1

Azar Majedi, présidente de l’Organisation pour la Libération des Femmes en Iran

Riposte Laïque : Depuis les attentats de Londres, as-tu senti une prise de conscience nouvelle, en Grande-Bretagne, du danger du communautarisme ?

Azar Majedi : Il est difficile de juger l’opinion publique britannique étant donné qu’elle est généralement manipulée par les medias. Pour ce qui concerne l’arène politique britannique, je dois dire qu’elle n’a pas changé. Le gouvernement britannique continue sa politique d’apaisement de ceux qui s’autoproclament leaders musulmans. La consultation des ces religieux afin de « vaincre le cœur de la communauté musulmane » est la politique clé du gouvernement britannique.

Malheureusement, il s’est crée un climat de méfiance entre la communauté musulmane et l’opinion publique. La communauté musulmane se sent isolée et discriminée. Elle a été stigmatisée. C’est le résultat négatif de la tension actuelle. Certains britanniques soupçonnent ceux qui se considèrent musulmans, ont leurs origines dans une région du monde associée avec l’Islam ou bien ont les traits d’un « musulman »,d’être des terroristes. Cette attitude intensifie les tensions et la friction à l’intérieur de la société et creuse le fossé.

La position adoptée par la gauche, qui croit peut-être bien faire, pour combattre le racisme et la stigmatisation de la communauté musulmane, est de soutenir le mouvement islamique, le voile, l’apartheid des sexes, et toutes les valeurs islamiques, qui sont profondément réactionnaires, discriminantes et misogynes. Tout cela est mauvais. C’est cela qui s’appelle du racisme ! Dire en effet que l’apartheid des sexes et la discrimination sont bons pour les « musulmans », c’est adopter une politique de deux poids deux mesures. Il faudrait avant tout faire la distinction entre « musulmans ordinaires » et le mouvement islamique.

Puis on devrait prendre la liberté de critiquer l’Islam tout comme on prend la liberté de critiquer n’importe quelle autre religion, idéologie ou croyance. Cependant , une partie du mouvement de gauche ne fait pas la distinction entre ces catégories et accepte l’autoproclamation des « leaders musulmans ». Le mouvement islamique ne représente ni les musulmans ni les souffrances du peuple palestinien ou irakien. Il faut le souligner.

Je crois qu’on a besoin d’un débat sain. Il faut critiquer l’Islam et le mouvement islamique et en même temps combattre le racisme, la stigmatisation et défendre les droits individuels. Depuis les événements tragiques du 11 septembre, on a sapé les libertés civiles à l’intérieur de la société au nom de la sécurité. Il faut essayer d’inverser la tendance.

Riposte Laïque : Que penses-tu du projet de Grande Mosquée du maire de Londres, Ken Livingstone ?

Azar Majedi : Je m’y oppose complètement. On n’a pas besoin d’autres mosquées. Il y en a déjà trop. Ce qu’il faut c’est davantage d’écoles de qualité pour les enfants et les adolescents de la communauté musulmane, plus de subventions pour améliorer leur instruction, plus de centres de loisirs et d’équipements sportifs. Il faut investir beaucoup plus dans ces communautés afin d’améliorer leur environnement social.

Les mosquées sont le lieu où l’on pratique un lavage de cerveau des enfants et des jeunes. Généralement les jeunes défavorisés et marginaux sont attirés dans ces mosquées, où on leur inculque la haine ainsi que des valeurs réactionnaires et misogynes. On a prouvé que certaines de ces mosquées, par exemple celle de Finsbury, ont été utilisées pour former les terroristes. Il faut aussi savoir que les gouvernements islamiques comme celui d’Iran ou d’Arabie Saoudite, soutiennent ces projets monumentaux. Ceci en dit long sur les objectifs de construction de tels monuments.

Riposte Laïque : Quelle est ta position, toi qui combats l’Ian des ayatollahs, sur les menaces de guerre, relayées par Bernard Kouchner ?

Azar Majedi : Oui, je suis une fervente opposante du régime islamique d’Iran. C’est un régime brutal qui a exécuté plus de cent mille personnes. C’est une dictature brutale qui opprime le peuple et qui est misogyne dans l’âme. Je combats ce régime depuis sa naissance.

