophobie est pesante. Je l’ai suffisamment expérimentée au cours de ma jeune existence. Sœur de deux prêtres, j’ai dû entendre les discours ignobles de journaleux voyant dans chaque soutane le germe de la pédophilie. Enceinte, j’ai dû justifier longuement, devant la mine sarcastique d’une sage-femme condescendante, ma décision de ne pas accepter de diagnostic prénatal. Et passons sur les rengaines habituelles : le Pape et le préservatif, le Pape et l’avortement, le Pape et le mariage homosexuel…
Oui, nous avons nos raisons pour prendre souvent la mouche, tels ces convalescents chez qui un simple courant d’air provoque une pneumonie.. Mais il serait temps de comprendre que la bataille que nous avons à mener doit nous dispenser de certaines provocations inutiles. Et s’empoigner à propos du sexe des anges lorsque Constantinople est assiégée ne témoigne ni d’une grande intelligence ni d’un sens tactique bien aigu. Si nous voulons vivre dans un pays qui nous laissera la possibilité de débattre à propos du mariage, de la chasteté, du sacerdoce, de l’Eglise, il nous faut commencer par prendre conscience que cela ne pourra se faire en République islamique où chrétiens et athées auront tout juste la permission de se taire et de raser les murs. En tant que Française et catholique, je ne peux accepter que des hommes et des femmes soient contraints de croire pour avoir la possibilité de vivre.
Accuser l’autre de voir en nous un pestiféré, c’est échafauder un scénario totalement contre-productif : c’est s’enfermer dans le rôle du pauvre Petit Chose que tout le monde déteste, et convaincre l’autre, s’il ne nous aimait pas, qu’il a mille fois raisons de ne pas nous aimer puisqu’on se comporte en imbécile parano et rancunier ; si, par bonheur ou par hasard, cet autre avait été tenté d’aller au-delà des clichés et de s’intéresser à ce que nous sommes en profondeur, nul doute qu’un reproche de ce genre le fera partir en courant.
Le jour où les deux camps cesseront de se chercher sournoisement des poux, le jour où tous seront capables de se considérer comme des personnes estimables a priori et d’engager des discussions de fond, sans se jeter d’anathèmes à la figure, sans se traiter de « fachos », d’ « intégristes », de « bouffeurs de curé », de « papistes » ou de « Petit Père Combes », alors seulement pourrons-nous croire que notre France est sauvable : cette France qui nous tient tous à cœur et qui doit nous réunir.
Nous sommes à l’heure où je me suis moi-même fait insulter dans la rue pour m’être indignée, dans une vidéo diffusée sur le net, du massacre des chrétiens coptes. Nous sommes à l’heure où les bascules démographiques menacent l’Europe d’un cancer vert autrement plus sournois et dangereux que des invectives entre « laïcards » et catholiques. Nous sommes à l’heure d’une Asia Bibi, et ce n’est pas parce qu’elle est au Pakistan plutôt qu’en France que nous pouvons nous payer le luxe de nous crêper le chignon tandis que poussent les mosquées et que les associations antiracistes portent plainte à tour de bras.
Il ne s’agit pas de renoncer à ce que nous sommes et à ce que nous croyons – qui que nous soyons. Il s’agit de nous demander quel danger nous menace et quelles forces nous pouvons réunir. Et si, à travers l’union de nos bras et de nos intelligences, nous trouvons l’occasion de nous connaître et de nous reconnaître, la bataille sera deux fois gagnée.
Myriam Picard




