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Le Traité de Maastricht fait encore des ravages, il faut l'abolir !

On aurait tendance à l’oublier, tellement ça date, m’a-t-on déjà dit, et d’ailleurs il tient absolument à se faire oublier ; contentez-vous des dernières copies, telle le traité de Lisbonne. Et pourtant, ce Traité de Maastricht est le traité fondateur par lequel nous avons renoncé au système économique du capitalisme amendé après le crack de 1929,
pour adopter le nouveau système économique Monétariste, dit de la Pensée- Unique. Cet adoption était lié à la construction de l’Europe. Nos pères de l’Europe, Maurice Schuman et Jean Monet, ne voyaient cette Europe que liée au système économique Monétariste ; « L’Europe sera Monétariste ou ne sera pas », tel était l’adage qui aurait pu figurer au fronton du Palais de l’Europe à Bruxelles.
Devenu chercheur en Vie Sociétale, au premier jour de 2006 j’écrivais à la Commission Européenne à Bruxelles, pour savoir par quelles règles est régie la circulation des Capitaux. Trois semaines plus tard, Monsieur Baroso me faisait répondre par l’un de ses adjoints : « Voyez l’artice 56 du traité de Maastricht : Toute restriction à la circulation des capitaux et aux paiements, soit entre les états membres de l’UE, soit entre les états membres et les tiers, est interdite ».
Ce texte du traité de Maastricht est toujours en vigue. Et de plus, c’est le texte le plus important du traité, celui parlequel nous donnons à la Finance et aux Financiers, les pleins pouvoirs ; non seulement nous renoncions au droit régalien de battre monnaie, mais de plus nous précisons que les états doivent renoncer à toute restriction sur la circulation des capitaux, et encore pire, renoncer à toute restriction aux paiements : toute facture émise doit être payée ; cela, je ne m’y attendais pas, c’est plus que ce que je demandais dans ma missive. Les financiers pouvaient rapatrier dans leurs paradis fiscaux toutes les sommes à leur convenance, sans que nous ayons un mot à dire, que ce soit les bénéfices de leurs multinationales, que ce soit l’argent de la spéculation, que ce soit l’argent sale de la drogue et de la prostitution.
Ainsi, nous avons restauré la féodalité de l’Ancien Régime ; au lieu d’être liée à la
possession de la terre, elle est liée à la possession du Capital, de l’Argent. Nous sommes pieds et mains liés, à la solde des Financiers. Et cela condamne les Etats et les Peuples à la paupérisation.
Cette paupérisation commencée en 1993, nous ne l’avons pas ressentie tout de suite, car nos états politiques se faisaient un devoir de vendre à la finance privée nos bijoux de famille, nos entreprises nationales et nos services publics. Pendant 15 ans, nous avons convervé grosso modo pour la majorité des citoyens, notre train de vie, en vendant notre capital. Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien à vendre, et nous nous retrouvons gros-jean, devant la vérité : les « vaches maigres sont de retour » non pas parce que les crues du Nil on été médiocres comme le signifiait autrefois la locution, mais parce que nous sommes devenus pauvres. Le Président de la République nous l’a annoncé : « les caisses sont vides »……. et pour toujours ….. tant que nous n’aurons pas le courage de dénoncer cet infâme traité.
Nous voici donc revenus à 1789. La différence, c’est que 1789 avai été précédé par « le siècle des Lumières », et aujourd’hui, ce qui nous précède, ce sont deux siècles de déliquescence politique, complétés par un demi-siècle de désinstruction systématique de nos concitoyens de ce qu’est la vie en société. Qui sait que des trois piliers de notre vie sociétale, c’est l’institution politique qui doit avoir la primauté du pouvoir. Elle ne l’a plus, car nous l’avons donnée à la Finance. La mal qui nous ronge, il est là. Le Politique doit reconquérir sa Primauté, quite à ce que Martine mange son chapeau, et de plus, sous les yeux de Marine ! Quel retournement d’histoire !
Quand on constate qu’aucun parti politique n’ose s’attaquer à ce problème, sauf le FN, et encore à pas feutrés semble-t-il, (quant à DLR, il y a renoncé), on se rend compte que la désinformation est parfaitement organisée. Aucun groupe parapolitique ou sociétal, et ils sont nombreux, n’ose s’y intéresser tellement l’ignorance a été cultivée et entrerenue en leur sein par des infiltrés. Et pourtant ce sont ceux-là qui parlaient jadis de la Primauté du Politique. Ils l’ont tous oubliée !
Amis de tous bords, qui vous souciez de l’avenir de notre planète, qu’attendez-vous pour en prendre conscience ; ça dépasse même la simple politique, c’est un problème d’organisation de notre vie en société dans son ensemble. C’est la base de tout. Et si notre Démocratie va à vau l’eau, c’est bien à cause ce cancer. Pour guérir la Démocratie, il nous faiut absolument une organisation sociétale éthique. Ensuite la bonne gouvernance reviendra.
Pierre Bellenger