Ceci dit, je dois admettre que je suis complètement opposée à la guerre. Les attaques militaires seraient catastrophiques. C’est le peuple iranien et la région qui souffriraient à cause de cette guerre. A mon avis, il s’agit d’une guerre de terroristes.

Il existe deux pôles du terrorisme : le terrorisme d’état et le terrorisme islamique. Ce sont ces deux pôles qui veulent mettre le feu aux poudres. Une telle guerre n’aurait aucun impact positif, ni pour le peuple iranien, ni pour la région, ni pour la paix. Cette guerre renforcerait le régime islamique, de même que la guerre en Irak renforce les islamistes et le régime islamique d’Iran, de même que la guerre au Liban renforce les Hezbollah et le mouvement islamique.

Dès que la menace se fera imminente, le régime imposera des restrictions dont le peuple souffrira. Il réprimera toute forme de protestation. Il exécutera les gens de manière toujours plus impitoyable. La guerre serait aussi une catastrophe pour l’environnement. Si on attaque les sites pétroliers, ce sera l’enfer nucléaire dans la région. Ceci favoriserait le terrorisme. Il suffit de tenir compte de la situation en Afghanistan, en Irak et au Liban.

Il y a des gens en Iran qui s’opposent au régime. Il y a un grand mouvement de protestation en Iran : ouvriers, féministes, jeunes luttent pour mettre fin aux restrictions et pour une liberté culturelle. Il existe un mouvement laïque considérable en Iran. La guerre aurait des effets dévastateurs sur ces mouvements progressistes. Le slogan devrait être : « Non à la guerre et non au régime islamique ! ». Les mouvements de gauches et progressistes du monde entier devraient soutenir les mouvementsprogressistes d’Iran.

Il faudrait aussi dénoncer la propagande belliciste des USA. Le démentèlement de l’arsenal nucléaire iranien n’est qu’un prétexte pour justifier la guerre, de même que la destruction des armes de destruction massive en Iraq était un pur mensonge. Le gouvernement des USA a été défait en Iraq. Pour reconquérir sa place de leader mondial, il a besoin d’une autre guerre. C’est le régime islamique qui a en réalité gagné la guerre en Irak. En attaquant l’Iran, les USA montreraient au monde qu’ils sont encore suffisamment puissants pour s’attaquer à leur régime et à n’importe quel pays, tant qu’à faire.

Riposte Laïque : Comment as-tu réagi à l’affaire des Vosges ? Face à l’offensive du voile sur toute l’Europe, penses-tu que l’interdiction est la bonne réponse ?

Azar Majedi : C’est un vaste sujet. Je dois tout d’abord dire que je suis contre le voile, qui est l’outil et le symbole de l’oppression et de l’asservissement de la femme. De plus aujourd’hui le voile est devenu la bannière du mouvement islamique. Beaucoup de femmes en occident, au Moyen Orient et en Afrique du Nord portent le voile pour afficher leur position politique. L’oppression américaine, la guerre en Irak et au Liban, le soutien d’Israël contre les palestiniens ont poussé beaucoup de femmes à porter le voile pour protester contre la politique américaine et occidentale.

Je me bats contre le voile et dénonce sa nature. De plus je suis pour l’interdiction du port du voile par les mineurs. Je pense qu’aucune fillette ne doit être obligée de porter le voile. Un enfant n’a pas de religion. C’est la religion de ses parents qu’on lui inculque. Le voile limite le développement physique et intellectuel d’un enfant et doit être interdit. Je suis aussi favorable à l’interdiction de la burka partout. Cependant je ne pense pas que le port d’autres styles de voile par les adultes doive être interdit, sauf dans les lieux et institutions publiques, sinon on limiterait le droit des individus à choisir leur religion et leur tenue vestimentaire.

Une interdiction totale aurait un effet négatif plutôt que positif, ne permettrait d’atteindre ni les objectifs d’une liberté libre et laïque ni la concrétisation des droits et libertés des femmes. Au lieu de faire campagne contre l’intediction totale du voile, il faut se battre contre le voile, le mouvement islamique et l’agression américaine. Il faut s’opposer aux deux pôles du terrorisme afin d’ouvrir les yeux des femmes qui ont soi-disant choisi librement ce symbole comme prise de position politique. Le mouvement islamique essaie de se faire passer pour le libérateur des peuples de Palestine, du Moyen Orient et d’Irak. C’est un mensonge éhonté qu’il faut dénoncer. Il faut lutter contre les islamistes et leur bannière, le voile, sur le plan idéologique et politique.