Réponse à Alice Braitberg, et à son texte sur les catholiques

J’ai lu avec beaucoup d’attention votre texte sur la marche pour la vie, et la catholique que je suis ne peut s’empêcher de vous répondre.
Je tiens à vous faire remarquer, tout d’abord, que vous vous êtes trompée sur la nature de cette marche. Vous la présentez comme une marche uniquement composée de catholiques. Ca n’est pas le cas, et si vous aviez lu attentivement le communiqué de presse, vous auriez vu qu’il s’agit bel et bien d’un mouvement aconfessionnel, réunissant aussi bien des athées, des catholiques, que des protestants ou des Juifs.
Je fais partie de ceux qui estiment qu’il y a énormément de débats interdits en France aujourd’hui : de débats de société importants, vitaux même, qui engagent l’avenir de notre pays, et qui sont ostracisés ou caricaturés à peine entamés.
Il en va ainsi pour l’avortement (comme pour l’euthanasie ou la peine de mort). Or j’estime que non seulement ce ne doit pas être un débat interdit, mais qu’il mérite d’être ouvert. Il ne s’agit pas de culpabiliser les femmes, il s’agit de s’interroger honnêtement, paisiblement et courageusement sur la réalité de l’avortement en France aujourd’hui.
Vous comme moi savons que malgré maints moyens de contraceptions mis à la disposition des Français, le nombre d’IVG en France n’a pas baissé, et qu’il est notamment en augmentation chez les adolescentes. Vous l’avez-vous-même dit, on n’avorte pas par plaisir. Est-il souhaitable alors de continuer dans ces conditions ?
Je suis pour une véritable politique d’aide à la vie, une politique familiale qui donne réellement le choix aux femmes. A l’heure où même des familles heureuses voient l’annonce d’une grossesse comme celui de lourds tracas financiers, et subissent le déchirement d’un choix qui n’est pas libre puisque soumis à des contraintes matérielles et financières, ne pensez-vous pas qu’il serait juste de leur donner la possibilité d’un vrai choix ? Quand payer la scolarité d’un enfant, quand le loger dans des conditions décentes et harmonieuses, quand le faire accéder à la culture, quand l’habiller, quand le nourrir, quand lui payer des études provoquent de si terribles angoisses, on ne peut pas dire que l’on choisit l’IVG librement. Quid des jeunes filles qui découvrent, atterrées, que non seulement le père de l’enfant les lâchent si elles le gardent, mais en plus vivent dans un 8 mètres carrés, avec à peine de quoi payer leur carte Navigo et leur loyer ? Je ne jugerai jamais aucune personne pour les choix qu’elle fait et les actes qu’elle pose. Mais je regrette, profondément, que trop de femmes se retrouvent aujourd’hui acculées à cet acte.
Enfin, et si vous êtes logique avec vous-même, vous ne pouvez pas vous accorder la liberté d’expression dans votre soutien à la loi Veil, et la refuser à ceux qui s’opposent à l’avortement d’un point de vue éthique et philosophique. Nous avons tout autant que vous le droit de contester idéologiquement une loi, le droit de ne pas être d’accord, et le droit d’exprimer librement nos opinions sur le sujet. Caricaturer un « adversaire » n’a jamais grandi une cause. Le traîner dans la boue, non plus. Et s’attaquer gratuitement aux catholiques, de la façon dont vous l’avez fait, en les traitant d’hypocrites, de manipulateurs, de sadomasochistes, taper sur les prêtres et leurs ouailles, c’est rentrer dans une logique de terrorisme intellectuel insupportable et inacceptable.
Je vous ferai enfin observer que le droit à manifester fait partie des lois de notre pays, et que les catholiques qui ont marché, ce dimanche, ont une belle autorisation de Monsieur le Préfet, bien signée et tamponnée. J’espère du fond du cœur, chère Madame, que cette obéissance toute citoyenne, paisible et rationnelle, vous rassurera.
Myriam Picard