Laïcité, retour à la féodalité, monétarisme et pouvoir politique

Organisée par l’Amicale des Anciens Elèves des Ecoles Normales d’Instituteurs et d’Institutrices, et l’IUFM, la conférence de M. Ragache, du 22 octobre 2008, fut l’occasion de préciser ce qu’est la Laïcité. Effectivement l’orateur nous apprend qu’il n’y a pas de cours à l’IUFM sur ce sujet. Ce qui explique la présence de nombreux élèves à cette conférence ; ils sont demandeurs, ils veulent en savoir davantage. De plus l’intervention de Jean-Michel Sahut, Président du CREAL 76, a complété le haut niveau d’esprit et d’intelligence de cette conférence.
La remise en question de la laïcité par le pouvoir en place interroge. La laïcité est-elle démodée, archaïque, ou bien, est-ce que c’est le pouvoir en place qui est rétrograde ? Quand on voit la restauration sociétale en cours, on opte plutôt pour une régression, on pourrait même dire : le retour d’une certaine féodalité des temps modernes, par le fait même que le pouvoir politique est passé sous la dépendance de la Finance privée par le Traité de Maastricht. Cela est passé inaperçu au moment du référendum ; c’est maintenant qu’on découvre la réalité. Une lettre à la Commission Européenne en 2003 a obtenu la réponse suivante :
« Toute restriction aux mouvements de capitaux et aux paiements, à la fois entre les Etats membres et entre les états membres et les tiers, est interdite (art. 56, ex art. 73B et suivants) ». Pouvait-on trouver une phrase plus explicite pour donner la Primauté à la Finance. C’est bien la restauration de la féodalité. De terrienne qu’elle était, elle est devenue financière. Elle garde la même tare : celle de faire du paupérisme, pour les Etats et pour le peuple d’une part, et d’autre part de la richesse insolente pour une caste de privilégiés. 1789 est à refaire pour rétablir la Primauté du pouvoir politique, mais dans des conditions infiniment plus difficiles. Bref, si un reproche d’assoupissement peut être fait à la laïcité, le pouvoir, lui, est très actif pour nous ramener à l’ancien régime.
De plus, dans notre vocabulaire, il y a aujourd’hui une ambiguïté gênante pour une claire compréhension de notre vie sociétale. Le nom politique au féminin, a pour définition dans le dictionnaire Robert : « art et pratique du gouvernement des sociétés humaines », et au masculin, il désigne uniquement « l’homme politique ». L’ambiguïté vient du fait que la politique se décompose en trois branches principales qu’on pourrait appeler piliers : le système politique, le système économique et la finance ; plus brièvement, on dirait le Politique, l’Economie et la Finance, politique étant au masculin pour le différencier de la politique au féminin qui a une définition plus globale, alors que le Politique serait une réduction de la locution « système politique », actuellement la démocratie. Le dictionnaire prend en charge de nouvelles définitions dans la mesure où elles sont utilisées. Il apparaît qu’actuellement ce flou artistique soit le bienvenu ; la finance ayant la primauté, elle tient à ce que le système économique ne soit pas reconnu comme une entité réelle. Il ne doit pas exister ; il n’existe que le système politique qui n’a plus guère de pouvoir. Il fait semblant de faire des politiques diverses, dont une politique économique. Ainsi, il n’y a pas pour le citoyen électeur de système économique, et comment remettrait-il en cause quelque chose qui n’existe pas ? Par ce black-out, certains ont pensé que pour résoudre la crise il suffisait de changer le système politique ; ainsi a-t-on parlé de VIème République ! La crise financière actuelle met en exergue que le système politique n’y est pour rien. Qui est alors en cause ? Remarquez que la locution « Pensée-Unique » (alias le Monétarisme) dont on nous serinait tant les bienfaits de Modernité et de Bonheur pour tous, a disparu du vocabulaire depuis quelques années, ainsi que le mot monétarisme ; ce dernier est interdit de cité ou bien réduit à une savante vision intellectuelle qui n’a soi-disant rien à voir avec notre vie sociétale. Seuls, quelques initiés savaient que la Pensée-Unique était une appellation de marketing d’un nouveau système économique, le monétarisme, inventé en 1959 pour donner à l’ultralibéralisme une notoriété doctrinaire. Reconnaissons que si le fric n’a pas d’odeur, le mot « monétarisme » à une consonance liée au fric. Les promoteurs de cette nouvelle économie ont jugé bon que ces deux mots disparaissent du langage des médias. Il faut que le citoyen ignore le système économique ! Ainsi, il n’aura pas l’idée de chercher les causes de la crise de ce coté.
Excusez cette longue digression, mais elle est indispensable pour que la réalité revienne à la surface, pour comprendre la crise qui engloutit la laïcité dans son sillage. La laïcité était l’enfant du siècle des Lumières, et la sœur de la Déclaration des Droits de l’Homme, en tant qu’individu. L’Homme-vivant-en-société a été oublié ; l’économie, uniquement rurale, était dans ses balbutiements à cette époque. Aujourd’hui, elle a pris une telle dimension que la Déclaration ne suffit plus ; il faut la compléter par une Charte de la vie sociétale, dans le même esprit que la Déclaration. Entre temps, on a ajouté le « Citoyen » aux bénéficiaires de la Déclaration, mais cela ne mettait nullement en exergue les institutions qui composent notre vie en société ; or ce sont ces institutions qu’il s’agit de revisiter et de civiliser pour les sortir de leur sauvagerie naturelle. Ce travail est même indispensable pour redonner à la laïcité une nouvelle dimension.
Autre sujet de modernisation de la laïcité. Nouvelle découverte : la Religion a été inventée pour être un adjuvant du système politique. C’est ce que nous apprend l’histoire de l’Egypte. Pour cimenter la mosaïque de peuplades qui vivaient sur les bords du Nil et s’y sont sédentarisées, les premiers Pharaons ont eu l’idée de créer, à partir des diverses croyances, la religion, comme ils ont créé le partage du travail : l’armée, les fonctionnaires comptables de l’économie paysanne, le commerce. Cette religion, avec son bagage de fêtes et son falbala de cérémonies, a été le ciment de la jeune nation, ô combien efficace. A tel point que Moïse, juif déporté en Egypte et élevé par hasard dans le sérail du pharaon, l’a copiée pour cimenter le peuple hébreu et en faire une entité qui défie les siècles, et pèse très lourd dans notre histoire présente. Plus tard encore, un avatar de la religion hébraïque s’est affirmé sous le nom de Jésus-Christ, dont est née la Religion Catholique lors de sa reconnaissance par l’Empereur romain Constantin comme religion d’Etat, au début du quatrième siècle. Et cette religion d’Etat, avec ses propres avatars, est très liée à toute l’Europe. Bref, la religion serait surtout un adjuvant politique ; toutes les nations à l’époque, étaient de pouvoir autoritaire, et toutes ont utilisé cet adjuvant. Dans nos pays où la démocratie se vide de sa substance, parce que le pouvoir est entre d’autres mains, la religion revient au galop, ……… tant au Latran qu’à Ryad.
Cela mènerait à repenser notre vocabulaire laïque à la lumière de cette découverte. Ce qui est du privé, ce sont les croyances des uns et des autres, même suscitées par les Eglises. Quant aux institutions religieuses, dotées d’une hypocrisie magistrale, elles sont du domaine public. A nous de dénoncer leur ambiguïté ; je connais personnellement celle de l’Eglise Catholique, entre son dogme et son esprit évangélique. Le second est fait pour rameuter les ouailles, et le premier pour les embrigader dans une paralysie lénifiante. Un membre du lobby catholique, Jacques Delors, n’est-il pas le maître d’œuvre du reniement par les socialistes de leur valeur de base, la Primauté du politique, en Mars 1983, et de la mise en place du monétarisme par le Traité de Maastricht en 1993 ? Ce qui nous vaut la Restauration que nous vivons. Il mériterait d’être canonisé pour les uns, et mis au banc de l’humanité pour d’autres, qui sont et seront des millions à subir les souffrances de cette crise.
Il est plus que temps de mettre en application une « Charte de la Vie Sociétale »(1).
Pierre Bellenger
(1)Les bases d’une « Charte de la Vie Sociétale » :
Les trois piliers de notre vie sociétale sont le Politique, l’Economie et la Finance ; ils doivent respecter la hiérarchie suivante :
• Le Politique doit retrouver sa Primauté et garder sous sa gouverne les services publics de base.
• L’Economie, qui régit le reste de la production des biens et des services dont nous avons besoin quotidiennement pour vivre, doit conserver une part de liberté pour être dynamique, sans, pour autant, échapper à un contrôle du Politique, soit pour en limiter les excès, soit pour susciter de nouvelles pistes.
• La Finance ne doit être qu’un outil de fonctionnement du Politique et de l’Economie, mais jamais une valeur en soi, et encore moins, avoir la Primauté du pouvoir.




