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Les Français, désespérés, seraient-ils capables de voter pour un Hitler ?

Chers lecteurs de Riposte Laïque,

Bien qu’étant, comme vous le savez, d’un naturel optimiste, je traverse actuellement une petite crise de déprime passagère dont je souhaite vous entretenir ici.

Cette déprime, nul ne s’en étonnera, est la conséquence de l’affreux miasme chinois qui a causé, outre des pertes humaines, une hystérie collective tout à fait remarquable chez les princes qui nous gouvernent, au point de valoir à notre beau pays le surnom que lui donnent actuellement certains mauvais esprits : l’Absurdistan. Pour preuve ma vie actuelle qui, bien que présentée sous le voile de l’anonymat, est, je vous l’assure, rigoureusement authentique.

Loin de Paris que j’ai fui depuis longtemps, je coule mes vieux jours dans une province que le Coronavirus a plutôt épargnée (jusqu’à présent), ce qui me permet de me promener sans avoir besoin de me masquer le museau… mais pas partout, certains maires ayant quand même jugé bon – on n’est jamais trop prudent ! – d’imposer le port du masque en leurs centres-villes : des endroits où je ne mets donc plus les pieds, bien entendu. Il me reste les balades à vélo dans la campagne, actuellement confinées dans un rayon de dix kilomètres… on en a vite fait le tour.

Je garde néanmoins une certaine activité physique en pratiquant une sorte d’escrime d’origine japonaise qui implique un scrupuleux respect des distances de combat – les coups y sont plus à craindre que les miasmes. Pourtant, depuis l’an dernier, le port du masque a été rendu obligatoire : non seulement dans la salle où nous nous entraînions initialement, mais même, après la fermeture du gymnase, pour l’autorisation de la pratique en plein air ! J’ai évidemment refusé de me coucher devant ces exigences stupides, et j’ai pris l’habitude de m’entraîner dans mon jardin, d’abord seul puis avec quelques partenaires venus me rejoindre par amitié…

J’avais aussi naguère des activités culturelles telles que la pratique de l’anglais, la musique (vocale et instrumentale)… tout cela est maintenant relégué au magasin des souvenirs. Je n’ai jamais pu me faire – l’âge, sans doute, en est la cause – aux relations humaines à distance par ordinateur interposé. Quant à la convivialité masquée, c’est pour moi un oxymore, autant ne plus se voir ! Il me reste la lecture, car fort heureusement j’ai toujours de nombreux bouquins sous le coude, sans compter tout ce que je trouve sur internet, et je n’ai donc jamais le temps de m’ennuyer. Et j’ai même la chance de voir régulièrement certains de mes enfants et petits-enfants, enfin, ceux qui n’habitent pas trop loin… Honnêtement, je ne suis pas malheureux et bien des personnes âgées, notamment en Ehpad, sont beaucoup plus à plaindre…

Je me sens pourtant, par moments, dépressif, ou plus exactement atteint d’un ras-le-bol colérique. Ras-le-bol de voir cette crise sanitaire gérée en dépit du bon sens, apparemment plus pour les profits des grands groupes pharmaceutiques que pour la santé publique. Ras-le-bol de voir la crise économique résultant des mesures de confinement, et d’imaginer la crise financière que le « quoi qu’il en coûte » va engendrer. Ras-le-bol surtout de nous voir, nous Français, peuple autrefois fier et courageux, nous laisser asservir de la sorte, alors même que nous sommes par ailleurs submergés, avec la bénédiction de nos dirigeants, par des envahisseurs allogènes qui rêvent de nous imposer leurs mœurs et leurs croyances tout en profitant des milliards dont on les subventionne !

Alors, dans ces moments de déprime, je me prends à rêver d’un homme d’État providentiel, genre Donald Trump, Victor Orban ou Vladimir Poutine, voire encore plus sévèrement burné (voyez, dans ces moments, comme je deviens vulgaire), qui pourrait venir remettre de l’ordre dans notre fichu pays… Évidemment, il faudrait pour cela qu’il s’arroge les pleins pouvoirs pour faire tirer à vue sur les racailles, dissoudre les associations islamo-gauchistes qui les soutiennent, créer des bagnes pour les criminels et des camps d’internement pour les étrangers en situation irrégulière… tout un programme ! Évidemment aussi, il ne devrait pas craindre les conflits possibles avec les puissances étrangères qui œuvrent à notre déclin… au risque de paraître un peu belliqueux, suprémaciste, voire légèrement raciste sur les bords… On le lui pardonnerait, que voulez-vous, nul n’est parfait !

