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L’Ukraine est corrompue au plus haut niveau : c’est l’UE qui le disait… en 2021

On accuse depuis février 2022 toute personne disant quelque chose de l’Ukraine d’effectuer le travail des Russes. Ce pays en est devenu miraculeusement un pays merveilleux, romantique, à défendre au prix de sacrifices économiques importants pour nous-mêmes. L’Ukraine est belle, c’est une démocratie, un État de droit enviable et personne ne peut contester ce récit. Fermer le ban !

Pourtant, la réalité est toute autre. L’Ukraine est infréquentable, dirigée depuis trois décennies par des oligarques monstrueux, féodaux qui imposent leur violence au quotidien sans respecter, ni la vie humaine, ni des contrats. Ils captent la richesse, tuent des adversaires, exploitent la misère du monde, prostituent des adolescentes et saignent le pays depuis trente ans. Voilà la triste réalité et nous volons au secours d’une oligarchie destructrice de son propre peuple. Comment puis-je être sûr de ces affirmations me direz-vous ?

La capture de l’État par les oligarques

Il suffit de consulter le rapport spécial n° 23/2021 : lutte contre la corruption à grande échelle en Ukraine (Rapport spécial: lutte contre la grande corruption en Ukraine (europa.eu)) produit par la Cour des Comptes de l’Union européenne. Ce rapport est édifiant, objectif mais tragique et publié courant 2021. Comme vous allez le constater, cette Ukraine infréquentable est devenue désirable pour l’Europe alors que l’UE n’imaginait pas une seconde la rapprocher ou l’intégrer dans l’Europe dans cet état. Là est la question ? Pourquoi ?

D’abord, prenons quelques extraits de ce rapport qui date de 2021. Le résumé dit :

« L’Ukraine souffre d’une grande corruption et de la capture de l’État depuis de nombreuses années. Notre audit a permis de déterminer si le soutien de l’UE en Ukraine était efficace pour lutter contre la corruption à grande échelle. Bien que l’UE ait lancé plusieurs initiatives pour réduire les possibilités de corruption, nous avons constaté que la corruption à grande échelle restait un problème majeur en Ukraine. Nous formulons plusieurs recommandations pour améliorer le soutien de l’UE, en particulier que des actions spécifiques soient conçues et mises en œuvre non seulement pour lutter contre la corruption à grande échelle (y compris la structure oligarchique), mais aussi pour aider à éliminer les obstacles à une concurrence libre et loyale. »

Nous ne sommes pas avec quelques dérives, mais avec le terme le plus fort des spécialistes de la question : la grande corruption :

« La « grande corruption » est définie comme l’abus d’un pouvoir de haut niveau qui profite à quelques-uns et cause des dommages graves et généralisés aux individus et à la société. Les oligarques et les intérêts particuliers sont la cause profonde de cette corruption. La grande corruption et la capture de l’État entravent la concurrence et la croissance, et nuisent au processus démocratique. »

Difficile de vanter ensuite un État démocratique quand en 2021 la Cour des Comptes de l’UE écrit ces lignes. D’autant que cet autre extrait démontre que l’État de droit n’y est pas. Les oligarques vivent dans l’impunité judiciaire. Le constat de la Cour est éloquent :

« Bien que l’UE ait contribué à réduire les possibilités de corruption, la corruption à grande échelle reste un problème majeur en Ukraine. La réforme judiciaire connaît des revers, les institutions de lutte contre la corruption sont menacées, la confiance dans ces institutions reste faible et le nombre de condamnations résultant d’une corruption à grande échelle est faible. » 

La corruption est tellement pratiquée qu’elle décompose le pays, le ruine par des détournements massifs estimés en milliards d’€ et en cumul en dizaine de milliards de manque à gagner d’un État miné par la grande corruption :

« Les citoyens « justifient souvent leur participation à une telle petite corruption en notant que des hauts fonctionnaires et des oligarques sont impliqués dans des pots-de-vin à une échelle beaucoup plus grande ». Les experts ont estimé que des sommes énormes – dans les dizaines de milliards de dollars – sont perdues chaque année en raison de la corruption en Ukraine. » 

La puissance des oligarques, et ce terme même que les Européens de l’Ouest connaissent mal, décrit en fait un pouvoir qui a pris possession de l’État ; de ces actifs, des anciennes structures soviétiques : usines, mines, banques, etc. Mais ils ont asservi les juges, les administrations qui sont à leur service parce qu’ils règnent avec leurs hommes de main, pour ne pas dire leurs troupes, sur des territoires qui sont les leurs :

« La « capture de l’État » par des blocs d’élites politiques et économiques puissantes qui ont une structure pyramidale et sont enracinées dans les institutions publiques et l’économie a été considérée comme une caractéristique spécifique de la corruption en Ukraine. Le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement ukrainien ont tous deux reconnu la résistance des groupes d’intérêts aux réformes structurelles. La corruption à grande échelle résultant de la faiblesse de l’État de droit et de l’influence oligarchique généralisée va à l’encontre des valeurs de l’UE et constitue un obstacle majeur au développement de l’Ukraine. La corruption à grande échelle ou de haut niveau entrave la concurrence et la croissance dans le pays, nuit au processus démocratique et constitue la base de la petite corruption à grande échelle. »

Dans une synthèse, le rapport conclut très clairement à une société sans État de droit avec cette conséquence que personne ne fait confiance :

« De 2016 à 2020, les trois principaux obstacles à l’investissement étranger en Ukraine sont restés les mêmes : la corruption généralisée, le manque de confiance dans le système judiciaire, la monopolisation du marché et la capture de l’État par les oligarques. Ces dernières années, les investissements directs étrangers en Ukraine sont restés inférieurs au niveau de 2016. »

Ce rapport s’appuie lui-même sur des nombreux audits et études commandées par l’Union européenne sur la période 2017-2021 pour l’essentiel. Sauf à contester tous les auteurs, auditeurs, chercheurs, économistes, fonctionnaires des institutions européennes et d’organismes internationaux, sa conclusion est sans appel, et elle est parfaitement connue depuis des années de ceux qui s’intéressent à la situation de ce pays.

L’Europe serait-elle en cours d’ukrainisation ?

La question aujourd’hui est de comprendre comment nous avons pu écrire cela, le savoir et comment nous pouvons adopter les positions qui sont les nôtres d’un soutien aveugle à une société mafieuse de part en part ? Comment alors livrer des armes, des milliards ? Qui contrôle l’acheminement, l’arrivée sur le théâtre d’opération, en avons-nous les preuves ? Qui fait les virements des fonds ? Sur quels comptes de l’État ukrainien ? Mais avec quels contrôles des usages et destinations ? Salaires des fonctionnaires, achats de première nécessité des ministères : santé, éducation, etc. Comment avons-nous, par un tour de magie, estimé que ce pays aux élites hautement toxiques pour leur nation et leurs populations devenait le champion de la liberté et de la démocratie, ce qu’il n’a jamais été ?

Je vois deux explications.

La première est qu’un autre pays est tout aussi corrompu et associé à ces corruptions et qu’ils jouent ensemble une partition d’enrichissement mutuel en tentant de plus d’appauvrir une puissance dont les richesses attirent toutes les convoitises : la Russie. Les proximités entre l’Ukraine et les USA sont nombreuses. Le rôle des USA dans l’affaire est manifeste avec ces services à la manœuvre de la désinformation planétaire. On parle du transfert de l’or de la banque d’Ukraine aux USA, du partage des richesses entre oligarques ukrainiens et investisseurs américains aujourd’hui mis à mal par la conquête Russe.

La seconde, beaucoup moins rassurante pour nous est que les oligarchies ukrainiennes ont déjà contaminé l’État de droit européen. Il est peut-être déjà corrompu et donc partenaire d’une prise de pouvoir latente et lente de ces oligarchies sur nos institutions. Or, quelques épisodes récents, dont l’urgence sanitaire et le dévoiement de toute nos institutions au profit d’un achat incontrôlé au profit d’une firme pour plus de 70 milliards, s’apparente très largement à une opération de grande corruption, en court-circuitant les procédures d’achat, le jeu de la concurrence et la sécurisation de l’achat en pleine responsabilité des vendeurs eu égard aux risques du viol des protocoles de mise sur le marché des médicaments. Le caviardage des contrats, le refus de répondre aux demandes d’audition de l’oligarque de Pfizer, l’absence de transparence et l’entrave aux opérations de contrôle, voire judiciaires démontrent que l’UE se rapproche très dangereusement de pratiques similaires. La même présidente invite à défendre l’Ukraine. Ce n’est pas son mandat, car les politiques étrangères appartiennent encore aux États. Pourtant, elle impose, elle exige, elle demande et provoque des versements pharaoniques d’aides européennes à l’Ukraine. Étonnant.

Voilà le sens de cet article, alerter sur ce basculement très rapide et inédit, de nos sociétés démocratiques et de droit vers des pouvoirs corrompus et capturés par quelques oligarques nationaux et internationaux. Si nous voulons échapper à un destin ukrainien, il va falloir faire preuve d’esprit de justice avec l’exigence qui va avec. Et le démantèlement des grands conglomérats économiques est une décision urgente à prendre dans nos sociétés pour les libérer du joug de nos oligarques ; car le schéma du rapport,

 

 

malheureusement, ne s’applique pas qu’à l’Ukraine. Nous avons nous aussi nos oligarques présents dans de très nombreux domaines stratégiques et influents avec des tailles déraisonnables. La concentration des pouvoirs économiques a été combattue aux USA par les populistes du début du 20e siècle qui obtinrent la loi anti-trust et quelques démantèlements pour sauvegarder une société libre. Depuis, rien, ni aux USA, encore moins en Europe. Pourtant, l’évidence est là. Nous avons aussi engendré des oligarchies prédatrices qui capturent l’État : le secteur bancaire a fait chantage dès après 2008, malgré la crise, et les ouvrages de Stiglitz démontrent que le politique n’a pas le courage de réformer le secteur financier dont il est devenu largement l’otage. De même de l’industrie de l’armement américaine qui s’engraisse de 90 % d’années de guerre depuis la fondation de l’Amérique. De même de l’industrie pharmaceutique récemment. De même des industries des énergies alternatives allemandes productrices d’éoliennes par exemple. Ce schéma devrait nous conduire rapidement à interdire les conglomérats, à limiter la taille des entreprises et à réduire la collecte de l’impôt car les États sont devenus des fromages bien trop tentants.

Pierre-Antoine Pontoizeau

 

 

 

 

 




Réforme des retraites ou réforme de l’État ?

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Un État républicain obèse et nuisible

La classe politique de nos élus de toutes sortes et les fonctionnaires d’État et territoriaux représentent une charge considérable. Côté fonctionnaires : avec quelques 2,5 millions de fonctionnaires d’État, près de 2 millions de fonctionnaires territoriaux, près de 1,2 million de fonctionnaires hospitaliers dont, rappelons-le, un tiers sont des « bureaucrates » invisibles du patient, la France compte triomphalement environ 5,6 millions d’agents. Côté élus, outre les 577 députés, les 343 sénateurs, les quelques 2 000 conseillers régionaux, les un peu plus de 36 000 maires et les 520 000 conseillers municipaux, nous avons tout aussi triomphalement plus de… 600 000 élus ! CQFD.

La charge économique totale de ce magnifique édifice ne se compte pas en milliards, pas même en dizaines, mais en centaines de milliards. Nous conviendrons tous que le rapport entre le nombre, le coût et le résultat est catastrophique. La plupart des ministères dysfonctionnent totalement et ne produisent aucun des résultats attendus dans leur mission : éduquer, soigner, rendre la justice, nous défendre par exemple. Nous plongeons à grande vitesse dans tous les classements sur tous les critères : illettrisme croissant, insécurité, délais de justice, corruption même, déficience des soins, etc.

Cependant ce très bel édifice entrave toute initiative, il contraint chaque geste personnel, du citoyen, du médecin, de l’entrepreneur, de l’étudiant, de l’artisan, etc. L’État et les principaux élus de la nation considèrent que l’urgence absolue, c’est la réforme des retraites, pour quelques milliards d’éventuelles économies, fort contestées en termes d’utilité réelle.

Mais qui s’inquiète de cet État obèse, impotent, inefficace mais tout de même intrusif, normatif, se pensant apte à gérer nos vies dans les moindres détails ? En reprenant mes vœux pour 2023 de se libérer de l’autoritarisme au pouvoir (cf. article du 1er janvier) il faut oser sortir du projet républicain qui nous assassine depuis les guerres de Vendée, qui détruit la France et les Français, les emprisonne, les infantilise et les appauvrit, avant de les envoyer à la guerre quand on leur dira que les fautifs de leurs malheurs, ce sont les Russes. Le scénario est écrit. Alors, non, construisons la France libre et libérée de la République, par plus de démocratie et de libertés. C’est un vrai programme de révolution politique qu’il faut expliquer, assumer et mener.

Pour cela, il nous faut initier une révolution française contre l’État républicain envahissant et destructeur. La réforme de l’État, c’est bien plus qu’une réforme, c’est un changement d’époque. De très nombreuses idées sont à débattre pour que les Français prennent conscience pleinement du degré d’enfermement dans lesquels les élus et les fonctionnaires de cette République les emprisonnent au quotidien, dans leur seul intérêt cupide : la gamelle est bonne.

Commençons par quelques constats avant d’envisager un changement de régime à l’initiative de chacun de nous.

Trois premiers constats si révélateurs de la paralysie

1. Les partis politiques ne servent à rien, même pire… Les révélations d’Henri Proglio ne font que confirmer ce que nous savons tous. L’idéologie dirige, l’incompétence l’accompagne et les petits arrangements entre amis, ce qui s’appelle normalement la corruption, font le reste. Les partis trahissent les électeurs, ils déversent des tombereaux d’inepties, ils phagocytent le pouvoir, les mandats et les ressources et ils cooptent des personnes serviles qui rentreront dans le jeu de toutes les corruptions avec ces entreprises qui elles aussi phagocytent les marchés publics dans un jeu de corruption bien connu ; mais inefficace, onéreux et au détriment de tous.

