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Hold-up de 90 milliards du pouvoir sur les caisses de retraites complémentaires

Les Rapetou Braquent les Oeuvres Indisponibles !
L’État français est en faillite de 600 milliards. Autant dire qu’il n’y a plus un centime dans les caisses, et cela, depuis fort longtemps. Comment le gouvernement compte-t-il apurer cette dette abyssale ? Je n’ai pas entendu le ministre des Finances nous l’expliquer. Bruno Le Maire a-t-il un plan ? Probablement pas. Sinon, il serait heureux de pouvoir l’annoncer.

Revenons au siphonnage des caisses de retraite Agirc-Arrco. Le projet concocté par la Première ministre, Le Maire et vraisemblablement Macron est d’abord de saisir l’argent des caisses afin de faire face aux dettes criantes, et ensuite, de transférer les cotisations Agri-Arrco vers l’URSSAF. Or, nous savons que l’organisation est un panier percé.

En marge de la ponction dans les caisses complémentaires, le projet maintes fois repoussé est de nationaliser le système social. Si les dirigeants politiques réussissent leur coup, ce sont les 13 millions de retraités, qui verront une baisse substantielle de leur retraite.

Y a-t-il une acrimonie envers les caisses de retraites complémentaires ? Pas du tout. Depuis 75 ans, les comptes de l’Agirc-Arrco sont en équilibre. La caisse est excédentaire de plus de 3,7 milliards d’euros en cotisations salariales. Or, le régime des retraites des fonctionnaires est lui déficitaire de 26 milliards. Vous saisissez la manœuvre. L’État macronien veut s’emparer de l’argent des caisses de retraites complémentaires du privé. Pour financer celles des fonctionnaires. Si l’opération de siphonnage est entreprise, c’est une fois de plus, la destruction d’un élément majeur du pacte social.

Un dépeçage de plus dans la France à la casse.

Raphaël Delpard




Bientôt 7 voitures sur 10 ne seront plus autorisées à rouler

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À compter des années 1950, avec l’abondance revenue grâce au plan Marshall, la voiture, pour la majorité des Français était un marqueur puissant de réussite sociale, culturel, d’évasion, et de plaisir.
Ce qui vient d’être écrit s’étend sur le XXe siècle. Le XXIe siècle a vu l’émergence de spécialistes appelés                         « écologistes ». Ce sont des gens qui ont le souci de notre bien-être et de notre pérennité sur Terre dans la joie et le bonheur. Et pour que nous soyons heureux, ils créent des contraintes. Et comme les politiques leur attribuent un certain pouvoir, ils les écoutent. Voici ce que ça donne.

Ces gens qui veulent notre bien viennent d’inventer la Zone à Faible Émission de CO2. Retenez le sigle, ZFE, car dorénavant, il fera partie de votre vocabulaire. Vous ne demanderez plus à vos amis : « Comment va la santé ? », mais  « Quel est votre Crit’Air ? ».

Depuis le projet de loi « Climat et résilience », il est question d’instaurer sur le territoire, dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants ainsi que dans les grandes métropoles, des zones ZFE. Cela signifie que la circulation sera interdite à tous les véhicules classés CRIT’AIR 3, 4 et 5. Concrètement, vous devez comprendre que l’interdiction frappe les automobiles à essence d’avant 2003 et celles qui roulent au diesel d’avant 2010.

Cela signifie que la moitié des Français ne pourront plus accéder aux villes qui auront des zones ZFE.
Comment rejoindre la femme aimée qui demeure de l’autre côté du mur « ZFE » ? Est-il besoin d’écrire que les dérogations seront distribuées au compte-gouttes ? Seuls, les véhicules « d’intérêt général » – la liste n’est pas précisée – pourront circuler librement. Les transports en commun. Ça tombe sous le sens ! Donc, pour rejoindre la femme aimée, il faudra abandonner le véhicule soit à l’entrée de la ville, soit à l’entrée de la zone interdite, et emprunter les transports en commun. Les habitants des zones pourront en sortir, mais ne seront pas autorisés à circuler à l’intérieur.

Alors, voyons maintenant, comment s’y prendre pour ramener à son domicile la marraine âgée et qui a un handicap ? Il faudra obtenir une « une carte de stationnement pour personnes handicapées ou une carte de mobilité incluse. » Pour l’obtenir, des démarches administratives seront nécessaires, et il faudra probablement s’acquitter d’un timbre fiscal.

Le texte quasi officiel dit ceci « Aucun motif ne permettra aux propriétaires de voiture particulière de déroger à ces interdictions de circulation, que ce soit pour venir travailler en ville en voiture, pour des rendez-vous médicaux, pour rendre visite à un proche ou bien pour le loisir ».

Ainsi, les nombreuses contraintes induites par les Zones à Faibles Émissions de CO2 frapperont de plein fouet aussi bien les habitants des zones urbaines que ceux des métropoles et des zones rurales. Il est clair que les gens hésiteront à se rencontrer. Chacun restera chez soi. Pour ceux qui seront contraints de rester chez eux, un sentiment d’exclusion, autant pour ceux qui seront à l’extérieur que ceux qui seront à l’intérieur. Lu dans Terre d’Actions et d’Infos, un journal rouennais : « Au Moyen Âge, les cités s’entouraient de murailles, au XXIe siècle, le zonage aboutit à un résultat similaire : une cassure se traduisant plus par l’indifférence et l’ignorance entre deux populations. Les uns prendront l’habitude de ne plus aller « en ville », les autres comprendront de moins en moins les problèmes des victimes, de cette exclusion de fait. »

La bobocratie sait qu’une grande partie des automobilistes possédant un véhicule CRIT’AIR 3, 4 et 5 ou non classé ne pourra pas financièrement changer sa voiture pour un modèle électrique neuf ou récent. Malgré cela la bobocratie va continuer à promouvoir le « vivre-ensemble ».
L’installation des zones ZFE sera mise en place au plus tard le 31 décembre 2024. D’ici là ?….

Raphaël Delpard

Informations recueillies auprès de « 40 millions d’automobilistes » « Ligue de Défense des Conducteurs » et des textes du ministère de la Transition écologique.

 




En 2010, j’ai rencontré le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire au Mans…


Bruno Le Maire ce n’est pas n’importe qui. C’est Bruno Le Maire. Pour s’en persuader, il suffit de le voir apparaître dans un lieu public. Il joue de sa haute taille, de son regard d’un bleu azur et de sa figure de bébé Cadum, que les années n’ont pas encore flétri. De sa gentillesse de façade, apprise dans les collèges catholiques, qu’il a fréquentés, et dont sa mère était la directrice.

S’il pouvait vivre entouré de miroirs de manière à ne jamais perdre, fût-ce une seconde, de son immortelle image, il serait l’homme le plus comblé. Bruno Le Maire s’aime, adore s’entendre parler, adore se voir sur une photo en short, attablé à la terrasse d’un café relais à la montagne, buvant un verre d’eau. Peu lui importe que la cuisse soit molle et les mollets blafards, à cause du temps trop long passé dans les voitures de fonction. Il fixe l’objectif droit dans les yeux, car il veut qu’on le fixe de la même façon. Il veut que son image unique, d’homme unique, s’imprime à jamais dans votre mémoire. Bruno Le Maire est ivre de lui-même, il lutte tant et plus, pour que cela ne se voit pas.

Bruno Le Maire écrit des romans dans lesquels il continue de s’admirer. L’écriture est aussi un miroir. Polar, sujet de société, un roman d’amour à ce qu’il paraît, aux éditions Harlequin, sous le pseudonyme de Duc William. Mais il est aussi l’auteur de romans érotiques dont le plus connu serait Le ministre publié en 2004 aux éditions Grasset. On peut se dire qu’éditer chez Grasset ce ne pouvait pas être autre chose que de l’érotisme bon chic, bon genre. Rien de graveleux évidemment. Il a même fait l’acteur. Interprétant son propre personnage dans le film de Bertrand Tavernier,;<: Quai d’Orsay (2013).

Bruno Le Maire écrit en parlant. J’ai pu le constater. Dès qu’il construit une phrase avec sujet, verbe, complément, sa surprise est telle, qu’il ne peut s’empêcher de la répéter au moins trois fois de suite. Comme s’il voulait se convaincre qu’il en est l’auteur. Vers 2010, je l’ai rencontré au Mans. Il était ministre de l’Agriculture, et j’avais écrit un roman, dont le personnage central était en prise avec la PAC — politique agriculture commune. Le responsable la FNSEA — Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles de la Sarthe — où se déroulait l’action lui avait envoyé l’ouvrage avec l’objectif de soutenir la parution. Une réunion avait été organisée.

Bruno Le Maire ne nous parlait pas ; il s’adressait à lui-même. Et comme je l’ai écrit, dès qu’une phrase le séduisait, il la répétait au moins trois fois.
Pour écrire le roman, j’avais demandé à la section de la FNSEA de la Sarthe de me mettre entre les mains d’agriculteurs, pour qu’ils me conseillent et m’évitent de commettre des erreurs. Or, rapidement, nous avons pu nous apercevoir, lors de l’entretien, que le ministre ne connaissait rien, ou du moins si peu, de la vie et des difficultés professionnelles des agriculteurs. Il parlait à s’étourdir. Je voyais le visage du représentant de la Fédération qui ne cessait de blêmir.

Bruno Le Maire est né dans la bourgeoisie catholique. Son père finira sa carrière chez Total comme secrétaire général. Sa mère dirigera différents établissements scolaires catholiques comme cela a déjà été dit, où le jeune Bruno Le Maire fera toute sa scolarité.
Le parcours scolaire et universitaire est éblouissant. Dire le contraire serait une infamie.
École normale en 1989 section lettres. Licence d’allemand. Maîtrise de lettres. Il est reçu 1er à l’agrégation de lettres modernes. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Section Service public. Il intègre l’École nationale d’administration — ENA — d’où il sort 20e.  Mais en dépit d’une tête bien pleine d’humanités, comme nous avons pu le constater, il savait peu de choses de la vie d’un agriculteur.