Acte III : L'inoubliable plaidoierie de l'avocat d'Eric Zemmour, maître Pardo

Il a fallu trois jours. Trois jours éprouvants, magnifiques, révoltants, touchants. Trois jours épuisants, pour en arriver aux plaidoiries, à cet instant où les avocats de l’accusation se sont levés, les uns après les autres, pour condamner unanimement un homme et son message de courage et de vérité.
Sans la moindre surprise, ils ont joué la carte du pathos et de l’insulte. Assimilant Zemmour à un négationniste, évoquant les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, alternant envolées lyriques censées mettre la larme à l’œil d’un auditoire pourtant exaspéré, et accusations grossières contre un journaliste payant le prix de son audace.
La salle suait d’indignation refoulée, et nous nous regardions sans cesse, consternés par un tel étalage de haine et de mensonges. Devant nous, Mylène Zemmour, immobile, que nous plaignions silencieusement, et Zemmour, trop loin pour être observable.
Le procureur se lève enfin, et requiert deux condamnations sur trois. Délit de provocation à la discrimination. Délit de diffamation raciale.
Nous sommes abasourdis. Il faut croire que la cause de Zemmour nous est très chère, pour que nous ayons ainsi oublié, pendant quelques heures, que le poids de l’idéologie n’enlèverait pas, en quelques heures, la menace symbolique qui pèse sur lui.
Arrive enfin le moment tant attendu, la plaidoirie de Maître Olivier Pardo. Ténor du barreau, il n’en est pas à sa première affaire délicate. Et les trois jours passés nous ont donné la mesure de son intelligence, de sa finesse et de son redoutable charisme. Il est de la lignée spirituelle des grands avocats. Mais sa tâche est terrible, en tant qu’ami et en tant que plaideur. Nous savons tous, nous sentons tous que c’est un tournant historique qui s’annonce. Il ne s’agit pas d’un énième et banal procès à la XVIIème. Le procès Zemmour signe la fin de trente années de silence forcé, trente années d’une idéologie triomphante qui a plié sous son joug des millions de Français, trente années durant lesquelles les rares voix discordantes étaient reléguées au placard.
Et maître Pardo se lève. Il se lève et ne s’arrêtera pas. Deux heures durant, avec une puissance de voix et de ton et d’âme remarquables, il va dénoncer le problème de fond, celui d’une France coupée en deux, de ces « deux façons de dire le réel ». Il va rappeler que la plupart des témoins interrogés ont tous pointé du doigt les mêmes faits que ceux désignés par Zemmour : « Et chaque fois, chaque fois, la même formule chez nos témoins : Zemmour dit le réel. !»
Et il ironise, il rappelle des débats précédents, entre Zemmour et Wolton. Le tribunal n’a pas l’air de le connaître, alors Pardo se régale : « Dominique Wolton, c’est un sociologue. Il déteste Zemmour encore plus que les parties civiles. » Rires étouffés dans l’assemblée. Gueule magnifique de Dominique Sopo, qui sort passer sa rage sur une cigarette.
Et toujours, toujours, Pardo en revient au réel, rappelle l’incapacité physique de Louis Schweitzer à prononcer les mots Noirs et Arabes, alors qu’un des avocats de l’accusation, a, dans sa plaidoirie, abondamment usé de l’image d’une petite fille Noire avec ses tresses, persécutée par le racisme. Pardo en rajoute, pour la plus grande délectation du public : « Et la petite fille Noire, avec ses tresses, elle est bien Noire, elle, elle a bien des tresses ?! »
Maître Pardo fait une pause, et rappelle, sur un ton grave, le problème qui sous-tend ce procès : « Ce sont deux approches de la société française qui se confrontent. Le débat, pour Zemmour, ce n’est pas la discrimination, c’est l’égalité. » Il évoque le soutien de Malek Boutih, les positions de Malika Sorel, dresse une nouvelle fois le catalogue des preuves des propos avancés par Zemmour.
Il hausse le ton, monte en puissance: « Si vous empêchez Zemmour de parler, si vous le condamnez, vous faites le choix de maintenir le couvercle sur la marmite, vous prenez la responsabilité qu’elle explose. »
Il martèle ses mots, riant des parties civiles qui « font comme dans la série Mentalist, où on devine le criminel d’après ses attitudes physiques ». Il s’amuse : « Zemmour a croisé les bras en parlant, alors il est raciste ?! » Il dénonce l’hypocrisie de l’accusation qui fait de Zemmour une star de la télé, alors même que les associations antiracistes sont pratiquement nées du pouvoir médiatique qu’elles détiennent, rappelle les concerts très médiatisés de Sos Racisme : « C’est la télé qui vous a faits, la télé ! Et ce qui est fracassant pour vous, c’est que, tous les samedis soirs, vous devez vous taper Eric Zemmour à la télé. Alors aujourd’hui, forcément, vous vous sentez comme une femme trompée. »
Et puis Pardo sort un papier, et lit les mots proférés par le rappeur Morsay dans une « interview »:« J’espère que sa fille se fait bien niquer par des Noirs et des Arabes, comme ça au moins il aura un bébé d’un Noir ou d’un Arabe, et comme cela il n’aimera pas sa propre fille, ce fils de pute. Moi je te dis, si c’est un raciste, nique sa mère. J’ai que çà à dire en vrai à cet enculé, et reste un enculé, T’es vraiment un enculé. Mais si j’entends parler que t’as un de tes enfants qui a le même nom de famille que toi, qui a dépassé les 20 ans, une meuf, je la niquerais bien, et puis j’essaierai bien de lui montrer comme je vis… » Le tribunal n’est pas à l’aise, et même Sopo détourne son visage, lorsque, la citation terminée, Pardo se tourne vers l’accusation et tonne : « Cette réalité-là, jamais, jamais vous n’en parlez ! »
Quelques phrases, encore, quelques sentences puissantes pour clore cette plaidoirie qui avait été ouverte par « Je défends ici l’honneur et la liberté d’expression d’un journaliste. ». Nous nous levons, et sortons de la salle. Dehors, c’est une ovation. Cinq paumés de « Touche pas à mon pote » ont sorti leurs petits autocollants et essaient de huer Zemmour de leurs pauvres moyens. Hélas pour eux, la foule venue applaudir le journaliste gueule autrement plus fort qu’eux. Cela se soldera, plus tard, dans le métro, par des insultes de leur part, allant de « Bande de tapettes, sales tafioles » à un « Sale Pute » élégamment jeté par une excitée à une paisible retraitée venue soutenir Zemmour, et qui nous racontait le parcours de ses parents immigrés italiens…
Demeure alors, le soir et les jours qui suivent, le sentiment d’avoir passé trois jours exaltants. Demeure une reconnaissance infinie à Zemmour – et à ses proches – qui ont vécu des heures ignominieuses. Demeure une profonde gratitude à son avocat, à sa plaidoirie qui sauvera peut-être Zemmour et quoi qu’il arrive restera au cœur de nos mémoires. Demeure aussi l’angoisse de l’attente du jugement.
Le 18 février, à 13h30, il nous faudra être nombreux à leurs côtés.
Myriam Picard
pour Riposte Laïque