Et que je sache, il n’y a pas un philosophe politique ou un juriste qui n’ait jamais défendu les partis. Tous y ont toujours vu la mainmise de clans, l’influence pernicieuse d’intérêt ou l’idéologie plus ou moins révolutionnaire d’agitateurs souvent agités par des puissances étrangères, soucieuses de nous affaiblir : les écologistes en sont un triste exemple. Il y a des pistes démocratiques et une première mesure : supprimer les partis politiques qui saccagent depuis des décennies la vie démocratique en France. Nous avons besoin de représentants loyaux ayant un mandat, mais pas le pouvoir du peuple souverain en toute circonstance.

2. Les échelons administratifs ne créent rien, même pire… et ils ne cessent de s’ajouter les uns aux autres : commune, intercommunalité, département, région, établissements interrégionaux, assemblées nationales et européennes, etc. Tout cela engendre des fonctionnaires, de nouvelles missions, de nouvelles administrations, de nouvelles instances avec leurs obligations, leurs dossiers et de nombreux travaux, sans oublier les émoluments des élus et fonctionnaires territoriaux et d’État. Plus on avance, plus on en crée et on recrute et on manque de personnel, car il faut administrer les nouvelles administrations, les contrôler, etc. Kafka, Ionesco, Courteline, au secours !

Pourtant, aucun élu ni aucun fonctionnaire ne trouve à redire à ce qui le nourrit sur le dos des malheureux contribuables. Bien plus nombreux que les aristocrates, ils cannibalisent aimablement plus d’un euro sur deux de la richesse produite. Il est temps de partir sur d’autres bases, surtout que le résultat est désastreux. Dès l’échelon communal, à peine élu, la plupart se transforment en généreux donateurs dispendieux de l’argent public. Avec l’argent du peuple, il est facile de s’arroger les mérites d’une générosité infinie. Absurde, inefficace, incohérent, fabrique à passagers clandestins, de l’abus de toutes les aides personnalisées aux entreprises aux accointances régulières. Tout cela s’appelle corruption au détriment du travailleur loyal.  

Il est urgent de penser totalement autrement l’administration du territoire, d’ouvrir l’espace des libertés politiques et de la créativité des institutions selon les territoires en respectant deux principes : la liberté assortie de la totale responsabilité personnelle pour ceux qui endossent des décisions.

3. Les élus et les fonctionnaires entretiennent le Léviathan, ce monstre étatique qui se nourrit de l’argument que les populations sont incapables de réfléchir et de décider. Et le résultat est pitoyable. La folie des règles, l’empilage des normes, la multiplication des intrusions de l’État ont paralysé nos sociétés, corseté chacun de nous au profit d’un corps persuadé de sa toute supériorité. À ce que je sache, les pompiers sont des volontaires et leur organisation n’a pas attendu l’État Léviathan, les Sauveteurs en Mer, les sociétés de chasse, la gestion des forêts, l’entretien du patrimoine à l’initiative des collectifs locaux, l’extraordinaire inventivité sportive et culturelle ou industrielle : le puy du Fou, le Vendée Globe, les festivals, les aventures industrielles dont Airbus ne doivent pas grand-chose à l’État. Il me souvient que dans Ces messieurs de Saint-Malo, l’auteur fait répondre aux négociants de la Compagnie des Indes à Louis XIV s’inquiétant de ce qu’il pourrait faire pour les aider : « Rien, Sire, surtout rien » ; indiquant que la seule chose dont ils avaient besoin, c’était la liberté.

Il faut donc en finir avec le Léviathan, de manière ferme, pour en rationner la part, en délimiter constitutionnellement les prérogatives régaliennes en dehors desquelles il n’a aucun droit d’agir pour diriger le souverain, c’est-à-dire nous tous. Ces missions sont connues depuis la nuit des temps : organiser la défense de la nation, rendre justice et préserver la tranquillité de tous par l’action de police. La culture n’est pas son affaire, l’économie n’est pas son affaire, l’éducation n’est pas son affaire, la santé non plus. Nous sommes libres et assez grands pour nous organiser en responsabilité.

La liberté d’imaginer d’autres institutions, notre droit le plus absolu

La République n’a pas vocation à l’éternité. Elle est une forme de gouvernement qui s’est imposée par la violence sacrificielle en France et dont les buts restent très discutables, puisque le bilan est à tous égard catastrophique : colonialisme acharné initié par Jules Ferry et la IIIe République, deux guerres mondiales qui ont décimé la jeunesse et détruit nos sociétés, une emprise idéologique étouffante sur les populations, au nom d’un progressisme doctrinaire mais destructeur : éducation, famille, santé, justice, armée.

Alors pourquoi ne pas se libérer de ce carcan avec quelques idées nouvelles ? L’objectif de cet article et de quelques suivants par opportunité de l’actualité, semer la liberté d’instituer notre futur régime de gouvernement, en dehors de la prison républicaine. Je ne prétends pas avoir le monopole des solutions, mais pourquoi s’interdire des nouvelles pratiques politiques, là où les acteurs en place n’ont rien à nous opposer, tant le bilan est celui du cancre que l’on ne peut pas bien écouter ; puisqu’il défend sa soupe bien plus que l’intérêt de tous.

Élection, électeur, mandataire et responsabilité

La suppression des partis politiques doit s’accompagner d’une réforme radicale des processus électifs. Depuis 2000 ans la plus vieille institution existante en Occident pratique l’élection sans candidat : les papes. La pratique n’est pas dénuée d’intérêt et aujourd’hui tout à fait réalisable à l’échelle de nos communes pour que chacun puisse s’exprimer, donner son avis, exprimer des projets, se faire connaître, puis l’élection sans candidat permettrait d’installer ceux qui ont la reconnaissance de leurs pairs. Un conseil municipal fait de bonnes volontés non partisanes cautionnées par les souverains, ce ne sera pas pire, voire plus efficace et transparent. Le tirage au sort est aussi une bonne idée sur la base d’une représentation de la population, en âge, en activité, etc.

À cet égard, dans le respect de ce qui reste le principe de copropriété des communs, ces élus auraient la charge de préparer des dossiers, des projets et de veiller à la bonne gestion, étant entendu que le périmètre d’action de la commune doit lui aussi se limiter au régalien communal soit la voirie communale, les infrastructures communes, mais certainement plus ces détournements de l’impôt au service de minorités : associations, publics spécifiques, etc. Ce clientélisme abuse de la ressource de l’impôt au profit de quelques-uns. C’est une hérésie. L’argent public sert les communs, rien que les communs et jamais une minorité, une catégorie ou une cause. Ce n’est pas le mandat du politique.

Finalement, comme dans une copropriété, le souverain reste le seul décideur car il est le payeur. En conséquence, les élus présentent périodiquement les projets clairement documentés et le peuple communal vote souverainement en assemblée générale communale. Et nous sommes collectivement informé des coûts, des crédits, de la charge, du budget d’investissement et de fonctionnement futur. Aucun chèque en blanc, sous peine d’annuler des décisions prises sans le consentement éclairé du souverain.

Voilà une option très démocratique qu’il conviendrait de mettre en œuvre.

Démocratie, liberté et plus encore totale responsabilité

Mais la démocratie inclut la vertu et la responsabilité. C’est oublier Montesquieu, les Grecs et même la tradition médiévale que de déresponsabiliser les élus. La liberté exige la responsabilité pleine et entière et une justice sociale soucieuse non pas de rendre la justice pour un homme, mais de juger au nom de la souveraineté pour dissuader de pourrir la société. Au passage, la charge improductive des conflits juridiques dans nos pays civilisés est le signe de leur corruption et d’un gâchis financier considérable.

La responsabilité oblige de définir la loi non pas à proportion du délit ou du crime, mais bien plus en disproportion assumée, car celui qui pollue la société de son incivilité est un adversaire de la liberté, car il en fait un usage fallacieux, pour abuser ses égaux, pour tromper ses clients, pour exercer une domination. Il faut jeter nos codes et réécrire quelques textes principiels simples et suffisants avec l’assentiment référendaire du peuple souverain. Le souverain est royal en ceci qu’il s’applique à lui-même les exigences de sa fonction de souverain : probité, intégrité, loyauté.

De même, il n’existe pas de fonction qui puisse déroger à l’obligation de rendre des comptes à son souverain. La République a créé de toute pièce des îlots de pouvoirs arbitraires et abusifs : les juges en particulier. Il importe de rendre la justice au souverain et de cesser de la déléguer. Les jurés sont la règle, le juge expert l’exception. Et les juges ont des comptes à rendre, parce qu’ils doivent être élus et non pas nommés par un pouvoir soucieux de ces petits arrangements judiciaires.

 Économie à taille humaine et inventions techniques pour l’autonomie locale

Nous avons largement paralysé notre pays par des économies de monopoles privés et publics. Il est indispensable de limiter les pouvoirs économiques qui entravent la liberté souveraine des peuples. La loi anti-trust américaine avait pour unique raison de briser ces monopoles qui ont trois conséquences funestes : la position dominante, la corruption de l’appareil d’État et plus encore l’entrave à l’innovation technique et scientifique.

Il est donc indispensable de penser une économie à taille humaine, en brisant tous les groupes monopolistiques, en limitant la taille des entreprises pour que jamais elles n’acquièrent cette position de parasite des libertés politiques. Vrai de la grande distribution, vrai de l’énergie, vrai des télécommunications. Et la reconquête de nos indépendances locales et nationales passe par une souveraineté en forme d’indépendance dans nos capacités de production, récemment bradées et détruites.

Mais l’enjeu d’une telle révolution économique, c’est de redonner à l’Occident ce qu’il a totalement perdu : l’élan créatif et scientifique, l’élan des entreprises inventives, l’élan des solutions adaptées aux potentialités des territoires et à leur intelligente exploitation. Il est simplement temps de sortir de l’ère des industries mondialisées qui nous mettent en esclavage dans trop de domaines. Cela signifie que le pouvoir économique doit s’organiser autour de collectifs d’entrepreneurs d’un secteur qui ont, eux aussi, à rendre des comptes au souverain sur leur utilité, leurs services, la valeur de leurs actions, l’emploi, au niveau local et national.

Je m’arrête là, mais il faut urgemment se libérer les méninges de ce fatras de certitudes technocratiques qui ont momifié nos sociétés au prix fort. La conquête d’une nouvelle manière de faire le politique nous appartient. La liberté, c’est l’action, non la soumission, la dépendance ou l’obéissance servile. Si les lecteurs trouvent un intérêt à cet article, je continuerai.

Pierre-Antoine Pontoizeau




2023, se libérer de l’autoritarisme en France

Les psychologues étudient le caractère autocratique des individus quand l’exercice légitime de l’autorité dérive vers l’autoritarisme jusqu’à l’abus d’autorité dans des formes autocratiques de gouvernement. Six points permettent d’affirmer que malgré les apparences de nos institutions, nous vivons dans une époque autoritaire aux accents autocratiques, spécialement depuis l’ère Macron.

Premier point, le dualisme enfantin oblige de classer les personnes et les événements en tout bon ou tout mauvais. Il y a les bons et les méchants. L’autocrate nomme le bien et dénonce le méchant parce que lui seul sait ce qui est bon ou mauvais. En s’arrogeant ce pouvoir simpliste de classer en noir et blanc, il impose une dictature du quotidien avec le droit légitime à ses yeux de s’attaquer à ses adversaires ainsi désignés. Faut-il dresser la liste : des Gilets jaunes aux récalcitrants à la vaccination ou aux sceptiques face à l’enthousiasme guerrier en Ukraine et aux climato-sceptiques ? Tous sont des ennemis. Ce dualisme enfantin exclut la complexité des situations avec la hiérarchie des bonnes actions ou des mauvaises actions. Tuer est plus grave que voler, aller voir sa grand-mère est mieux que jouer au football. Aucune nuance donc, mais une sommation faite à tous de se soumettre ou d’entrer en lutte. L’autocrate aime se construire des opposants, les dénoncer, en faire des coupables, les exclure et se donner le droit de persécuter ses ennemis. Il domine.

Deuxième point, l’égocentrisme de l’autocrate. Il estime que son système de valeurs est le bon. Il est supérieur aux autres. Notons ici que les progressistes sont des spécialistes de la dévalorisation des valeurs concurrentes, toujours jugées rétrogrades. Seul lui, le progressiste, est détenteur de la vérité. Sa culture est supérieure, ses jugements sont supérieurs. Cela renforce son droit d’agresser ses opposants qui sont alors outrageusement discriminés. Il suffit d’observer les ministres, Véran pendant la crise sanitaire, Le Maire parlant des Russes, Macron en toute circonstance. Je sais, je juge, je suis votre maître et je vous explique. Cette posture est permanente.

Avec ces deux premiers points, le pouvoir autoritaire installe déjà les ressorts de l’élimination de la pluralité des points de vue. Il élimine la reconnaissance des mérites de la liberté d’expression ou d’opinion. Il y a chez l’autocrate en puissance un rejet pathologique de ce qui est différent. Et il y a un désir malsain de la persécution des adversaires qui engendre le point suivant : la stratégie de la peur.

Troisième point, la culture de la peur porte sur de très nombreux sujets, mais dont le but est de faire taire les opposants et d’asseoir sa domination. La peur est l’outil privilégié de l’autocrate qui veut confisquer les débats, interdire le dialogue, imposer son point de vue, avilir les populations. Au nom de la religion autrefois et au nom de prophéties pseudo-scientifiques aujourd’hui, il faut faire peur pour imposer des règles délirantes mais indiscutables. Et l’autocrate y perd tout discernement au profit d’une pensée paniquante et culpabilisante. Tout y passe au rayon de la manipulation pour terroriser.  