Le Coup d'Etat de Sarkozy

Quelle complicité des partis politiques a-t-il fallu pour que la Révision Constitutionnelle de Juillet 2008 passe ? A moins que ce soit une cécité intellectuelle et collective !
Cette révision est passée avec une voix de majorité. Merci, Monsieur Jack Lang, d’y avoir apporté votre voix ; c’était vraiment celle qui manquait ! Mais quel débat l’a précédée ? Comment l’article 37 qui donne au Président de la République le droit d’interdire au Parlement de débattre des sujets qui lui déplaisent, n’a pas soulevé une opposition générale ? La Démocratie est bien malade.
D’ailleurs dans le couple Démocratie-Monétarisme, c’est toujours le plus dictatorial des deux qui finit par l’emporter. La démocratie, c’est le gouvernement par les élus de tous les citoyens ; le Monétarisme, tout prouve depuis son instauration qu’il est la dictature des marchés.

D’ailleurs le traité de Maastricht ne stipule-t-il pas que « Toute restriction aux mouvements de capitaux et aux paiements, à la fois entre les Etats membres et entre les états membres et les tiers, est interdite (art. 56, ex art. 73B et suivants) ». Pouvait-on trouver une phrase plus explicite pour donner la Primauté à la Finance. C’est la restauration de la féodalité. De terrienne qu’elle était, elle est devenue financière. Elle garde la même tare : celle de faire du paupérisme, pour les états et pour le peuple d’une part, et d’autre part de la richesse insolente pour une caste de privilégiés.
Le transfert vers les paradis fiscaux des bénéfices des grandes entreprises dispense celles-ci de participer à l’impôt, et les recettes des états s’amenuisent. S’amenuisent aussi les investissements collectifs, les services publics, la redistribution et la solidarité. Les Vaches Maigres ne sont pas un effet climatique ; elles sont bel et bien le résultat d’un vol de notre richesse produite par une oligarchie financière. Quel apprenti sorcier a confié juridiquement la Primauté du pouvoir à cette Finance ? Et on s’étonne que la construction de l’Europe sur la base du monétarisme, reçoive une opposition croissante.
Et pour compléter cette descente aux enfers, notre premier magistrat de France s’offre le luxe d’un coup d’état ; il devient ipso facto un dictateur potentiel ; que laissera-t-il au parlement ? Il n’a même plus confiance en sa majorité ; elle pourrait se souvenir qu’en 1929, cette majorité avait remis en marche la machine économique en amendant le système en place. Est-ce pour cela qu’il n’a confiance qu’en lui-même pour protéger les intérêts de l’oligarchie financière où il compte de bons amis.
Jusqu’où ira l’aveuglement de nos concitoyens ?
Pierre Bellenger




Par hasard, ne serait-on pas en train de restaurer l'ancien régime ?