La carrière politique sera aussi éblouissante. Député, directeur de cabinet, secrétaire d’État, ministre, etc.
Ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale, le 11 octobre 2022, pendant les questions au Gouvernement, et dont le sujet était la désindustrialisation de la France, est d’une gravité insondable. Songez qu’un député fasciste, un trublion de province, un individu vagissant encore dans sa tourbe a osé ; oui, osé traiter Bruno Le Maire de lâche. La statue du ministre de l’Économie en a été ébranlée. Elle a vacillé sur son socle. De plus, l’incorrect a eu l’impertinence de rappeler ceci : « Quand cesserez-vous de trahir les intérêts de la France. Vous avez travaillé il fut un temps pour Dominique de Villepin, qui avait dénoncé la lâcheté de ceux qui refusent de défendre les intérêts de la France, aujourd’hui, le lâche, c’est vous ! » Le député RN lui reprochait de favoriser le rachat par un groupe américain (Heico) de l’entreprise d’électronique française Exxelia qui produit des composants passifs complexes indispensables à tous les appareillages électroniques.

L’immense Bruno Le Maire est descendu dans l’arène. Micro en main tout en postillonnant, il assura l’Assemblée, les Français, le monde qu’il n’avait jamais cessé de se préoccuper du sort des Français. Tous les engagements politiques qui ont été les siens en portent la preuve. « De la politique au service de la France et des Français. » De Gaulle n’aurait pas pu faire une telle déclaration. Depuis sa sortie de l’ENA, le parcours de Bruno Le Maire est marqué en permanence du souci qu’il a de sa carrière. Ouvrir la bonne porte qui va le conduire vers la lumière du pouvoir. Pour lui et pour beaucoup d’autres de son espèce, ce type d’action montre le souci permanent qu’ils ont des Français. Car, voyons : s’ils n’accédaient pas aux hautes responsabilités, comment pourraient-ils venir en aide aux Français ? Logique, non !

En dehors du fait que la grandeur de Bruno Le Maire a été frappée en plein visage, que son intérêt permanent en faveur des Français a pu être mis en doute, la gravité est ailleurs. Lisez tranquillement ce qui suit.
Bruno Le Maire a l’intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Une voix intérieure l’a dernièrement interpellée en ces termes : « Votre grandeur. Regardez autour de vous. Si un Hollande a pu se présenter et être élu, si Macron a pu être élu deux fois, vous pouvez l’être à votre tour. »
Alors, me direz-vous, quel rapport avec l’accrochage du député fasciste ? Et si… Et si, c’est grave. Dès qu’il annoncera sa candidature à la présidentielle, l’algarade repassera en boucle. Pas bon ça pour l’immense Bruno Le Maire !

Gardez cela en mémoire. Et souvenez-vous-en dans cinq ans.

Raphaël Delpard

 




Annie Ernaux, l’écrivain des fonds de culotte et des périodes menstruelles

Saint-Germain-des-Prés est en émoi et le 7e arrondissement en pâmoison. L’écrivain Annie Ernaux a reçu le prix Nobel 2022. Elle est la première Française à le recevoir, et la dix-septième femme à l’obtenir.
J’ignore de quelle façon s’organise l’attribution du prix. Y a-t-il en Suède un Comité de lecture capable de lire en français ? Ou s’agit-il d’arrangements entre éditeurs ?

Qu’a-t-elle apporté à la littérature française, Annie Ernaux ? L’intitulé de l’Académie suédoise devrait nous l’indiquer – attention, soyez prudents, ne lisez pas trop vite, car le virage risque de vous surprendre ; par sa courbe très accentuée, une sortie de route est à craindre. Que lisons-nous ? « Pour le courage et l’acuité clinique avec laquelle elle met à découvert les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ». C’est aussi grand que la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare. La vérité est évidemment beaucoup plus simple : Annie Ernaux n’a rien écrit d’autre que sur les vibrations de son vagin, et nous a rapporté, avec de menus détails, les parties de jambes en l’air qu’elle a eues avec les différents hommes qui se sont trouvés sur son chemin.

Le dernier des récits est la réunion de ce qui constitue l’imposture de cet écrivain. Un texte de 50 pages sur la relation avec son amant de 20 ans son cadet. Texte qui pleurniche comme l’écoulement permanent d’une pissotière. L’écriture est approximative et d’une platitude soporifique. Texte à recommander à celles et ceux qui sont atteints d’insomnie. Le journal « Service littéraire » dans une de ses dernières éditions traitait l’ouvrage de « littérature de la ménopause ».

En 1974, Annie Ernaux fait paraître son premier texte intitulé  « Les armoires vides ». Le sujet raconte « l’attente » que subit l’auteur avant de pouvoir avorter. Suivit un autre récit « La place » en 1984 dont je n’ai pas conservé le sujet. Il obtiendra le Prix Renaudot. Mais le pompon est en 2016. Un autre récit autobiographique intitulé « Mémoires de filles ». Une fois de plus, je vous conseille de vous cramponner, car ça va tanguer. Ernaux raconte l’été 1958 pendant lequel à 18 ans elle s’est fait sauter pour la première fois. Expérience qui restera comme elle l’écrit dans l’ouvrage « la grande mémoire de la honte, plus minutieuse, plus intraitable que n’importe quelle autre. Cette mémoire qui est en somme le don spécial de la honte ».

Vous avez sûrement compris deux choses. Annie Ernaux est féministe, depuis l’aurore du mouvement, et de gauche. Elle appose sa prestigieuse signature à tous les manifestes érigés par la gauche extrême. Elle soutient Houria Bouteldja, la femme qui crache sur les Français, les Juifs et d’autres composants de la société française. Le soutien que je viens d’évoquer lui vaut une réponse cinglante de Jack Dion dans Marianne. Il écrit : « Ahurissant d’allégeance à une dame qui a exposé son racisme au vu et au su de tous. »

À l’image des gens de son espèce, elle est évidemment atteinte de “palestinisme”. En 2018 elle rejoindra le groupe d’intellectuels et d’artistes dont l’intention est de boycotter la saison culturelle croisée France-Israël, estimant qu’il s’agit d’une vitrine servant l’État d’Israël au détriment du peuple palestinien.

Mais, c’est dans l’affaire Richard Millet, lequel est actuellement le plus important écrivain français, qu’elle va illustrer sa bêtise congénitale d’une façon inouïe, et la suffisance de sa personne.
Richard Millet faire paraître un texte sur Anders Breivik, le type qui, en 2011, a perpétré deux attentats, l’un à Oslo, et l’autre à Utoya. Millet s’interroge sur les motifs qui ont conduit le terroriste à agir. Richard Millet, éditeur chez Gallimard, ne fait pas l’apologie de la violence. Ernaux, qui n’avait rien à écrire sur son nombril, se fend d’un article dans le journal “Le Monde”. Pour une fois, son texte n’est pas émollient, elle dénonce “des propos qui exsudent le mépris de l’humanité et font l’apologie de la violence”. Le lendemain, le quotidien publie un texte de soutien à sa prise de position signée par 109 personnalités du monde des Lettres. Et c’est le commencement de l’affaire “Richard Millet”  Il sera contraint de quitter Gallimard et de se retrouver au chômage. L’écrivain Patrick Besson, dans le magazine “Le Point”, ironise sur la pétition, et traite Annie Ernaux “d’écrivain lamentable”. Il sera rejoint par Franck Spengler lequel dans le même magazine posera la question : “Qui êtes-vous, Madame Ernaux, pour définir ce qu’il est bon ou non d’écrire ?”

Ne croyez pas que nous en avons fini avec les écrivains dont l’unique sujet est leur vagin. Dans l’édition du mois de septembre 2022 du journal littéraire “Service Littéraire”, nous pouvons lire le compte rendu, rédigé par Emmanuelle de Boysson, à propos du roman de Marion Roucheux, intitulé : “Les chairs impatientes”. Il est question là aussi de “bellâtre”, bien membré comme nous pourrons le constater plus loin, qui réveille la sexualité de l’auteur. On y trouve par exemple : “son corps parle plus que lui” et aussi cela : “Avec son sexe, il écarte l’entrée de mon vagin… il se branle avec tout mon corps. Mon vagin est un trou qui absorbe et suce son sexe tout entier.” Je connais des gens qui se battent pour réduire la diffusion de films pornographiques sur Internet. Pourquoi n’engagent-ils pas le même combat dans l’édition ?

Attention. Je veux être clair. Il a existé – il existe peut-être encore – une littérature érotico-pornographique dont certains textes sont dans leur genre des chefs-d’œuvre. Pour les ouvrages qui hurlent de prétention et dont l’unique sujet est “le cul”, écrits par des contrefaçons qui se prennent pour des auteurs, que les éditeurs aient au moins l’honnêteté de les ranger au bon rayon.

Voici un avertissement apposé sur la vitrine d’une librairie de livres d’occasion que l’élu Stéphane Durbec, membre du RN, fait circuler sur Internet.
« Inutile de perdre votre temps à me demander si j’ai des « livres » de Annie Ernaux. Je ne propose pas de livres de collabos antisémites, hystero-féministes, indigénistes, racialistes, et tout ce qui est en liaison avec la puanteur woke. »

Peut-être vous êtes-vous aperçu que je n’ai pas employé l’expression “écrivaine” ni autrice. Peut-être sous la torture, en dirais-je la raison.
Je vous offre pour vous remettre de vos émotions le court texte de la poétesse Marceline Desbordes-Valmore. On peut parler d’amour et même de sexe autrement qu’avec des exposés de gynécologue.