Quatrième point, le sentiment de supériorité qui habite l’autocrate. Il est d’essence supérieure, il sait mieux que quiconque, il peut alors abaisser, mépriser, décrédibiliser et développer de multiples stratagèmes dont le but sera toujours de se hisser au-dessus des autres. L’égocentrique est sourd aux autres et surtout convaincu qu’il est au-dessus en toute circonstance. Il adopte nécessairement sa position hautaine. Il a raison de créer la peur chez autrui, car lui sait les drames auxquels nous sommes exposés. Il se sent légitime à nous terroriser. Se soumettre ou risquer l’enfer ! Macron parlant des heures durant lors des réunions qui suivirent les Gilets jaunes est typique. Je parle, je m’écoute, je parle encore, j’ai raison de toute façon, je n’entends pas les questions, je ne réponds pas où je méprise l’imbécile en lui expliquant : posture du maître d’école, sans aucun respect pour l’intelligence et les situations des autres.

Cinquième point, l’agressivité. Elle est de ce fait légitime pour rosser les imbéciles qui résistent à tant de clairvoyance. Elle sera permanente pour mettre en œuvre les points précédents, mais sera présente pour elle-même, parce l’autoritarisme s’affirme dans un rapport de force permanent qui commence dans l’interpellation, l’attaque ad hominem, le déni du dialogue rationnel, toujours réfuté du fait du sentiment de supériorité dans le seul but d’imposer sa vérité par l’agression. Le florilège des agressions verbales de nos ministres et de Macron prendrait des pages entières. Ils sont systématiquement agressifs : Dupont-Moretti à l’Assemblée en serait le modèle par excellence.

Sixième point, une pensée rigide pour ne pas dire doctrinaire. En effet, le pouvoir autoritaire est plein de préjugés, d’obsessions qui conduisent à des excès, de la violence politique et sociale, par refus de la concertation et de la négociation par pure rigidité. Il y a là une étroitesse de vue, un régime de vérité exclusif qui passe par l’agression systématique de ceux qui osent penser différemment. Certains domaines deviennent des prétextes selon les autocrates et les époques : la religion, la science, le progrès qui légitiment leur rigidité extrême. Les questions du chômage ou des retraites, la gestion du système de santé, le conflit avec le général de Villiers dès 2017 et combien d’autres faits démontrent leur psychologie rigide. La formule de Macron disant à propos de la réintégration des soignants : « il faudra une décision scientifique » en dit très long sur sa conception doctrinaire de la science, ce qu’elle n’est pas, et sur la force autoritaire de la décision prise qui s’imposera à tous, puisque scientifique. La rigidité jusqu’à l’insolence.

La période Covid a permis de constater comment très rapidement un pouvoir autocratique usait d’arguments antihumanistes : culpabilisation, accusation, procès qui ouvraient le droit à la rupture d’égalité et à la maltraitance institutionnalisée, ce que les institutions légales ont couvert ; paralysées et tétanisées par un régime de sanction, d’exclusion et de menaces au sein des ministères et des ordres : médecins en tête.

Les effets collatéraux sont nombreux : déni de la dignité humaine, refus des instances de dialogue, fermeture aux idées nouvelles et différentes, par ostracisme et renoncement à l’analyse des faits. Il en est de même aujourd’hui sur d’autres sujets : l’Ukraine ou la folle transition énergétique. En fait, l’exercice autoritaire du pouvoir est bien en place en France depuis plusieurs années. Et les ultimes signes en sont aussi le narcissisme des détenteurs du pouvoir. Tout cela signe une vaste régression mentale, une volonté de simplifier pour diriger, comme on commande ses petits soldats dans sa chambre.

Mais le premier signe des temps reste celui des premières intimidations, du détournement des institutions policières à des fins de pressions exercées contre des opposants arrêtés sans motif. Trop nombreux déjà sont les victimes de ces opérations de police : médecins, avocats, journalistes. Le second signe est celui du refus du dialogue parlementaire, avec cette posture de déni des autres, d’intolérance agressive des ministres et d’un recours pathologique au 49.3 comme arme de gouvernement anti-démocratique. Le troisième signe est l’exercice pleinement autocratique du pouvoir concernant l’Ukraine. Une personne décide de la position d’un pays, sans accord de la nation et de ses représentants. La réforme des retraites pourrait elle aussi s’imposer contre l’unanimité des syndicats de salariés, l’euthanasie pourraient s’imposer contre l’avis unanime des grandes religions et les progressistes de continuer leurs manœuvres autoritaires dans tous les domaines contre l’avis du plus grand nombre.

Mais le pire, c’est lorsqu’Henri Proglio s’exprime, l’ancien dirigeant emblématique de Veolia avant d’être un dirigeant respecté d’EDF. Il faut absolument le regarder : (Henri Proglio, président d’honneur d’EDF, Assemblée nationale, 13 décembre 2022 – YouTube) L’autocratie française se dévoile dans toute sa bêtise. Quarante ans de démantèlement idiot de notre patrimoine industriel et énergétique par compromission ou trahison en faveur de l’Allemagne. Une succession de gouvernements d’incompétents péremptoires et corrompus dont le dernier représentant de l’autocratie est le plus sinistre représentant, servant les intérêts de puissances étrangères en France, de manière systématique, parce que l’oligarchie internationale corrompt sans aucune résistance.

Face à cette réalité pathétique, j’avais en souvenir que la Révolution française fut faite, dit-on, pour se libérer du joug des imbéciles consanguins d’une noblesse inutile et inapte à exercer le pouvoir avec raison, en ayant les compétences qui s’imposent. J’ai le souvenir qu’on dénommait l’autrichienne celle qui, disait-on, conduisait le royaume à ne plus servir la France. Le témoignage de Proglio à l’Assemblée nationale sonne à mes yeux comme un appel à une nouvelle grande révolution populaire contre ces autocrates incompétents et corrompus. Cette autocratie détruit la France. Et par-delà ce qui serait la violence légitime d’une population martyrisée qui a droit à la justice, il faut aussi construire la nouvelle France, l’inventer, et consacrer l’essentiel de notre énergie à sortir du piège de nos institutions autocratiques. Il faut, osons le dire, sortir du projet Républicain, génocidaire de la France depuis sa création, les Vendéens le savent bien. L’idée républicaine a tué la France et fait son temps. Il faut inventer une autre France : la France Libre : profondément plus démocratique, profondément plus attachée aux libertés en créant les conditions de la libre expression, de la véritable liberté de recherche et de pensée, d’entreprendre et d’agir : libre et surtout responsable de ses actes.

En atteignant quotidiennement à la liberté de penser, l’autocratie au pouvoir détruit ce qui fait la nature la plus profonde de la France : l’esprit libre. Et déjà, l’autocratie se fait encore complice des autres tyrannies quand personne ne sourcille à une plainte qui veut faire taire un grand écrivain : Houellebecq.

Une institution qui rend possible une plainte pour interdire la pensée et l’expression d’un auteur n’est pas digne de notre respect.

Pierre-Antoine Pontoizeau




Les trahisons de Zelensky et des médias : l’emprise des oligarques

Que disait la presse main stream lors de l’élection de Zelensky en avril 2019 ? Reprenons trois sources du moment : l’article du Monde du 21 avril de Benoit Vitkine, celui de La Croix du 28 mars d’Olivier Tallès après le premier tour et la synthèse de France Info du 22 avril 2019 actant son élection. Alors que ces rédactions nient maintenant la corruption, l’ukrainisation, la promesse de la paix et 4. L’emprise des oligarques, ces trois articles jetaient en avril 2019 un regard cru sur l’élection présidentielle. Continuons aujourd’hui par l’ukrainisation.

Les trois références :

Ukraine : Volodymyr Zelensky remporte la présidentielle, le pays fait un saut dans l’inconnu (lemonde.fr)

En Ukraine, le show Zelensky a rythmé la campagne (la-croix.com)

Ukraine : ce que l’on sait du programme du nouveau président Volodymyr Zelensky (francetvinfo.fr)

Et quelques autres sur le poids des oligarques :

Guerre en Ukraine: dans le viseur de Volodymyr Zelensky, les oligarques ukrainiens affaiblis (lefigaro.fr)

Guerre en Ukraine : un parti politique prorusse officiellement interdit par Kiev (lefigaro.fr)

Le classement des 5 oligarques ukrainiens les plus riches et leur influence sur l’économie | UACRISIS.ORG

Les oligarques de l’Ukraine post-Maïdan : une imbrication des sphères politique et économique | Cairn.info

« La jeune Ukraine est minée par de vieux démons et ces démons ont un nom : les oligarques » (lemonde.fr)

 

Le piège des oligarques

Et comment se libérer d’une oligarchie omnipotente ? C’est bien le piège d’une démocratie largement factice où les candidats sont interchangeables. Personne ne peut affronter réellement cette gangrène qui mine la société ukrainienne. B. Vitkine doute de la capacité de Zelensky à mener ses réformes promises aux populations et qui lui valurent 73 % des voix. Il explique à ce sujet :

« Preuve en est, les accusations faisant de lui une marionnette de l’oligarque Ihor Kolomoïski lui ont glissé dessus, malgré des enquêtes sérieuses sur l’influence prêtée au milliardaire. Celui-ci est l’un des plus grands perdants de l’ère Porochenko, durant laquelle sa Privatbank a notamment été nationalisée, et plusieurs de ses hommes gravitent dans l’entourage du président élu. » (Le Monde)

Le journaliste du Monde témoigne de la potentielle violence des oligarques qui n’accepteront pas de perdre de leurs avantages :

« Mais il faudra aussi compter sur l’opposition de ceux qui ont à perdre d’un changement « Il y aura des résistances énormes, admet également Oleksandr Danyliouk, un ancien ministre des finances et le plus expérimenté des réformateurs à avoir rejoint le jeune candidat. » (Le Monde)

Et sans aucune naïveté, B. Vitkine indique que Zelensky est lui aussi lié à certains de ces oligarques qui règnent sans partage sur l’Ukraine :

« Mais plus encore la question de son entourage interroge. A ses côtés, des réformateurs bon teint comme M. Danyliouk cohabitent avec d’autres cercles moins recommandables issus notamment des équipes de l’oligarque Kolomoïski, à qui le candidat a rendu visite à plusieurs reprises durant la campagne. » (Le Monde)

Le piège des oligarques est bien décrit. La démocratie est défaillante parce que les promesses ne seront pas tenues. Elles ne sont pas tenables, sans un bouleversement politique beaucoup plus radical. « Casser le système » disait le candidat en campagne !

La dictature au motif des ingérences étrangères

La chose est presque passée inaperçue en Occident, mais la pratique a de quoi inquiéter puisque l’Union européenne a usé du même argument des liens avec la Russie pour justifier des mesures contre la liberté de la presse. Or, en Ukraine, ce ne sont pas moins d’une dizaine de partis politiques qui ont été interdits, parce que leurs financeurs étaient des oligarques trop proches de la Russie, du fait de leur relation d’affaires. Pourtant, l’avocate Tetiana Montian alerte depuis des années. (voir notre précédent article : (Les trahisons de Zelensky et des médias : la promesse de la paix – Riposte Laique)

Le ministre de la Justice ukrainien, Denys Maliouska a motivé l’interdiction du parti Plateforme d’opposition – Pour la Vie pour « atteinte à la souveraineté ». Argument étonnant mais inquiétant (cf. L’Ukraine interdit onze partis politiques d’opposition accusés d’être « pro-russes » (marianne.net)). La guerre est devenue le moyen de suspendre la démocratie et de poursuivre les opposants. Très ingénieux ! Dans une vidéo, Zelensky justifie sa décision en ces termes :

« Toute activité de la part de politiciens participant à diviser la société ou à collaborer avec l’ennemi ne réussira pas, et recevra une réponse sévère ».

Il continue son argumentation :

« Je voudrais rappeler à tous les hommes politiques de tous les camps : le temps de guerre expose assez bien la misère d’ambitions personnelles de ceux qui tentent de faire passer leurs propres ambitions, leur propre parti ou leur carrière au-dessus des intérêts de l’État, des intérêts du peuple. Ceux qui se cachent à l’arrière, tout en faisant semblant d’être le seul qui se soucie de la défense. »

La liste des partis interdits est la suivante : Plateforme d’opposition – Pour la vie, Parti de Charij, Nachi, Bloc d’opposition, Opposition de gauche, Union des forces de gauche, Derjava, Parti socialiste progressiste d’Ukraine, Parti socialiste d’Ukraine, Socialistes, Bloc de Volodymyr Saldo. Signalons que Plateforme d’opposition – Pour la vie était le deuxième parti avec 44 sièges au Parlement ukrainien, qui en compte 450.

L’argument pro-russe est très ambigu. Les partis contestataires de gauche, les anti-occidentaux de toute sorte, les populistes sont liés de manière plus ou moins arbitraire à la Russie. Cependant, ces partis ont en commun de critiquer les positions de Zelensky en s’interrogeant sur l’alignement occidental, le choix d’aller à la guerre, le refus d’appliquer les accords de Minsk, etc., ils sont alors sur la liste. Liberticide ou élan démocratique et d’unité en temps de guerre ?

À l’examen, des partis de cette liste font d’ailleurs l’objet de sanction des Russes et leurs revenus proviennent bien d’Ukraine. En ayant interdit les références au communisme dans la décommunisation, Zelensky est allé encore plus loin en éliminant les partis de gauche, supposés proche des influences des réseaux ex-soviétiques. La décommunisation est alors devenue un prétexte à la liquidation des mouvements de gauche. Que reste-t-il dans ce paradis démocratique ? Bien évidemment, la base juridique est douteuse et les faits peu établis.

Tout cela révèle la chasse aux opposants. Cette véritable purge politique a reçu la bénédiction des Américains, l’ambassade des États-Unis se félicitant de ces décisions. Signalons que le parti de Viktor Medvedchuk, oligarque proche de Poutine, constituait une menace électorale réelle. Il a été poursuivi, arrêté, puis échangé contre des prisonniers. L’homme le plus riche d’Ukraine, disait-on, a donc été dépossédé de ses capacités d’influence. La dérussification de l’oligarchie a donc été menée au nom de la guerre, mais cela ne signifie pas que les oligarques aient perdu le pouvoir, loin de là.