Combien de citoyens ont été interloqués du comportement du Président de la République Française lors de la venue du Pape en voyage privé en France ? Comment en est-on arrivé à ce stade de négation de notre laïcité ? Car, c’est franchement une restauration religieuse que souhaite notre Président : « le curé est plus apte que l’instituteur….. » C’est comme un coup de tonnerre qui nous surprendrait.
Peut-être pas ! Regardez l’évolution politique depuis 30 ans avec la « Pensée-Unique ». Pensée-Unique ??? Bizarre cette locution ! Quelle doctrine pouvait se cacher derrière cette appellation à odeur de marketing ? Grattez un peu, et vous découvrirez qu’il s’agit de la doctrine Monétariste, inventée par l’Ussanien Milton Friedman pour doper la notion de Liberté d’Entreprendre des USA, qui n’est rien d’autre qu’un ultralibéralisme. Avec ce Monétarisme, nous tombions dans le doctrinaire systématisé ; quelque chose comme l’antipode du collectivisme. Lors de son apparition, la droite française l’a fait sienne et n’a eu de cesse d’infiltrer le parti socialiste pour qu’il y adhère. Chose réussie en Mars 1983 par le très catholique Jacques Delors, qui plus est, s’est fait propulser à la Présidence de la Commission Européenne pour sacraliser cette doctrine par le traité de Maastricht. La Finance obtenait la Primauté absolue. Et ainsi, c’est toute l’Europe qui s’alignait sur les USA. La construction européenne et la mondialisation devenaient monétaristes sans s’en apercevoir, et c’est maintenant que nous en payons les conséquences.
La restauration du système où tout le pouvoir est concentré dans les mains d’une oligarchie, s’accompagne automatiquement d’une restauration de la religion. C’est ainsi depuis la nuit des temps. Les Pharaons ont été les premiers dans notre monde occidental à inventer la religion pour asseoir leur pouvoir absolu. Moïse, formé à la cour de Ramsès II, a tout simplement copié le procédé. La religion catholique qui est issue du judaïsme a fait de même : la religion d’état créée par Constantin au IVème siècle est liée au pouvoir temporel ; il en est un adjuvant. Au moment où la démocratie est réduite à un mythe par l’article 37 de la Révision de la Constitution de Juillet 2008*, n’est-il pas naturel que la restauration politique s’accompagne de la restauration religieuse. Toutes deux sont intimement liées. Pour tenir le peuple en dépendance, il faut lui donner du pain, des jeux et/ou de la religion.
Alors, que faire ? Il faut dénoncer les deux à la fois, et peut-être même commencer par dénoncer la restauration économique, c’est-à-dire le monétarisme. C’est la seule façon de rétablir la véritable démocratie qui doit couvrir autant le politique que l’économie. Et que deviendra la Finance alors ? Eh bien, nous découvrirons que la finance ne peut être que l’outil de fonctionnement du politique et de l’économie ; elle ne peut pas être une valeur en soi, et encore moins, avoir la Primauté. Quand le grand financier, Georges SOROS, vient nous dire sur France-Inter qu’il faut réguler la finance, quoi faire d’autre que de retirer à la finance la primauté que nous lui avons donnée et de la rendre au politique ? Dans le cadre de la mondialisation, ce n’est pas évident, mais il faudra bien y arriver. Qui aura le courage de le dire ?
Pierre Bellenger
Pierre.Bellenger@wanadoo.fr
* Le Président peut désormais dessaisir le parlement des sujets qui lui déplaisent.




A mes amis "cathos de gauche"

Votre serviteur a été catho de Gauche, et au soir de sa vie, il s’interroge. Sa mémoire n’est pas encore vacillante. En 85 années de vie, il a beaucoup emmagasiné ; alors, au travail, J’ai quitté l’Eglise Catholique, sans jamais retiré mon amitié à mes anciens condisciples. On a chacun sa structure cérébrale ; la mienne , par hasard, m’a permis de le faire sans en souffrir. J’ai eu beaucoup de chance !

Définitions

Qui êtes-vous ? Des membres de l’Eglise Catholique qui donnez la primauté à l’esprit évangélique ! Je ne crois pas me tromper. C’était ainsi pour moi..
Q’est-ce que l’esprit évangélique ; c’est le « Aimez-vous les uns les autres » et son insertion dans notre vie sociétale. Est-il possible de limiter cet esprit évangélique à la seule vie personnelle, et l’exclure de la vie sociétale ? Il semble que ce soit inconséquent, car la vie est un tout. Mais pour certains, cela pourrait-il se faire ?? Peut-être !
C’est le moment de rappeler ce qui s’est passé lors du synode des évêques européens, en 1999. Les évêques ont fait part au pape, de la demande de nombre de leurs ouailles, de donner la priorité à l’esprit évangélique. Le pape Jean-Paul II a répondu par la négative, avec netteté. C’est la foi qui est prioritaire, foi en Jésus-Christ, fils de Dieu, né de la Vierge Marie, fécondée par l’ombre du Saint-Esprit, et ce Jésus-Christ est ressuscité des morts et monté au ciel. L’esprit évangélique est donc secondaire, ce qui a permis à certains, dont je suis, de le considérer comme un appeau pour attirer les ouailles.

Philosophons un peu

Un peu de philosophie, pour tenter d’apporter plus de lumière à cet esprit évangélique.
La vie est apparue sur la terre sous la loi de la « Sélection Naturelle » : le plus fort domine, et mange au besoin le plus faible.
Puis, un jour, est apparu sur la terre un mammifère, l’homme, doué de conscience d’être. Il semble bien qu’il soit le seul être sur terre à avoir cette conscience d’être. De plus, aujourd’hui, cet homme menace par ses activités la permanence de la vie sur la planète. Il en prend conscience et veut en assumer la responsabilité. En quelque sorte, il devient gestionnaire de la planète.
Question : cet homme doit-il échapper à la loi de la sélection naturelle et bénéficier d’un autre statut, d’une autre loi, plus respectueuse de son existence ? Quelle réponse apporter à cette question ?