Raphaël Delpard

“Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil,
Il résonnait encore autour de mon réveil :
Il errait dans mon souffle, et, lorsque je soupire,
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.
Nom chéri ! Nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche.”

Marceline Desbordes-Valmore.




Rappels cinglants à Manon Aubry, qui qualifie Giorgia Meloni de « fasciste »

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Stupide Manon Aubry aboyeuse dans les couloirs de la finitude de la France. Prêtresse de l’euthanasie de la France. Incapable d’analyser avec clarté les problèmes politiques et de société qui sont en train de réduire à néant notre pays et l’Europe. Et pourtant, elle est enseignante, à Sciences Po ! Aveuglée par son destin « national », le seul regard qui lui importe est celui qu’elle jette sur le relevé de son compte en banque. Cette femme n’a jamais vraiment travaillé. Elle s’est faufilée dans les organisations internationales, où l’on parle beaucoup et/ou l’on fait des révolutions de pâquerettes. Politiquement, Manon Aubry, ce n’est personne ; un disque rayé qui mouline le même refrain éculé : le fascisme est à nos portes.

Avec l’élection en Italie, elle nous a resservi son refrain préféré : « Terrible ! Le néo-fascisme s’installe à nos portes avec la victoire de Meloni en Italie. La poussée du poison réactionnaire, xénophobe, autoritaire se confirme en Europe. » On a envie de la prendre dans nos bras, de la bercer et de lui dire tendrement à l’oreille : « N’es-tu pas fatiguée de te râper les dents en éructant la même chanson ? »

Comment lui dire que Giorgia Meloni a été élue démocratiquement ? Que l’extrême-droite en Suède n’est pas arrivée par un coup d’État. Comme le dit si justement mon ami et merveilleux pugiliste politique Jérôme Leroy dans la livraison de Causeur du 27 septembre 2022 : « On rappellera que Orban en Hongrie se maintient au pouvoir démocratiquement. On rappellera que les 89 députés du Rassemblement national ont gagné leurs circonscriptions démocratiquement. On constatera que ça gagne partout. » Leroy dit encore : « À chaque fois que l’extrême-droite ou la droite populiste gagne des élections, c’est la grande sortie des Drama Queens de l’antifascisme, qui oublient toujours de se rappeler pourquoi la gauche en est là : à cause d’elles. »

La gauche républicaine a disparu dans les apparats de la bourgeoisie de gauche préoccupée par les sièges à gagner dans les différents rouages du fonctionnement de l’appareil d’État. La gauche, dont nous voyons le ténébreux spectacle, gère en réalité avec malice derrière les paillettes du poing levé son portefeuille d’actions et ses points de retraite. Le peuple a fondu dans ses rêves révolutionnaires de jeunesse, parce que jamais objectivés.

Comment s’y prendre pour dessiller le regard de Manon Aubry ? Faire tinter à son oreille le vacarme de la réalité ? Combien de femmes violées par jour en France ? D’attaques au couteau, d’adolescents molestés par des racailles ? Manon Aubry n’a pas le regard qui chavire en lisant la plaque à la gloire “d’une des femmes” du Prophète dans une rue de Stains, ville de la banlieue parisienne. Relisons ensemble la phrase : “une des femmes du Prophète” : la bigamie ne gêne pas Manon Aubry, la polygamie de nombreux Africains la laisse indifférente. Elle est indifférente au voile qui est de plus en plus présent que ce soit sur les affiches publicitaires ou les annonces légales.

Sauf si j’ai raté un épisode, nous n’avons pas vu Manon Aubry manifester pour la réintégration du personnel soignant des hôpitaux, des sapeurs-pompiers interdits d’exercer parce qu’ils ont tout comme les soignants refusé de se faire vacciner. La France est chaque jour davantage en voie de tiers-mondialisation. Ce n’est pas important pour Manon Aubry. Ce qui la fait sortir du rang et lever un poing rageur est le résultat d’une élection démocratique.

Manon Aubry et les siens, auxquels viennent s’agréger les responsables des formations de droite ; ceux qui font sous eux depuis des années en criant que ce sont les autres qui sont gagnés par l’incontinence.
Manon Aubry donc, les siens et les autres sont ceux-là qui aboient inutilement dans le couloir de la mort.

Raphaël Delpard

 




Traduction de l’intégralité du débat entre Douguine et BHL

Le 21 septembre 2019 à Amsterdam en Hollande a eu lieu un débat entre Alexandre Douguine, le philosophe russe, que les intellectuels français considèrent comme un néo-fasciste, et Bernard-Henri Levy qu’il est inutile de présenter. Chacun après la lecture de la traduction décidera de l’importance de la rencontre. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il s’agit entre les deux hommes, de la dualité qui se joue depuis des mois en Europe entre la tradition que représente Douguine et le cosmopolitisme dont Levy est le défenseur.
Les plus habiles à comprendre l’anglais d’un intellectuel russe et d’un autre intellectuel français pourront suivre l’échange en direct en visionnant la vidéo.

Raphaël Delpard

Alexandre Douguine : Tout d’abord, je préfère la bataille entre les idées à la guerre physique, et je suis très heureux de pouvoir échanger avec M. Bernard-Henri Lévy qui est mondialement célèbre, non pas dans un duel physique, – parce que parfois nous nous trouvons sur la même ligne de front, habituellement dans des camps opposés –, donc je préfère parler et échanger des idées ici, plutôt que lors d’un combat physique. Et c’est peut-être le seul moyen de l’éviter, ou du moins tenter de le faire.

Tout d’abord j’aimerais dire, maintenant, que le Président Macron a récemment déclaré que l’hégémonie de l’Occident était terminée. Notre Président, M. Poutine a dit la même chose quant au libéralisme ou le libéralisme global. Il y a eu récemment, dans un journal sur les affaires étrangères, l’article de Fareed Zakaria consacré au déclin de la puissance occidentale. Et je pense qu’il importe d’en parler car, à mes yeux, un tel déclin est évident. Dans votre livre L’Empire et les cinq rois, vous constatez un facteur fort intéressant, l’évaporation de la présence américaine au Moyen Orient, pour ce qui concerne les Kurdes. Pour ma part, je pense que nous nous approchons de la fin, non pas de la fin de l’histoire comme l’a dit M. Fukuyama, mais de la fin de la modernité politique.

Cela signifie la fin de quelque chose de très important que nous devons garder présent à l’esprit, la fin de l’hégémonie occidentale, de la domination américaine et du libéralisme global.
Il s’agit d’événements en soi historiques et non pas techniques. Je l’interprète en citant les paroles de Nietzsche :
Au début de la modernité, les humains ont tué Dieu afin de se libérer. Mais c’était un suicide. En tuant les dieux, nous nous sommes tués nous-mêmes. Et maintenant, bienvenue à la dernière étape du nihilisme.
Ce qui est intéressant dans votre, livre, M. Lévy, vous définissez l’empire américain ou le système libéral global, comme le système de nihilisme fondé sur le rien. C’est une idée fort intéressante et j’aimerais vous demander pourquoi vous défendez encore ce système de plus en plus ouvertement nihiliste ; pourquoi vous combattez encore pour cette modernité décadente en déclin ; pourquoi investissez-vous toute votre puissance intellectuelle pour la défendre ?

Bernard-Henri Levy : Bien sûr, je ne me bats pas pour le nihilisme. Au contraire, je lutte pour combattre le nihilisme. Je me bats pour la modernité politique parce que, dans mon monde, cela signifie la démocratie, la liberté, l’égalité entre les hommes et les femmes, la laïcité, etc.
La politique moderne, sans doute en crise, je refuse l’idée qu’elle soit en déclin et va disparaître, car je suis profondément convaincu que c’est un plus pour le monde. Quant au nihilisme, je vous ai lu aussi il y a longtemps. Vous êtes mon adversaire, nous pensons de manière opposée dans de nombreux domaines, mais je reconnais votre importance, plus particulièrement sur la scène russe. Et c’est pourquoi je vous ai lu attentivement. Pour moi, l’incarnation du nihilisme aujourd’hui, c’est vous et vos amis et le courant eurasien. Et l’atmosphère morbide qui remplit vos livres, la manière dont vous faites se dissoudre l’idée même des droits de l’homme, de la liberté individuelle, des singularités, dans de grands blocs de communauté, de grandes croyances, d’origines sacrées et ainsi de suite. Tout cela dégage un parfum de nihilisme qui me gêne vraiment quand je lis vos Révolutions Conservatrices, et tous vos travaux sur l’Eurasie depuis le début des années ’90.

Alexandre Douguine: C’est intéressant. Si vous suggérez une forme d’identité entre le nihilisme et le refus de l’interprétation occidentale des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie, la démocratie libérale, alors dans ce sens je suis d’accord. Je suis contre cela, car à mon sens il ne s’agit pas de valeurs universelles. Tout d’abord je pense que la démocratie, le contenu de la démocratie est en cours de changement. J’en ai parlé une fois avec Fukuyama qui a défini la compréhension moderne de la démocratie libérale comme la règle des minorités contre la majorité, car la majorité peut toujours se transformer en populisme, en fascisme ou en communisme. Donc voilà une idée totalement nouvelle. Et je pense que je ne partage pas cette nouvelle compréhension de la démocratie libérale. Je conteste que le sujet de la liberté soit l’individu et il s’agit là de l’essence, de l’axe de l’idéologie des droits de l’homme. Je considère que l’identité de l’homme, de la culture humaine, de la société, ne sont pas réductibles à l’individualité. Par exemple, dans notre tradition russe, le sujet de la liberté ou le sujet humain n’est pas individuel, il est collectif. Cela remonte à l’époque des tsars, c’était défini par l’Eglise et ensuite par le communisme. Mais l’identité collective a toujours été dominante dans notre culture à l’instar des cultures chinoise et indienne, et, jusqu’à un certain point, dans la culture islamique.

