1

Y a-t-il un psy dans l’avion France?

CaptureValls Taubira -La France est gravement atteinte du syndrome de Stockholm. On se rappelle combien semblaient inquiets, désorientés et désemparés les responsables politiques, notamment le ministre de l’Intérieur, dans les heures qui ont suivi les attentats de janvier. Et puis il y a eu le cortège des personnalités politiques du monde entier (que nombre de Français croient encore qu’il venait en tête de dizaines de milliers de manifestants alors que le cortège était dans une rue isolée et protégée…).

Le « Je suis Charlie » qui a suivi a tout centré sur les victimes et les héros du moment. Un peu comme si en 1940, des Français munis de feutres et de cartons avaient brandi des « Je suis soldat », « Je suis Pétain » au lieu de désigner l’ennemi et de poursuivre le combat. Un Pétain porté au pouvoir par une Assemblée nationale de gauche Front populaire, s’il faut le rappeler. Ecrasés et stupéfaits par la rapide avancée allemande, les Français se sont rapidement accommodés de la présence vert de gris. Jusqu’à ce que le pillage du pays envahi par le Reich, les privations, les difficultés de vie, l’avilissement (la prise de conscience d’être réduit à l’état de dhimmis, tiens, tiens!) puis les premiers signes de faiblesse des Allemands (Angleterre résistante, déroute à Stalingrad, entrée des USA dans la guerre, réveil patriotique) ont fait reculer le syndrome de Stockholm qui touchait déjà notre pays.

En 2015, après janvier, le syndrome s’est au contraire accentué y compris après les attentats de novembre, ô combien plus spectaculaires et meurtriers que ceux de janvier. Il s’est accentué et on le voit bien aux mines décontractées et confiantes de nos dirigeants qui constatent que le padamalgam fonctionne à merveille.

On se demande quelle situation nouvelle peut faire se dissiper ce syndrome de Stockholm mortifère. Les Anglais sont absents, les Américains aussi, les Russes font leur résistance chez eux, aucun général français deux étoiles ne lance d’appel. La collaboration est partout avec un ennemi qu’on ne désigne pas, qu’on ne sait pas reconnaître.

Etant donné que ce syndrome de Stockholm n’est pas dénué de sincérité (à forte capacité de déni et de lâcheté toutefois), on peut se demander comment il peut être possible de s’en guérir sans l’aide des Tommies, des GI’s, des Rouges. Les patriotes FFI, trop seuls, étant notoirement insuffisants. Les psychologues nous ont déjà largement expliqué ce qu’est le syndrome de Stockholm, le déni des réalités. Mais le diagnostic ne suffit pas, il faut un traitement . Y aurait-il un bon psy pour nous expliquer les voies et les moyens pour en guérir, pour ouvrir les yeux de qui ne veut pas voir, pour que bisounours se mue en bisoulynx ?

Roger Costini




Mais pourquoi Nicolas Dupont-Aignan ne parvient-il pas à s'envoler ?