J’eus autrefois un grand-père doté d’une certaine assurance et d’un solide optimisme, qu’il tenait sans doute de notre aïeul dont je vous ai déjà parlé, l’excellent docteur Pangloss (cf. Voltaire : Candide ou l’optimisme). Vers la fin des années 1920, on commençait en France à s’inquiéter de la montée en puissance du parti national-socialiste allemand dont le chef, un certain monsieur Hitler (Adolf pour les dames), tenait des discours nationalistes enflammés et ne cachait pas ses convictions suprémacistes et antisémites, qu’il avait même publiées (Mein Kampf, 1925). Mais face aux inquiétudes familiales, mon grand-père gardait un calme olympien : « Allons donc, disait-il, les Allemands sont des gens sérieux… Vous ne pensez tout de même pas qu’ils vont aller voter pour un guignol pareil ! ». La suite de l’histoire est connue : en novembre 1932, les élections législatives donnaient la majorité, en toute démocratie, au parti nazi de monsieur Hitler…

Toute ma vie, je me suis demandé comment « des gens sérieux » avaient pu se fourvoyer de la sorte. Aujourd’hui toutefois, quand je ressens le dépit et la honte qui m’envahissent à la vue de ce que devient mon pays, je crois que je commence à comprendre… Ce qui avait échappé à l’intelligence de mon grand-père, c’était l’importance de la frustration dont souffrait le peuple allemand, suite notamment à l’humiliant traité de Versailles qui lui avait été imposé en juin 1919 à l’issue de la Première Guerre mondiale : outre les amputations territoriales et les lourdes réparations financières (en partie responsables des difficultés économiques ultérieures), la honte infligée aux Allemands par ce traité (rédigé par les seules puissances victorieuses et perçu comme un diktat) leur était insupportable. Dans une telle situation, un peuple peut être prêt à se jeter à corps perdu dans les bras du premier führer capable de lui rendre son honneur.

J’avais déjà imaginé la trame de cet article et j’en avais commencé la rédaction lorsque est sortie, le 16 avril au soir, une très pertinente analyse signée de notre collègue Jean d’Acre, « La France est dans la situation de l’Allemagne de 1933 » :

https://ripostelaique.com/la-france-est-dans-la-situation-de-lallemagne-de-1933.html

Jean d’Acre souffre, semble-t-il, de la même déprime que la mienne et je ne peux qu’approuver la description qu’il fait de l’état de la France. Je serais plus nuancé sur sa conclusion « La France n’attend plus qu’un führer » faisant suite à un éloge sans nuance de la réussite hitlérienne (1933-1939) : il feint d’oublier que cette réussite, outre qu’elle a transformé la République de Weimar en une dictature, a accessoirement provoqué quelques menus dégâts collatéraux – en gros, la Seconde Guerre mondiale… Reste que la réaction de Jean d’Acre, dans un état de désespérance, est la même que la mienne : le rêve messianique de l’homme providentiel. Mais restons prudents : un autre Jean, non pas d’Acre mais de La Fontaine, a autrefois raconté une histoire de grenouilles qui demandaient un roi…

Et puis surtout, si la France « est dans la situation de l’Allemagne de 1933 », les Français d’aujourd’hui, en revanche, ne sont pas les Allemands de 1933 ! Les Français d’aujourd’hui sont, dans leur grande majorité, des lâches, des « dhimmis », qui sont prêts à toutes les soumissions : soumis aux diktats macroniens et écologistes au nom du stupide « principe de précaution », soumis aux diktats gauchistes et musulmans au nom du « vivre-ensemble », et bientôt soumis à la dictature mondialiste qui s’annonce, ils ne sont plus capables de révolte. Il restera bien une poignée de patriotes qui entreront en résistance, ce qui déclenchera une guerre civile – comme Jean d’Acre, j’en suis convaincu, je vous l’ai dit dans mes précédents articles. Il est toutefois probable que, sauf intervention extérieure (mais n’y comptez pas trop…), les patriotes seront vaincus parce qu’ils auront tous les collabos contre eux.

