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La division des droites permet à la gauche américaine de détruire la France


Paul-Marie Coûteaux est un homme très agréable, doté d’un esprit et d’un humour exceptionnels. Il peut également lui arriver de dérouter ses nombreux amis. Le 1er mai, nous lui avions fait parvenir ces questions, malheureusement, son emploi du temps très chargé ne lui a permis de nous répondre que ce vendredi matin. Il n’y a donc aucune référence au débat de mercredi. Mais l’ensemble vaut tout de même la peine d’être lu, même, et surtout, si on ne partage pas les choix de Paul-Marie, qui avait appelé à voter Fillon au premier tour…

Riposte Laïque : Beaucoup de patriotes ont été surpris de voir l’ancien président du SIEL, qui fut un conseiller de Marine Le Pen plusieurs années, appeler à voter François Fillon, au premier tour. Quelles ont été vos raisons ?

Paul-Marie Coûteaux : Je ne comprends pas très bien pourquoi les « patriotes » (comme vous dites un peu vite, comme si les électeurs de Fillon étaient des traîtres à la nation…), ont été surpris de ce choix. Voici quinze ans que je tente de sortir du piège de Mitterrand, qui a réussi à couper les droites en deux gros morceaux, et à diaboliser suffisamment l’un d’entre eux pour le rendre infréquentable, piège qui fonctionne depuis plus de trente ans et qui permet à ce que Chevènement appelait « la gauche américaine » de détruire le pays depuis trente-cinq ans. Tous les patriotes devraient au contraire contribuer à récréer une grande droite nationale et populaire, face à une gauche qui non seulement oublie la Nation, l’Etat et les points cardinaux de la civilisation française, mais encore les détruisent.

Je ne comprends pas davantage pourquoi tout le monde, à droite, fait comme si ce piège était secondaire, et, plutôt que de déjouer la manœuvre de l’adversaire, s’acharne sur son voisin de droite pour rogner un peu de sa part sur le grand marché des partis, tout en canardant celui qui tente d’établir des ponts entre les droites. Il est vrai que, en temps de guerre, les ponts sont les plus exposés…

J’ai plusieurs bonnes raisons d’avoir choisi François Fillon : d’abord je crois essentiel de sortir le pays de la spirale de la dette qui l’étouffe et devient la seule façon de gouverner ; cela à tous les niveaux, aussi bien celui des administrations centrales que des administrations décentralisées, lesquelles s’étouffent littéralement les unes les autres en étouffant le pays. La sur-administration est une folie, de plus une folie coûteuse. Je ne peux comprendre les souverainistes en peau de lapin qui se moquent de l’endettement, c’est-à-dire d’une situation où l’Etat, et la plupart des collectivités territoriales, doivent tendre la main tous les mois sur les marchés financiers pour payer leurs fonctionnaires. C’est indigne, et, comme l’a rappelé François Fillon, attentatoire à la souveraineté nationale. J’approuve de surcroît les orientations de sa politique éducative, celles de sa politique familiale, et bien entendu sa politique étrangère, notamment la réintroduction de la Russie dans le jeu européen, qui changerait tout –au détriment de l’hégémonie allemande, ce qui est une bonne chose.

Pour finir, je dois dire que je connais François Fillon depuis très longtemps – depuis nos combats communs auprès de Philippe Séguin contre Maastricht et ses suites. C’est un homme estimable, sans doute le seul véritable homme d’Etat aguerri parmi les candidats. j’ajoute qu’il était le seul à pouvoir battre l’infâme Macron, ce qui s’avère sous nos yeux… A elle seule, cette dernière raison suffisait à le soutenir à toutes forces. La façon dont il a été éliminé par le système prouve que je n’avais pas tort, et c’est d’ailleurs quand l’opération Hollande s’est déclenchée que, début févier, j’ai annoncé mon soutien.

Nul ne demandait à Fillon de prendre position

Riposte Laïque : Qu’avez-vous pensé du résultat du premier tour, et surtout de l’appel de François Fillon à voter Macron ? 

Paul-Marie Coûteaux : Ne m’en parlez pas ! Le résultat fut affreusement bas, même s’il ne suffisait que de 460 000 voix supplémentaires pour arriver au second tour –alors que les « affaires » comme on dit pour qualifier des questions petites bourgeoises qui ont agité ce peuple devenu lui même petit-bourgeois, nous en ont fait perdre dix fois plus de voix. En fait, c’était gagnable…

Quand à l’appel de Fillon à voter Macron, il m’a tellement assommé que je n’ai toujours pas compris. Je renifle le réflexe petit bourgeois, une fois de plus. N’y a-t-il donc nulle grandeur nulle part – celle du silence, au moins ? Nul ne lui demandait de prendre position…

J’ai encouragé Nicolas Dupont-Aignan à s’allier à François Fillon… En vain !