dupont-aignanL’ami Nicolas a beau pavoiser quand un résultat électoral lui donne un demi-point de plus que précédemment, il ne s’envole que comme Clément Ader avec son premier avion. Pendant ce temps, l’amie Marine a déjà allumé sa post-combustion pour accroître sa poussée. Si je compare ces deux chefs d’escadrille c’est parce qu’ils me semblent l’un et l’autre également attirés par les altitudes souverainistes. C’est aussi parce que leurs programmes économiques passablement dirigistes pourraient assez aisément se confondre ou se compléter. L’Europe telle qu’elle est, l’euro tel qu’il survit sont aussi des thèmes de rencontre. Alors où est, où sont les différences qui expliqueraient que sur le tarmac électoral on opte plus volontiers pour l’Airbus que pour le planeur ? Pour voyager, je le sais, mais pour voter ?…
Il me semble que Marine commence à bien réussir la dédiabolisation du parti de son père. Elle me semble en voie de mettre en marge les vrais extrémistes qui ne représentaient qu’un FN à 2 ou 3% et aussi en marge les clichés encore répandus d’un parti soi-disant haineux. Marine débarrasse le FN de son passé, c’est à dire de son image créée par Mitterrand et par les mauvaises saillies du cher Papa. Pendant ce temps, NDA s’évertue à faire appel au passé en quêtant les mânes du grand ancêtre. Or, il ne suffit pas de se dire gaulliste pour l’être. Etre gaulliste c’est savoir dire non contre tout le monde et surtout contre ses affidés. C’est mettre par dessus tout l’intérêt de la France. Or, je constate que NDA se plie aux injonctions des vieux de la vieille de son mouvement qui se croient encore dans les années 60 et qui confondent nostalgie et sens de l’histoire.
Cette « fixette » sur le souvenir sans autre contenu qu’un pèlerinage annuel à Colombey empêche trop de gens de voir que l’islamisation est le seul et unique danger mortel pour notre pays, pour l’Europe, pour notre civilisation. Tout ce qui est économique, financier se fait et peut se défaire. Un remplacement de population, avec changement de mœurs, de droits, en un mot, de civilisation, devient définitif. Nous avons tous ressenti le sentiment de Marine sur ce sujet. Même si parfois avec l’aide de Philippot elle semble aller à la quête des voies musulmanes, si elle marche sur des œufs pour se placer comme rassembleuse tout en étant ferme sur la laïcité, on sent bien que l’immigration en général et l’immigration musulmane en particulier est la pierre de touche de son action. Pour certains elle le fait trop apparaître, pour d’autres pas suffisamment.
Or chez NDA on baigne dans le « pas suffisamment » pour ne pas dire dans le « pas du tout ». Quand Marine dédiabolise, NDA volette au milieu des anges limitant apparemment ses diatribes contre l’euro et l’Europe, et, aux régionales, contre l’insuffisance des transports publics. Un peu maigre tout ça, et pas de quoi rejoindre Londres si on ne ressent pas l’invasion. C’est que si Marine donne peu à peu figure normale à son parti elle ne l’a pas encore dédiabolisé chez NDA et surtout chez ses partisans. Il aurait fallu que Debout la République fasse des scores plus remarquables et au dessus des 10% pour que NDA se sente les coudées plus franches et puisse envisager un front souverainiste avec le FN, le SIEL, d’autres du Rassemblement Bleu Marine. Malheureusement, il n’a pas fait 10% et Marine a fait un bond en avant. Si les évolutions continuent de même manière, les voix de NDA manqueraient juste à l’appel en 2017 pour empêcher Marine d’accéder à l’Elysée au profit de Juppé, de Sarkozy voire de Hollande.
De Gaulle a dit un jour à Lille : « Tout bouge et ceux qui ne s’en aperçoivent pas, se condamnent à ne compter pour rien ».
Roger Costini




Pourvu que le FN n'obtienne pas de région !

antifafascismetue
Pour rassurer ceux qui ont fait un bond en lisant ce titre, que je leur dise tout à trac que j’ai voté en faveur de Marine dimanche dernier et que je ferai de même dimanche prochain. Une victoire électorale est toujours bien agréable et encourageante et j’admets qu’espérer une défaite est, au moins, paradoxale. Et pourtant ! Si le Groupe Bleu Marine gagne une ou plusieurs régions, qu’en fera-t-il ? Ces nouveaux Conseils Régionaux seront en butte à toutes les oppositions externes et internes qui mettront tous les bâtons dans les roues. Il n’y aura plus de Conseillers de Gauche mais ils seront encore présents par les personnels administratifs choisis depuis si longtemps. Les limites d’attribution des Conseils Régionaux seront aussi des impossibilités d’agir qui vont donner le sentiment de promesses non tenues. Le FN a beaucoup à perdre à se mettre sous l’injuste projecteur de la presse locale et à devoir limiter son action à remettre du porc dans les cantines, à réduire le prix du billet de bus alors qu’il ne sera pas dans ses attributions de remettre en cause tout ce que l’on attend de Marine au niveau national. Ne pouvant faire que peu de choses au niveau des régions, dans les mois qui viennent, les bilans ne seront, au mieux, que médiocres aux yeux des indécis qui seront sollicités à l’élection reine de 2017. Une victoire en 2015 ne serait-elle pas un handicap pour 2017 ?
Or, de toute façon, si le FN ne gagne pas de région, le mouvement aura tout de même remporté la victoire en devenant le premier parti de France et en gagnant suffisamment de sièges régionaux pour exercer une action critique visible sur la direction régionale issue de la magouille UMPS.
Cette action critique qui sera visible et audible sera un excellent préliminaire pour 2017.
Etant donné que les mois qui viennent peuvent être gravement chahutés du côté de l’économie et des  finances et que les risques d’attentats ne sont pas du tout levés, une défaite apparente du FN aux Régionales laissera le mouvement intact et en mesure de progresser encore pour que les Français soient toujours plus nombreux à n’en plus pouvoir, et moins nombreux à être aveugles et sourds. Pour une victoire de Marine au premier tour en 2017 ! Un premier tour nécessaire pour éviter deux semaines de troubles pires qu’en 2002.
Roger Costini