Des oligarques puissants et douteux autour de Zelensky

Zelensky n’a-t-il pas autour de lui quelques oligarques ? Attardons-nous sur les deux plus célèbres.

Rinat Akhmetov serait l’Ukrainien le plus riche, possédant le site sidérurgique d’Azovstal, détenant le fournisseur d’électricité DTEK, etc. Il est propriétaire d’une villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat dans les Alpes-Maritimes estimée à 200 millions d’euros. (Qui est Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine, qui a déposé plainte contre la Russie ? – Edition du soir Ouest-France – 28/06/2022).

C’est aussi un homme d’influence et un homme politique. Il possède la chaîne de télévision Ukraine et le journal Segodnya. Il a bénéficié des faveurs de Victor Yanoukovitch lors de privatisations, usage des oligarques dans les pays de l’ex-URSS. Il dispose d’un groupe d’influence constitué d’une vingtaine de députés. Via l’entreprise Oblenergo, il est en position de monopole sur la distribution d’énergie. Le secteur de l’énergie donne lieu a des accords entre les politiques et leurs intermédiaires : Porochenko, puis Zelensky et des intermédiaires dont Igor Kononenko, homme d’affaires mais aussi député. Des jeux de surfacturations entretiennent la richesse de ces oligarques en position de monopole au détriment des consommateurs, victimes de ces inflations tarifaires.

Ihor Kolomoïsky serait le deuxième Ukrainien le plus riche du pays. Lui aussi dispose des faveurs des politiques en ayant le contrôle d’entreprises d’État sur le négoce du pétrole et la distribution d’essence. Il a été temporairement gouverneur d’un oblast. Il possède en partie un holding de médias. Ses réseaux d’influence le mettent en proximité de plusieurs partis politiques dont Front Populaire, Renaissance et Oukrop. Il est de nouveau aux affaires, proche de Zelensky. (cf. Ihor Kolomoïsky, le cavalier noir de la présidence ukrainienne (lemonde.fr)). Sa réputation est sulfureuse. (cf. Kolomoïsky, l’oligarque qui embarrasse le président ukrainien – Le Point) Il aurait financé des milices ultra-nationalistes en 2014 pour se battre contre les séparatistes du Donbass (cf. Pourquoi cet oligarque ukrainien, propriétaire d’une villa à Anthy, aurait une responsabilité dans la guerre | Le Messager). Sa banque, nationalisée dans un premier temps, a été mystérieusement restituée, durant l’entre-deux-tours des présidentielles de 2019, suscitant l’ire du Président Porochenko. (Ukraine : la nationalisation de PrivatBank invalidée à trois jours des élections (rfi.fr))   

Ces oligarques ont en commun d’avoir des entreprises industrielles ou énergétiques gagnées lors des privatisations avec la complicité des politiques, des groupes de médias, des banques et des partis politiques. L’ensemble permet de créer des marges, de financer les acquisitions, d’influencer l’opinion, de peser sur les lois. Ces oligarques exercent une prédation des activités par la captation des entreprises publiques de l’ère soviétique. Ce pillage organisé se fait contre les populations dont le niveau de vie est l’un des plus faibles d’Europe.

En conclusion, il est inouï de constater que ces mêmes médias ont changé totalement leur narratif de la situation en Ukraine : sous l’influence de qui ? Pour quelles raisons ? Dans quels buts ? Ces rédactions savent comme nous ce qu’il en est des faits. Pourtant, plus rien sur ce pouvoir mafieux, plus rien sur le nationalisme destructeur, plus rien sur les promesses du candidat, plus rien sur le redressement économique et sur la paix. Cette inversion s’explique-t-elle ? Oui. Elle a une seule et unique origine possible, l’intrusion massive d’institutions subversives étatiques totalement hostiles à la paix et au développement de l’Ukraine. L’enjeu est ailleurs.

Et les pauvres électeurs ont été trahis comme cette jeune femme dont O. Tallès reprend les propos, la pauvre :

« « Son inexpérience ? Je n’en ai pas peur, il ne peut faire pire que ses prédécesseurs », lance Alina Lissenko, 29 ans. La jeune femme aux ongles interminables tient la permanence électorale à Marioupol » (La Croix)

Certains évoquaient alors l’ultime espoir offert par le comédien, disant ce que le peuple voulait entendre, croyant peut-être illusoirement pouvoir agir en ce sens. Mais le système est plus fort que le peuple, il est plus fort que ce jeune Président qui va se retourner pour défendre tout ce qu’il a dénoncé. Voilà le destin tragique d’une Ukraine promise à la destruction pour des enjeux qui en font l’instrument d’une puissance visant l’affaiblissement d’une autre. Je persiste dans ce diagnostic que nous sommes outrageusement manipulés par des oligarchies qui n’ont que faire des populations, en Ukraine et ailleurs.

Cela pose des questions sur nos propres dérives anti-démocratiques, suspicion contre des partis politiques, restriction des libertés publiques dont celle de s’exprimer ; poids d’une oligarchie à la tête de holding dépendant des concessions d’État et des budgets publics dans la construction, les télécoms, les médias. En regardant l’Ukraine, j’ai parfois l’impression de voir la France demain.

Pierre-Antoine Pontoizeau




Les trahisons de Zelensky et des médias : la promesse de la paix

Que disait la presse main stream lors de l’élection de Zelensky en avril 2019 ? Reprenons trois sources du moment : l’article du Monde du 21 avril de Benoit Vitkine, celui de La Croix du 28 mars d’Olivier Tallès après le premier tour et la synthèse de France Info du 22 avril 2019 actant son élection. Alors que ces rédactions nient maintenant 1. La corruption, 2. L’ukrainisation, 3. La promesse de la paix et 4. L’emprise des oligarques, ces trois articles jetaient en avril 2019 un regard cru sur l’élection présidentielle. Continuons aujourd’hui par l’ukrainisation.

Les trois références :

Ukraine : Volodymyr Zelensky remporte la présidentielle, le pays fait un saut dans l’inconnu (lemonde.fr)

En Ukraine, le show Zelensky a rythmé la campagne (la-croix.com)

Ukraine : ce que l’on sait du programme du nouveau président Volodymyr Zelensky (francetvinfo.fr)

Et quelques autres sur les accords de Minsk et la situation avant le 24 février 2022 :

Conseil de sécurité: vives préoccupations face au regain de violations du cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine | UN Press, (synthèse du CS du 17 février 2022)

Conseil de Sécurité de l’ONU. Escalade en Ukraine. Discours de Tetyana Montian. le 17 février 2022. – YouTube (intervention de Tetiana Montian lors du CS du 17 février 2022)

Tetiana Montian (Ukraine), discours au Parlement Européen. Bruxelles, le 5/12/2016 – YouTube (intervention de Tetiana Montian sur la révolution de Maidan)

La promesse électorale de la paix face au ras-le-bol populaire

Comme le rappelle B. Vitkine, Zelensky se distinguait de ses adversaires politiques du fait de sa promesse de mettre un terme à la guerre du Donbass.

« Volodymyr Zelensky a aussi décomplexé les Ukrainiens en reprenant à son compte leur ras-le-bol de la guerre. » (Le Monde) Il poursuit en ce sens :

« Il a dit son intention de « relancer » le processus de paix avec la Russie, dans le cadre des accords de Minsk, qui impliquent la France et l’Allemagne. » (Le Monde)

A ce sujet, Olivier Tallès de La Croix confirme bien l’analyse de la situation depuis 2014. La guerre est là, entre Ukrainiens, faisant des morts inutiles. Or, le journaliste montre bien que la guerre intérieure était bien-là, et que les électeurs voulaient en sortir en votant pour l’homme qui promettait la paix en Ukraine :

« Valentina découpe sans trembler le lait caillé. La babouchka consent du bout des lèvres à parler de son quotidien haché par le fracas des tirs des soldats ukrainiens et des rebelles séparatistes. La ligne de front est à une poignée de kilomètres de son épicerie, à l’entrée du village de Gnutova. En parlant de l’élection présidentielle, son regard s’anime enfin. Volodymyr Zelensky est la surprise qu’elle n’attendait plus. Son candidat « saura négocier la paix », assure-t-elle. Il virera « la clique qui a détruit le pays ». L’idée la fait sourire d’avance, comme une bonne blague. » (La Croix)

Et cette situation conflictuelle, O. Tallès la mentionne aussi, avec ce couple qui espère :

« Ruslan Shvachko et son épouse Elena, un couple de trentenaires que la guerre a contraint à abandonner leur maison. Ils sont néophytes en politique et se disent séduits par l’image de self-made-man du comédien, devenu célèbre avec son personnage de professeur d’histoire qui se retrouve élu à son insu président de l’Ukraine. » (La Croix)

De même, au soir de son élection, les commentateurs de France Info sont explicites sur la motivation pacifique du nouveau président Zelensky :

« Le second point saillant du plan de Volodymyr Zelensky vise à faire la paix avec Moscou pour reprendre le contrôle sur le bassin houiller et industriel du Donbass et sur une partie de sa frontière avec la Russie. « Il a les moyens parce qu’il a une position pragmatique. Il dit ‘la Russie est notre ennemi mais pour finir une guerre, il faut négocier avec l’ennemi donc engageons des négociations’ », commente Pierre Lorrain. De fait, lors de sa première conférence de presse après sa victoire, Volodymyr Zelensky a dit souhaiter « relancer » le processus de paix de Minsk et « arriver à un cessez-le-feu », en référence aux accords signés en février 2015 dans la capitale biélorusse sous l’égide de Kiev, Moscou, Paris et Berlin. Pendant sa campagne, il a évoqué l’idée d’associer les Etats-Unis ou le Royaume-Uni au processus de paix. « Le plus important est de cesser le feu », a-t-il martelé. » (France Info)

Zelensky a eu 3 ans pour démontrer qu’il voulait la paix

Il faut rétablir une vérité historique. De son élection en avril 2019 à l’intervention russe commencée en février 2022, 34 mois se sont écoulés, presque 3 ans. Les accords de Minsk datent du 5 septembre 2014 soit, là encore, une période de 8 ans avant l’intervention russe, une paille. L’échec de leur application conduit à la signature d’un deuxième accord le 12 février 2015. Alors que rien n’évolue sur le terrain favorablement, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine, Oleksiy Danilov, affirme que : « le respect des accords de Minsk signifie la destruction du pays. Lorsqu’ils ont été signés sous la menace armée des Russes — et sous le regard des Allemands et des Français — il était déjà clair pour toutes les personnes rationnelles qu’il était impossible de mettre en application ces documents » en janvier 2022. De même un conseiller de Zelensky, Oleksiy Arestovytch, expliquait par le détail la nécessaire guerre massive contre la Russie pour provoquer un choc de nature à provoquer une adhésion rapide de l’Ukraine à l’OTAN. (consulter sur YouTube : Oleksiy Arestovych and his prediction of Russian aggression (2019) – EN subtitles – YouTube)  et lire le bon article des collègues de France Soir : (Les aveux à peine croyables du conseiller de Zelensky sur la guerre avec la Russie | FranceSoir). L’Ukraine voulait la guerre, elle aussi.

Plusieurs extraits de la note du Conseil de Sécurité de l’ONU du 17 février 2022 sont édifiants pour comprendre que jamais l’Ukraine n’a voulu la paix. Les violations du cessez-le-feu sont intenses et des deux parties :

« Et ce, alors que de nouvelles violations du cessez-le-feu de part et d’autre de la ligne de contact ont été constatées au cours des dernières heures. » (ONU)

Ces violations exposent de plus en plus les civils :

« La Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine a ainsi observé deux fois plus de violations du cessez-le-feu par rapport à la même période en 2021 et de plus en plus de victimes civiles, « essentiellement à la suite de tirs d’artillerie » entre les deux parties, selon son Observateur en chef, M. Yasar Halit Çevik. » (ONU) 

Et le jeu des Américains est déjà explicite malgré l’équilibre des positions des observateurs de l’OSCE :

« les États-Unis, par la voix de leur Secrétaire d’État, M. Anthony Blinken, ont directement accusé Moscou de vouloir se servir de n’importe quel « prétexte » pour justifier une offensive militaire contre l’Ukraine. »

La secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, madame Rosemary Dicarlo constate la mauvaise volonté de ceux qui omettent l’engagement des accords de Minsk :

« Quant aux accords de Minsk, ils restent le seul cadre approuvé par ce Conseil pour un règlement négocié et pacifique du conflit dans l’est de l’Ukraine, a rappelé la Secrétaire générale adjointe, qui s’est dite préoccupée par les informations faisant état de nouvelles violations du cessez-le-feu de part et d’autre de la ligne de contact au cours des dernières heures. »  (ONU) 

Notons que cette synthèse acte bien la situation de crime contre des populations ukrainiennes par des militaires ukrainiens :

« Notant que plus de 14 000 personnes ont déjà perdu la vie dans le conflit dans l’est de l’Ukraine, elle a souligné que l’on ne peut tout simplement pas accepter « ne serait-ce que la possibilité d’un nouveau conflit en Ukraine ».

De même, l’observateur en chef de la Mission spéciale d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, monsieur Yasar Halit Cevik signale que :

« Il a ensuite dénoncé les exercices employant des munitions létales « pas plus tard qu’en 2022 », en violation du cessez-le-feu.  Depuis le début de l’année, la Mission a observé deux fois plus de violations du cessez-le-feu par rapport à la même période en 2021 et il y a de plus en plus de victimes civiles, essentiellement à la suite de tirs d’artillerie. L’Observateur en chef a également fait état d’autres violations des accords de Minsk, notamment l’utilisation de drones et de matériel lourd dans des zones résidentielles, en précisant que ces violations sont le fait des deux parties. » (ONU)

A l’évidence, beaucoup veulent la guerre et les fonctionnaires internationaux pointent bien la responsabilité de tous. Ce serait naïveté que de croire l’Ukraine victime. Ces dirigeants voulaient la guerre. Zelensky lui-même s’éloigne des accords de Minsk et ses ministres de les déclarer inopportuns.