Mais je pense que je suis nihiliste en ce sens que je réfute l’universalité des valeurs modernes occidentales. Je ne pense pas qu’elles soient universelles. Je pense qu’elles sont occidentales, elles sont modernes. Je pense que l’Occident est encore très puissante afin de les défendre mais je conteste que la seule manière d’interpréter la démocratie soit le règne des minorités contre la majorité, que la seule façon d’interpréter la liberté soit la liberté individuelle ; et que la seule façon d’interpréter les droits de l’homme soit de projeter la version occidentale, moderne et individualiste de la diversité humaine par rapport à d’autres cultures. C’est mon avis.

Bernard-Henri Levy: Vous connaissez votre tradition, la tradition russe, mieux que moi, mais je suis suffisamment ami de la Russie, pour savoir que ce que vous avez dit sur la place de la subjectivité dans la tradition russe n’est pas vrai. Vous avez également une tradition de Herzen, de Pouchkine, de Tourgueniev, une partie de Sakharov, toute la tradition glorieuse des dissidents qui ont combattu le totalitarisme de l’Union soviétique, qui ont combattu au nom de l’individualité, des droits du sujet et des droits de l’homme. Et ces éléments-là, vous ne pouvez pas dire qu’ils ne font pas partie de la tradition russe. Et encore, voyez-vous, j’ai consacré tant de ma vie à défendre la Russie contre l’esclavage, le totalitarisme, etc., que je suis autorisé à m’exprimer ainsi.

Fukuyama et la démocratie : je n’ai pas assisté à votre débat, mais je suppose, enfin, ce que je dirais, moi, c’est que la démocratie est un concept complexe et un processus complexe. Il s’agit du règne de la majorité mais aussi du règne de la minorité et de la règne du parlement, c’est une architecture très complexe qui prend en compte, qui évolue, qui connaît des évolutions au fil du temps et s’enrichit. Et la différence entre la démocratie et toutes formes d’autoritarismes, y compris celui de Poutine en Russie aujourd’hui, c’est que la démocratie est toujours ouverte et toujours ouverte au changement, toujours ouverte au progrès, toujours ouverte aux enrichissements ou retraits, tout cela.

À propos du nihilisme, entendons-nous sur un point. Vous avez évoqué Nietzsche, – au fait, il n’a pas dit que l’homme à tue les ‘dieux’, mais ‘Dieu’, ce qui est très différent – mais la meilleure définition de nihilisme, pour moi, nous le savons, nous l’avons en mémoire : c’est la Russie, avec ses vingt-quatre millions de morts pendant la Grande Guerre Patriotique ; la terre d’Europe sous occupation nazie ; et les Juifs, mon peuple, presque exterminés. En voilà une vraie définition de nihilisme, il s’agit de ceux qui ont commis ces crimes. C’est-à-dire, les nazis. Et les nazis ne sont pas tombés du ciel du Chile ou du Tibet, ils sont venus d’idéologues, de Carl Schmitt, de, euh, de Spengler, de Stewart Chamberlain, de Karl Haushofer. Toutes des personnes que je suis désolé de constater que vous appréciez, que vous citez, et dont les travaux vous inspirent. Donc pour moi, quand je dis que vous êtes un nihiliste, quand je dis que Poutine est une nihiliste, quand je dis que l’atmosphère de Moscou est d’un nihilisme morbide, qui a généré, cela dit en passant, de vrais morts – Anna Politkovskaya, M. Nemtsov, et tant d’autres, assassinés à Moscou ou à Londres, chaque jour, alors oui je le pense. Et je dis, hélas pour cette grande civilisation russe, il y a aujourd’hui un mauvais vent sombre de nihilisme au sens propre du terme. Qui est le sens nazi, fasciste qui souffle sur la grande Russie.

Alexandre Douguine : Je suis d’accord, les phénomènes du fascisme et du national-socialisme, c’est du nihilisme, je suis d’accord et je ne le défends pas. Parce qu’il s’agit d’un phénomène moderne et, à mes yeux, tout modernisme est purement nihiliste. Le libéralisme c’est du nihilisme, le communisme c’est du nihilisme et le fascisme aussi.

Je suis d’accord avec vous quant aux crimes commis par Hitler parce que mon peuple a également beaucoup souffert. Nous avons perdu des millions de gens, assassinés parce que Slaves. À la même échelle que les Juifs. Et notre peuple, le peuple soviétique, le peuple russe, a combattu dans cette guerre patriotique afin d’arrêter le fascisme en Europe, en Russie, et sauver tous les peuples qui souffraient de cette situation. Et je tiens formellement pour responsable toute forme de racisme. Donc si je trouve quelque chose d’intéressant chez Heidegger ou Schmitt dans la révolution conservatrice en Allemagne, ce sont certains aspects du réalisme politique, de la pensée géopolitique ou du traditionalisme, et une critique de la modernité propre à ce mouvement conservateur mais pas le racisme. Dans tous mes livres, j’y insiste toujours – et je suis suffisamment audacieux, si je propageais le fascisme ou le racisme, de le reconnaître. Je fais bien des déclarations audacieuses et l’on me les reproche ; je suis contre le libéralisme, contre l’individualisme, contre les droits de l’homme en tant qu’idéologie mais je suis aussi contre le racisme. Que ce soit clair. Je blâme le racisme parce qu’il s’agit d’une construction libérale anglo-saxonne basée sur une hiérarchie entre les peuples. Pour moi, c’est criminel. Et je pense que le mondialisme aujourd’hui réitère ce même crime car les mondialistes, les libéraux tels que vous-même et les gens qui soutiennent vos idées et les affirment comme des valeurs universelles, alors qu’il s’agit simplement des valeurs libérales, occidentales, modernes. Et c’est là une nouvelle forme de racisme, un racisme culturel civilisationnel.

Vous dites avec fermeté que tous ceux qui acceptent la société ouverte sont les gentils, les bons. Tous ceux qui contestent la société ouverte, comme Popper le dit dans le sous-titre de son livre, sont les ennemis de la société ouverte. Il y a donc une nouvelle division manichéenne, un nouveau racisme. Ceux qui approuvent les valeurs occidentales sont les bons. Tous ceux qui les contestent, dans la tradition islamique, la tradition russe, la tradition chinoise, la tradition indienne, partout, ce sont des populistes que l’on étiquette comme étant des fascistes. Je pense que c’est un nouveau racisme.

Bernard-Henri Levy : Eh bien, mon cher, nous avons là trois points fondamentaux de désaccord. Tout d’abord, j’en suis désolé mais quand vous parlez de mondialisation, vous en avez une idée limitée. La mondialisation ne veut pas dire – il y a une mauvaise mondialisation, bien sûr, qui viserait l’uniformisation du monde. Mais la mondialisation, telle que nombre de penseurs occidentaux la conçoivent, telle que je la conçois moi-même, telle que de nombreux gens ici à Amsterdam la conçoivent, signifie non pas l’uniformité mais une ouverture à l’autre, des ponts entre les civilisations, signifie des nexus entre les cultures, signifie des importations, des exportations de mots, de théorèmes, et ainsi de suite. La mondialisation signifie cela aussi et vous pouvez me croire, nous sommes nombreux en Occident prêts à nous battre pour cela.

Deuxièmement, quand vous dites que le fait de croire dans des valeurs universelles est une nouvelle forme de totalitarisme, j’en suis désolé mais c’est une vue bien limitée. Le point essentiel, c’est que dans chaque civilisation l’on a inventé de grandes choses. Votre civilisation, la civilisation russe, qui est une vraie civilisation, que je révère et respecte, a inventé, par exemple, à travers Alexandre Soljenitsyne, l’un de mes maîtres, a inventé l’idée même du combat contre le totalitarisme. Ce qu’a réalisé Soljenitsyne est énorme, et personne ne peut enlever cette immensité à la culture russe. Tant de penseurs occidentaux ont tenté de réfléchir la liberté contre le totalitarisme, ce que c’est, ce qu’est un camp et ainsi de suite. Il appartient à un Russe d’avoir créé ce chef d’œuvre qu’est L’Archipel du Goulag. Personne ne pourra enlever cela à la civilisation russe.

De même, l’Europe a réalisé quelques inventions qui constituent aussi des gains pour toute l’humanité. Par exemple, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Par exemple, le droit qu’à un corps de ne pas subir de la torture, de n’être ni enchaîné ni asservi. Ce droit a été inventé, a été produit, par une philosophie que l’on appelle la philosophie des Lumières et dont l’Europe était le berceau. L’idée n’est donc pas de chercher à imposer un modèle à l’autre, mais d’extraire de chaque civilisation le bien qu’elle a inventé, pour toute l’humanité.

Et je suis heureux d’entendre que vous n’appréciez pas le racisme. Mais je ne suis pas certain de votre sincérité. J’ai lu il y a quelques temps un de vos livres intitulé La Révolution Conservatrice. En français. À la page 256 et 56 où vous évoquez les Juifs. Je ne me préoccupe pas seulement des Juifs, je suis préoccupé par tous concernés. Mais il s’agissait spécifiquement des Juifs. Et il s’agissait de la rivalité métaphysique et la guerre entre les Aryens et les Juifs. Et vous dites qu’il s’agit d’un défi, et d’un débat non pas de ce siècle mais de tous les temps. Ceci, c’est de l’antisémitisme. Et je n’en suis pas étonné parce que tous les hommes que vous avez cités et dont vous vous inspirez : Spengler, Heidegger qui est également, bien sûr, un grand philosophe, ils sont contaminés, corrompus, infectés, par cette peste qu’est l’antisémitisme. Et hélas, vous aussi. Et lors de vos débats avec Alain de Benoist en France, par rapport à vos liens avec Alan Soral, qui a préfacé un de vos livres et qui est, hélas, l’un des leaders de l’antisémitisme français, tout cela parle de lui-même. Alors, comment pouvez-vous dire que le racisme vous est étranger ?