Propos recueillis par Rosa Valentini




Réaction à un article de Caroline Fourest publié par Respublica

Je viens de lire dans Respublica n° 563 l’article de Caroline Fourest intitulé « Affaire des Vosges : un jugement sévère qu’il faut accepter ».

Je suis indignée par le titre et le contenu de l’article.

Si les clientes musulmanes s’étaient présentées au gîte de Fanny Truchelut sans voile, l’affaire n’aurait même pas existé.

Fanny n’a pas fait preuve de racisme anti-arabe ou anti-musulmane.

Elle aurait accueilli les clientes comme elle accueille toutes les autres clientes non voilées. D’ailleurs elle ne leur a pas fermé la porte au nez. Elle leur a juste demandé gentiment d’enlever le voile dans les parties communes du gîte.

Fanny n’est pas raciste!

Fanny n’a pas de préjugés!

Quand je vais dans un gîte, une chambre d’hôtes ou un hôtel, si on me demande de ne pas fumer, je ne fume pas. Si on me demande de laisser mon chien dans la voiture, je laisse mon chien dans la voiture. Si on me demande de ne pas parler fort afin de ne pas déranger les autres clients, je ne parle pas fort. Si on me demande de ne pas me promener nue ou presque en dehors de ma chambre, je ne me promène pas nue. Je respecte les volontés du propriétaire du gîte.

Si mon boucher me demande de laisser mon chien dehors, je laisse mon chien dehors.

Si mon boulanger me demande d’éteindre ma cigarette avant d’entrer dans son magasin, j’éteins ma cigarette.

Si mon banquier demande à mon compagnon d’ôter sa cagoule avant d’entrer dans la banque, mon compagnon enlève sa cagoule.
Je respecte les propriétaires des gîtes, des chambres d’hôtes, des hôtels.

Je respecte les commerçants et les banquiers.

Si je devais aller en Arabie Saoudite, je mettrais le voile puisque là-bas il est obligatoire.

En Arabie Saoudite je renoncerais aussi à ma voiture.

On n’a pas besoin de voile en France.

Un voile sert normalement à se protéger des rayons de soleil intenses et néfastes pour la santé.

Un voile n’est pas un vêtement.

Un voile n’est pas non plus un signe religieux. Sinon comment expliquer le fait que la plupart des musulmanes ne le portent pas?

Comment expliquer le fait qu’il était presque inexistant en France avant la première guerre du Golf?

Un voile est un moyen d’affirmer l’opposition, voire la haine vis-à-vis de la société occidentale.

Le paysage français est en train de se transformer en paysage iranien ou afghan.

Beaucoup de Français sont inquiets à ce sujet, qu’ils soient catholiques, catholiques intégristes, athées, agnostiques, de gauche ou de droite.

Le voile rappelle la charia.

En Arabie Saoudite, en Iran, etc. les femmes qui ne portent pas le voile sont sanctionnées.

En France les femmes qui portent le voile le font non pas parce qu’elles le choisissent (pourquoi ne le choisissaient-elles pas avant le début des années 90?), mais parce qu’elles subissent la pression du prosélytisme islamiste. On les envoie porter plainte quand elles sont soi-disant victimes de la discrimination.

On empoche des sous quand on gagne un procès.

On nous dit que l’on ne peut pas interdire à quelqu’un de s’aliéner contre son gré.

Et pourtant il a bien fallu légiférer dans certains cas même si cela n’arrangeait pas les « victimes » de la loi!

Les exciseuses n’étaient pas contentes quand il a fallu interdire l’excision!

Les mamans des excisées n’étaient pas contentes même si on leur expliquait que leurs filles étaient dignes, respectables et honorables même si elles n’étaient pas excisées!

Vous allez me dire qu’il n’y a aucun rapport entre les traitements cruels, inhumains et dégradants qu’on inflige aux fillettes quand on les excise et le port du voile.

Croyez-vous que les jeunes filles et les femmes qui sont battues, insultées, méprisées, privées de sortie si elles ne portent pas le voile ne seraient pas contentes si la loi les aidait à se libérer, à être égales aux garçons et aux hommes, qui eux, n’ont pas l’obligation de cacher leurs cheveux ou leurs formes?