La dictature ukrainienne en marche

Alors que nous sommes dans une situation très tendue, il est surprenant d’entendre l’audition de cette militante de la société civile ukrainienne, madame Tetiana Montian, célèbre avocate ukrainienne. Elle décrit un régime autoritaire en Ukraine :

« Cette séance a également été marquée par l’intervention d’une militante de la société civile ukrainienne qui a vivement dénoncé le fait que les autorités de Kiev s’opposent à toute dissidence, notamment aux « personnes qui sont contre Maïdan, contre le renversement du Gouvernement, et contre la guerre dans l’est ». (ONU)

La synthèse de l’ONU souligne dans ses propos :

« Elle est absolument convaincue que les autorités de Kiev n’ont pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk, déplorant que l’Occident fournisse des armes pour renforcer les forces armées de l’Ukraine.  Elle a accusé Kiev de ne pas vouloir dialoguer avec Donetsk et la société civile.  L’Europe et l’OTAN ne veulent pas non plus dialoguer car ils sont contre ceux qui veulent vivre en paix avec la Russie, a-t-elle ajouté, avant de dénoncer les poursuites pénales engagées « contre les personnes qui veulent la paix », celles qui étaient contre « Maïdan », contre le renversement du Gouvernement, contre l’OTAN, contre l’Europe ». (ONU)

Le résumé de son intervention note aussi :

« Cela fait 5 ans que l’on attend un statut spécial pour les régions de l’est de l’Ukraine, « mais que les autorités de Kiev ne vont pas l’octroyer ».  Elles refusent toute dissidence en Ukraine, s’est-elle alarmée. Les personnes qui sont contre Maïdan, contre le renversement du Gouvernement, contre la guerre dans l’est n’ont pas le droit de s’exprimer ni dans les partis politiques, ni dans les organisations de la société civile, a-t-elle dénoncé. » (ONU)

Son témoignage est étonnant dans ce contexte. Par son intervention, l’ONU montre que personne n’est dupe. Zelensky exerce une police politique. L’histoire a été réécrite. Le renversement du gouvernement par la rue en 2014 n’est pas légal, mais cautionné par des puissances étrangères, ce qu’elle exposera brillamment en 2016 devant le parlement européen. La guerre contre les autonomistes est criminelle et illégale. Son alerte témoigne d’un basculement dans un régime « dictatorial » qui poursuit ses opposants, génocide des minorités linguistiques, accumule des armes pour détruire ses oblasts réfractaires. La politique nationaliste ukrainienne fabrique les conditions d’une dictature oligarchique, car la guerre mettra aussi un terme à la liberté de la presse. Les journalistes sont poursuivis en Ukraine aujourd’hui et plus personne ne peut contester la politique de Zelensky. 

Par quel miracle donc, cet engagement pris devant le peuple ukrainien qui aspirait à la paix a-t-il été trahi ? Qui a interféré ? Qui a fait basculer Zelensky dans une logique belliqueuse acharnée qui contredit point par point son engagement électoral le plus clair ? Ceux qui écoutent les démocrates, dont l’avocate Tetiana Montian, ne peuvent donc souscrire à la logique de guerre qui lui a été visiblement imposée d’ailleurs, en contradiction totale avec le vœu des électeurs ukrainiens. Comme nous tous, les Ukrainiens voulaient la paix avec leurs frères et une réconciliation nationale.

Et, depuis février 2022, les médias occidentaux ont emboîté le pas de l’affirmation d’une agression russe. La parole des Chinois lors de ce conseil de sécurité fait aussi réfléchir sur l’ampleur de cette manipulation, car le propos est simplement censé en cette circonstance :

« Le représentant de la Chine a estimé que « rien n’arrive sans raison ».  L’élargissement de l’OTAN est une question qui ne peut pas être contournée en Ukraine, a-t-il commenté en déclarant que la sécurité régionale ne peut pas être garantie par l’élargissement d’un bloc militaire.  Il a accusé «un pays» qui refuse de renoncer à sa mentalité héritée de la guerre froide, qui dit une chose, et en fait une autre.  Le représentant a exhorté les pays concernés à tirer les enseignements de lHistoire, à respecter la notion de sécurité commune globale, à respecter la confiance mutuelle, à régler les différends par le dialogue et la consultation et à faire davantage pour contribuer à la paix et la stabilité dans le monde. » (ONU)

Pierre-Antoine Pontoizeau




Les trahisons de Zelensky et des médias : l’abandon de l’ukrainisation

Que disait la presse mainstream lors de l’élection de Zelensky en avril 2019 ? Reprenons trois sources du moment : l’article du Monde du 21 avril de Benoît Vitkine, celui de La Croix du 28 mars d’Olivier Tallès après le premier tour et la synthèse de France Info du 22 avril 2019 actant son élection. Alors que ces rédactions nient maintenant 1. la corruption, 2. l’ukrainisation, 3. la promesse de la paix et 4. L’emprise des oligarques, ces trois articles jetaient en avril 2019 un regard cru sur l’élection présidentielle. Continuons aujourd’hui par l’ukrainisation.

Les trois références :

Ukraine : Volodymyr Zelensky remporte la présidentielle, le pays fait un saut dans l’inconnu (lemonde.fr)

En Ukraine, le show Zelensky a rythmé la campagne (la-croix.com)

Ukraine : ce que l’on sait du programme du nouveau président Volodymyr Zelensky (francetvinfo.fr)

Et quelques autres sur l’ukrainisation :

Histoire de l’Ukraine : l’ukrainisation en marche forcée, ou l’empire de la discrimination positive (lemonde.fr)

L’ukrainisation de force renforce le séparatisme et pourrait provoquer l’éclatement de l’Ukraine – Le conseil du PECO (ecopeco.org)

Ukrainisation à marche forcée, par Nikita Taranko Acosta (Le Monde diplomatique, mai 2019) (monde-diplomatique.fr)

Une réalité décrite par les médias lors de l’élection de Zelensky

Alors que les médias nient maintenant le nationalisme ukrainien et ses provocations à l’encontre des populations de culture et de langue russes, Benoit Vitkine affirmait bien dans Le Monde :

« C’est d’ailleurs dans ce domaine que Volodymyr Zelensky s’est montré le plus précis, en disant sa volonté de cesser l’« ukrainisation » linguistique et culturelle menée par M. Porochenko et à laquelle n’adhère pas une partie de la population, de « réintégrer » les populations du Donbass, par exemple en versant leurs pensions aux retraités des territoires de l’Est sous le contrôle des séparatistes prorusses. » (Le Monde)

La promesse sur laquelle il fut élu : cesser ce nationalisme linguistique qui existait bel et bien. Le lecteur notera qu’on punissait bien les russophones en les privant de leurs droits dont celui à leur pension de retraite. Pour un Etat de droit, la mesure est étonnante !

Sa campagne relatée par O. Tallès de La Croix dans son article d’entre deux tours montre bien que les décisions prises en 2014 ont brisé l’unité de l’Ukraine en exacerbant des tensions ethniques et linguistiques. Même La Croix parle bien à cette époque de tension ethnique (CQFD). Et Zelensky apparaît comme le pacificateur :

« Dans les villes de l’Est et du Sud, Vladimir Zelensky est en passe de détrôner les candidats traditionnellement pro-russes, issus du parti des régions de l’ancien président en fuite Viktor Yanoukovitch. L’humoriste rassemble aussi à l’ouest et au centre, gommant les clivages linguistiques et ethniques habituels du pays. » (La Croix)

France Info constate aussi la réalité nationaliste depuis 2014, et la radio souligne la position du nouveau président désireux de réunir les Ukrainiens par-delà ces rivalités artificielles et dangereuses :

« Le président sortant avait imposé un agenda nationaliste. A l’inverse, Volodymyr Zelensky veut « cesser l’’ukrainisation’ linguistique et culturelle menée par Petro Porochenko et à laquelle n’adhère pas une partie de la population » et « ‘réintégrer’ les populations du Donbass » majoritairement russophones, rapporte Le Monde. » (France Info), la radio faisant référence à l’article du Monde que nous utilisons aujourd’hui.

Un projet nationaliste et une unité linguistique explosive

La loi du 16 janvier 2021, Zelensky étant président depuis avril 2019, confirme bien que ce dernier contredit totalement ses promesses électorales. Arrêter l’ukrainisation a marche forcée est déjà un vieux souvenir et une promesse électorale trahie. Cette loi oblige les sociétés de service à parler à leurs clients exclusivement dans la langue ukrainienne sans oublier les fonctionnaires. Elle exacerbe les tensions et donne raison aux « autonomistes » du Donbass en faveur d’un séparatisme. L’éclatement de l’Ukraine est en ligne de mire dès lors qu’une loi vient violer la totalité des traités internationaux en matière de respect des minorités linguistiques et de leur droit.

La dérussification a commencé avant même la révolution orange en 2014. La plupart des 5 500 statues de Lénine ont été déboulonnées, surtout à l’Ouest. Des avenues ont été débaptisées. Les nationalistes ont imposé que l’avenue de Moscou de Kiev devienne l’avenue Stepan Bandera, du nom de ce dirigeant de l’armée insurrectionnelle, elle qui collabora avec le Reich et qui extermina de nombreux juifs d’Ukraine.

La dérussification et la décommunisation

Une loi de mai 2015 porte atteinte à la liberté de pensée et de s’exprimer. Personne n’y prête attention. Sans aucune sympathie particulière pour le communisme de ma part, cette loi revêt bien un caractère liberticide très troublant. Elle juge la présentation et la promotion des symboles communistes illégale. Les monuments sont à détruire ou remiser, les statues et les insignes des partis politiques doivent renoncer à cette symbolique. Les statues de Lénine sont aussi des œuvres d’art, mais le politique prime et donne droit à leur destruction.  

La dérussification rime donc avec la décommunisation, d’où la suppression des emblèmes soviétiques. La pression s’exerce aussi de façon croissante sur la langue russe, par la loi de mai 2017 qui oblige les chaînes de télévision à diffuser 75 % de leur programme en ukrainien. Certains médias maintiennent le bilinguisme par respect des téléspectateurs. La deuxième loi de septembre 2017 prévoit d’imposer l’ukrainien dans les établissements scolaires, ce que même Lénine n’a pas fait, respectant les langues locales. C’est la fin des minorités linguistiques. Très étonnamment, pour ne pas froisser l’Union européenne, quelques exceptions sont admises pour le hongrois, le polonais et le roumain, archi-minoritaires, voire sur le papier pour les peuples autochtones dont les tatars de Crimée sous la pression du Conseil de l’Europe. Le Russe doit disparaître. Pire, le russe n’est pas une langue autochtone, même pas une langue envisageable en langue vivante étrangère. L’ukrainisation fait violence à la tradition russophone de millions d’habitants de l’Ukraine.       

Un projet discriminatoire et anti-russe porté par Zelensky

En contradiction totale avec ses promesses électorales sur la fin de l’ukrainisation forcée, les dispositions de 2021 viennent renforcer les lois de 2017. Pourtant, la Commission de Venise, organe consultatif du conseil de l’Europe, aussi dénommée commission européenne pour la démocratie par le droit, émet des réserves sur ce texte discriminatoire envers les russophones. Elle suggère moins de restrictions liberticides pour favoriser l’intégration des minorités linguistiques dans le respect de leur identité culturelle. Comme l’indique Nikita Taranko Acosta dans Le Monde Diplomatique de mai 2019, les textes « prévoit également un nouveau délit d’« humiliation de la langue ukrainienne». Une patrouille de vingt-sept inspecteurs, chargée de sa bonne application, pourrait infliger des amendes aux fonctionnaires s’exprimant dans une autre langue dans le cadre de leur travail. » (page 9).

Or la situation objective est la suivante, selon les données de l’Etat ukrainien lui-même. (Source, Comité national des statistiques d’Ukraine – La situation de la langue ukrainienne en 2018, cf. article du Monde Diplomatique). On notera une superposition partielle de la déclaration d’être ethniquement ukrainien et la pratique des langues ukrainienne, russe ou les deux. Plusieurs régions, dont Kiev, sont bilingues et à majorité russophone. La seule pratique de l’ukrainien concerne ¼ de la population dans la capitale !

Avec une telle carte, comment nier que l’ukrainisation est un projet ethnocidaire pour la grande majorité de la population, russophone ou bilingue. Deux régions seulement à l’Ouest, Lviv et Ivano-Frankivsk sont majoritairement ukrainophones. Le lecteur notera que l’Ukraine acte une déclaration d’appartenance à l’ethnie ukrainienne, pour ceux qui douterait du caractère ethnique du nationalisme ukrainien à l’œuvre dans les travaux de ses administrations. On imagine bien la déclaration d’ethnicité française, n’est-ce pas ? Elle ne susciterait aucune réaction ! CQFD…

Zelensky, traître a ses promesses électorales

Or, Zelensky, russophone d’origine, se trouve à défendre l’indéfendable, au détriment de l’histoire culturelle de son pays. Le russe y est pratiqué depuis plusieurs siècles et les Soviets ont même favorisé la langue ukrainienne tout en actant le russe comme langue commune des Républiques Soviétiques. Zelensky a cédé à l’aile la plus nationaliste et revancharde, brisant les compromis de l’époque Ianoukovitch. Or, le russe reste la langue pratiquée par un grand nombre dont des jeunes. La presse reste majoritairement russophone, les séries télévisées populaires sont en russe, les livres en russe se vendent trois fois plus, malgré les interdictions d’importations d’ouvrages en russe, jugés antiukrainiens. Zelensky se contredit, entre les lois de 2021 et ses déclarations dont Nikita Taranko Acosta se fait l’écho dans Le Monde Diplomatique de mai 2019 : «« L’ukrainien est la langue d’État, mais il ne faut mettre sous pression ni le russe ni les autres langues d’Ukraine », a déclaré M. Zelensky en mars dernier lors d’un entretien accordé à plusieurs grands journaux occidentaux. »

Et les minorités se sont exprimées, en dehors des russophones, montrant bien que la pression de l’ukrainisation est très mal vécue. Dans la foulée des lois de 2017, des députés européens hongrois, polonais, slovaques et bulgares ont contesté la loi sur l’enseignement qui allait brimer les minorités linguistiques. Porochenko a repoussé l’application de la loi à 2023, mais Zelensky n’a rien renié de l’ukrainisation de son prédécesseur. Dans son entretien de mai 2019, Zelensky précise : « Aujourd’hui, notre système éducatif fonctionne de telle manière que les prochaines générations s’exprimeront en ukrainien ».