Acte III : L’inoubliable plaidoierie de l’avocat d’Eric Zemmour, maître Pardo

Il a fallu trois jours. Trois jours éprouvants, magnifiques, révoltants, touchants. Trois jours épuisants, pour en arriver aux plaidoiries, à cet instant où les avocats de l’accusation se sont levés, les uns après les autres, pour condamner unanimement un homme et son message de courage et de vérité.

Sans la moindre surprise, ils ont joué la carte du pathos et de l’insulte. Assimilant Zemmour à un négationniste, évoquant les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, alternant envolées lyriques censées mettre la larme à l’œil d’un auditoire pourtant exaspéré, et accusations grossières contre un journaliste payant le prix de son audace.

La salle suait d’indignation refoulée, et nous nous regardions sans cesse, consternés par un tel étalage de haine et de mensonges. Devant nous, Mylène Zemmour, immobile, que nous plaignions silencieusement, et Zemmour, trop loin pour être observable.

Le procureur se lève enfin, et requiert deux condamnations sur trois. Délit de provocation à la discrimination. Délit de diffamation raciale.
Nous sommes abasourdis. Il faut croire que la cause de Zemmour nous est très chère, pour que nous ayons ainsi oublié, pendant quelques heures, que le poids de l’idéologie n’enlèverait pas, en quelques heures, la menace symbolique qui pèse sur lui.

Arrive enfin le moment tant attendu, la plaidoirie de Maître Olivier Pardo. Ténor du barreau, il n’en est pas à sa première affaire délicate. Et les trois jours passés nous ont donné la mesure de son intelligence, de sa finesse et de son redoutable charisme. Il est de la lignée spirituelle des grands avocats. Mais sa tâche est terrible, en tant qu’ami et en tant que plaideur. Nous savons tous, nous sentons tous que c’est un tournant historique qui s’annonce. Il ne s’agit pas d’un énième et banal procès à la XVIIème. Le procès Zemmour signe la fin de trente années de silence forcé, trente années d’une idéologie triomphante qui a plié sous son joug des millions de Français, trente années durant lesquelles les rares voix discordantes étaient reléguées au placard.

Et maître Pardo se lève. Il se lève et ne s’arrêtera pas. Deux heures durant, avec une puissance de voix et de ton et d’âme remarquables, il va dénoncer le problème de fond, celui d’une France coupée en deux, de ces « deux façons de dire le réel ». Il va rappeler que la plupart des témoins interrogés ont tous pointé du doigt les mêmes faits que ceux désignés par Zemmour : « Et chaque fois, chaque fois, la même formule chez nos témoins : Zemmour dit le réel. !»