Alexandre Douguine : Cela m’est totalement étranger. Je pense, je crois que les peuples possèdent leurs anges, leurs archétypes. Donc les peuples ne sont pas seulement des corps collectifs physiquement présents, mais que les peuples ont une âme. Et il existe l’âme du peuple juif que j’admire, que je respecte. J’ai beaucoup d’amis en Israël, dans des cercles traditionnalistes en Israël, qui partagent mes opinions. Ce sont des Juifs qui croient en un Dieu juif et c’est contrairement à vous, vous vous êtes défini comme étant un Juif qui ne croit pas en un Dieu juif. Pour eux, pour mes amis, ce serait une affirmation totalement antisémite car les Juifs sont le peuple de Dieu et c’est son essence. Donc sans Dieu les Juifs perdent leur essence, leur mission, leur place dans l’histoire.

Ce qui est important, c’est qu’il y ait des différences entre les peuples et j’insiste quant à la différence entre les âmes des peuples et les anges des peuples. Mais je suis contre toute sorte de hiérarchie ou de racisme. Je ne dis pas que la civilisation indo-européenne ou grecque ou européenne ou allemande ou indienne ou iranienne est meilleure ou telles traditions sont meilleures, que la sémite ou islamique ou judaïque est meilleure, je pense qu’elles sont différentes.

Pour revenir au processus de mondialisation que vous avez décrit, si c’était tel que vous l’avez présenté, nous n’aurions rien contre. S’il y avait un dialogue où chacun qui participe, chrétien, musulman, chinois, défendrait l’ensemble de ses valeurs, si la mondialisation était vraiment un dialogue juste et démocratique à la recherche du meilleur dans chaque civilisation, personne ne s’y opposerait, je pense ; je ne m’y opposerais pas. Mais actuellement il s’agit de la projection occidentale de ce que l’Occident prend pour bon ou mauvais en tant que valeurs universelles. Le capitalisme, l’économie du marché, l’idéologie des droits de l’homme, la liberté individuelle, l’hédonisme, la technocratie, tous ces éléments de l’expérience historique et sociale occidentale, sont projetés à l’échelle mondiale en les déclarant universels. Donc l’Occident se déclare universel. Je suis contre cela.
Quant à Soljenitsyne, je le suis aussi parce qu’il était slavophile et il a combattu le communisme et le totalitarisme précisément en faveur du peuple russe en tant qu’identité collective. Soljenitsyne – je suis contre le totalitarisme soviétique, je ne suis pas pour, je ne défends pas le communisme, j’étais un dissident dans les années 80. Mais comme Soljenitsyne je ne suis pas un dissident pro-libéral. Je suis anti-libéral et il était très critique envers les dissidents anti-libéraux.

Je crois que vous avez mentionné Herzen, vous avez cités des noms de l’histoire russe. La plupart d’entre eux étaient des Occidentaux ; donc ils étaient ethniquement ou culturellement russes, mais idéologiquement ils n’étaient pas russes, ils ne suivaient pas nos traditions. Nos traditions étaient basées sur une anthropologie et une ontologie totalement différente. Et Herzen – c’est intéressant – il était occidental dans sa jeunesse et il a émigré, mais il est revenu ensuite à une position très nationaliste. Turgenev ne l’a pas fait mais Herzen oui. C’est intéressant comme le leader des Russes occidentaux, ayant vécu la culture occidentale en émigrant, est revenu, comme beaucoup de nos dissidents qui sont revenus de l’Occident, à des idées très nationalistes. Je pense donc que nous devrions conserver soigneusement ces identités – juive, sémite, islamique, russe, européenne, sous différentes formes et tenter de trouver le nexus entre elles. Et éviter cette version simpliste de totalitarisme contre démocratie.

Hannah Arendt, que j’admire aussi, a dit que le totalitarisme est un phénomène moderne, et non pas un phénomène traditionnel. Donc si nous opposons simplement la démocratie et le libéralisme au fascisme ou au totalitarisme communiste, c’est une version simpliste. Je pense que nous devons maintenant imaginer quelque chose d’autre, quelque chose au-delà de la modernité. Dans ce sens, les trois théories politiques, le libéralisme, le communisme et le fascisme, constituent des idéologies à dépasser. Nous devons les dépasser. Mais il y a aussi quelque chose d’intéressant chez certains penseurs communistes, tels Gramsci par exemple, ou certains communistes français comme Bataille ou Debord. Il y a tellement de penseurs intéressants de gauche que nous ne devrions pas simplement identifier Bataille au Goulag, ou Heidegger à (inaudible), ou insister sur le fait que tous les libéraux sont des criminels qui ont bombardé Hiroshima. Nous devons trouver quelque chose de sensé, ou tenter de trouver quelque chose de sensé dans chacune de ces traditions, avec l’intention de les surmonter.

Bernard-Henri Levy : Vous devriez réviser vos informations sur le judaïsme. Entre le judaïsme et Dieu, c’est un peu plus compliqué que ça. Être juif, bien sûr, c’est avoir une relation avec Dieu. Mais c’est une relation basée sur l’étude, plus que sur la croyance. Et c’est, d’ailleurs, la principale différence entre le judaïsme et le christianisme. Mais ce n’est pas un problème. À propos de Herzen, ce que vous ne semblez pas comprendre, et ce qui faisait la grandeur de Herzen, c’était sa capacité à faire des aller-retours, d’enrichir la tradition occidentale avec la tradition russe, et vice versa. C’était la grandeur de Herzen, de Pouchkine, de tous les Russes anti-eurasiens et pro-européens du 19ème et du 20ème siècle. Sakharov, par exemple, qui est pour moi un autre grand héros du 20ème siècle, avait un pied en Russie et un pied dans le libéralisme et la démocratie. Il croyait aux deux, et il a consacré toute sa vie à la tâche de combiner les deux. Et ce que je crains en vous lisant, et ce que je trouve en vous lisant et pas seulement vous-même mais en lisant tous les auteurs de ce courant eurasien qui est censé inspirer Poutine, et ce que je trouve si morbide, si sentant la mort et si nihiliste, c’est le fait de concevoir ces civilisations comme des blocs.

Vous dites – je le sais, vous dites que vous respectez l’islam, vous respectez la civilisation japonaise, vous respectez la civilisation turque – et peut-être les Juifs. Mais O.K., à deux conditions : que chacun reste à sa place, et qu’il y ait le moins de communication entre eux. Et cette conception de la culture, des civilisations considérées comme des blocs fermés sur eux-mêmes, vous la partagez avec un penseur américain que vous connaissez, et vous auriez dû le mentionner plutôt que Guy Debord – il s’agit de Samuel Huntington. Samuel Huntington avec son idée de choc des civilisations correspond aux penseurs que vous représentez aujourd’hui en Russie, avec cette idée de blocs fermés qui sont virtuellement en guerre les uns contre les autres. Et quand vous regardez Vladimir Poutine aujourd’hui, quand vous constatez ce qu’il dit quand il s’adresse à l’Europe, quand il s’adresse à l’Amérique, quand il s’adresse aux droits de l’homme et ainsi de suite, quand il s’adresse à l’Ukraine – quand il agresse l’Ukraine en Crimée, c’est un discours de guerre. Donc une philosophie de la guerre, une philosophie considérant les civilisations comme des blocs holistiques, a pour résultat naturel une pratique de la guerre qui est mise en œuvre par Vladimir Poutine aujourd’hui. Je crois vraiment qu’il y a un lien entre, d’une part, votre façon de penser qui correspond à celle de Huntington ; et, d’autre part, l’occupation de la Crimée, les treize mille morts en Ukraine et la guerre en Syrie avec son bain de sang, tragique et horrible. Il y a un lien entre les deux.

Alexandre Douguine : Je suis d’accord. J’apprécie beaucoup Huntington, je pense que sa vision est beaucoup plus juste que Fukuyama ou le libéralisme. Que les civilisations existent, et qu’après la chute de ces deux camps idéologiques, communisme contre capitalisme, les civilisations joueront un rôle décisif dans l’histoire. Dans Huntington, je suis également d’accord, il y a une sorte de vision simpliste de la civilisation. J’ai consacré mes vingt-quatre derniers livres à l’étude des civilisations, en essayant de trouver les différences à l’intérieur de chacune d’entre elles. J’ai essayé de les décrire.

Bernard-Henri Levy : Je ne parle pas de différences, je parle de ponts. Les différences, nous les connaissons tous. Mais avez-vous consacré autant de livres à trouver des ponts, des connexions ? Je connais les différences.

Alexandre Douguine : Des ponts, oui, c’est intéressant. Lorsque nous essayons de construire trop tôt des ponts, sans connaître la structure de l’Autre – le problème, c’est l’Autre. L’Occident ne comprend pas l’Autre comme quelque chose de positif. C’est du pareil au même et nous essayons immédiatement de trouver des ponts – ce sont des illusions et non pas des ponts, parce que nous nous projetons. L’Autre est le même, l’idéologie est identique. Nous devons d’abord comprendre l’altérité. J’ai écrit vingt-quatre livres consacrés à comprendre ceux qui sont autres que nous, à comprendre l’Occident, la pensée islamique, juive, européenne, russe, autrement que comme quelque chose de déjà connu. Je pense que les civilisations sont inconnues, ce sont des acteurs inconnus, ils émergent maintenant et nous avons d’abord à les étudier correctement, et après cela nous pourrons créer des ponts.

Bernard – Henri Levy  : Venez-vous souvent aux Etats-Unis ?