En attendant, quand on déprime, on peut toujours rêver à l’apparition d’un Sauveur… Ressemblera-t-il (ou elle) à Jeanne d’Arc ?… Napoléon ?… De Gaulle ?…

… Ou à Adolf Hitler ?…

N’empêche que, nonobstant toute ma belle philosophie, je serais peut-être moi aussi capable, par dépit, de « voter pour un guignol pareil » !… C’est terrifiant, quand on y pense…

Veuillez agréer, chers lecteurs, l’expression de mes très courtoises salutations.

Papy PANGLOSS, professeur honoraire de philosophie, membre du Cercle d’anticipation métaphysico-optimistico-sociologique de l’évolution de l’humanité (Camoseh)

 

 

 

 

 




Le meilleur des mondes, c’est pour bientôt

Chers lecteurs de Riposte Laïque,

Comme aurait dit ma mère, « les carottes sont cuites » : Joseph Robinette Biden est devenu le 46e président des États-Unis… et Riposte Laïque est en deuil. Jusqu’au dernier moment, toute une équipe de vaillants « trumpistes » nous a fait croire qu’un miracle allait se produire. Pour n’en citer que quelques- uns : Pierre Cassen, Julien Martel, Jacques Guillemain, et surtout Maxime Lépante (27 articles consécutifs du 8 novembre au 12 janvier, j’ai compté !). Ah, on allait voir ce qu’on allait voir… Et puis… on a vu ! On a vu que tous les juges et les politiques ont lâché Trump pour préserver leurs carrières : que voulez-vous, c’est humain… Et en plus, le Donald, en tweetant plus vite que son ombre comme d’habitude, a commis l’énorme boulette d’appeler ses supporters à manifester au Capitole le 6 janvier : il ne savait pas, ce gros naïf, qu’une manif, ça peut dégénérer ?… Bilan des courses : non seulement il est viré comme un malpropre, mais en outre il risque l’inéligibilité et peut-être d’autres ennuis… Ah, ils ont l’air fin, à Riposte Laïque… Enfin, n’insistons pas, on ne tire pas sur une ambulance.

Je ne reviendrai pas sur les fraudes électorales qui ont permis la victoire de Biden. Si ce n’est pour souligner que si ces fraudes, qui ne concernaient que quelque États, ont suffi à faire basculer l’ensemble du vote, c’est que celui-ci était quand même assez serré. Ceci alors même que Trump avait réussi, au cours de son mandat, à relancer l’économie, à faire chuter le chômage, et surtout à maintenir son pays à l’écart des aventures guerrières. Ce qui aurait dû lui valoir, si le peuple avait été intelligent, une réélection « dans un fauteuil »… Seulement voilà, et c’est là où je veux en venir, le peuple n’est pas intelligent. D’une part, il est composé de partisans bornés qui préfèrent avoir tort avec le candidat de leur parti plutôt que d’avoir raison avec le candidat du parti adverse. D’autre part, et surtout, il est influençable, faute d’intelligence et d’esprit critique, donc vulnérable à la propagande : pendant quatre ans, les caciques du parti Démocrate, soutenus par le lobby militaro-industriel et relayés par la haute administration et les médias, ont dénigré et calomnié ce Président qui, s’étant fait élire par surprise, avait osé tenir tête à la ploutocratie – et ça a marché.

Le nouveau locataire de la Maison-Blanche a, comme on pouvait s’y attendre, démarré son mandat sur les chapeaux de roues en prenant l’exact contre-pied de son prédécesseur et en donnant des gages aux différentes minorités sexuelles et raciales. Le spectacle en est plaisant et on pourrait en rire, s’il n’était annonciateur d’un retour à tous les vieux démons de la politique américaine, vêtue d’hypocrisie et de beaux sentiments (notamment au plan international). Nul doute que Joe Biden trouvera en la personne d’Emmanuel Macron un disciple dévoué, puisque comme lui membre de la même ploutocratie et pratiquant les mêmes méthodes de propagande. Lesquelles fonctionneront contre Marine Le Pen, comme elles ont fonctionné contre Donald Trump : je vous tiens le pari que Macron sera réélu par nos chers concitoyens qui auront été dûment mis en garde par les médias contre le grand danger de l’extrême droite.