Pour conclure, l’ukrainisation n’est donc pas un fantasme de serviteur de la cause russe. C’est une réalité vécue par les populations, avec son cortège d’humiliations, d’agressions et de combats menés à l’intérieure des frontières, entre Ukrainiens. La trahison est là encore immense. Le peuple a été trompé par le comédien.

Dans un tel contexte, comment l’Occident compte-t-il sortir de la guerre, même dans l’hypothèse d’une victoire ukrainienne ? Comment seront traitées les populations russophones ? Nous disposons déjà de témoignages d’exactions, de meurtres, de tortures. La reprise de ces territoires ne s’accompagnera-t-elle pas d’une chasse ethnique ? L’Occident aveuglé par son projet de déstabilisation de la Russie semble prêt à sacrifier des populations.  Il semble prêt à justifier un ethnocide par l’interdiction de la pratique de sa langue maternelle. Nous sommes en 2022 !

Pierre-Antoine Pontoizeau




Les trahisons de Zelensky et des médias : la corruption généralisée

Que disait la presse mainstream lors de l’élection de Zelensky en avril 2019 ? Reprenons trois sources du moment : l’article du Monde du 21 avril, de Benoît Vitkine, celui de La Croix du 28 mars, d’Olivier Tallès après le premier tour, et la synthèse de France Info du 22 avril 2019 actant son élection. Alors que ces rédactions nient maintenant 1. la corruption, 2. l’ukrainisation, 3. la promesse de la paix et 4. L’emprise des oligarques, ces trois articles jetaient en avril 2019 un regard cru sur l’élection présidentielle. Commençons aujourd’hui par la corruption généralisée.

Leur relecture confirme notre totale incompréhension du soutien des démocraties occidentales au régime de Zelensky. Et, en creux, elle démontre la mainmise soudaine des services américains sur les médias européens, dans le but de soutenir les projets de l’Otan. Ceux-ci visent la déstabilisation de la Russie au prix de la totale trahison de nos valeurs jusqu’à sacrifier l’Ukraine et les Ukrainiens. Et comme le titrait Le Monde : « Le pays fait un saut dans l’inconnu » ? En effet.

Les trois références :

Ukraine : Volodymyr Zelensky remporte la présidentielle, le pays fait un saut dans l’inconnu (lemonde.fr)

En Ukraine, le show Zelensky a rythmé la campagne (la-croix.com)

Ukraine : ce que l’on sait du programme du nouveau président Volodymyr Zelensky (francetvinfo.fr)

Et quelques autres sur la corruption en Ukraine :

En Ukraine, l’ombre de la corruption plane sur la future reconstruction du pays (france24.com)

La corruption en Ukraine, ce n’est plus un tabou – Le Temps

L’Ukraine renforce l’indépendance d’une agence clé de lutte contre la corruption – Conseil de l’Atlantique (atlanticcouncil.org)

Les vérités au 21 avril 2019 dans les médias français

Il est maintenant interdit de rappeler que l’Ukraine est un pays victime de la corruption et d’une oligarchie mafieuse. Pourtant, que disaient ces journaux lors de l’élection d’avril 2019 ?

« Les Ukrainiens ont préféré, en élisant un parfait inconnu, faire un saut dans le vide plutôt que de poursuivre leur route avec une classe politique décrédibilisée par des années de prévarication » (Le Monde).

Benoît Vitkine poursuit :

« Il est assez facile de comprendre contre quoi les Ukrainiens ont voté : corruption, guerre, pauvreté, ces maux associés à l’ère Porochenko » (Le Monde).

Le journaliste est encore plus explicite dans ses formulations :

« Les Ukrainiens ont estimé que nul n’était mieux placé pour démanteler le système politico-mafieux ukrainien que l’un de ses enfants, l’oligarque Petro Porochenko ; cinq ans plus tard, alors que leur pays est déchiré, ils misent sur un outsider investi d’une mission de salubrité publique » (Le Monde).

Zelensky a bien été élu pour lutter contre la lèpre de la corruption. B. Vitkine le dit très bien :

« De fait, la tâche qui attend Volodymyr Zelensky est gigantesque. « Casser le système », comme l’a promis le candidat » (Le Monde). Et le parallèle que le journaliste fait avec les USA est troublant :

« « S’il se décide vraiment à agir, Zelensky va se retrouver face à l’Etat profond ukrainien, qui est bien plus puissant que l’État profond américain qui lutte face à Trump », prévient Iouri Romanenko, de l’Institut du futur, une structure qui a conseillé le candidat » (Le Monde).

A peine l’élection enregistrée, c’est France Info qui apprend que la situation est compliquée dans un pays à la corruption endémique :

« Si Pierre Lorrain estime que Volodymyr Zelensky a un programme inexistant, il souligne qu’il a « un plan qui s’articule en deux points ». Selon lui, le premier concerne la lutte contre la corruption. « Et là, son plan est bien établi, insiste-t-il. Il y a une vingtaine de points très précis qui font que si on l’applique, l’Ukraine peut sortir de la spirale de la corruption. » Volodymyr Zelensky doit, en effet, une large partie de sa victoire à l’échec du gouvernement précédent à lutter contre la corruption, un fléau qui éclabousse une partie des élites du pays. En octobre 2018, dans son rapport sur la compétitivité mondiale (en anglais), le World Economic Forum a publié son indice de corruption annuel. L’Ukraine y figure parmi les pays les plus corrompus au monde ex-aequo avec l’Iran, la Sierra Leone et la Gambie » (France Info).

Zelensky a bien été élu sur un programme de lutte contre la corruption, pour mettre fin à cette économie oligarchique, ce système qui a produit tant de misère dans un pays paradoxalement si riche.

Les réalités d’une corruption fatale à la démocratie

En effet, si l’élection de Zelensky avait pour motif la paix, elle avait aussi pour beaucoup celui d’éradiquer la corruption qui gangrène et appauvrit toute la société ukrainienne à l’exception de quelques oligarques. Ce fléau fabrique et entretient cette société fracturée entre quelques milliardaires et leurs obligés, et des millions de malheureux. Le signe ne trompe pas, les jeunes fuient l’Ukraine pour aller travailler en Pologne ou ailleurs en Europe et les jeunes femmes sont prêtes à trouver mari ailleurs, effrayées des trafics des filières de la prostitution.

Cette corruption a des effets dévastateurs sur le pays. Pourtant riche d’un sous-sol de fer, de nickel, de titane, de palladium, etc., de terres noires exceptionnelles, l’Ukraine est un des 4 pays les plus pauvres des 57 que comptent la zone Euro-asiatique. Elle occupe ces dernières places avec des pays moins favorisés par leur géographie : Tadjikistan, Kirghizistan et Ouzbékistan. Rappelons la misère des Ukrainiens : 3700 dollars par an en 2020 soit environ 10 dollars par jour. Cela positionne l’Ukraine en dessous de pays bien pauvres comme l’Albanie, le Kosovo et la Moldavie voisine.

Quelques réformes furent engagées en 2014, sous Porochenko. Une plateforme informatique a été mise en place pour les marchés publics : Prozorro. Elle ne suffira pas à éviter le favoritisme des attributions des marchés. Et ce n’est pas la transparence des attributions sur Internet qui changera les pratiques. C’est tout à fait illusoire. L’obligation faite aux fonctionnaires de déclarer leurs revenus et leur patrimoine allait dans le bon sens. Mais le bureau national anticorruption (Nabu) a été laminé, avec un simple pouvoir d’enquête sans pouvoir judiciaire d’inculpation. Et en octobre 2020, la Cour constitutionnelle saisie par des députés invalidera des mesures anticorruption. Étonnante situation, où les plus hautes autorités juridiques d’un pays prétextent du droit pour s’opposer à la démocratie. La fameuse déclaration des fonctionnaires, souvent bidonnée, n’est pas sanctionnable au niveau souhaité : celle de la responsabilité pénale du coupable de déclarations mensongères. Les oligarques œuvrent ainsi à la destruction de ces lois. Le bureau national anticorruption a peu d’influence et ses pouvoirs ont été très amputés.    

La volonté démocratique est largement bafouée par les autorités censées protéger l’État de droit. Elles sont bien les premières à œuvrer contre la démocratie et en faveur des corrupteurs. C’est dans ce contexte que les nations occidentales et leurs institutions internationales (FMI en particulier) déversent des milliards ! Les bailleurs de fonds prêtent encore à ce pays endetté à hauteur de 130 milliards de dollars, soit près de 90% du PIB dans un contexte de contraction de celui-ci de moitié entre 2021 et 2022.

Les oligarques occidentaux contre la démocratie en Ukraine

Dans ce contexte, nos oligarchies occidentales ne travaillent pas à la lutte contre la corruption, bien au contraire. Malgré l’affichage d’un appel à l’État de droit pour financer la reconstruction qui nécessitera plusieurs centaines de milliards, les pratiques actuelles démontrent déjà que les Occidentaux subventionnent une oligarchie, contre les intentions du peuple ukrainien de se défaire de leur emprise.  

Rien n’est aujourd’hui sous contrôle et le trou noir commence en fait dans nos sociétés occidentales. Qui vote ces fonds ? Qui les contrôle ? Qui en suit l’usage comme dans les projets d’une banque de développement par exemple ? L’opacité commence en Occident. Là est le trouble d’une complicité entre des oligarchies qui se ressemblent. Comme le rappelle France 24 :

« Les milliards de dollars promis à l’Ukraine par ses soutiens occidentaux pourraient provoquer des tentations dans l’un des pays les plus corrompus d’Europe. Mardi, les principaux alliés de l’Ukraine, réunis en Suisse, ont conditionné leur aide au renforcement de l’État de droit et à l’éradication de la corruption » (France 24, 6 juillet 2022).

Mais dans le même temps, le Premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, estime les besoins de l’Ukraine à 750 milliards de dollars pour sa reconstruction à venir quand des organismes internationaux estiment les destructions à environ 100 milliards. Là, le trouble devient l’inquiétude quant à l’intégrité des politiques, au plus haut niveau de l’État ukrainien. Tout cela prouve bien que l’oligarchie mafieuse ukrainienne n’est pas une fiction de complotistes ou de correspondants de Poutine à l’étranger. Étrangeté donc, de constater que, depuis février 2022, nos oligarchies occidentales ont balayé ce constat en apportant environ 100 milliards pour payer les fonctionnaires, subvenir aux besoins militaires, etc.

Pourtant, le peuple ukrainien avait voté pour un « libérateur » de cette corruption de l’État et pour la paix. Depuis, rien n’a été entrepris en ce sens, bien au contraire. La corruption et la guerre.  

Pierre-Antoine Pontoizeau




La médiocrité macronienne et l’absurde cadeau papal

Lors de sa visite au Pape François, Macron s’est fendu d’un petit cadeau : Vers la paix perpétuelle, du philosophe allemand Emmanuel Kant dans sa première traduction en langue française, dont l’exemplaire fut détenu par la bibliothèque de Lviv en Ukraine, ville longtemps polonaise. La médiocrité macronienne est accablante et porte sur cinq aspects :

Un Président de la République française offre un texte d’un philosophe allemand ?

Faut-il rappeler que Macron est Président de la République française ? A ce titre, il se doit de représenter la France et de contribuer au rayonnement de sa vaste culture. La terre, qui a porté Pascal, saint Vincent de Paul, sainte Thérèse de Lisieux (docteur de l’Église) mais aussi plus récemment des Henri Bergson, des grands catholiques dont Jacques Maritain ou Jean Guitton sans oublier des auteurs éminents pour la philosophie chrétienne du XXe siècle dont Michel Henry et combien d’historiens, d’hommes de science ou de romanciers, permettait vraiment d’autres cadeaux.

Drôle de signal que d’offrir un auteur allemand, comme si la France n’avait rien à offrir, pas un penseur, pas un poète, pas un saint, pas un savant. C’est une insulte à son pays et à cette vaste communauté des gens des arts, des lettres et des sciences qui sont ainsi trahis par celui qui les représente, sans savoir les honorer et les reconnaître. Médiocratie et incompétence macroniennes, mais peut-être aussi soumission germanique, soumission à cette pensée allemande, à cette domination dont Macron est coutumier, lui qui dit admirer un autre allemand, le philosophe Jurgen Habermas, ancien membre des jeunesses hitlériennes.

Le médiocre offre une « vulgaire » traduction d’un texte à lire en allemand !

Mais la médiocrité est manifeste pour les gens de lettre. En effet, ceux qui ont eu la chance de faire quelques études littéraires ou philosophiques savent bien qu’un texte se lit dans sa langue. Pour la poésie, c’est une évidence : le jeu des sons, des rimes, des cadences. Pour la philosophie, c’est le respect des concepts et de la pensée dans une langue qui a ses spécificités. On lit l’auteur en latin, en grec ou en allemand, en anglais ou en français. Tout savant le sait.