Alexandre Douguine : De temps en temps, mais je suis maintenant sous sanctions.

Bernard -Henri Levy : J’espère qu’on vous permettra d’y retourner. Vous découvririez que, dans les universités américaines, il n’y a rien de plus actif que ces départements où l’on étudie l’altérité. L’Amérique a beaucoup de défauts, beaucoup de problèmes, mais une des grandeurs de l’Amérique aujourd’hui – depuis longtemps mais aujourd’hui plus que jamais – c’est cette attention à l’altérité, c’est ce regard très perspicace sur le corps et l’âme de toutes les cultures étrangères. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point les universités américaines sont vivantes, vibrantes, ouvertes à l’Autre. Donc l’altérité, nous la connaissons en Occident. Malheureusement, nous n’ouvrons pas suffisamment nos bras, nos cœurs, et vos bras, vos cœurs à l’altérité.
Vous avez dit que j’ai raison, OK. Une question : Que pensez-vous de l’agression de votre pays – pour ma part, quand la France a agressé l’Algérie, j’étais un garçon de 14 ans et je suis allé manifester dans la rue. Quand l’Amérique a agressé le Vietnam, j’ai manifesté. Aujourd’hui que pensez-vous de l’occupation de la Crimée ? Et que pensez-vous de l’agression de l’Ukraine orientale par les paramilitaires et les militaires de votre pays ?

Alexandre Douguine : Dans votre livre, vous dites que vous déplorez avoir manifesté contre les Américains, donc l’on peut changer d’avis. Maintenant, vous défendez l’empire américain, l’empire libéral mondial. C’est votre choix et je le respecte. Je défends la civilisation eurasienne et non pas la Russie en tant que pays. Je ne suis pas trop un patriote de la fédération russe et de tout ce que fait notre gouvernement. Je ne soutiens pas automatiquement tout cela. Je suis critique…

Bernard -Henri Levy : Et la Crimée, la Crimée ? (Rires de l’auditoire)

Alexandre Douguine : J’en viens, je m’en approche. À mon avis, l’Ukraine est un pays avec deux peuples et deux civilisations. Au plan ethnique elles sont très proches car l’Ukraine est une partie et le berceau de la civilisation russe. D’une certaine manière, les Ukrainiens sont plus directement nos parents ; ce sont de purs Russes, plus purement russes que nous ne le sommes nous-mêmes, car ils vivent encore dans le berceau de nos traditions alors que nous, nous avons migré vers l’est. Historiquement, l’Ukraine a été créée à partir de deux tendances d’agressions de l’empire russe – agression contre la Turquie, parce que la nouvelle Russie, la Novorossiya, était composée de territoires turcs en Crimée et ce qui est aujourd’hui l’Ukraine orientale, et l’autre partie a été prise à la Pologne. Et cela n’a pas été libéré ou créé par de soi-disant Ukrainiens de la Russie occidentale. Donc la Russie a créé l’Ukraine en agressant des pays voisins. Et la dernière partie a été ajoutée par Staline à partir de qui avait été auparavant une partie de l’empire austro-hongrois : Lemberg ou Lviv.

Donc l’Ukraine est une entité composée qui est apparue après la chute de l’Union soviétique. Et là, il y avait une opportunité de créer une identité ukrainienne, comme par exemple, il y a une identité belge avec deux peuples qui cohabitent dans la considération et le respect l’un de l’autre. Donc il y a deux peuples et si, par exemple, les Wallons voulaient dire que les Flamands sont des citoyens de seconde classe, voire sous-humains car germaniques ou protestants, c’est exactement ce qui s’est passé en Ukraine.

L’État nouvellement né qui n’existait pas historiquement, a eu l’opportunité de créer ses idées nationales, sa structure nationale dans le respect des deux peuples qui y vivaient, en Ukraine occidentale et en Ukraine orientale et de trouver un équilibre. Et j’ai soutenu cela et il y a des partisans en Ukraine occidentale qui partagent ce point de vue. Mais en fin de compte, politiquement, seule la partie occidentale a été représentée à Maidan, où vous avez tenté de les inspirer pour qu’ils se débarrassent de la Russie, et la partie occidentale a soumis l’autre partie. La Russie est intervenue pour sauver cette partie de l’Ukraine. Et ensuite, nous avons commis une erreur, je pense. Nous aurions dû libérer l’Ukraine orientale avec la Crimée et proposer de recréer l’Ukraine, une Ukraine indépendante comme pont entre nous et l’Europe, sur la base du respect des deux identités. C’était notre erreur. Nous avons seulement pris la Crimée et le Donbass. Nous aurions dû restaurer et reconstruire l’Ukraine dans son ensemble.

Bernard-Henri Levy : Le seul pont qui a été créé et qui existe, est entre la Crimée et la Russie. Pour l’instant, la seule construction est une énorme base militaire à Sébastopol, et elle est russe, et dirigée, je suppose, contre ses ennemies. Je ne constate pas ces dernières années, dans des discours de Poutine ou d’autres, la moindre tendance à vouloir reconstruire une grande Ukraine binationale. Je vois une agression pure et dure et la violation du droit international, je vois une tentative de réécriture et de révision de l’histoire. D’ailleurs, si je vous ai bien compris, c’est ce que vous poursuivez aujourd’hui. Quand vous dites que l’Ukraine est un nouvel État – c’est ce que j’ai entendu – mais comment pouvez-vous dire cela ? L’Ukraine – c’est un fait de l’histoire – a existé avant la Russie. Neuf siècles avant, dans l’an mille.

Alexandre Douguine : Oui, c’est notre histoire commune.

Bernard-Henri Levy : Le prince Volodymyr, qui a été baptisé et qui a été à l’origine de la christianisation de l’Ukraine moderne et de la Russie moderne, était un prince de Kiev et non pas de Moskova. L’Ukraine est un pays ancien, plus ancien que la Russie. OK. Tous les pays sont nouveaux, donc ce que nous avons de mieux à faire, M. Douguine, le mieux que nous pouvons faire, c’est de respecter – aussi imparfaites soient-elles – les lois internationales, lois qui peuvent nous empêcher de tomber dans une nouvelle catastrophe comme celle qui a coûté à votre peuple 24 ou 25 millions de morts, 24 millions de soldats et citoyens courageux détruits par Hitler, et qui a couté à l’Europe une telle ruine. Il existe une architecture de sécurité qui a été construite après la guerre froide, en coopération, d’ailleurs, entre l’Occident et la Russie, en plusieurs étapes. – Et je ne sais pas si vous avez des enfants ? Oui ? OK. Des petits enfants ? OK. – Pour eux nous devons faire de notre mieux, pour préserver et sauver cette architecture de sécurité imparfaite mais cruciale et décisive. Et ce qu’a fait Poutine en Crimée, ce qu’il fait en ce moment même dans l’est de l’Ukraine, ce qu’il fait quand il joue avec le feu avec les massacres et les bains de sang en Syrie, tout cela va à l’encontre des intérêts de nos enfants et nos petits-enfants.

Alexandre Douguine : Je ne le pense pas. Je suis d’accord sur le principe que nous avons besoin d’un certain droit international. Mais le droit reflète le statu quo, l’équilibre des forces. Le droit n’est jamais complètement abstrait. Par exemple, le droit est établi après la victoire – lorsque l’Occident et l’Union soviétique ont vaincu Hitler ensemble, nous avons établi notre droit international. Lorsque le communisme est tombé et que l’Union soviétique s’est effondrée, l’on a tenté de créer un droit centré sur l’Occident, sur la base de la victoire dans la guerre froide. Et maintenant que ce droit, cet équilibre international des forces est en décomposition, nous le remettons en question et nous essayons de créer une nouvelle architecture internationale qui respecterait les civilisations. Je pense donc que nous arrivons à la fin du système structurel mondial unipolaire, basé sur cette victoire idéologique et géopolitique, parce que la fin du moment unipolaire, comme l’a dit Charles Krauthammer, se produit maintenant. Nous l’avons maintenant. Ainsi, les civilisations réapparaissent, et nous ne pouvons pas placer cette émergence des civilisations dans l’ancienne version du système d’État national westphalien. Aujourd’hui, nous devons le réviser de façon multipolaire, afin de respecter l’Autre, et de l’accepter pas seulement au plan culturel.

Je suis d’accord avec vous quant aux universités américaines, car je suis un admirateur de la tradition de Franz Boas en anthropologie, et de Claude Lévi-Strauss. Pour moi, ce sont des maîtres, je les suis, ce sont mes professeurs. Ce pluralisme anthropologique, j’en conviens, est précisément dans les traditions américaine et française. Mais il ne se reflète pas dans le monde politique, ou alors d’une manière très pervertie. Donc je pense qu’il y a une grande contradiction entre cette pensée anthropologique des universités américaines et françaises, et une forme de colonialisme néo-impérialiste très agressive pour promouvoir les intérêts américains à l’échelle mondiale par les armes. Je ne blâmerais pas uniquement Poutine pour la Syrie, par exemple. Vous avez également été actifs dans la crise libyenne qui a coûté des rivières de sang au peuple libyen. Vous avez suggéré de renverser Assad, ce qui revenait à soutenir un camp contre l’Autre dans cette guerre civile. Je pense donc que nous ne pouvons pas accuser uniquement Poutine dans cette situation. C’est une image pervertie ; Poutine a réagi, il a essayé d’affirmer la voix russe et la voix chinoise aussi dans cette situation. Ce sont cinq rois contre l’empire. Vous êtes du côté de l’empire, donc vous accusez les cinq rois de tous les crimes. Nous sommes les cinq rois.

Bernard -Henri Levy : Je suis du côté de Soljenitsyne…

Alexandre Douguine : Il en faisait partie !