Croyez-vous que ces filles-là ne remercieraient pas l’état français qui ne reconnaît pas l’apartheid des sexes, la ségrégation des sexes, le communautarisme, l’inégalité entre hommes et femmes, les injustices?
Quand on réfléchit bien, les filles acceptent bien de montrer leurs cheveux et leur nuque dans les écoles. Pourquoi bon sang on les oblige à ne pas les montrer en dehors de l’école? A quoi cela rime?
La loi interdit que l’on se promène nu dans la rue et dans ce cas on peut être condamné pour atteinte à la pudeur.

Le voile est une atteinte à la dignité de la femme. Il sous-entend que la femme doit avoir honte de ses cheveux, de son corps ou bien qu’elle doit renoncer à son identité. Il sous-entend aussi qu’une femme doit cacher tout ce qui peut émoustiller les sens des hommes et des garçons comme si ceux-ci étaient incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles ou étaient incapables de penser à autre chose qu’au sexe, et comme si la vue d’une femme ne peut déclencher que des images sexuelles et rien d’autre. Une femme n’est pas uniquement un « objet » (de désir) sexuel ! Une femme ça pense, ça réfléchit, ça doit avoir le droit de s’exprimer, ça doit avoir les mêmes libertés que les hommes et les garçons!

Je salue le courage de Fanny Truchelut, qui n’a pas envie que les droits des femmes soient bafoués, qui a horreur des symboles qui rappellent la charia, le fanatisme, l’obscurantisme et l’injustice.

Rosa Valentini




Le 8 mars, que les hommes portent le voile !

Ce texte s’adresse à tous ceux et toutes celles qui croient sincèrement en l’égalité entre hommes et femmes et s’évertuent à défendre la laïcité, les valeurs républicaines, la démocratie et la liberté.
Le 8 mars approche. Il est temps d’organiser les manifestations dans les villes de France pour célébrer la Journée Internationale de la Femme.
Dans le passé les femmes se sont battues pour obtenir le droit de voter, divorcer, avorter, choisir leur contraception, faire ouvrir des centres de planning familial.

Les manifestations étaient une affaire de femmes.
Le 8 mars prochain femmes et hommes devront manifester ensemble car aujourd’hui il ne s’agit pas seulement de défendre les acquis des femmes et leur liberté, mais il est aussi question de préserver la laïcité et les fondements de la République.
Les femmes défileront, fières de leur corps, de leurs cheveux, de leur liberté.
Les hommes défileront derrière les femmes et porteront le voile.
Ils seront muets, marcheront la tête baissée avec une pancarte qui dira : « Le voile, c’est mon choix » ou bien : « Le voile, c’est ma liberté ».
Pourquoi cette mise en scène ?
Parce que de plus en plus nombreux sont les Français qui se disent irrités par la prolifération des voiles dans les rues de France, qui sont inquiets quant à la multiplication des agressions et des plaintes venant de la part de militant(e)s islamistes qui veulent remettre en question les valeurs de notre société.

Des médecins sont agressés dans les hôpitaux s’ils osent ausculter ou accoucher une musulmane ; des femmes voilées portent plainte contre des propriétaires de gîtes qui leur demandent d’ôter le voile dans les parties communes ou contre des professeurs d’école lorsque celles-ci refusent de les accepter en tant qu’accompagnatrices pour les sorties scolaires ; des musulmans protestent lorsque les professeurs d’école organisent des visites d’expositions artistiques installées dans des églises ; des créneaux horaires sont réservés aux musulmanes dans certaines piscines municipales, ce qui favorise la ségrégation des sexes. Dans certaines classes des élèves musulmans s’insurgent quand on parle d’avortement, refusant même d’assister aux cours de sciences naturelles. Certaines filles musulmanes refusent de se présenter aux cours d’Education Physique car elles ne doivent pas être vues en tenue sportive par les garçons. On exige même un menu spécial pour les musulmans dans les cantines scolaires.

On veut instaurer l’obscurantisme au pays des Lumières. On veut instaurer la ségrégation au pays de la laïcité, synonyme de vivre ensemble.
Certains soi-disant libertaires affirment que nous n’avons pas le droit d’interdire aux femmes le port du voile, nous traitant de liberticides et nous taxant d’arrogance et tyrannie. Ils veulent nous donner des leçons de démocratie.
Comment ont-ils réagi, ces soi-disant libertaires, lorsqu’ils ont vu à la télévision les images de femmes en tchador à l’époque de la révolution islamique en Iran ou de femmes en burka à l’époque des talibans en Afghanistan ?