Tout semble en effet s’organiser pour permettre une « rééducation » massive des peuples. Et l’aisance avec laquelle le nôtre, dans sa grande majorité, avale tout ce que les médias lui font ingurgiter (l’urgence de la lutte contre le terrible gaz carbonique, les bienfaits des mesures sanitaires du gouvernement, etc.) est du meilleur augure dans cette perspective. Car vous comprenez bien que l’oligarchie mondialiste qui aspire à gouverner, à terme, l’ensemble de la planète ne peut pas utiliser les mêmes méthodes que celles pratiquées par les dirigeants chinois ou nord-coréens. Dans nos pays occidentaux, les apparences de la démocratie doivent être sauvegardées. Et de ce point de vue, il faut le dire, la France est un modèle – une fois n’est pas coutume. Nous élisons notre Président au suffrage universel, mais toute opposition au candidat adoubé par la ploutocratie internationale est soit judiciairement neutralisée soit médiatiquement diabolisée. Les élections législatives étant organisées dans la foulée pour offrir au nouvel élu une majorité à sa dévotion. Et lorsque d’aventure se développe à la Chambre la moindre contestation, d’autres outils existent (votes bloqués, état d’urgence, etc.) qui permettent de l’étouffer sans problème. Ainsi, la démocratie n’est plus que ce qu’elle doit être : une illusion pour le peuple.

Malgré cela, la bonne gouvernance n’est pas suffisamment stabilisée car il arrive encore que, accidentellement, le peuple vote mal – ainsi qu’il y a quatre ans en élisant Donald Trump. Il est donc nécessaire d’éradiquer les mauvais penchants de ce peuple, tels que le respect des traditions, l’amour de la patrie et le goût de la liberté, en excluant socialement les individus déviants. De telles épurations se sont produites à diverses reprises dans le passé, pour des raisons religieuses ou politiques : on se souvient par exemple qu’entre 1946 et 1954, notamment sous l’influence du sénateur Joseph McCarthy, eut lieu aux États-Unis une véritable chasse aux sorcières contre les communistes ou supposés tels. La leçon a été bien apprise : aujourd’hui, c’est contre tout ce qui n’est pas progressiste bon teint que s’exerce, en Amérique du Nord et en Europe occidentale, le maccarthysme contemporain. Ce puritanisme s’est peu à peu introduit dans toutes les sphères du pouvoir, dans les universités ainsi que dans le monde des arts et de la culture, frappant d’anathème tous ceux qui s’écartent de la bien-pensance dictée par nos élites. L’accès aux responsabilités sera, de la sorte, réservé aux « belles personnes »…

En 1932, l’écrivain britannique Aldous Huxley publiait un roman d’anticipation, Brave New World, qui fut traduit en français sous le titre Le Meilleur des Mondes. Ce roman décrit une société gouvernée par un État mondial et entièrement planifiée : les êtres humains sont produits en laboratoire à l’aide de traitements les prédestinant aux différentes castes auxquelles ils doivent appartenir, conformément aux besoins du marché du travail. Ces castes vont des Alphas, élites dirigeantes, aux Deltas et Epsilons, castes inférieures destinées aux travaux ingrats, ces dernières étant produites par clonage et entrave à leur développement physique et mental. Dès leur petite enfance, grâce au conditionnement qu’ils reçoivent pendant leur sommeil, tous les individus acquièrent de manière indélébile les valeurs morales de la société et les goûts de leur caste ; en outre, en cas de mal-être, quelle qu’en soit la cause, ils sont incités à consommer librement une drogue euphorisante, le soma. Par suite, leur vie durant, ils se satisfont de leur situation et ne revendiquent rien, ce qui assure à la société une parfaite stabilité.