La réponse des évangiles

A notre connaissance, le premier homme qui ait répondu à cette question, c’est Jésus de Nazareth. Il n’a jamais écrit quoique ce soit. Sur lui, il n’existe que des narrations des ses faits, gestes et paroles. Il aurait formulé cette nouvelle loi : « Aimez-vous les uns les autres », ce qui exclut toute domination.
Et nous savons aussi que l’église catholique a réécrit quatre de ces textes au début du quatrième siècle de notre ère, en déclarant tous les autres textes apocryphes. L’un des vôtres que vous admirez, Jean-Marie Huret, a laissé dans ses mémoires, l’affirmation qu’il était anté-nicéen, c’est à dire, adepte du Jésus d’avant le Concile de Nicée, en 325. Jean-Marie considérait donc que c’est à cette date que l’église catholique naissante a formulé son dogme fondateur, le crédo de Nicée. Remarquons aussi qu’elle naissait en devenant religion d’état Avant cette date, il est de coutume de l’appeler « église chrétienne ». Historiquement, ce n’est pas exact, le mot catholique a été utilisé en l’an 112 par Ignace d’Antioche., dans sa Lettre aux Chrétiens de Smyrne. Toutefois, la mémoire populaire en a décidé autrement.
Au Chapitre XXII de l’Evangile selon St-Mathieu, versets 36 à 40, un docteur de la loi dit à Jésus : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? ». Et Jésus répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. C’est là le plus grand et le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable ; tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute le Loi et les Prophètes sont renfermés dans ces deux commandements. Il faut vous aimer les uns les autres ».
Pratiquement, il y a opposition entre ces deux visions. Les catholique traditionnels se réfèrent à la position de Jean-Paul II, position officielle depuis l’an 315 : Primauté à la foi. Les Catho de Gauche se réfèrent au texte de St-Matthieu. Il est évident que les évangiles ont été remaniés pour être conformes à la doctrine du Concile de Nicée. La contradiction de la phrase de St-Matthieu aurait-elle échappé aux pères conciliaires ? Il est vraisemblable que peu de catho de gauche ont remarqué cette contradiction. Ils sont avant tout chrétiens, disciples de Jésus, et ne s’encombrent pas des détails dogmatiques.
L’épisode Jean XXIII, alias le concile Vatican II, que les catholiques viennent de vivre, est désormais clos. Son origine se situe au moment de l’industrialisation occidentale, lorsque s’est posée la question de la société et de la dualité capital-travail, au travers des encycliques du pape Léon XIII. Après l’épisode Vatican II, les tenants de la ligne traditionnelle se sont regroupés sous la bannière de l’Espagnol Josémaria Escriva de Balaguer, et ils ont repris énergiquement l’église en mains. Personne n’ignore que le pape Benoît XV ne voit que par l’Opus Dei.