Riposte Laïque : Vous avez été proche de Marine Le Pen, et également proche de Nicolas Dupont-Aignan. Qu’avez-vous pensé du ralliement du président de DLF à la candidature de Marine, et de leur conférence de presse commune ? 

Paul-Marie Coûteaux : J’ai toujours dit à mon ami Dupont-Aignan (nous nous connaissons depuis 1986, et avons fait beaucoup de choses ensemble, notamment un livre), qu’une démarche trop solitaire était un suicide politique : quand on fait de la politique, c’est pour gouverner. J’aurais aimé que, fort de ses bons résultats aux régionales, il fasse alliance avec Fillon –ce qui eut permis à celui-ci d’être au second tour, puis de gagner, en sorte qu’il aurait « fait le roi ». Les démarches que j’ai faites auprès de lui pendant des mois ont hélas été vaines. A tout le moins, s’allier à Marine Le Pen offre une perspective, et redonne une cohérence à une démarche qui, si elle était restée solitaire, aurait pu ne pas avoir beaucoup de sens…

Riposte Laïque : Vous avez longtemps émis des réserves, quant à la sortie de l’euro, telle qu’elle était défendue par le FN. Apparemment, Marine paraît assouplir sa position sur la question. Qu’en pensez-vous ?

Paul-Marie Coûteaux : C’est une bonne chose, bien entendu. D’abord parce que l’on ne maîtrise absolument pas les conditions dans lesquelles cette sortie peut se faire. C’est pour le moins aventureux. Certes l’euro était une erreur, comme monnaie unique en tous les cas –une monnaie commune aurait l’avantage de desserrer l’étau du dollar. Mais il est trop tard, ou trop tôt, pour en sortir. Si vous montez par erreur dans un avion, vous ne demandez pas, en cours de route, à sauter par le hublot…

Et surtout : nous avons tellement de choses à faire en maints domaines autres qu’économiques, que ce serait déjà bien de mener quelques autres chantiers les plus prioritaires !

Le drame de la France, c’est la division des droites

Riposte Laïque : Vous avez beaucoup fréquenté la famille gaulliste, depuis votre collaboration avec Philippe Seguin. Pensez-vous, outre Marie-France Garaud ou Nicolas Dupont-Aignan, que d’autres cadres, comme Jacques Myard ou Henri Guaino, puissent rejoindre Marine Le Pen avant le 2e tour. Et Philippe de Villiers, de qui vous fûtes également très proche ?

Paul-Marie Coûteaux : Marine Le Pen a beaucoup de qualités, mais elle ne sait pas y faire. Elle a manqué d’amour dans sa vie : elle ne sait pas être bonne, ouverte, accueillante, elle ne sait pas séduire, écouter, comprendre les autres ; J’en ai fait l’amère expérience. Cela lui coûte cher –et coûte cher à nous tous, et à la France. Il lui manque de surcroît un peu de culture historique, et ce recul que seul donne la connaissance de l’Histoire, et qui permet de faire de grande choses. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas affaire, bien souvent, à des poules mouillées. Chacun a une bonne raison pour rester dans son coin… Imprudentes prudences.
Riposte Laïque : le ralliement de Jean-Pierre Chevènement, avec qui vous avez également travaillé, à Macron, vous a-t-il surpris ?

Paul-Marie Coûteaux : Oui, et non : il y a un ADN de gauche dont certains n’arrivent pas à se défaire. Chevènement croit à la gauche comme on croit au ciel. C’est idiot, mais nul n’y peut rien –ni même lui, je le crains…

Riposte Laïque : Pensez-vous, malgré sa campagne de deuxième tour ratée, et la possible dynamique Marine-Dupont, que Macron, donné encore largement gagnant, puisse être battu ?

Paul-Marie Coûteaux : Non, hélas ! Il faudrait en face de lui une droite unie. On en est loin….

Riposte Laïque : Qu’est-ce qui vous inquiète le plus, dans une possible victoire du candidat de « En Marche » ?

Paul-Marie Coûteaux : Le pays s’affaiblit, il est fragile, un Etat faible et mal mené conduira à son effacement durable. Dans ce contexte, la victoire de Macron sera littéralement ce que l’on peut appeler une catastrophe nationale.

Riposte Laïque : Le fin observateur de la vie politique que vous êtes a-t-il déjà une idée de la manière dont peuvent se dérouler les législatives qui vont suivre ?

Paul-Marie Coûteaux : Je répète, tant que les droites française seront désunies, elles perdront. Par droites, j’entends les droites légitimistes, les forces de conservation qui entendent sauver la Nation française, son Etat et sa civilisation quinze fois centenaire. Pas les droites orléanistes ou bonapartistes, qui sont des centres… Mais comment réunir ces républiques grecques ? Pas avant les Législatives en tous les cas. Ensuite, nous verrons. Ce sera intéressant, certes…

Riposte Laïque : Et sinon, Paul-Marie, des projets nouveaux ? Un retour possible en politique ?