Un quart de siècle plus tard, en 1958, Huxley publia un essai intitulé Brave New World Revisited (en français : Retour au Meilleur des Mondes), dans lequel il montrait que les sociétés modernes, en développant les moyens de contrôle sur les gens, commençaient à ressembler à celle de son roman… Nous ne pouvons aujourd’hui que partager cette vision prophétique ! Déjà, la « gouvernance mondiale améliorée » souhaitée ouvertement par l’ONU est une réalité qui transparaît au travers du Forum économique mondial : quoi de mieux que des experts en finance et des dirigeants d’entreprises multinationales pour dire aux chefs de gouvernement ce qu’ils ont à faire ? De toutes façons, leurs États étant endettés en permanence dans un système économique artificiel, ils ne pourront que se soumettre aux banques centrales qui assurent leur survie. Le vrai pouvoir est donc de plus en plus aux mains d’une superclasse mondiale qui contrôle de plus en plus de richesses – qu’est-ce, sinon la caste des Alphas du Meilleur des Mondes ?

Certes, nous n’en sommes pas encore à produire les humains en laboratoire, mais notre progressisme en matière de « bioéthique » est porteur de tous les espoirs. Bien entendu, l’assistance médicale à la reproduction ayant un prix, seules les castes supérieures pourront en bénéficier. Les autres, ceux « qui ne sont rien », continueront à se reproduire par les moyens naturels… Ils pourront bientôt, en revanche, consommer librement du cannabis, en attendant la mise au point de la drogue idéale dénuée d’effets nocifs, le soma… on y travaille sûrement déjà. Quant au conditionnement du peuple en général, et particulièrement l’abrutissement des castes inférieures, les méthodes imaginées par Huxley apparaissent aujourd’hui superflues : non seulement l’école « progressiste » n’instruit plus, mais les médias (presse, télévision et internet) sont maintenant sous contrôle, au point de pouvoir censurer le président des États-Unis lui-même s’il vient à déplaire à l’übercapitalisme. Enfin, la prolétarisation des classes moyennes, actuellement en bonne voie, supprimera d’ici quelques années la principale source de contestation politique : nous vivrons dans la stabilité – celle du Meilleur des Mondes.

Dans mes précédents articles, j’envisageais une guerre civile meurtrière, prélude à l’agonie de la France sous l’emprise de l’islam et de l’immigration, probablement d’ici une trentaine d’années. Je ne me dédis point ici, ne faisant que rajouter l’idée que la destruction des vieilles nations européennes par l’immigration fait sans doute partie du projet de la ploutocratie mondiale. Mais ce ne sera qu’un épisode, l’islam devant à son tour être soumis quand il ne sera plus utile : il disparaîtra, comme les autres religions d’ailleurs, ainsi qu’annoncé dans Le Meilleur des Mondes.

Je ne peux terminer cet article sans avoir une pensée pour mon aïeul, le docteur Pangloss (cf. Voltaire : Candide ou l’optimisme), qui affirmait que, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin, tous les événements étant enchaînés dans le meilleur des mondes possibles. « Le meilleur des mondes »… Peut-être avait-il raison ?…

Veuillez agréer, chers lecteurs, l’expression de mes très courtoises salutations.

Papy PANGLOSS, professeur honoraire de philosophie, membre du Cercle d’anticipation métaphysico-optimistico-sociologique de l’évolution de l’humanité (Camoseh)

Février 2021

 

 

 

 

 




Guerre civile : le spectacle va commencer

Chers lecteurs de Riposte Laïque,

Dans ma première « chronique de la décadence heureuse » (1), j’avouais espérer vivre assez longtemps pour pouvoir jouir du spectacle inaugural de la guerre civile qui finira par faire exploser la France. À la suite de la joyeuse fête, avec déprédations et pillages y afférents, qui s’est déroulée le 23 août dernier sur les Champs-Élysées, j’ai aujourd’hui le sentiment que je n’aurai peut-être pas beaucoup à attendre.