Bernard-Henri Levy : … Je suis du côté de Bukowski, je suis du côté d’Anna Politkovskaya, je suis du côté de Leonard Pliouchtch, je suis du côté de tant d’amis russes, souvent morts et parfois vivants, je suis de leur côté, vous pouvez le croire. Le grand désaccord entre nous – et nous arrivons, ici, à la fin – est le suivant. Tout d’abord, le multipolarisme n’est pas une chose nouvelle, il y a toujours eu du multipolarisme. Et avant l’effondrement de l’Union soviétique, il y avait un véritable multipolarisme entre l’Amérique, la Russie et le Chine – ce n’est donc pas une chose si nouvelle, premièrement. Deuxièmement, vous dites que chacun doit respecter l’autre et ne pas interférer dans le processus de civilisation de l’autre. Si vous regardez honnêtement la situation aujourd’hui, celui qui interfère, celui qui tente, réellement et véritablement de déstabiliser l’Autre, ce n’est pas Trump qui déstabilise la Russie, c’est Poutine qui déstabilise l’Amérique et l’Europe. Aujourd’hui il n’y a pas – non, non, M. Douguine, croyez-moi, je le sais, ce sont des faits que l’on peut vérifier.

Vous ne pouvez pas trouver un seul parti d’extrême droite et néo-fasciste en Europe qui ne soit pas au moins béni et au mieux financé par la Russie. Vous ne pouvez pas trouver une seule crise en Europe qui ne soit pas encouragée par la Russie. Vous ne pouvez pas compter le nombre, en 2014 et 2015, de violations de l’espace aérien de la Pologne, de la Lituanie et même parfois de la France par des avions russes. Vous connaissez, comme moi, en 2014 ou 2015, la petite déclaration de Poutine – qui est un bon joueur d’échecs – disant qu’il fallait revoir la légalité – comme ça, dit en passant – du processus d’indépendance des pays baltes. Une autre phrase où il dit que cela prendrait deux heures entre la Russie (sic) et Moscou. Donc, aujourd’hui le véritable impérialisme, celui qui s’immisce véritablement et sème le désordre en s’immisçant dans les affaires des autres, hélas, c’est Poutine. Et je devrais parler de l’Amérique, où il est maintenant prouvé qu’il y a eu une intervention russe grossière, énorme et évidente dans le processus électoral de la dernière élection.

Une dernière observation. La Syrie, la Libye, etc. – ce ne sont pas des guerres civiles. Encore une fois, la guerre civile est un faux concept et vous êtes trop sage pour commettre une telle erreur. Ce sont des guerres contre des civils. La Syrie, la Libye et d’autres lieux : il s’agit de guerres d’un État, d’une armée, cela a été le cas en Libye et cela l’est encore en Syrie : ce sont des guerres contre des civils. Ce qui est vrai, c’est que vous avez des gens en Occident, comme moi, et en Russie aussi et en Ukraine, qui ont pris le parti des civils en Libye, afin d’éviter un bain de sang. Afin d’éviter ce qui s’est passé en Syrie, à savoir 400.000 morts, trois millions de personnes déplacées, etc. C’est vrai. Mais cela n’a rien à voir avec, ne peut pas être comparé à ce que fait un grand État, la Russie, avec ses gros avions, avec les gaz de Bachar el-Assad, où il s’agit de nourrir la guerre d’agression d’un boucher, Bachar el-Assad, qui n’a que faire de notre discussion sur les civilisations, les ponts, les blocs, et ainsi de suite, qui n’est qu’un bourreau soutenu aujourd’hui par votre Président.

Alexandre Douguine : Nous venons d’entendre tant d’exagérations et de figures de rhétorique que je ne suis pas enclin à y répondre, non pas parce que je n’ai pas de réponse – par exemple, au sujet de l’intervention. D’un côté, il a été prouvé qu’il n’y avait pas d’intervention en faveur de Trump, et qu’il y avait eu effectivement une intervention par certains oligarques russes en faveur de Hillary. De même quant aux financements de mouvements d’extrême-droite en Europe. Il y a beaucoup de rumeurs, de publications, et de rhétoriques sur l’intervention russe, dont la plus absurde celle dans la crise en Catalogne – mais aucune preuve. Mais toutefois, ce qui est intéressant, nous sommes incertains – je n’aime pas parler au sujet des faits maintenant…

Bernard-Henri Levy : …Au sujet des faits…

Alexandre Douguine : …Au sujet des faits parce que je les considère…

Bernard-Henri Levy : Mais vous voulez parler de quoi, sinon des faits ?

Alexandre Douguine : Parce que les faits concernent quelque chose qui a été fait – du terme latin ‘facere’ – nous parlons d’actes, de faits passés, de constructions. Dans notre époque de l’information, nous nous occupons de faits informationnels. Donc, comme l’a dit Guy Debord, qui contrôle les médias contrôle les faits…

Bernard -Henri Levy : …Donc les lecteurs et les journalistes ! Ceux qui contrôlent les médias sont essentiellement les lecteurs et les journalistes ; quelques magnats mais surtout les lecteurs et les journalistes contrôlent les médias, du moins en Occident, c’est l’un des avantages de l’Occident !

Alexandre Douguine : C’est une sorte de YouTube…

Bernard -Henri Levy : …Nous avons une discussion en cours actuellement concernant Le Monde qui est le plus grand journal, comme vous le savez, et les propriétaires du Monde envisagent d’apporter leurs actions à une fondation qui appartiendra à l’intérêt public. Donc Le Monde appartiendra – en voilà un des bienfaits de l’Occident – Le Monde appartiendra à ses lecteurs et à ses journalistes.

Alexandre Douguine : Nous ne parlons pas des propriétaires, nous parlons de l’épistémologie et le concept de Michel Foucault : qui contrôle l’épistémologie ? Par exemple, Régis Debray a déclaré, au sujet des médias de masse, que tout en étant le conseiller de Mitterrand, il n’avait pu réaliser aucun plan avec le soutien du Président à cause d’une résistance en provenance de nulle part. Cela démontre qu’il existe un centre de contrôle épistémologique autre que le propriétaire des médias.
Il est intéressant de constater cette lutte épistémologique : nous avons créé un système de faits choisis ou de faits biaisés expliqués de manière biaisée. Et lorsque la Russie a tenté de faire de même avec Russia Today, Sputnik, nous sommes accusés de créer des ‘fake news’. A vrai dire, nous produisons tous les deux des ‘fake news’.

Bernard-Henri Levy : Et je vous dirai pourquoi. La grande différence, c’est que, lorsque Russia Today a été conçu, il a été basé sur la verticalité – la démocratie verticale, comme vous le dites vous-même. Quand vous avez un conflit d’interprétation en Occident, entre Le Monde et Le Figaro, entre le New York Times et le Christian Science Monitor ou d’autres, c’est un combat entre professionnels, entre individus, dans une tentative sincère de découvrir la vérité. Ce n’est pas un média de propagande, tombant du ciel du pouvoir, ce qui est encore un des avantages de l’Occident, parce que ce qui est vrai, mon cher Douguine, ce qui est vrai, c’est que nous ne sommes plus à l’époque où la vérité nous venait d’en haut, comme chez Platon. Il faut la rechercher, et elle doit être recherchée avec de la sincérité et de l’authenticité. Nous n’avons pas besoin pour cela de l’intervention de l’État. Nous n’avons pas besoin des trolls manipulés par le Kremlin ou par la Maison Blanche, s’ils l’ont fait. Nous avons besoin de lecteurs, de journalistes, d’une société civile, tous animés par la volonté sincère et authentique de vérité – pour parler comme Friedrich Nietzsche.

Alexandre Douguine : Cette image est si belle…

Bernard -Henri Levy : Je la recommande à la Russie, je la recommande à la Russie ! Il s’agit là d’une des beautés que la démocratie peut offrir à la Russie. Et quand vous l’embrasserez, elle ne sera pas occidentale, elle sera pour le bien commun et elle sera russe aussi.

Alexandre Douguine : Lorsque Bush était à Moscou, au moment de l’invasion de l’Iraq par les États-Unis, il a dit : « Soyez patients, vous aurez la démocratie aussi, comme en Iraq. » Et Poutine de répondre : « Merci beaucoup, nous trouverons un autre moyen de construire notre société. »
Je pense que l’image que vous avez donnée est juste, mais elle n’a rien à voir avec la société occidentale moderne où il existe une manière purement totalitaire de décrire les faits, non pas en faveur d’un petit groupe de propriétaires d’un média de masse ou d’un autre, mais en faveur d’une élite politique régnante. Et ils sont en ce sens et en quelque sorte des platoniciens, tirant leur vérité de leur idéologie libérale. ça aussi, c’est quelque chose de platonicien. Et les gens se révoltent contre cela, dans divers pays mais aussi en Occident. Je pense que la vague de populisme est précisément le refus du peuple européen, pas de droite ou de gauche, mais un refus, par les citoyens centre-européens normaux, de ce programme totalement abstrait des élites libérales. Je pense donc qu’il ne s’agit pas de l’État maintenant, nous parlons des élites politiques.

Bernard-Henri Levy : OK. Vous êtes bon observateur, cela se passe en Occident, mais plus généralement il y a un important combat mondial entre les valeurs libérales et les valeurs il libérales. Ce combat traverse nos pays également. Vous avez des libéraux en Russie et nous avons quelques il libéraux en Europe. Ce qui est vrai, c’est que le libéralisme se trouve face au même genre de crise de crédibilité, et peut-être d’auto-crédibilité, comme celle avec laquelle il avait été confronté dans les années 30 ou au tout début du 20ème siècle. Mais, M. Douguine, dans ce combat – je l’ai vérifié encore aujourd’hui alors que nous arrivons à la fin de ce débat – nous nous trouverons chacun sur un côté opposé des barricades. Car, pour moi, une presse libre n’est pas un totalitarisme. Le culte du respect des idées libérales et de la liberté, n’est pas le libéralisme. Le sécularisme, les droits de la femme ne peuvent pas être placés – comme vous l’avez fait au début de notre rencontre – au même niveau que le fascisme et le communisme.