Paul-Marie Coûteaux : J’écris et je fais de la politique comme je respire, je n’y peux plus rien. Je préférerais écrire davantage et ne pas me laisser distraire par l’écume politique, qui est souvent (pas en ce moment, certes !) l’écume des choses. Mais je n’arrive pas à m’en détourner. La France me hante, elle organise toute ma vie et instruit toute ma manière d’être et de penser… Comme ne pas penser sans cesse à Elle ?

Propos recueillis par Pierre Cassen




Deuxième colloque du Siel : l’universel déni des identités

« L’universel déni des identités »

Deuxième Colloque du SIEL

(Maison de la Chimie – 25 janvier 2014, de 15 à 21 heures)

« Que le nom »… A‑t‑on remarqué que se multipliaient autour de nous des choses qui n’ont de la chose « que le nom » ?

Les Modernes semblent avoir admis une fois pour toutes que « la chose en soi », ce que l’on appellera ici identité ou la nature des choses est abolie au point que le monde gambade dans une liberté totale et folle consistant à tout transformer sans fin.  Transformant l’univers en une vaste matière plastique, ils n’admettent pas qu’il y ait des choses qui ne changent pas. La nature des choses leur est insupportable, en ce qu’elle résiste aux volontés humaines, aux rationalisations du progrès, de la technique, de l’idéologie et, principalement, de leur dieu véritable, le Commerce.

Or, l’universelle dérégulation de la dénomination ne se réduit pas à une sorte de vaste « tromperie   sur la marchandise » : elle annonce des temps obscurs où le sens des mots n’est plus sûr et l’idée même de sens, de nature ou de vérité sont niés   – ce qu’on peut nommer nihilisme. Par petites touches se révèle ainsi ce qui est peut‑être le fait majeur de l’époque : dans l’obsession de la transgression, dont la mode du trans (trans‑genre, trans‑frontiérisme…), c’est la notion même d’identité, au sens de la singularité durable (durable sinon immuable, qu’en langage philosophique on nomme « essence ») qui est remise en cause dans tous les registres, aussi bien celui de la nature que celui de l’homme ou de la civilisation.

Eloquente est à cet égard l’affaire de la « vache folle », herbivore dont on a tenté de faire un carnivore, nourri aux farines animales : si violente fut l’insulte à la nature que les carnages qui ont suivi étaient inévitables. On pourrait en dire autant des OGM, comme de toute manipulation génétique, ou d’un « mariage génétiquement modifié » qui abolit pères et mères, hommes et femmes, tenus pour tristes faits de nature ; ou encore de « l’antiracisme », théologie de la négation des races : or, ces faits de nature que le Moderne veut à toutes forces abolir par l’obligation de les mélanger au bénéfice d’une unité factice empruntant le curieux masque de la « diversité » ne disparaissent pas, ne peuvent disparaître, ce qui plonge l’antiracisme dans des contradictions sans fin : non seulement il replace la race au centre du discours commun, mais encore son imperium idéologique aboutit à la ghettoïsation générale, à quoi s’ajoute qu’il se heurte à des conceptions du monde non occidentales qui, placent la race, ou la lutte ou la revanche raciales, au cœur de l’action politique – tel le sinistre exemple de l’Afrique du Sud, mais celui de bien d’autres pays sur lesquels le modernissime « antiraciste » se condamne à rester aveugle.

Le SIEL entend traduire ces considérations en stratégie politique ; nous sommes sûrs que la régénération de la droite française, à tout le moins de la pensée classique qui devrait être son fondement, peut servir d’alternative intellectuelle d’abord, puis politique au « bloc historique » soixante‑huitard dont l’écrasante hégémonie est à bout de souffle, comme l’est une gauche qui s’est fondue en elle.  Nous sommes sûrs qu’il n’y a pas de rétablissement possible de la politique de la France sans un rétablissement des fondations de notre civilisation.

C’est sur ce thème que S.I.E.L. organise le 25 janvier, de 15 à 21 heures,  un colloque dans la grande salle de la Maison de la Chimie (460 places), colloque qui se situe à la veille de la manifestation du 26 janvier déclaré « Jour de Colère ». Il sera découpé en trois tables rondes, entrecoupées d’interventions ex cathedra de quelques personnalités :

–  Table ronde n° 1 – 15h15 à 16h30

Identités politiques : continents, nations, régions, communautés…

–  Table ronde n° 2 – 17h à 18h15

Identités sociales et écologie humaine : rôles sociaux, famille, homme, femme et genre, manipulations génétiques, enfant…

–  Table ronde n° 3 – 19h30 à 20h45

Identités et écologie : Nature et environnement, agriculture, biodiversité, développement durable, principe de précaution, etc…