Encore ai-je profondément regretté que notre fière équipe du PSG ait dû s’incliner devant le Bayern de Munich. Non que je porte un quelconque intérêt au football de haut niveau et à ses joueurs prétentieux et surpayés, mais parce que je suis convaincu qu’en cas de victoire française, les émeutes des Champs-Élysées eussent été encore plus belles, sous le regard impassible de la flicaille et pour la plus grande satisfaction des « belles personnes ». Par exemple un certain Jean Viard, sociologue de son état : « N’empêchons pas le bonheur de la vie, n’empêchons pas les jeunes de faire la fête » (France Info, 23 août). Ou encore Anne Hidalgo, maire de Paris : « Il faut faire confiance, accepter que la joie soit là, que toutes celles et tous ceux qui sont fiers et heureux puissent le manifester le plus pacifiquement possible (sic) et dans le respect des gestes barrières (re-sic) » (Le Parisien, 23 août). D’ailleurs, ajoutait (sans rire) Jean Viard, c’est normal « qu’il y ait un peu de tensions autour du foot (…) disons qu’on fait la guerre par un moyen sportif et sympathique »…

Jean Messiha, membre du Rassemblement national, a fait de cette ambiance « sympathique » une analyse un tantinet différente (Valeurs Actuelles, 25 août) : « Un assaut global, violent, protéiforme, omniprésent et croissant d’une partie significative de l’immigration maghrébine et sub-saharienne contre tout ce qui est ou fait français ». Et de poursuivre : « De tout temps, l’invasion s’est imposée par la force. (…) Nous y faisons face aujourd’hui. Notre choix est simple : nous défendre ou être assujetti. Nous défendre ou disparaître »… Voilà qui est bien vu. Bien vu, mais n’aboutissant qu’à la classique exhortation à « nous ressaisir ». Comme s’il en était encore temps, comme si le « peuple historique » qu’on invoque en était encore capable… Mais, Monsieur Messiha, le peuple n’est pas la solution, il est le problème ! Ce peuple lâche et pétochard, qui n’aspire qu’à la tranquillité et au moindre effort, se soumettra demain à l’islam comme il est aujourd’hui soumis à l’idéologie gauchiste et au respect moutonnier des « gestes barrières ». En revanche, ce qui peut arriver un de ces quatre matins, c’est que quelques Gaulois moins abrutis que les autres en viennent à « péter les plombs » – ce sera le début du spectacle que j’attends.

Le spectacle pourrait commencer par quelques petits scénarios, certes classiques, mais qu’on apprécie toujours. Par exemple : ayant violé et assassiné une jeune « face de craie », des « chances pour la France » sont jugées avec mansuétude par de bons magistrats (tendance « mur des cons ») et rapidement libérées (c’est connu, « la prison n’est pas une solution… »). Hélas, le frère de la victime, aidé de quelques copains n’ayant comme lui aucun sens du « vivre-ensemble », se met en chasse des meurtriers. Je vous laisse imaginer la suite… Nul doute que le dernier combat, avec le duel final (sur une musique d’Ennio Morricone, cela va de soi) restera une scène d’anthologie… Allez, un autre exemple : les commerçants d’une petite station balnéaire, las de subir les attaques des « jeunes des quartiers » de la ville voisine et écœurés de l’inaction de la municipalité (monsieur le maire l’a dit, « il faut le supporter, on n’y peut rien… »), chargent un des leurs d’aller recruter d’anciens légionnaires pour assurer leur défense. Sept mercenaires acceptent ainsi de tenter l’aventure, au mépris de nos valeurs socio-progressistes les plus sacrées. Là encore, imaginez la suite comme vous voudrez… Mais, vous le savez d’avance, l’ultime attaque des « jeunes », noyée dans l’hémoglobine, sera une scène grandiose… Voilà un bon début, n’est-ce pas ?