Pourquoi étaient-ils choqués au sujet de ces pays lointains et ne le sont-ils pas au sujet de notre propre société ?
Ces soi-disant libertaires déclarent qu’en France c’est différent, qu’ici les musulmanes choisissent librement de porter le voile, et que ce n’est pas simplement une question de religion, mais aussi une question de tradition à respecter.
Ils nous expliquent que nous n’avons pas le droit d’interdire aux femmes de respecter les traditions.
Pourquoi cette tradition avait-elle été mise entre parenthèses jusqu’au début des années 1990 ? Pourquoi resurgit-elle comme par magie ?
Pourquoi n’aurait-on pas le droit d’interdire des traditions (plus ou moins intermittentes) qui perpétuent l’oppression et la soumission de la femme ?

Il y a des femmes qui pratiquent et font pratiquer l’excision et l’infibulation au nom de la tradition. Doit-on se taire au nom du respect de la tradition ?

Il y a des jeunes filles qui sont mariées de force. Doit-on laisser passer cela au nom du respect de la tradition ?

Il y a des femmes qui acceptent de devenir les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes épouses d’un polygame tout en sachant qu’elles seront malheureuses. Doit-on accepter cela au nom du respect de la tradition ?
Il y a des femmes qui sont battues voire tuées si leur dot n’est pas considérable. Doit-on crier hourra à cette tradition ?

Il y a des femmes qui organisent avec leur mari, fils, frère ou beau-frère le crime d’honneur ou la lapidation de leur fille qui aurait regardé un garçon, qui aurait eu des rapports sexuels en dehors du mariage ou qui aurait été violée. C’est une tradition. Doit-on fermer les yeux ?
Il y a des femmes qui gavent leurs filles au Mali et en Mauritanie pour qu’elles soient suffisamment grosses afin de trouver un beau parti. Doit-on saluer cette tradition ?

Il y a des femmes qui repassent les seins de leurs fillettes au Cameroun car elles ne doivent pas émoustiller les sens des garçons. Doit-on admettre cette tradition aussi ?

Les musulmanes qui prétendent choisir le port du voile sont victimes du prosélytisme islamiste qui se propage dans les quartiers depuis quelques années.
Comme toutes les femmes évoquées ci-dessus, elles se conforment à la règle pour être respectées, admirées ou tout simplement pour avoir la paix. Celles qui s’opposent aux normes sont considérées comme de mauvaises musulmanes, sont insultées, voire battues ou tuées.
Le port du voile reflète l’honneur de la communauté, du groupe, qui s’identifie et s’affirme en opposition aux valeurs occidentales, considérées comme décadentes.

Le port du voile s’accompagne d’une suite d’interdits : interdiction de sortir, de participer aux voyages scolaires, de se maquiller, de porter des pantalons trop moulants ou des jupes trop courtes, de fumer, de fréquenter des garçons, d’avoir des rapports sexuels avant le mariage, de tomber amoureuse d’un infidèle, etc.
Que diraient les soi-disant libertaires s’ils voyaient un homme cagoulé pénétrer dans une école, un musée, un bureau ou bien au volant d’une voiture ? Ils seraient épouvantés. Pourquoi ne le sont-ils pas lorsque c’est une femme ( ?) avec voile intégral qui est autorisée à le faire ?
Ne sont-ils pas choqués lorsqu’ils croisent dans la rue un homme marchant devant et son épouse entièrement voilée le suivant derrière, ne marchant pas à ses côtés ?

Ne sont-ils pas choqués lorsqu’ils voient sur les plages de France une femme voilée étaler la crème solaire sur le dos de son mari ?
Ne sont-ils pas révoltés par cette injustice et par ce mépris pour la femme ?

Pourquoi ne permettrions-nous pas à ces victimes du machisme islamiste de s’émanciper ?

Elles ont intégré depuis leur plus tendre enfance l’idée que la femme est inférieure à l’homme, qu’elle doit servir son mari, son père, son frère, qu’elle doit honorer et faire honneur à sa communauté et ignorer les attraits de la société occidentale, synonyme de consommation, débauche et dévergondage.
Devons-nous rester les bras croisés et attendre que l’émancipation de ces femmes vienne du ciel ?