Et il ironise, il rappelle des débats précédents, entre Zemmour et Wolton. Le tribunal n’a pas l’air de le connaître, alors Pardo se régale : « Dominique Wolton, c’est un sociologue. Il déteste Zemmour encore plus que les parties civiles. » Rires étouffés dans l’assemblée. Gueule magnifique de Dominique Sopo, qui sort passer sa rage sur une cigarette.

Et toujours, toujours, Pardo en revient au réel, rappelle l’incapacité physique de Louis Schweitzer à prononcer les mots Noirs et Arabes, alors qu’un des avocats de l’accusation, a, dans sa plaidoirie, abondamment usé de l’image d’une petite fille Noire avec ses tresses, persécutée par le racisme. Pardo en rajoute, pour la plus grande délectation du public : « Et la petite fille Noire, avec ses tresses, elle est bien Noire, elle, elle a bien des tresses ?! »

Maître Pardo fait une pause, et rappelle, sur un ton grave, le problème qui sous-tend ce procès : « Ce sont deux approches de la société française qui se confrontent. Le débat, pour Zemmour, ce n’est pas la discrimination, c’est l’égalité. » Il évoque le soutien de Malek Boutih, les positions de Malika Sorel, dresse une nouvelle fois le catalogue des preuves des propos avancés par Zemmour.

Il hausse le ton, monte en puissance: « Si vous empêchez Zemmour de parler, si vous le condamnez, vous faites le choix de maintenir le couvercle sur la marmite, vous prenez la responsabilité qu’elle explose. »
Il martèle ses mots, riant des parties civiles qui « font comme dans la série Mentalist, où on devine le criminel d’après ses attitudes physiques ». Il s’amuse : « Zemmour a croisé les bras en parlant, alors il est raciste ?! » Il dénonce l’hypocrisie de l’accusation qui fait de Zemmour une star de la télé, alors même que les associations antiracistes sont pratiquement nées du pouvoir médiatique qu’elles détiennent, rappelle les concerts très médiatisés de Sos Racisme : « C’est la télé qui vous a faits, la télé ! Et ce qui est fracassant pour vous, c’est que, tous les samedis soirs, vous devez vous taper Eric Zemmour à la télé. Alors aujourd’hui, forcément, vous vous sentez comme une femme trompée. »

Et puis Pardo sort un papier, et lit les mots proférés par le rappeur Morsay dans une « interview »:« J’espère que sa fille se fait bien niquer par des Noirs et des Arabes, comme ça au moins il aura un bébé d’un Noir ou d’un Arabe, et comme cela il n’aimera pas sa propre fille, ce fils de pute. Moi je te dis, si c’est un raciste, nique sa mère. J’ai que çà à dire en vrai à cet enculé, et reste un enculé, T’es vraiment un enculé. Mais si j’entends parler que t’as un de tes enfants qui a le même nom de famille que toi, qui a dépassé les 20 ans, une meuf, je la niquerais bien, et puis j’essaierai bien de lui montrer comme je vis… » Le tribunal n’est pas à l’aise, et même Sopo détourne son visage, lorsque, la citation terminée, Pardo se tourne vers l’accusation et tonne : « Cette réalité-là, jamais, jamais vous n’en parlez ! »

Quelques phrases, encore, quelques sentences puissantes pour clore cette plaidoirie qui avait été ouverte par « Je défends ici l’honneur et la liberté d’expression d’un journaliste. ». Nous nous levons, et sortons de la salle. Dehors, c’est une ovation. Cinq paumés de « Touche pas à mon pote » ont sorti leurs petits autocollants et essaient de huer Zemmour de leurs pauvres moyens. Hélas pour eux, la foule venue applaudir le journaliste gueule autrement plus fort qu’eux. Cela se soldera, plus tard, dans le métro, par des insultes de leur part, allant de « Bande de tapettes, sales tafioles » à un « Sale Pute » élégamment jeté par une excitée à une paisible retraitée venue soutenir Zemmour, et qui nous racontait le parcours de ses parents immigrés italiens…

Demeure alors, le soir et les jours qui suivent, le sentiment d’avoir passé trois jours exaltants. Demeure une reconnaissance infinie à Zemmour – et à ses proches – qui ont vécu des heures ignominieuses. Demeure une profonde gratitude à son avocat, à sa plaidoirie qui sauvera peut-être Zemmour et quoi qu’il arrive restera au cœur de nos mémoires. Demeure aussi l’angoisse de l’attente du jugement.
Le 18 février, à 13h30, il nous faudra être nombreux à leurs côtés.