Après, les actions devraient devenir de plus en plus organisées (avec la constitution de milices armées de part et d’autre), de plus en plus sanglantes aussi, l’usage des explosifs étant particulièrement spectaculaire… Christian de Moliner, récemment interviewé par Boulevard Voltaire (2), est de ceux qui ont essayé d’envisager la guerre civile et ses issues possibles, dont la partition de la France (avec, si les musulmans vainqueurs le permettent, quelques enclaves réservées aux « Français de souche »). À moins, ajouterai-je… à moins qu’un putsch – soyons fous…– ne mette alors en place un régime autoritaire capable d’imposer par la force les réformes nécessaires en écrasant la racaille et ses idiots utiles… Pour ma part, je n’ai jamais beaucoup aimé les militaires, mais si c’est la seule façon de sauver malgré lui le « peuple historique »…

Vous le savez si vous avez lu ma première chronique, j’eus pour aïeul le docteur Pangloss, grand philosophe du XVIIIe siècle immortalisé par Voltaire (lisez ou relisez « Candide ou l’optimisme »). C’est sans doute de lui que je tiens ma vision positive de l’humanité : notre civilisation, certes, est devenue décadente et risque de devoir se soumettre à l’islam, mais cela aura au moins le mérite de nous débarrasser des abus de certaines minorités ainsi que des féministes hystériques – pardon pour le pléonasme. En outre, avec ou sans intermède sous domination musulmane, la guerre civile devrait faire émerger des hommes forts, qui seront à l’origine d’un nouveau cycle civilisationnel. Ainsi, tous les évènements seront enchaînés, comme le disait mon aïeul, dans le meilleur des mondes possibles.

En attendant, Mesdames et Messieurs, prenez place : le spectacle va commencer.

Veuillez agréer, chers lecteurs, l’expression de mes très courtoises salutations.

Papy PANGLOSS, Professeur honoraire de philosophie, membre du Cercle d’anticipation métaphysico-optimistico-sociologique de l’évolution de l’Humanité (CAMOSEH)

Août 2020




Chroniques de la décadence heureuse

Nous sommes dans le meilleur des mondes possibles

Chers lecteurs de Riposte Laïque,

M’exprimant devant vous pour la première fois, j’ai le devoir, avant toute chose, de me présenter.

Je tairai ici mon patronyme réel, qui est sans importance – on me surnomme Papy Pangloss. Ce nom ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ?… Ah, je vois une lueur dans l’œil des plus vieux d’entre vous, ceux qui ont connu il y a longtemps, dans l’enseignement secondaire, les classes de français où l’on apprenait encore quelque chose… En effet, je suis un lointain descendant d’un grand philosophe du XVIIIe siècle, le docteur Pangloss, qui fut précepteur au château de monsieur le baron de Thunder-ten-tronckh, en Westphalie, et dont la renommée fut faite par un certain François-Marie Arouet, dit Voltaire, au travers d’un récit intitulé « Candide ou l’optimisme » – texte dont je ne saurais trop recommander la lecture aux jeunes générations, si tant est qu’elles sachent lire autre chose que des bandes dessinées.

Selon Voltaire, mon ancêtre était un disciple du célèbre philosophe Gottfried Wilhelm Leibniz. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause et que, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin possible. Même les malheurs particuliers, disait-il, font le bien général. Encore ne connaissait-il pas la théorie de la sélection naturelle qui devait montrer, un siècle plus tard, que la lutte pour la vie, en éliminant les plus faibles (malheurs particuliers), est la cause du perfectionnement de toutes les espèces vivantes (le bien général). Il en est de même des civilisations humaines qui naissent, vivent, se combattent et meurent pour laisser place à de nouvelles civilisations mieux adaptées. Ainsi les civilisations de la Mésopotamie et de l’Égypte cédèrent-elles le pas à la civilisation hellénique, laquelle fut remplacée par l’Empire romain ; puis la chute de ce dernier permit le développement des royaumes francs, d’où émergea la civilisation chrétienne de l’Europe occidentale.

C’est cette dernière civilisation, notamment en France, qui arrive maintenant en fin de vie. Son christianisme a dégénéré en une doxa humaniste, tolérante et iréniste qui la rend vulnérable aux envahisseurs en général et aux terroristes en particulier. Parallèlement, son hédonisme irraisonné l’a poussée à un consumérisme compulsif qui l’a mise à la merci des puissances internationales du commerce et de la finance, qui œuvrent à la destruction des frontières protectrices des civilisations. Face à cette évolution mortifère, j’ai longtemps cru que des lanceurs d’alerte pouvaient, par le discours et par l’écrit, mobiliser leurs concitoyens – je m’y suis moi-même essayé pendant plus de vingt ans. Je constate aujourd’hui la vanité de cet espoir, rien ne pouvant sauver les peuples qui n’ont plus envie de vivre. Les plumitifs soi-disant patriotes se bercent d’illusions en accusant les dirigeants et les médias de contraindre une prétendue résistance du peuple. Mais qui vote pour ces dirigeants, qui croit ce que racontent ces médias, si ce n’est précisément ce peuple lâche, individualiste et imbécile ?