Les catho de gauche et le monde actuel

Une observation personnelle de l’auteur de cette étude, chercheur en vie sociétale, et qui fut un fidèle ami du Père Chenu, lors de Vatican II.
L’auteur relève une similitude impressionnante dans la façon dont s’est faite en même temps, la reprise en main, et de l’église catholique, et du système économique occidental. Des deux côtés, on a évité la précipitation, on a pris son temps pour être sûrs de réussir. Tous deux se passent entre 1940 et aujourd’hui. Tous deux ont pleinement réussi.
Coté religion, l’origine de la reprise en mains se situe en Espagne, pendant la dictature de Franco. Josémaria Escriva de Balaguer créa l’Opus Dei entre 1928 et 1936, à partir d’un groupe de réflexion très orienté : nous ne sommes pas la troupe, mais les caudillos ! Très vite, ils se sont devenus les fidèles du Caudillo, en service dans l’armée franquiste. Ce mouvement laïc chrétien est réputé pour sa culture du secret, ce qui ne fait que renforcer l’idée selon laquelle elle constituerait une puissance occulte cherchant à s’infiltrer dans l’église et la société civile.
Quel est le cheminement depuis Jean XXIII jusqu’à Benoît XV ? Il s’est fait à travers les pontificats suivant :
– Paul VI, qui donne le souvenir d’un pape mou et sentimental
– Jean-Paul Ier, qui a voulu mettre au clair la puissance financière de l’église, ce qui lui a valu de disparaître au bout de quelques semaines de pontificat. Et il n’a pas été le seul à disparaître, et même l’un d’eux, enfermé dans les prisons new-yorkaises pour fraude boursière.
– Jean-Paul II, catholique traditionnel de Pologne, n’a pas brusqué l’évolution. Son grand sens de la communication et sa popularité ont permis à son long pontificat de prendre le virage en douceur et de mettre en place de plus en plus de prélats liés à l’Opus Dei. Rien d’étonnant que son successeur soit Benoît XV.
Coté système économique, l’évolution s’est faite sur le même laps de temps. Son origine se situe aux USA, en 1942, lors de sa sortie de l’ « isolationnisme ». Avoir le système économique le plus performant du monde a suscité l’idée de l’imposer au monde entier. De plus, les universités ussaniennes étaient au top niveau en matière de communication et de management.
Commencé sous l’appellation de « La liberté d’Entreprendre » ce système économique ultralibéral a reçu en 1956 l’apport doctrinaire de l’Ussanien Milton Friedman, le Monétarisme ; la circulation financière ne doit subir aucune entrave, et donc doit avoir la primauté sur le politique et l’économie. Pris en main par les managers ussaniens, Liberté d’Entreprendre et Monétarisme sont devenus « La Pensée-Unique », sur laquelle s’est greffée le slogan publicitaire « Modernité et Bonheur pour tous ». Ainsi paré, le Monétarisme pouvait partir à la conquête du monde, en commençant par la locomotive « Europe ». Les Ussaniens avaient pris soin, lors de la Libération de cette Europe en 1945, de n’autoriser la construction européenne qu’à la seule condition qu’elle soit économique et monétariste. Cela n’a pas failli d’un iota. Nous vivons actuellement les dernières phases de ce changement de système économique, car on ne change pas de système économique comme de chemise. Système économique et religion, ça demande du temps.
Des deux cotés, la reprise en mains est faite. L’Opus Dei règne en maître à Rome, et la Finance a obtenu la Primauté du pouvoir dans le monde entier. C’est surprenant qu’un traité européen, celui de Maastricht, ait eu un tel impact mondial. En annexe, vous trouverez le texte de ce traité qui explique cet impact. Deux grandes espérances sont passées ; il serait sans doute plus exact de dire qu’une grande espérance commune est passée ? Pour quelles raisons ont échoué ces deux tentatives d’évolution et de progrès ? Sans doute, absence d’étude et de logique ; a sentimentalité en tenait lieu. Par contre, chez les tenants de la restauration, il faut admirer le sérieux de leur travail, la logistique de leur démarche où le facteur temps a été parfaitement intégré, la masse d’intelligence qui a été utilisée pour arriver à leur fin. Je laisse aux exégètes d’en tirer la leçon pour la prochaine tentative, car elle est inéluctable.
Pour conclure avec un sourire, une anecdote : le séminaire de l’Opus Dei pour la formation des Prélats, est implanté dans un Paradis Fiscal du Monétarisme : le Liechtenstein. Eternelle collusion entre la religion et la finance ?
Une autre anecdote vécue par l’auteur un peu avant 1960, à l’époque, membre de Vie Nouvelle, groupe de réflexion travaillant sur trois pistes : vie religieuse, vie personnelle, vie politique. Cette troisième piste était drivée par un nommé Jacques Delors. Nous avions eu droit, lors de la soirée récréative d’une session, à un sketch :
Une dizaine d’hommes parcouraient en tous sens la scène. Deux hommes s’arrêtent et se parlent ; l’un emprunte un billet de 100 frcs à l’autre, puis tous deux rentrent dans le circuit. Le porteur du billet arrête un autre homme, et lui donne le billet pour lui payer une facture. Et le jeu continue. Le billet passera de portefeuille en portefeuille, sous divers prétextes économiques, jusqu’à revenir à celui de départ. Moralité l’économie est une affaire de circulation monétaire.
J’ai su, beaucoup plus tard, que la doctrine du monétarisme venait d’être inventée en 1958 par Milton Friedman, pour doper la Liberté d’Entreprendre Ussanienne. Jacques Delors faisait sienne cette doctrine au travers de ce sketch. Vingt ans plus tard, on le retrouve ministre des Finances de Mitterrand en 1981. Il organise en Mars 1983 une crise financière pour obliger le Parti Socialiste à adopter la Pensée-Unique, alias le Monétarisme, ce qui contraint ce parti à renier sa valeur première, la Primauté du Politique. C’est le fameux virage à 180°. Propulsé par Mitterrand à la Présidence de la Commission Européenne, il prépare le traité de Maastrich qu’il fait voter en 1993. La rédaction même de ce traité y intégrait tous les « tiers », c’est à dire le monde entier. La nuance, c’est que l’Europe est engagée juridiquement ; les autres pays n’ont pas cette contrainte. Jacques Delors quitte aussitôt après, la Commission Européenne. Il devient ensuite président des Semaines Sociales de France, émanation du lobby catholique de France, dont le siège est dans les locaux du Journal La Croix, 5 rue Bayard à Paris.
Cela prouve qu’il y a bien des demeures dans la maison du Père. C’est cette doctrine qui a sonné le glas de l’espérance des Catho de Gauche : bâtir un monde plus fraternel.

Annexe

Le traité de Maastricht stipule : « Toute restriction aux mouvements de capitaux et aux paiements, à la fois entre les Etats membres et entre les états membres et les tiers, est interdite (art. 56, ex art. 73B et suivants) ». Pouvait-on trouver une phrase plus explicite pour donner la Primauté à la Finance. Ironie du sort ! C’est le parti qui a inscrit dans ses valeurs la « Primauté du Politique », qui a bradé cette Primauté, en faveur de la Finance. C’est la restauration de la féodalité. De terrienne qu’elle était, elle est devenue financière. Elle garde la même tare : celle de faire du paupérisme, pour les états et pour le peuple d’une part, et d’autre part de la richesse insolente pour une caste de privilégiés. 1789 est à refaire, mais dans des conditions infiniment plus difficiles.
Pierre Bellenger




Tomber de Charybde en Scylla

Cette vieille locution nous vient des Romains. Elle raconte les malheurs de nombre de navigateurs qui, pour aller de la pointe de la botte italienne à la Sicile, y ont perdu la vie. Dans les forts courants qui transitent dans ce détroit, éviter le rocher, c’est le tourbillon qui vous attend. Ce que nous vivons depuis la seconde guerre mondiale tient de cette locution : nous nous sommes débarrassés du nazisme pour nous fracasser plus tard sur le monétarisme. C’est avec une discrétion de sioux que le monétarisme s’est mis en place, et c’est seulement maintenant que nous réalisons ce qui nous arrive. Les historiens, de l’Europe plus particulièrement, pourront écrire sur ce sujet. Une chronologie rétroactive se dessine avec de plus en plus de précision.