Devons-nous attendre que les rues de France soient envahies de voiles, tchadors et niqâbs ?
NON !

Alors, chers camarades masculins, préparez vos voiles et soyez prêts à défiler derrière des femmes à la tête nue, belles, resplendissantes, dignes et libres !

Rosa Valentini




L’habit ne fait pas le moine, le voile ne fait pas la musulmane

Jusqu’à la fin des années 80, voire jusqu’au début des années 90, les musulmanes installées en France et dans d’autres pays occidentaux se promenaient sans voile sur la tête.
Etaient-elles de mauvaises musulmanes ? Etaient-elles athées, mécréantes, agnostiques ? Etaient-elles des infidèles, des impies ?
Je ne le crois pas.

Le dicton « l’habit ne fait pas le moine » peut s’appliquer aux musulmanes, aux musulmans et à n’importe quel autre individu dans n’importe quelle circonstance.
La foi est une expérience vécue intimement. Nul signe extérieur ne peut la prouver incontestablement. Nulle pression extérieure ne peut l’invalider.
Une musulmane est-elle plus croyante aujourd’hui qu’il y a quinze ans seulement parce qu’elle porte un tchador, une burka, un hijâb, un niquâb ou bien un simple foulard ?
Je ne le crois pas.

Un musulman est-il plus croyant aujourd’hui qu’il y a quinze ans seulement parce qu’il porte la barbe, le chèche ou la gandoura blanche ?
Je ne le crois pas.

Un chrétien est-il plus croyant qu’un autre s’il met autour du cou une croix très visible ?
Je ne le pense pas.

Un homme est-il intègre, honnête et droit seulement parce qu’il porte un costume et une cravate ?
Je n’en suis pas convaincue.

Alors pourquoi y a-t-il de plus en plus de femmes voilées dans les villes de France ?
Pourquoi y a-t-il de plus en plus d’agressions dans les hôpitaux lorsqu’un médecin homme ose ausculter ou accoucher une musulmane ?
Pourquoi y a-t-il de plus en plus de piscines dont certains créneaux horaires sont réservés exclusivement aux musulmanes ?
Bref, pourquoi y a-t-il de plus en plus de repli identitaire, de communautarisme, d’auto-ségrégation ?

La barbe, le chèche, la gandoura, le qamîss (habit de certains intégristes) sont des signes distinctifs. Ils indiquent l’adhésion à une certaine idée de la femme, de l’homme et de la hiérarchie sociale, la volonté de se défaire de ce qui est contraignant dans le contrat des sociétés occidentales tout en profitant de leurs bienfaits. Ceux qui prétendent rejeter les sociétés occidentales y sont scolarisés, y poursuivent des études supérieures, y trouvent un emploi, y sont soignés.

Il faut noter que la barbe n’interdit pas à son porteur de s’accoupler avec toute femme qu’il désire ; le voile, par contre, marque le territoire de chasse gardée pour les musulmans.
Le foulard ou le niquâb sont le symbole le plus visible et le plus frappant de l’isolement, de l’endogamie, de l’auto-exclusion, de l’auto-ségrégation et de l’exclusion de l’Autre.

Des fillettes voilées, est-ce démocratique ?

Le voile est un écran mettant une distance entre la femme et le monde extérieur. Il l’enferme et l’emprisonne, de même que certains membres de la communauté à laquelle elle appartient cherchent à isoler leur groupe en revendiquant des traitements différents de ceux porposés à tous les autres individus de la société française, laïque et républicaine.

De plus en plus de fillettes sont obligées de porter le voile. Elles n’ont pas le choix. On ne demande pas leur avis. De plus en plus d’adolescentes et de femmes subissent la pression de leur entourage et sont menacées, insultées et agressées si elles ne portent pas le voile. Est-ce démocratique ?

Elles n’ont pas le courage de se révolter car elles ont peur des représailles. Elles subissent l’autorité et la tyrannie des grands frères, mais aussi des grands-mères, des tantes et du qu’en dira-t-on, qui n’a même pas besoin de hausser le ton pour être entendu. Elles se sentent humiliées parce qu’elles sont différentes des autres jeunes filles et des autres femmes, n’ayant pas leur liberté et ne partageant pas leurs expériences enrichissantes et stimulantes.