Ah, voilà qu’à nouveau je m’échauffe la bile, ce qui est mauvais pour ma santé. À ce sujet, mes docteurs m’ont dit que je ferais mieux de m’inspirer de l’optimisme de mon célèbre ancêtre. Mais que dirait-il, aujourd’hui, du destin de la France ? « – Dieu, dirait-il, a fait en sorte que tous les évènements soient enchaînés dans le meilleur des mondes possibles. Car si les immigrés que votre pays a inconsidérément laissés venir sur son sol se comportent en envahisseurs, c’est que leur foi est supérieure à la vôtre. Ainsi que l’a fort bien montré Friedrich Nietzche, la morale chrétienne a en effet valorisé les faibles au détriment des forts, ce qui est la raison suffisante pour laquelle la France se trouve aujourd’hui sans défense. Vous avez donc tout intérêt à adopter la foi musulmane en vous soumettant au califat que le Grand Turc appelle de ses vœux. Si donc, pour réaliser ce projet, les Maures et autres Africains détruisent vos églises et égorgent bon nombre d’entre vous, ce ne sera qu’un mal nécessaire, car la diversité et l’islamisation apporteront aux survivants, conformément à l’harmonie préétablie, une culture qui rendra leur civilisation plus forte. Et tout sera au mieux. »

Pour ma part, à l’instar de mon maître Épicure (qui fut un grand philosophe de la Grèce antique), je ne crois pas que le bien des hommes puisse être dans le dessein d’un dieu. Les dieux vivent dans un monde trop éloigné du nôtre, un monde heureux – alors que le nôtre va à l’évidence fort mal. Le meilleur des mondes possibles ne peut donc se trouver que dans la pensée de l’homme sage et vertueux qu’aucune vicissitude de l’humanité ne vient troubler. Les grandes civilisations du passé ne sont plus que ruines, mais cela a-t-il jamais empêché les peuples de poursuivre leur chemin – en commettant, d’ailleurs, les mêmes erreurs que leurs ancêtres ? Qu’importe, donc, si la cathédrale Notre-Dame de Paris, à moitié détruite, devient une mosquée ? Qu’importe si le château de Versailles se trouve vendu aux Chinois ? Qu’importe, même, si des milliers de mes concitoyens sont tués ou mis en esclavage ? Ces Français qui, depuis des années, votent consciencieusement pour les pires destructeurs de leur patrie ne méritent rien d’autre.

Et moi-même, qu’ai-je à craindre ? S’il est probable que d’ici vingt ou trente ans la France sera à l’agonie, je serai moi-même sans doute mort avant. Certes, j’ai échoué dans mes tentatives d’éviter à mon pays sa dérive suicidaire et j’en ai été fort dépité, mais un philosophe doit savoir, par l’usage de la raison, dominer ses sentiments pour atteindre la sérénité de l’âme. La raison me dit que j’ai fait mon devoir de citoyen autant que je le pouvais. Avec sérénité, je me contenterai donc désormais de rechercher le plaisir, « principe et but de la vie bienheureuse » selon mon maître Épicure.

Et si je vis assez longtemps pour être, de loin, le témoin des premiers conflits interethniques majeurs qui éclateront dans les territoires perdus de la république, j’encouragerai ma descendance à quitter ce pays condamné. Alors, tel l’empereur Néron contemplant l’incendie de Rome, je jouirai, depuis mon paisible jardin, du spectacle inaugural de la guerre civile qui fera exploser la France.

Veuillez agréer, chers lecteurs, l’expression de mes très courtoises salutations.

Papy PANGLOSS, professeur honoraire de philosophie, membre du Cercle d’Anticipation Métaphysico-Optimistico-Sociologique de l’Évolution de l’Humanité (CAMOSEH)

Juin 2020