1789

C’est bien loin, mais elle reste une date phare. Dans la nuit du 4 Août, le Tiers-état obtient la séparation du pouvoir politique et du pouvoir économique, avec Primauté au pouvoir politique ; jusque là, ces deux pouvoirs étaient rassemblés dans les mains du Roi. Rappelons pour une meilleure compréhension, que le pouvoir économique, c’était la possession de la terre, et rappelons aussi l’architecture des classes sociales de notre pays à cette époque : l’Aristocratie, le Clergé, et le Tiers-état, c’est à dire pour cette dernière : la Bourgeoisie et le Peuple. La Bourgeoisie savait que pour l’emporter, il lui fallait l’alliance du Peuple, au moins pour faire nombre. Et de plus, ce peuple était exaspéré par cette féodalité ultra-égoïste. La victoire du Tiers-état a permis de créer l’Assemblée Constituante. C’était le début de la Démocratie.

1929

En 130 années, l’évolution des techniques avait profondément modifié le paysage économique. L’Artisanat, en s’organisant pour produire davantage allait créer l’industrialisation, et l’industrialisation nécessitait des capitaux de plus en plus importants. Le Tiers–état éclatait : d’une part la grande bourgeoisie des affaires, puis la bourgeoisie commerçante, ensuite la petite bourgeoisie des artisans, et enfin le petit peuple laborieux, ouvriers d’usine et paysans. La grande bourgeoisie reprit à son compte la liberté d’entreprendre de feue l’aristocratie et de mener la finance à son seul profit. Cela aboutit à un crack boursier et à un crash social de grande envergure. Des millions d’ouvriers se retrouvèrent sans ressources pour vivre.

1930/38

Tandis que l’Allemagne résolvait ce problème en se jetant dans les bras du nazisme, le reste des pays occidentaux profita de l’embarras des financiers pour amender le système économique. Si l’industriel Ford y met du bon sens en disant que pour vendre ses voitures, il doit distribuer du pouvoir d’achat, c’est Keynes le véritable réformateur, en prenant en main une certaine régulation de la finance par le budget. Nous assistons à un début de civilisation du système économique. C’est ce système économique amendé qui nous donna le mode de vie occidental que le monde nous envie encore.

1938

L’Allemagne s’était forgée l’armée la plus puissante du monde pour imposer sa domination aryenne. Elle commença par reconquérir les territoires perdus au Sud lors de la Guerre de 14/18. Puis, grâce à une alliance momentanée avec l’URSS, c’est le dépeçage de la Pologne.

1939

En Septembre, l’Allemagne se tourne vers l’Ouest. Elle repousse la tentative de correction que la France tente de lui infliger, puis campe sur ses positions pour laisser passer l’hiver ; c’est ce qu’on a appelé « la drôle de guerre ». N’oublions pas que l’Italie et l’Espagne sont aux mains de dictateurs favorables à Hitler.

1940

En Mai, les « Panzers divisionens » déferlent sur la France, et le 22 Juin, le Maréchal Pétain signe un armistice. Seule, l’Angleterre résiste sur son île. Les Allemands ne parviendront pas à envahir l’Angleterre.

1941

L’Allemagne envahit l’URSS.

1942

C’est l’année du tournant mondial. Les USA sortent de leur isolationnisme. A leur tour, ils sont mordus par une sorte d’impérialisme : « Nous sommes la puissance économique la plus performante du monde, nous devons imposer au monde notre mode économique : la Liberté d’Entreprendre ». En peu de temps, ils créent à leur tour l’armée la plus puissante et partent à la conquête du monde. D’abord, libérer l’Europe de l’emprise d’Hitler ! C’est un prétexte très plausible, presque humanitaire. De plus, l’Europe est encore une locomotive du monde ; si nous réussissons à lui imposer notre doctrine, c’est le monde entier qui suivra.

1944

Les alliés débarquent en Normandie. Bien qu’affaiblie par sa guerre en URSS, l’Allemagne résiste. Le débarquement faillit tourner au désastre par suite d’une tempête. Les alliés tinrent bon et réussirent à prendre pied sur le sol français. Paris était libéré trois mois plus tard. Puis, les Alliés envahissent l’Allemagne pendant que l’URSS poursuit les forces allemandes en déroute, avec pour objectif : Berlin.

1945

Hitler se suicide et l’Allemagne capitule le 8 Mai. Elle est partagée en quatre zones d’occupation par les Alliés et l’URSS, et c’est le même partage pour la capitale Berlin, bien qu’enclavée dans le zone de l’URSS. Entre temps, le monde s’était embrasé jusqu’à l’Extrème-Orient. Les USA provoqués par le Japon, répondent militairement et finiront par imposer une paix.

1946

Maintenant, une autre bataille s’engage : mettre en place l’idéologie de la Liberté d’Entreprendre. C’est le bras de fer sur l’Europe, entre deux impérialismes : le collectivisme soviétique et le libéralisme ussanien, deux systèmes économiques diamétralement opposés. Le 5 Mars, le discours de Churchill à Fulton (USA), en accord avec le Président Truman, est à considérer désormais, comme le commencement de la « guerre froide ».

1947

En Juin, pour contrer la propagande soviétique, les USA mettent en place le « Plan Marshall ». Il aidera les pays occidentaux à consolider leurs économies encore bien vacillantes, et cela dans l’esprit de la Liberté d’Entreprendre.
En Juillet, c’est l’apparition de la doctrine du containement, c’est à dire l’endiguement de l’expansion de l’URSS. Cette dernière répond en renforçant son emprise sur les pays de l’Est, et en mettant en place le blocus de Berlin, ville gérée par les 3 alliés et l’URSS. Les USA répondent par un pont aérien, que l’URSS n’ose attaquer.

1948

Pour partager l’aide du Plan Marshall, est créée l’Organisation Européenne de coopération économique (OECE) le 16 Avril 1948. Les USA ne souhaitaient pas que la notion d’Europe aille au delà de cette coopération économique ; des Etats-Unis d’Europe pourraient devenir un concurrent dangereux. Le ton était fixé : l’Europe sera une entité économique dans l’esprit où l’entendent les USA, ou ne sera pas ! Pour nous, l’idée d’Europe nous était apparue comme le meilleur moyen de nous reconstruire et d’assurer entre nous des relations pacifiques ; il est impératif de le signaler, car c’est un bémol à la doctrine de nos bailleurs de fonds.