Myriam Picard

pour Riposte Laïque




Zemmour versus Sopo : acte II

Je m’attendais à ce que le parvis de la XVIIème chambre correctionnelle déborde de Noirs et d’Arabes révoltés par les propos de notre Eric national, à ce que ces fameuses « victimes » viennent assister SuperGentil, le Sopo des causes subventionnées.
Deuxième jour de procès : le parvis déborde, en effet. Mais pas d’anti-Zemmour. « Ah ah ! » ricane déjà le bobo de base, « Il y avait donc les copains à Zemmour, cette fameuse France d’en-bas, les nazis, les aigris, les crânes rasés !!! »
Hélas, hélas : non plus. De l’étudiant, du chargé de TD, du retraité, du militant laïque, de la bourgeoise avec trois Smic à chaque doigt, de la modeste mère de famille, de l’ouvrier : horreur ! Des gens normaux ! Des gens sympathiques ! Même pas racistes ! Comble du drôle : du métisse, du noir, et du maghrébin venus soutenir Eric.
Il arrive : fatigué, les traits marqués, souriant malgré tout, il vient saluer les bancs de sympathisants les plus proches, tandis que Sopo se contente de traverser la salle avec un air de poule craignant de marcher dans la fiente, la narine pincée, empereur de papier mâché. Pas drôle, décidément, le Sopo.
Heureusement, il a ses avocats. Dont on attend, au minimum, un tantinet de charisme, de panache, de finesse, d’humour. Après tout, ce sont mes impôts qui paient les subventions des associations qui les paient pour détruire Zemmour : j’aimerais en avoir pour mon argent. Qu’on s’amuse un peu.
Mais ce deuxième jour de procès ne fera que confirmer le premier : ils sont mauvais, archi mauvais. Alternant des questions sans intérêt : « Monsieur Naulleau, vous dites que vous êtes éditeur. Mais en fait, vous êtes chroniqueur. C’est curieux…Votre métier, réellement, c’est éditeur, ou chroniqueur ? » ( réponse silencieuse du public : on s’en fout!), des interrogations posées mille fois, des intrusions agressives dans les propos des témoins. On en vient à des scènes ubuesques où ils sont obligés de se calmer entre eux, tandis que la Présidente essaie – désespérément -de se faire entendre.
Alors, on attend les témoins. Et on commence avec l’ineffable Louis Schweitzer. Mes parents m’ont enseigné le respect des personnes gâteuses et séniles, mais ne pas rire de la mollesse gâtifiante de Schweitzer est au-dessus de mes forces. Car il va se révéler incapable de prononcer le mot « Noir ». Et nous gratifiera de périphrases extraordinaires, où le Noir le plus banal deviendra « un Français d’origine immigrée dont les parents viennent de l’Afrique du Nord-Ouest » : vous reprendrez bien un peu de Sahel, Monsieur ?… Il en sortira tellement, et de si longues, que Maître Pardo, avec son délicieux air de ne pas y toucher, n’aura qu’à lui demander innocemment : « Vous ne parlez jamais des Arabes et des Noirs ? » Et la salle de rire sous cape.
Après Schweitzer, Naulleau, un Naulleau carré, qui tout en affirmant avoir maints points de désaccords avec Zemmour, définit le procès qui lui est fait comme « une défaite de la pensée ». Et Robert Ménard, fidèle à lui-même, franc, vif, laissant même échapper, au creux d’une envolée lyrique un « Merde ! » retentissant, et demandant pardon avec un air coupable – dont personne ne sera dupe.
J’avoue humblement que je n’ai pas sténographié chaque intervention. Que j’étais trop bien, assise sur ce banc, à écouter Monzani, préfet de l’Allier, remettre, du haut de son extraordinaire et complexant CV, les avocats de Sopo & Co à leur place, Tillinac déclarer paisiblement à propos de la discrimination : « Moi je suis auvergnat. Eh bien je préfère les auvergnats aux bretons. ».
Le grand moment, le clou, le summum, ce fut Claude Goasguen, se tournant vers Zemmour pour lui dire : « La prochaine fois, élargis tes propos, et parle des trafiquants Croates, des Serbes et des Monténégrins. » Exaspérés, les avocats de la partie adverse le talonnent en lui faisant remarquer que les propos de Zemmour risquent de pousser les gens à dire ou à faire des choses racistes. Réponse toute placide de Goasguen : « Ah ben s’il faut condamner Zemmour pour toutes les imbécillités qui sont dites dans ce pays, il est bon pour la perpétuité. »
Demain, l’hallali ? Les jeux ne sont pas faits : que Zemmour gagne, et je crois qu’il aura plus fait, en trois jours, pour nous tous, que toutes nos bonnes volontés réunies n’auraient jamais pu le faire. Qu’il perde, et ce sera aussi une victoire : parce qu’il sera prouvé, une fois de plus, que la liberté d’expression est en péril.
Myriam Picard