C’est donc une insulte, cette fois, à l’attention du Pape que de le négliger ainsi. Lui offrir un texte traduit dans notre langue, c’est lui offrir un texte de seconde main. Qui offrirait une version espagnole de Shakespeare ou une version italienne de Cervantès ou encore une version allemande de Descartes ? Personne : ignorance, incompétence, médiocrité.

Le médiocre offre un texte « éculé » du XVIIIe siècle, preuve de modernité ?

Nous sommes en 2022, le texte date de 1795. Comment un homme moderne, épris de progressisme peut-il offrir un vieux texte de plus de 200 ans ? Ne se serait-il rien pensé ni écrit depuis cette époque ? Même si Kant est un philosophe allemand important, ce que les spécialistes appellent le kantisme a certes fait école, mais il appartient à l’histoire de la philosophie. Il y a eu quelques révolutions dans la pensée occidentale depuis. Ces penseurs du XVIIIe siècle datent donc très clairement. Kant a été très critiqué, il est même totalement dépassé sur de nombreux aspects dont sa philosophie des sciences. Et cet auteur n’a-t-il pas fait l’objet de très vives critiques, tant sa philosophie morale légitime Sade et la folle liberté d’un homme émancipé. Auteur plus sulfureux qu’il n’y paraît.

C’est là encore quelque peu insultant et ringard d’offrir au Saint-Père ce texte universellement connu qui inspira les pacifistes et les créateurs de la Société des Nations (SDN) pour des relations internationales pacifiques. Mais au fond, rien de nouveau, rien de bien moderne, rien de très attractif à ce texte connu, trop connu.

Le médiocre pervers se veut apôtre de la paix, lui le vendeur de Caesar !

Mais que veut-il dire en offrant un texte sur la paix perpétuelle ? Serait-il lui un véritable apôtre de la non-violence et de la paix entre les nations ? Macron n’a-t-il pas été un homme de guerre depuis sa Présidence ? Guerre en Afrique, guerre en Ukraine, cession d’armes et encouragement à faire la guerre. Ne vient-il pas récemment d’offrir une ligne de crédit de 100 millions pour entretenir la guerre en Ukraine au lieu de se battre pour la Paix en remettant chacun à la place de ses responsabilités et culpabilités, au lieu de plonger dans un manichéisme coupable qui donne droit de tuer l’autre.

Qui peut porter crédit à ce cadeau pervers et toxique totalement infidèle à ses positions et à ses décisions ? Chirac en son temps refusa bien de suivre les USA dans la guerre contre l’Irak, et le discours de Villepin signait une position de médiateur de la Paix entre les nations. Macron est tout l’inverse. Son cadeau est une insulte à l’homme de bonne volonté, tant il se joue de sa politique pour tenter de faire illusion, dans un tutoiement infantile qui plus est, d’un chef d’Etat incapable de vouvoyer un adulte représentant une communauté immense. Le pervers infantile se noie dans ses incohérences.

Ce que pouvait offrir un Français digne de ce nom, ce que Macron n’est pas

Macron a-t-il oublié ce que la France pouvait offrir ? Ne vient-on pas de canoniser Charles de Foucault par exemple ? N’a-t-il rien écrit ? N’avons-nous pas des auteurs prestigieux qui ont contribué à l’élévation de l’âme et à la compréhension de la Foi dans nos sociétés. L’immense philosophe Jacques Derrida n’a-t-il pas écrit un petit chef-d’œuvre intitulé Foi et savoir ? Le psychanalyste, théologien et philosophe René Girard n’a-t-il pas écrit par exemple La violence et le sacré ou encore Le bouc émissaire ? Nous pouvons penser à quelques religieux du XXe siècle qui auraient véhiculé des messages. Je pense à saint Rémy Isoré, missionnaire et martyr en Chine et ses innombrables frères martyrisés en Chine ou Marthe Robin, fondatrice des Foyers de Charité. Il aurait pu offrir des auteurs emblématiques de la culture française du XXe siècle : Albert Camus par exemple ; bref il avait l’embarras du choix.

Macron n’est pas français, il ne porte rien de la civilisation française, de son histoire, de sa pensée, de ses grandeurs. Son cadeau est toxique et la polémique qui s’ensuit sur l’histoire du livre est révélatrice. Le libraire s’en défend, mais la Pologne crie au scandale d’un livre volé par les nazis dans la bibliothèque de Lviv quand elle était polonaise. Le libraire ne nous a pas rassurés car il l’a affirmé, mais rien prouvé. Nous attendons donc des preuves. Ce serait en plus l’humiliation de donner un livre acheté à la hâte mais volé. Incroyable amateurisme de la Macronie.

Pierre-Antoine Pontoizeau




Covid et Ukraine : des services manipulent l’information à grande échelle

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Les modes opératoires sont trop semblables pour qu’il n’y ait pas des institutions subversives à l’origine des deux grandes manipulations de l’opinion occidentale : la covid et l’Ukraine. L’unanimité des médias comme celle des politiques sont des signaux d’une intervention systématique des services ou institutions subversives afin de manipuler l’opinion. Il est trop hautement improbable que des mêmes stratégies émergent deux fois de suite de la même manière en usant des mêmes techniques sans qu’il y ait des auteurs à l’origine de cette situation. C’est tellement improbable que c’est impossible.

L’accusation de complicité avec l’ennemi

Pour la Covid, l’ennemi a été très vite inventé : le complotiste, ringard, anti-scientifique, malfaisant, relayant des thèses éculées, soupçonné d’antisémitisme et d’être du côté des théoriciens du complot, donc de cette extrême droite nauséabonde. Imaginer une seconde que le virus soit une fabrication était impossible. Penser que l’injection usant d’un dérivé des thérapies géniques était prématuré, voire dangereux était le signe d’un soupçon illégitime. Etc.

Concernant l’Ukraine, les propos très récents de l’ambassadeur d’Ukraine en France Vadym Omelchenko au Parisien et relayé par le Figaro sont exemplaires de cette technique d’accusation :

« Le diplomate met enfin en garde contre les relais de la propagande russe dans l’Hexagone. « Voici comment les distinguer. Si vous entendez un expert plaider pour un cessez-le-feu et exhorter l’Ukraine à négocier, sachez que vous avez affaire à ce réseau d’influence russe. », déclare-t-il. Tout économiste qui estimerait que «la crise économique et la crise énergétique sont étroitement liées à la guerre en Ukraine » est également un écho de la propagande de Moscou. « Ces deux choses ne sont pas si corrélées », affirme le diplomate. » (interview de V. Omelchenko – Le Figaro – 22 octobre 2022)

La technique est identique. Le diplomate assigne à un discours une accusation qui dispense, voire interdit de concéder du crédit à cette hypothèse. Le libre exercice de l’analyse critique des événements et plus encore leur libre interprétation est alors impossible. L’accusation élimine l’adversaire. Le Pape plaidant pour la paix en Ukraine n’est pas un homme de paix qui agit du fait de sa foi. Non, c’est un complice et un agent de la Russie. Voilà le sens exact du propos d’Omelchenko. Le procédé interdit donc d’envisager des alternatives. La manœuvre est grossière, mais elle existe depuis longtemps et puise ses origines dans les techniques révolutionnaires marxistes où l’on confisquait l’analyse de l’intention de l’auteur d’un propos, en fixant à l’avance ce qu’il convenait d’en penser. Mais ici, ce sont tous les médias Occidentaux qui relaient et ont même anticipé le propos du diplomate depuis des mois. Il faut entrer en guerre, il faut poursuivre la guerre, il faut aller au bout de la guerre. Plus personne n’interroge le pourquoi ? Le prix ? Les buts ? Les conséquences ? Non. Dans les deux cas, l’accusation élimine la réflexion au profit d’une ligne de conduite sans critique possible.  

La falsification des origines

Pour la covid, le point Alpha a été imposé dans un récit médiatique qui ne supportait pas la contradiction ou l’expression d’une alternative. Le virus était naturel, il émanait d’un effet du hasard, et toute autre hypothèse était disqualifiée et ses auteurs rudement discrédités, jusqu’à l’incroyable traitement d’un prestigieux prix Nobel traité de gâteux pour ne pas répondre à ses analyses. L’opération consistait à mettre partout la pression pour qu’aucun média n’aille investir les hypothèses alternatives. Il est même incompréhensible que la totalité des plateaux de TV aient pu à ce point s’aligner dans leurs attitudes et positions éditoriales. Aucun n’est allé chercher, aucun n’a accordé du temps et un crédit aux analyses divergentes. Cependant, tous ont pratiqué le lynchage, l’insulte contre ceux qui osaient envisager que le laboratoire de Wuhan fut à l’origine de ce nouveau virus. La falsification des origines a été totale.

Pour la guerre en Ukraine, le même procédé a été utilisé. La guerre a commencé en février 2022 lors de l’intervention agressive de l’armée russe. Ce récit pose le point Alpha sans que plus personne ne puisse revenir sur les faits et l’historique expliquant l’intervention russe. On occulte alors que la guerre a commencé en 2014 avec le soutien aux autonomistes. Les lois ukrainiennes ont suscité la réaction des russophones. Les Ukrainiens ont bombardé les régions autonomes depuis 2014, des civils sont morts sous ses bombes. Non. Tout cela est inaudible, falsifié, oublié, proscrit. Là encore, l’étonnement vient de l’alignement totale des grands médias qui adoptent le même récit négationniste. Il n’y a plus d’histoire ni de contexte. Il y a la seule agression du méchant russe sans aucune justification. Il doit alors être combattu sans réserve, sans raisonnement, sans alternative.

La falsification des origines opère de la même manière. Interdiction d’effectuer un droit d’inventaire sur les événements antérieurs. Interdiction d’émettre un autre avis. Interdiction de mettre en contexte ou de chercher à comprendre autrement. Et la panoplie est la même. Imaginer une autre explication, c’est être hostile à l’Etat et à l’Occident, c’est être complotiste, voire complice de puissances étrangères qui veulent nous affaiblir. C’est là aussi impossible que de tels dispositifs se mettent naturellement en branle, de manière si coordonnée et unanime, dans l’ensemble des grands médias. Ils opèrent tous de la même manière et l’analyse des dialogues est édifiantes. Les mots sont les mêmes, les arguments sont les mêmes, les phrases sont quasiment les mêmes. Cette première étape est évidemment décisive, car elle construit l’enferment dans la suivante : le monopole de la solution.

Le monopole de la solution

Pour la covid, nous avons tous en mémoire la dictature de la solution vaccinale et de ses prolongements que nous avons tous observé. La science imposerait une seule solution. Les autres sont des supercheries, leurs auteurs des charlatans et des escrocs. Le doute est complotiste et en aucun cas la preuve d’un esprit critique. Il faut se soumettre et obéir à la doxa du covid. Là encore, c’est statistiquement impossible que la totalité des grands médias puissent à ce point s’aligner. Le phénomène n’est pas naturel, il est construit. Ayant étudié le rapport conclusif sur l’éradication de la variole de 1980, il est même fascinant, et donc inexplicable, d’observer que les scientifiques des plateaux aient pu à ce point contredire ses conclusions. Rappelons que ce brillant Rapport de la commission mondiale pour la certification de l’éradication de la variole indique dans ses pages 30 et suivantes que la vaccination générale fut un échec et qu’il fallait opérer par opportunité. Le rapport précise même que la vaccination n’a de sens que pour une bactérie ou un virus qui ne survit pas en dehors du corps humain. Bref, le tout vaccinal est une option très contestée depuis des décennies et plusieurs échecs retentissants dont l’hépatite aurait dû inspirer de la réserve.

Pour la guerre en Ukraine, le point Alpha conditionne là aussi la solution. Le danger de l’armée russe se substitue à celui de la dangerosité de la covid. La solution est alors toute trouvée et unique. Très vite les médias colportent le monopole de la vérité : la solution, la guerre au virus par la vaccination, la guerre aux Russes pour en finir avec la méchanceté. Toute personne qui s’interroge sur le prix à payer, comme pour les injections, toute personne qui envisage d’autres solutions, les médecines alternatives pour la covid, la diplomatie pour l’Ukraine, toute personne qui envisage d’autres solutions est un danger, un contestataire, un complotiste, un ennemi, un complice des adversaires.

Là encore, c’est impossible que de tels procédés médiatiques se reproduisent aussi mécaniquement sans une intervention et une coordination de services en charge d’une subversion des esprits. Pour l’Ukraine, c’est criant. Combien coûte cette guerre ? Que va-t-elle rapporter ? Les origines sont-elles celles annoncées ? Donc, les solutions ne sont-elles pas ailleurs ? Nous conviendrons que ce débat est interdit. Il suffit là encore d’observer comment les journalistes des grands médias procèdent. Accusation de complaisance avec la Russie. Accusation de haine contre les Ukrainiens victimes qu’il faut à tout prix défendre. Et pire encore, l’insulte encore et encore : sottises, rejet, déni, assortis d’une suspension du dialogue. Si je parle de la fuite des juifs d’Ukraine du fait de l’antisémitisme local, on me répond qu’ils choisissent l’Alya. Suis-je bête. Qui oserait dire cela pour ceux qui fuyaient en d’autres temps et d’autres pays, chassés qu’ils étaient, d’Egypte, de Tunisie ou d’ailleurs ? Alors, la guerre est la seule solution, tout le reste serait lâcheté comme la vaccination était la seule solution et tout le reste était égoïsme.

Et ce monopole de la solution conduit aussi ces grands médias à falsifier l’actualité. On ne rend pas compte des manifestations pour la paix ou des interventions de personnalités à ce sujet, comme on ne rendait pas compte des manifestations contre la vaccination quasi-obligatoire et les propos de personnalités dont l’un des créateurs des ARN messagers. Etonnantes similitudes qui ne peuvent relever du seul hasard éditorial. Seuls quelques médias actifs sur les réseaux sociaux offrent l’alternative dont Riposte Laïque, mais au prix d’une guerre permanente. Et l’analyse des médias dans le monde prouvent que les nations occidentales sont bien sous l’influence toxique d’institutions de subversion, profondément anti-démocratiques.