1949

Le pacte de Bruxelles, signé le 17 Mars 1948 pour créer l’Union Occidentale, a été rendu crédible par la signature, à Washington, le 4 Avril 1949, de l’Alliance Atlantique, qui lie plus étroitement l’Europe de l’Ouest à l’Amérique du Nord. Le 5 Mai de cette même année, est créé par les 5 du Pacte de Bruxelles, rejoints par le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la Norvège et la Suède, le Conseil de l’Europe. Celui-ci demeurera une organisation de stricte coopération intergouvernementale.

1950/60

C’est la décennie de la naissance des Communautés : Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, la tentative de création de la Communauté Européenne de Défense (CED) en 1952. Les USA voyaient d’un mauvais œil cette dernière communauté. L’Angleterre s’y opposa, et de plus, le traité devint caduc lorsque la France refusa de le ratifier. Le réarmement allemand s’opéra dans l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Enfin, en 1957, fut créée la Communauté Economique Européenne (CEE). A cette occasion, fut créée aussi l’EURATOM. L’Europe se construira donc par l’économie, telle que le voulaient nos libérateurs.

1958/59

Un date bien discrète qui mérite d’être signalée à part. C’est la parution des ouvrages de l’Ussanien Milton Friedman, de l’Ecole Economique de Chicago. Il dopait la « Liberté d’Entreprendre » avec une doctrine parfaitement formulée : le Monétarisme.

1960/80

C’est l’euro scepticisme, sorte de blocage congénital de la construction européenne. De Gaulle, revenu au pouvoir, y joua un rôle certain, qui laissa longtemps son empreinte. A partir des années 70, un nouveau venu idéologique fit son apparition « La Pensée-Unique », accompagné d’un slogan « Modernité et bonheur pour tous ». Avec un tel nom et accompagné d’un tel slogan, ce pur produit du marketing ussanien allait faire un ravage. Qu’y avait-il dans le bel emballage ? Ne cherchez pas, contentez-vous de la beauté du produit et de sa garantie.

1981/93

La Gauche Française gagne les élections et arrive au pouvoir avec Mitterrand. Cette Gauche ne voit que par ses vieilles recettes de gouvernement. Une crise financière, organisée sans doute, les cueille à froid. Le parti Socialiste, infiltré par Jacques Delors et par nombre d’énarques et autres formatés « ad hoc », fait en Mars 1983 « son virage à 180° ». La Pensée-Unique qui n’est rien d’autre que « la Liberté d’Entreprendre dopée au Monétarisme », c’est à dire un ultra-libéralisme, a maintenant une majorité écrasante : la droite traditionnelle et une grosse partie de la gauche.
Mitterrand, malgré les promesses faites à l’Allemagne, impose Jacques Delors à la Présidence de la Commission Européenne, avec rang de Chef d’Etat. En 1993, Jacques Delors fait signer le Traité de Maastricht, qui stipule : « Toute restriction aux mouvements de capitaux et aux paiements, à la fois entre les Etats membres et entre les états membres et les tiers, est interdite (art. 56, ex art. 73B et suivants) ». Pouvait-on trouver une phrase plus explicite pour donner la Primauté à la Finance ? Ironie du sort ! C’est le parti qui a inscrit dans ses valeurs la « Primauté du Politique », qui a bradé cette Primauté, en faveur de la Finance. C’est la restauration de la féodalité. De terrienne qu’elle était, elle est devenue financière.
De plus, de par sa rédaction, ce traité a un impact mondial ; Les « tiers » dont il est question dans le texte du traité, c’est bien le reste du monde, en dehors de l’Europe. Désormais, la Pensée-Unique, alias le Monétarisme, a juridiquement les pleins pouvoirs. Bruxelles était le bunker discret de la Liberté d’Entreprendre, et mission accomplie, Jacques Delors peut se retirer sur son Aventin.

2005

Nouvelle phase de la Construction Européenne. Elle n’est toujours qu’une communauté économique : Il faudrait lui donner une Constitution politique pour en faire les Etats-Unis d’Europe. Du fait du Traité de Maastricht, ce projet de Constitution doit inclure le système économique monétariste dans son texte. La Constitution sera donc Monétariste, tout comme jadis la Constitution de l’URSS fut, diamétralement opposée, Collectiviste. Français et Néerlandais, consultés par voie référendaire, ont refusé ce texte. Le marketing ussanien perd de son emprise ; le OUI l’emportait largement en début d’année. C’est le NON qui a gagné avec 56% des voix, en France. Ce sera pour une autre fois, dit-on à Bruxelles.

2007

Oui, mais sans consulter les citoyens ! Il y a une cassure grave entre le corps électoral et les élus ; notre démocratie est malade, ne serait-elle pas malade de son système économique ? Disons pour être plus précis, que d’une part, notre démocratie est falsifiée et que d’autre part des soupçons s’élèvent sur Bruxelles. Sans savoir exactement pourquoi, le corps électoral refuse ce projet. N’y aurait-il pas aussi une inculture politique globale savamment organisée. Qui sait qu’il existe un système économique ? Dans aucun média, dans aucune conversation, il n’entre en ligne de compte. On ne fait que de la politique politicienne. Le débat politique est tronqué de son élément qui a le plus de pouvoir.
Cette étude a été faite avec l’aide de l’Encyclopédia Universalis.
Pierre Bellenger

Pierre.Bellenger@wanadoo.fr