Erwan Lecoeur, le sociologue dhimmi pour qui le monde réel n’existe pas !

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On a eu Qui veut épouser mon fils ?, émission salvatrice pour le beauf désespéré qui noie sa lassitude sous les flots de la bêtise contemporaine magnifiquement incarnée par des « mamans » bonnes pour l’hôpital psy, voulant caser leurs fistons aussi frappés qu’elles.

J’en propose une autre : Qui veut adopter un sociologue ? Avec Erwan Lecoeur en vedette. Nul doute qu’il sera chéri par tous les spectateurs désespérés par la noirceur de notre monde. Car Erwan Lecoeur est le genre de gars à bouffer un œuf à la coque sous le nuage de Tchernobyl, en affirmant paisiblement que non non tout va bien et il ne risque rien ça va très bien merci. Le genre à inviter des Tutsis et des Hutus dans la même pièce, en les ayant armés, convaincu qu’aucun d’entre eux n’aura l’idée étrange de se servir d’une bonne vieille Kalach pour taquiner son adversaire.

Il nous a ainsi offert un moment grandiose, sur France Ô, le….. dernier.
Je m’attendais de sa part aux « arguments » habituels : « le FN nazi gna gna gna, Riposte Laïque xénophobe gnagnagna, l’islam religion de gnagnagna ». Eh bien pas du tout. Erwan a été très fort. Il nous a surpris. Il a été brillant.

Car plutôt que de parler de l’islam, il nous a parlé des bouddhistes. Plutôt que de parler du halal, il nous a sorti les végétariens, et plutôt que de parler de l’islamisation, il a brandi les évangélistes.
Tout le monde sait, en effet, que l’insécurité, la privation de nos libertés, les atteintes aux valeurs de notre civilisation sont le fait des bouddhistes, des évangélistes et des végétariens. Nous avons tous croisé un barbu lobotomisé et scotché à sa Sunna, qui oblige ses femmes sous peine de viol, à retirer le steak haché de la bolognaise. Sohane a quant à elle été brûlée vive par de jeunes novices bouddhistes qui jugeaient son comportement peu approprié au zen. Tout le monde sait ça.

Ai-je une passion pour les évangélistes ? Pas particulièrement, non. Les hurlements hystériques dans un micro, une pratique qui se base trop souvent sur une sorte de transe collective à grands coups de « Jésus t’aime ! Jésus te sauve ! Repens-toi ! », et la façon dont certains sont en train – en Ouganda notamment – de faire passer des lois instituant la traque des homosexuels, tout cela me déplaît profondément. Mais soyons sérieux une seconde : les évangélistes prient dans le respect des lois, très bruyamment certes, mais à l’intérieur de leurs temples ; les évangélistes ne réclament pas de menus spéciaux, de nouveaux jours fériés, d’horaires de piscine réservés aux femmes. Les évangélistes n’ont pas l’idée saugrenue de saisir la Halde quand ils n’ont pas obtenu un emploi ou un appartement, ne sifflent pas la Marseillaise, ne caillassent pas du flic et du pompier en criant Nique la France. Ils ne menacent pas la laïcité ni l’identité française. Et on n’a jamais vu, en France ou ailleurs, d’évangélistes lapider des femmes, poignarder des cinéastes et faire sauter des bus remplis de mécréants innocents au nom du Christ.