Il est proposé aux lecteurs de ces lignes de participer chacun à sa façon à la réussite de cette journée, que certains liront comme l’élargissement du fondement théorique du souverainisme, respect général de l’être et des identités, d’autres comme une voie de renouvellement de la pensée classique, d’autres comme une simple contribution à ce qu’il est convenu d’appeler « le débat »…

Paul-Marie Coûteaux

2e colloque du SIEL – « L’Universel déni des identités » – Samedi 25 janvier 2014, de 15h à 21h –

Maison de la Chimie – 28 Rue Saint-Dominique, Paris 7ème

 




Réponse à M. Hilout, qui me reproche d’être d’accord avec lui

http://ripostelaique.com/non-m-couteaux-lislam-est-avant-tout-barbarie-et-domination.html

Lisant de près l’article par lequel M. Hilout  commente un de mes récents papiers sur « les limites de la laïcité » paru sur le site du SIEL (dont je me félicite qu’il le consulte !), je ne peux m’empêcher de penser qu’il m’a mal lu -ou pas lu du tout; car il me semble que  l’essentiel de ce qu’il ajoute conforte finalement mon analyse : 

– oui, la laicité est impuissante à résoudre au sein d’une nation les conflits entre les versants civilisationnels des religions, et je ne vois pas que deux civilisations si différentes puissent coexister au sein d’une même nation sur un pied d’égalité. 

– oui, la religion musulmane a le grand tort de confondre civilisation et religion, et même de faire coïncider l’une avec l’autre au point que celle-ci absorbe celle-là -ce pourrait être d’ailleurs une définition du totalitarisme… 

– oui, en effet, la civilisation française ne saurait être définie par la seule chrétienté -serait-ce seulement parce que la Chrétienté est universelle et qu’une nation ne saurait être qu’une part de l’universel. C’est pourquoi je donne à la civilisation française plusieurs origines, mentionnant  au coté de la foi chrétienne l’héritage propre de Rome, celui d’Athènes et celui de Jérusalem, à quoi s’ajoutent l’apport rationaliste, aussi bien que le lointain héritage celte; et de même, je lui donne toujours plusieurs qualificatifs pour rendre compte de la pluralité de ses composantes -j’aime la France en ce qu’elle est devenue au fil de son histoire une admirable synthèse de tant de nobles origines…  

Je signale à M. Hilout, s’il lui arrive de lire avant d’écrire, que j’ai publié en 2003 un ouvrage intitulé « Un Petit Séjour en France » (éd. Bartillat),  dans lequel je souligne les déterminants proprement naturels, c’est à dire géographiques, de notre civilisation; et que j’ai également publié en  2006 un  ouvrage intitulé « Etre et Parler Français » (éd. Perrin) dans lequel je fais de la langue française (et non de la religion!)  le véritable coeur de la civilisation française -nouveau sacré-laïc  né de la Renaissance, qui incorporait les héritages religieux mais aussi le rationalisme, ainsi qu’une esthétique émancipée, et même une conception nouvelle de la pureté, la « pureté de la langue ». Cette émancipation s’informa peu à peu au bénéfice d’un nouveau « sacré laïc » dont les prêtres très laïcs étaient, et sont toujours d’une certaine façon, les bien nommés « Immortels » de l’Académie française -la pureté de la langue garantissant en somme une autre forme d’immortalité. C’est ainsi que le Logos (héritage d’Athènes et dans une certaine mesure de Jérusalem ) finit par surplomber notre vie collective, l’organisant plus ou moins pacifiquement -d’où, sans doute, le bonheur de la polémique comme celle qu’engage contre moi M. Hilout -ou Riposte laïque ?

Pour finir, je voudrais ajouter que toute polémique ne saurait oublier l’un des caractères français : une certaine douceur, laquelle me paraîtrait au moins de mise entre des personnes qui défendent une même cause -dans l’adversité générale, en sorte que, si flèche il doit y avoir, mieux vaudrait la réserver aux adversaires. En un mot, l’acerbe critique de M. Hilout rate d’autant plus sa cible que je partage en tous points les considérants de sa charge… A moins que l’on n’aime la guerre pour la guerre -et comme il faut l’aimer pour la susciter ainsi de toutes pièces, à tort et à travers!-, que l’on charge pour le plaisir de charger, que l’on s’acharne à créer de la polémique pour le plaisir de la polémique (ou celui de l’infini bavardage,qui est un médiocre plaisir), et que l’on trouve plus confortable de s’en prendre à ses alliés par lâcheté ou étourderie, créant confusion et division au mépris même des intérêts de sa cause. Le trait est courant, parmi les résistants aussi, hélas !   

Paul-Marie Coûteaux

président de Souveraineté, Indépendance Et Libertés ( SIEL)

directeur des Cahiers de l’Indépendance