L’irresponsabilité des décideurs

La quatrième similitude est encore plus troublante. Les décideurs sont irresponsables. Les marchands d’injections comme les marchands de canons peuvent s’enrichir en toute quiétude. Personne ne leur demandera des comptes. Les chefs d’Etat prennent des décisions arbitraires mais personne n’assume les conséquences de ses décisions.

Insistons sur l’organisation de l’arbitraire au moment de la covid. C’est là encore étonnant. La santé est une affaire privée, le patient est en toute circonstance libre. Or, les Etats ont bafoué ces libertés fondamentales pour contraindre les populations aux injections. Cela s’appelle l’arbitraire. Très étonnamment, le soutien à l’Ukraine procède du même arbitraire. Nos pays ne sont pas attaqués par la Russie. Nous n’avons aucun accord international qui nous lie à l’Ukraine. Toutes les décisions de déverser des milliards d’aide ou d’armements relèvent de l’arbitraire des chefs d’Etats : Biden et Macron en tête. Mais cet arbitraire s’accompagne d’une immunité, irresponsabilité stupéfiante, et en France sans même consulter les représentants du peuple.

En effet, nos dirigeants rendent-ils compte de l’usage des milliards d’impôt, l’argent public, ainsi affecté arbitrairement à une cause très étrangère ? Non. Les 70 milliards d’achat des injections ont-ils été étudiés avec la valeur des alternatives sur le plan économique et des résultats ? Jamais. Autre similitude donc, où les médias se font complices d’un détournement massif de l’argent public pour enrichir des entreprises et des Etats (les USA étant gagnant deux fois). Personne ne sourcille, personne n’interroge, personne ne s’étonne, ou si peu et avec tant d’entraves. Comment est-ce possible dans des sociétés démocratiques d’aligner à ce point l’opinion ? Impossible sans l’intervention de ces institutions subversives qui orientent, téléguident, manipulent les réseaux sociaux et incitent à ne pas sortir du chemin. En effet, la carrière d’un journaliste est fragile et l’on comprend bien leur lâcheté collective. Très rares ont été ceux qui n’ont pas pris parti dans les débats, plus rares encore, ont été ceux qui ont questionné loyalement des savants pour les écouter et apporter de l’information au citoyen pour qu’il se fasse librement son point de vue. Les techniques d’interview sont révélatrices : prise de parti, accusation, questions biaisées, procès d’intention, etc.

Le déni des conséquences et effets indésirables

Le dernier point est encore plus troublant. Je passe vite sur l’ostracisme permanent des effets indésirables dont de nombreux articles brillants des confrères de France Soir et de Riposte Laïque peuvent témoigner. Mais pour l’Ukraine, le même procédé interdit la moindre évocation des effets de nos actions belliqueuses. Pourtant, les rapports du CNUD et des ONG, les notes des organismes de notation financières et les témoignages d’Ukraine vont tous dans le même sens. Le pays est en faillite. Le PNB sera divisé par deux fin 2022. La population va mourir de faim et de froid pendant l’hiver. La moindre maladie fera des ravages tant le système de santé est hors d’état. Le prolongement de la guerre constitue un crime contre les populations ukrainiennes. Quelques-uns commencent à s’en inquiéter fort tardivement. L’exécution sommaire de russophones dans les territoires récemment repris, la chasse inter-ethnique en fait, la poursuite des journalistes indépendants, l’emprise sur les médias, l’instauration d’un régime d’exception, autoritaire, l’interdiction aux hommes en âge de se battre de quitter le territoire, voilà bien les signes d’un régime autoritaire pratiquant une fuite en avant suicidaire. D’ailleurs, nous ne disposons d’aucun chiffre sur les victimes militaires, mais profitons d’une focalisation douteuse sur les quelques victimes civiles ou sur le dénombrement des morts chez l’ennemi. Et les médias relaient, amplifient. Le signe très révélateur de ces services manipulant, c’est le biais d’occultation. Quel journaliste occidental a pu témoigner des flux de blessés dans les hôpitaux ukrainiens ? Où sont les informations, les photographies, les témoignages sur les ravages de la guerre ? Les médias libres sont censurés, les journalistes pourchassés ou discrédités comme Anne-Laure Bonnel accusé de complicité russophile ! CQFD.

Incroyables similitudes. On parlait bien des non-vaccinés mourant à l’hôpital en niant la présence des injectés. On ne parlait pas de leur contagiosité, maintenant reconnue comme non-testée par Pfizer lors de l’audition du 10 octobre. On parle des malheureuses victimes civiles, mais on ne parle pas des milliers de morts sur le champ de bataille. La politique vaccinale tue, la guerre en Ukraine tue, mais ces morts-là ne sont pas dénombrés, pas communiqués ; c’est le déni. Il est là aussi statistiquement impossible que des centaines de rédactions occidentales qui ne se concertent pas puissent relayer la même doctrine en même temps. Il faut des agents orchestrant cette propagande.

Voilà bien trop de similitudes pour ne pas se dire qu’elles sont bien organisées. Des institutions subversives agissent en Occident pour interdire la libre expression, c’est une évidence, car le hasard statistique voudrait que des médias, selon leur sensibilité, adoptent des lignes éditoriales distinctes, contrastées, opposées même. C’est pour tout observateur la preuve manifeste d’une organisation qui a mis nos médias occidentaux sous contrôle. C’est la plus grave atteinte à la liberté de penser, de s’exprimer et de débattre. C’est le signe d’une terrible régression intellectuelle et politique. Nous basculons dans des régimes autoritaires monomaniaques.

Or, l’Etat bénéficiaire de ces manœuvres de subversion institutionnelle est bien connu, les institutions et services qui agissent sont donc aussi connus. Il est donc urgent de se sortir de ces manipulations. Il faut lire d’urgence Chomsky : Les états manqués, abus de puissance et déficit démocratique. Vous aurez des preuves pour de multiples affaires qui ont émaillé l’histoire contemporaine.

Pierre-Antoine Pontoizeau




La science n’est jamais complotiste : les confessions de Janine Small, de Pfizer

Les journalistes qui parlent de complot ne sont pas des scientifiques mais des comploteurs. A l’évidence, lors du prix Nobel de physique, on constate l’étendue de l’inculture scientifique de nos stars des médias, à commencer par l’inénarrable Léa Salamé incapable d’interroger Alain Aspect sur ses expériences menées il y a quarante ans concernant les inégalités de Bell. Son incompétence évidente à l’écran devrait inspirer à tous un peu de modestie, car nous parlons là de choses déjà anciennes qui datent des années soixante ? Inculture, incompétence. Et pourtant, la même, avec une arrogance et une morgue folle a pris des positions tranchées face à des généticiens ou des prix Nobel de médecine. A l’évidence, elle était apte à juger leur connaissance, leur raisonnement, leur conclusion. Médiocratie!

Des journalistes comploteurs et coupables

J’accuse les journalistes des principaux médias d’avoir été de véritables comploteurs. Ils n’ont jamais travaillé sur les faits scientifiques et les documents mis à disposition par les instances, à commencer par ceux de Pfizer. Cependant, ils ont passé leur temps à dénoncer ou discréditer sans rien comprendre de ce dont ils parlaient, simplement parce que le débat scientifique ne devait pas avoir lieu. Leurs donneurs d’ordre commandaient et leur unanimité fut en soi la preuve de leur corruption. 

Plus encore, il ne s’agissait même pas d’un débat scientifique à proprement parler. Nous étions sur une question pratique de la mesure de l’efficacité d’une thérapeutique. Rappelons à ceux qui l’auraient encore oublié que la médecine n’est pas une science, mais un art au carrefour de nombreuses disciplines : chimie, biologie, génétique, anatomie, etc. Et les laboratoires sont un petit bout de toute la chaîne médicale.

La démarche scientifique n’est pas complotiste

Or, les faits scientifiques ne sont pas comploteurs ou complotistes. Ce sont des faits. Nous savions depuis les premiers rapports de Pfizer que la durée de protection n’avait pas été testée. Pour preuve élémentaire, la durée de l’expérimentation de quelque deux mois. Ce n’est pas le propos qui fait la réalité, c’est l’expérience. Or, ceux qui ont affirmé une protection durable étaient des menteurs, car jamais l’expérience de Pfizer n’a testé, expérimenté au sens de la science expérimentale, la durée de sa protection au-delà de quelques semaines. C’est un fait expérimental. La preuve est dans les documents de Pfizer.

Pfizer savait même l’inverse, car les tests et les écrits de Pfizer ont très vites indiqués la faible durée de la protection, obligeant d’envisager de nouvelles injections. De même, ces expériences menées à toute vitesse n’ont-elles jamais expérimenté les effets cumulatifs de ces injections, après trois ou quatre. Chaque personne qui l’a acceptée était au sens strict un cobaye ; car personne ne pouvait démontrer que la 3e ou 4e injection avait un effet positif ou faisait courir des risques. Là encore, les durée des test n’ont jamais excédé quelques semaines. 

La médecine n’est pas née en 2020, CQFD !

Or, de nombreux spécialistes, du fait de leurs connaissances, ont alerté, sans doute à juste titre, sur les risques dont celui de l’effondrement des défenses immunitaires. Là encore, les ignorants de plateaux TV devaient les faire taire. Les comploteurs dénonçaient les complotistes au lieu de s’inquiéter de l’absence d’expériences scientifiques rigoureuses.  Même concernant l’origine de ce virus, on insultera comme jamais un prestigieux prix Nobel, faisant l’économie de l’examen scientifique des faits qui motivaient sa conclusion sur la très forte probabilité d’une fabrication de laboratoire.

Madame Janine Small a confessé deux choses sidérantes lors de son audition le 10 octobre dernier :

« En ce qui concerne la question de savoir si nous étions au courant que le vaccin empêchait la transmission du virus avant son entrée en marché, non, répond Mme Small en souriant. Vous savez, nous devions aller à la vitesse de la science pour vraiment comprendre ce qui se passait dans le marché. » Janine Small – Pfizer – Audition U.E du 10 octobre 2022

Cette femme a reconnu le charlatanisme total du laboratoire. En effet, la faible protection, connue de Pfizer, je le rappelle, aurait dû inciter à s’inquiéter du fait que le virus demeurait chez la personne vaccinée-injectée, qui pouvait développer la maladie et bien sûr la propager. Les journalistes qui l’ont défendu sont donc bien les vrais criminels. N’ont-ils pas accusé les réfractaires à la vaccination-injection, en les accusant d’être des criminels ? Non ? Eh bien, l’histoire va nous permettre de lancer quelques poursuites à partir de toutes les archives médiatiques contre les médias, les rédactions, leurs dirigeants et leurs actionnaires qui ont sans jamais vérifier la moindre source, diffusé des informations trompeuses, complices d’une entreprise de charlatanisme, au sens du code pénal et de la santé publique, comme des publicitaires de foire. Pourquoi ? Parce que le crime était dans l’injection d’un produit inefficace, ni protecteur, ce qui était connu, ni obstacle à la transmission, ce qui était aussi connu, comme madame Small le confirme.

Le crime d’expérimentation affirmé par madame Small

Mais le second crime est avéré maintenant, et le procès de type Nuremberg vient de trouver sa motivation dans la fin de l’intervention de madame Small :

« Vous savez, nous devions aller à la vitesse de la science pour vraiment comprendre ce qui se passait dans le marché. »

Il n’y a pas de vitesse de la science. C’est une formule éminemment anti-scientifique. Il y avait une urgence commerciale et une panique politique, voire une manipulation de ces derniers par les premiers au regard des enjeux financiers. Mais madame Small affirme ici que la compréhension se ferait lors de la commercialisation, une fois les gens injectés. Son propos est non seulement choquant, mais bien passible de l’activation de poursuite pour expérimentation humaine sans aucune précaution. Faut-il rappeler ici que la commercialisation d’un médicament est subordonnée à des périodes d’expérimentations et de contrôles des effets secondaires sur une période de plusieurs années pour vérifier la qualité du produit, ses effets indésirables, les contre-indications et les interactions médicamenteuses à risque.  

Tous les journalistes des grands médias ont donc été les complices d’une opération de charlatanisme dont madame Small confirme bien deux drames. Jamais le laboratoire n’a vérifié la non-contamination d’un tiers par l’injecté. C’est proprement hallucinant dans le cadre d’une démarche scientifique. Et je le répète, chaque injecté est devenu un cobaye pour comprendre ce qui aurait dû être étudié en amont lors des fameuses phases 2 et 3.

Le début des confessions de truands anti-scientifiques et de leurs complices journalistes

Cette confession en appellera d’autres. Mais déjà celle-ci devrait nous amener à exiger de tous les médias une contrition publique, une repentance et des interdictions d’exercer ce métier. Car ces journalistes ont des morts sur la conscience. Les vaccinés-injectés morts de la maladie, les contaminés par ces vaccinés-injectés, sans parler des morts par les effets indésirables qu’on cache comme on cachait les camps d’extermination. Il y a complicité de crime contre l’humanité. Seulement, qui parmi ces journalistes a pris la précaution de s’informer, de critiquer, d’écouter des savants, de vérifier leurs intérêts, de comprendre l’action désintéressée de certains qui aurait dû attirer leur attention. Bref, il est temps de passer à l’offensive et de demander publiquement des comptes à ceux qui ont trahi la cause du journalisme : l’information documentée et prouvée dans ses sources. Surtout quand il s’agit de manipuler les consciences et de violer les corps par des injections forcées tant la culpabilisation était grande. Le temps de la justice est venue et d’un combat pour que jamais, plus jamais cela ne puisse se reproduire. Et jamais Pfizer n’aurait dû obtenir ces marchés, du fait de ses antécédents judiciaires. Là encore, complicité médiatique et corruption !

Pierre-Antoine Pontoizeau