Aujourd’hui nous nous trouvons dans un vrai choc des civilisations, mais pas celui que vous évoquez dans votre livre, entre le nord et l’est et l’ouest et le sud, et tout cela. Il y a un choc des civilisations qui concerne toute la planète, entre ceux qui croient aux droits de l’homme, à la liberté, au droit d’un corps de ne pas être torturé et martyrisé, et ceux qui sont heureux avec l’illibéralisme et le renouveau de l’autoritarisme et de l’esclavage. C’est ce qui constitue la différence entre vous et moi. Et je suis navré de l’avoir de nouveau confirmé aujourd’hui.
(Applaudissements)

Traduction Marion et Raphaël Delpard

 




Cette vidéo du père Samuel ouvrira-t-elle les yeux des Européens soumis à l’islam ?

« Mais, qu’est-ce qu’ils ont avec l’islam ? »
C’était la question que me posa Jean Raspail à l’occasion d’un déjeuner. La question m’étonna, venant de l’auteur du   « camp des Saints ». Si je fus surpris sur l’instant, je compris néanmoins qu’il n’en savait guère plus que la majorité d’entre nous. Je ne vais pas ici raconter l’histoire de la politique arabe de la France pour la énième fois, mais reposer la question de Raspail : « Mais, qu’est-ce qu’ils ont avec l’islam ? » La question subsidiaire est « Qu’est-ce qui les séduit à ce point dans cette religion qui ne parle que de meurtres et de soumission ? »

Mais qu’est-ce qui peut fasciner des Occidentaux en face des populations adeptes de cette religion dont on peut constater, si l’on réfléchit un tant soit peu, qu’ils n’ont rien apporté à l’Humanité. Jusqu’à leurs villes, qu’ils n’ont pas construites, ce sont des architectes venus de l’extérieur qui l’ont fait. Comment peut-on encore s’étourdir avec les mensonges de l’Al-Andalus, la cohabitation pacifique, « le fameux mythe », comme l’écrit si justement Michel Onfray dans son ouvrage « Autodafés » du vivre-ensemble, que nous propose les dhimmis français, comme le modèle de la cohabitation pacifique. Alors que l’on sait maintenant que cette période n’était que soumission, instauration d’une inégalité entre les femmes et les hommes, les idées, les races, les sexes et la sexualité. »

Comment croire que le monde musulman puisse être un monde où se pratique la concorde entre les communautés humaines après le silence étourdissant des musulmans, suite à l’attentat de l’écrivain, d’origine indienne à New York ?
Quand on écoute le prêtre que je vous propose d’entendre, la question de Raspail est comme un fer rougi au feu qui remue dans notre entendement : « Mais, qu’est-ce qu’ils ont avec l’islam ? »

Cette vidéo du père Samuel, enregistrée il y a dix ans au Parlement européen, à Bruxelles, ouvrira-t-elle les yeux de quelques-uns ?

https://www.youtube.com/embed/Mda4h1YGMM0

Raphaël Delpard

Michel Onfray « Autodafés » Éditions Presses de la Cité 2021




La clique anti-juive de Mélenchon ose accuser Israël d’apartheid

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Une quarantaine de députés glaireux appartenant à la composition Nupes ont signé une résolution abjecte visant à faire de l’État d’Israël un régime d’apartheid.
Semble-t-il il n’y avait rien de plus urgent à faire, pour que, à peine élu, aucune situation ne mérite la mobilisation des élus membres du camp du Bien et de la morale, que de proclamer l’État d’Israël, État d’apartheid.

Les députés français, faut-il le rappeler, ont la mission de trouver des solutions aux maux qui secouent la société.
Les députés de la France insoumise en tête, et les traîne- patins des députés des autres formations qui les ont suivis dans cette funeste aventure, ont donc soustrait à leur mission les heures nécessaires à composer et à rédiger le brouet raciste.

Par quelle autorité seront-ils sanctionnés, pour ce manquement à leurs obligations envers les femmes et les hommes qui les ont élus et avoir fait montre du peu de respect de leurs engagements ? Faut-il rappeler que l’ensemble des citoyens paient dans la masse de leurs impôts une partie pour que le député, quelle que soit la formation à laquelle il appartient, réfléchissent à des solutions qui viendraient soulager les maux dont ils sont accablés. Je le redis par crainte de ne pas avoir été compris. Les députés français au Parlement n’ont comme seule et unique mission que de travailler à l’amélioration du fonctionnement de la société française.

Je pose la question de la sanction. Est-ce utile de préciser qu’il n’y en aura pas ! Le député qui a osé faire le salut nazi dans l’enceinte de l’Assemblée nationale n’a écopé que d’une remontrance.
Nous comprenons combien il était urgent, à peine élu, de bâtir le texte répugnant. Il fallait payer au plus vite la première facture à la communauté à laquelle ils doivent de se trouver à l’Assemblée pour cinq années. En le faisant, ils ont fait preuve de dhimmitude. En effet, l’islam protège celui qui n’est pas musulman, et en contrepartie, celui-ci doit payer une redevance. Le clan de la gauche, toutes obédiences confondues, est donc bien constitué de dhimmis. Ne soyons pas surpris si à l’avenir d’autres textes du même genre que celui qui est dénoncé apparaissent.

Il y a de la lassitude à redire sans cesse que les deux millions d’Arabes musulmans jouissent en Israël des mêmes droits que les autres citoyens chrétiens ou juifs. L’armée, la police et les autres activités de la Nation sont occupées tant par des Juifs que par des Arabes. Les travailleurs arabes bénéficient des mêmes salaires et avantages sociaux que les citoyens israéliens. Ajoutons pour les étourdis que les Arabes siègent au Parlement. Qu’ils animent des formations politiques et que leur vote pèse dans la représentation nationale.

En fait, ne soyons pas dupes, les braillards de la Nupes et leurs copains, tout ce que je viens d’écrire, ils le savent. L’enjeu n’est pas de condamner l’État juif, mais d’entretenir une sorte d’accusation, d’illégitimité de la présence juive dans cette partie du monde, et de rappeler pour les conflits à venir qu’elle est une terre résolument musulmane, « Dar-Al Islam », et donc de replacer sournoisement le discours anticolonial, lequel s’adresse cette fois tant à l’Europe qu’aux Juifs.

Mélenchon, compagnon de route de l’ordure anglaise Jérôme Corbyn, lequel se déclare ouvertement antisémite, a une part énorme dans l’antisionisme, qu’il propage perfidement depuis des années en France. Il n’y a pas encore si longtemps, en 2014, à l’occasion d’une manifestation à Paris, des gens du clan de la bien-pensance, accompagnés de leurs amis arabo-musulmans, ont crié « Mort aux juifs ! ».

Mélenchon sait que l’antisionisme est le faux-nez de l’antisémitisme.
Paiera-t-il un jour pour cet engagement mortifère ?

Raphaël Delpard

 




Il y a six ans, le père Hamel était égorgé dans son église…

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Il y a six ans, le père Hamel était égorgé dans son église pendant l’office.
Les Français il y a six ans ont-ils défilé dans les rues. Ont-ils crié leur haine du meurtre ? Ont-ils dit « Ici en France on n’égorge pas ! »
Il ne s’est rien passé.
Depuis le meurtre perpétré à Saint-Pierre du Rouvray combien y a-t-il eu de gens qui furent assassinés par un islamiste ?

Faut-il même brièvement rappeler les noms ? Est-ce que leur énoncé servira-t-il à modifier la politique glaireuse des députés silencieux ? À leur faire prendre conscience qu’il se passe dans ce pays ce qui n’a jamais eu lieu en deux mille ans ? Même au pire moment de son histoire mouvementée.
Les Français vont-ils vivre le même quotidien des Israéliens depuis soixante-dix ans ; vont-ils vivre ce qu’ont vécu les Français et les Algériens fidèles à la France durant les huit années que dura la Guerre d’Algérie ?
Qu’est-il arrivé à ce peuple ? De quelle façon faut-il s’y prendre pour lui faire comprendre qu’en se taisant il accomplit son propre meurtre ?

Il fait froid en France. La mort vit en son royaume.

Raphaël Delpard




Réintégration sans condition de tous les soignants suspendus


Il n’y a pas si longtemps, il suffisait qu’un cheminot souffre d’une rage de dents pour que la CGT en tête de l’action syndicale lance une grève au motif de la pénibilité du travail des cheminots.
Des femmes, des hommes – personnel de santé aguerris et responsables, dévoués et conscients du rôle qui est le leur, ont refusé la vaccination.

Écoutez-les attentivement. Ce ne sont pas des tribuns, mais des gens de tous les jours, comme vous et moi. Le refus qu’ils opposent à la folie sanitaire ne relève pas d’un esprit complotiste, mais d’une attitude sereine et responsable.

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Il fut un temps où la situation de ces gens, jetés hors de leur lieu de travail comme des malpropres et privés du droit au chômage, aurait soulevé les Français d’indignation. Nous aurions vu les rues des villes de France noircies de manifestants avec en tête le tintamarre de la CGT. Là, rien, personne. Pas un politique de droite tout comme de gauche ne prend la parole. Pas une organisation politique monte au créneau. Quant aux syndicats, ils sont devenus aphones depuis longtemps.

Qu’est devenue la France de Jaurès, du Front populaire, des grèves ouvrières de 1947 ?
Il va de notre honneur de citoyen – ici à Riposte Laïque et ailleurs – de militer pour que ces femmes et ces hommes soient réintégrés dans leur travail et dans leur dignité.
Écoutez-les.

Raphaël Delpard