Père, d'August Strindberg : la takkya féminine…

PereEst-ce le lieu pour faire une critique théâtrale ? Pourquoi pas si on estime trouver dans une œuvre quelque élément de réflexion qui nous rapproche des thèmes généraux habituellement traités ici ?
Évoquons donc la pièce « Père » d’August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin à la Comédie Française.
Le Capitaine est athée et souhaite que sa fille Bertha quitte le foyer familial pour devenir institutrice, gagne son indépendance et assure son avenir sans devoir compter sur un mari. Très autoritaire, le Capitaine œuvre paradoxalement dans le sens d’un certain féminisme. Il s’oppose à sa femme Laura qui veut garder sa fille auprès d’elle et lui faire étudier la peinture. Très croyante, Laura est aussi une féministe qui vit et nourrit un conflit d’autorité avec son mari, mais son projet pour sa fille est éminemment traditionnel !
Ces deux attitudes contradictoires s’opposent et la fille Bertha qui ne sait ni réfléchir ni choisir souhaite que ses parents parviennent à une solution qui convienne à tous. Adepte de la quadrature du cercle, elle est la personnification d’une jeune bobo d’aujourd’hui.
Au fil des scènes, on voit que le Capitaine est un homme de l’ancien temps, militaire de surcroît, attaché à l’autorité masculine. Il ne comprend pas que cette suprématie puisse être contestée alors qu’il offre lui-même à sa femme les outils de sa défaite. Qui plus est, athée, il est raisonneur, ratiocineur quand il pose comme un problème existentiel majeur la réalité ou l’illusion de sa paternité. Il n’a eu jusque là aucun doute sur la fidélité de sa femme, c’est tout à coup le problème philosophique qui le fait souffrir et le submerge. On sait toujours qui est la mère, le père, on ne le sait jamais. Cette incertitude entre en conflit avec son attachement tout à fait de notre époque avec sa fille. Lien fusionnel avec l’enfant unique qui est sa seule descendance, son seul avenir dont théoriquement il ne peut même plus être certain. Ses colères sont autoritaires mais enfantines et velléitaires ; il revendique simultanément sa faiblesse et sa force comme un individu qui s’enfonce lentement dans des sables mouvants où le moindre geste de résistance accentue le danger. Comme sa fille, il est un bobo d’aujourd’hui, un bobo indigné, un bobo qui meurt sans haine pour qui l’assassine. Il meurt sans avoir rien compris.
Quant à sa femme Laura, du sexe dit faible, elle s’est employée dès son mariage à prendre le pouvoir sur son mari et sur sa maisonnée avec les armes qui sont les siennes, à savoir la takkya, arme autorisée voire recommandée par la religion tant qu’on n’est pas en position de force. La duplicité, le mensonge, la victimisation pour arriver à ses fins et ça marche avec les naïfs. Mais il ne faut surtout pas que le Capitaine se suicide car elle perdrait sa pension de veuve, ni qu’il aille en prison car il en ressortirait un jour malgré ses violences supposées. Il vaut mieux qu’il soit mis sous tutelle et interné « chez les fous ».
Elle a pu compter sur un médecin qu’elle a subjugué, car il est un homme avant d’être toubib, même s’il tente de se raccrocher à son devoir d’objectivité. Enfin, le beau-frère du Capitaine qui est Pasteur, un homme religieux que je qualifierais de « modéré » comme il y en a tant aujourd’hui, qui joue l’amitié avec le Capitaine mais le trahit à la fin, bien qu’il ait compris sa sœur et l’ait accusée d’avoir été la « mauvaise herbe » de la famille. Il savait mais ne s’est pas opposé à l’assassinat moral du Capitaine. Un œcuménisme révélant que le seul vrai ennemi des croyants est le mécréant, l’athée.
Quant à Margret, la vieille nounou encore proche et aimante du Capitaine, elle se fait bien aisément complice de l’épouse comme les vieilles femmes des tribus sont des garantes et perpétuent les traditions honnies. Ne manquez pas d’aller voir cette pièce plus actuelle qu’on ne le croit. Mais toute ressemblance avec des communautés existantes ou ayant existé… est purement fortuite.
Roger Costini