Pourtant, Lecoeur déclara leur cas aussi préoccupant que celui de l’islam. Et voilà qu’Arnaud Gouillon (dont je salue la prestation) évoqua soudain le problème de l’abattage rituel et de la suppression du porc dans maintes cantines scolaires. Erwan allait-il répliquer en parlant du droit à la différence ? Suspense…Eh bien non ! Erwan lança un énoooorme pavé dans la mare, avec… les gens qui ont une intolérance au gluten !
Le gluten. Tout est là. Voilà le vrai problème, la source des voitures brûlées, des pompiers caillassés, des converties niqabisées, et des prières de rue. Le gluten.

Des dizaines de journalistes égorgés, des millions d’euro d’allocation versées à des gens qui nous détestent fort mais aiment bien notre portefeuille, des imams prêchant le meurtre des Juifs, tout ça pour du gluten. C’est balot. Rendez-vous compte. On aurait pu s’épargner pas mal de frais, de salive et d’engueulades si l’on avait simplement eu la délicatesse, l’humanité, l’intelligence, de mettre au point des menus sans gluten. Tss.

Le prochain sauvage à capuche que vous croisez, et dont le désespoir chaussé de Nike flambant neuves (votre écran plat vendu en douce aux puces) exige de vous, à coups de « Fils de pute », l’Iphone que Mamy Josette vous a offert pour Noël, regardez-le dans les yeux, avec amour, avec douceur, avec compréhension, et annoncez-lui que vous allez pétitionner pour que la mairie travaille sur le grave sujet du gluten. Vous verrez alors la guérison du lépreux, la paupière se mouiller, la main se tendre, l’allégresse se répandre sur ce merveilleux visage, la concorde s’installer, et la paix d’un monde se faire.

A ce stade, bien sûr, on se pince, à défaut de rigoler grave – comme disent les Zeûnes des Cités. On espère trente secondes qu’il y a de la caméra cachée dans l’air. On revisionne la vidéo. Et on réalise que non, ça n’est pas une blague.

Ca n’est pas une boutade parce qu’Erwan Lecoeur déclare dès le début de l’émission que « Le monde réel n’existe pas. ». Dès lors, tout s’explique, tout s’éclaire, tout se justifie. Si le monde réel n’existe pas, si nous ne pouvons être affectés par lui, il n’y a aucune raison pour qu’on se prive de racketter du Juif, de violer de la Blanche, de terroriser du Prof : tout ça n’existe pas. Le bon sens, la douleur, la justice, l’équité, la beauté deviennent dès lors non seulement injustifiables mais totalement obsolètes, rejoignant ainsi parfaitement les principes fumeux d’un Coran et d’une Charia qui ignorent la dignité humaine, la liberté de conscience, le respect des convictions d’autrui, la pitié, la culture, l’élévation spirituelle, les Droits de l’homme, enfin.
Et c’est alors que l’on comprend qu’avec une si parfaite fidélité aux principes islamiques, Erwan Lecoeur n’est jamais qu’un dhimmi parmi les autres, un esclave consentant d’avance à toutes les humiliations et toutes les bassesses.

Paradoxalement, sa piètre prestation nous sert : avec de tels opposants, nous n’avons même plus à débattre et à défendre nos positions. Le môme d’origine marocaine ou sénégalaise qui se bat, dans son collège, pour apprendre le français malgré les menaces de ses petits camarades repliés sur une identité factice et haineuse, appréciera, sans nul doute, les propos d’Erwan Leoceur. La jeune fille qui résiste et refuse de se voiler malgré les torgnoles de ses frères, appréciera de savoir que la violence des coups qu’elle reçoit n’existe pas. Et monsieur Hibon de Frohen, qui doit désormais faire le deuil d’un fils courageux tué par une énième racaille, appréciera, aussi, d’apprendre qu’en fait, il n’a pas mal, que son fils ne lui manque pas, et que la rage et la souffrance inouïes qu’il ressentira désormais chaque jour, n’existent pas.

Myriam Picard