Elles savent que le voile est un signe distinctif, une sorte de stigmate ou de carte de visite.
En apercevant une femme voilée, c’est avant tout une musulmane qu’on voit, ce n’est pas une femme, une personne, un être humain, une citoyenne.
Bien sûr il existe des musulmanes qui affirment que le port du voile est un choix personnel mûrement réfléchi et dicté par des motifs divers.
Elles affirment que c’est une prescription religieuse, une instruction divine, une pratique religieuse.
Il n’en est rien.

L’un des compagnons de Mahomet aurait conseillé à ce dernier de voiler ses épouses pour les protéger de la convoitise des hommes, qui les auraient agressés car ils étaient incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles.
Elles déclarent qu’en portant le voile et des vêtements amples cachant leurs formes, elles se démarquent de la jeunesse soi-disant débauchée, qui fait étalage de sa chair favorisant ainsi le dévergondage.
Savent-elles qu’il y a sûrement plus de viols en Iran et en Afghanistan qu’en France et en Europe ?

Savent-elles que les victimes de viols sont lapidées dans ces pays-là ?
Savent-elles que les jeunes et les petites filles sont mariées de force dans ces pays-là, que leur vie maritale est un calvaire et que parfois elles se suicident pour se soustraire à ce fléau ?
On cache un objet précieux quand on a peur qu’on nous le vole. Une femme n’est pas un objet. Une femme est un être humain. Par conséquent une femme ne doit pas se cacher derrière un voile, un tchador ou une burka.

On cache un objet ou un être humain quand on en a honte. Une femme ne doit pas avoir honte de son visage, de ses yeux, de ses cheveux. D’ailleurs les musulmanes ne croient-elles pas que la vie, et par conséquent leur corps, sont un don de Dieu ? Pourquoi auraient-elles honte de ce don ?
Les expressions du visage et des yeux, un sourire, la moue manifestent les sentiments d’un être humain.

Alors il ne faut pas cacher son visage derrière un morceau de tissu. Cela revient à renoncer à son identité. Cela revient à être déshumanisée.
De plus en plus de français sont choqués par la prolifération des voiles, anti-esthétiques, voire plus laids qu’un uniforme militaire.
De plus en plus de français sont choqués par la prolifération de ce symbole de l’oppression et de la soumission de la femme.
Les femmes occidentales ont lutté pendant des décennies pour s’émanciper et obtenir les mêmes droits que les hommes, pour obtenir le droit de vote, le droit au divorce, à la contraception, à l’avortement.

Elles se sont battues pour obtenir l’égalité avec les hommes.
Or certains individus voudraient aujourd’hui enfermer les femmes dans des prisons en coton, les isoler des hommes dans les piscines, leur réserver un traitement différent dans les hôpitaux et ailleurs.
On ne peut et on ne doit pas revenir en arrière.

L’habit que nous portons est peut-être conçu par un styliste qui représente la société de consommation que certains individus rejettent, mais nous le choisissons et le portons avec plaisir en toute liberté.
Une femme est un être humain digne et responsable qui doit avoir le droit de choisir sa tenue vestimentaire sans craindre les représailles.
Nombreux sont les témoignages concernant les jeunes musulmanes qui changent de tenue et se maquillent dans les toilettes des trains de banlieue pour aller travailler ou lorsqu’elles participent à des sorties organisées par leur commune. Elles se rechangent et se démaquillent avant de rentrer.

Sont-elles moins croyantes lorsqu’elles sont loin des yeux de leurs grands frères ?
Je ne le crois pas.
Le voile ne fait pas la musulmane !

Rosa Valentini




Les suicides d’honneur remplacent les crimes d’honneur en Turquie

D’après l’association Kam-er, dans le secteur kurde du sud-ouest de l’Anatolie, de plus en plus de familles forcent les jeunes filles à se suicider parce qu’elles choisissent le mauvais petit ami ou parce qu’elles portent des vêtements trop serrés.

On les empêche de sortir et on leur fait subir une pression insoutenable qui les conduit à l’irréparable.
Des centaines de jeunes femmes se sont suicidées ou ont tenté de se donner la mort.
Même des jeunes filles âgées de douze ans sont enfermées pendant plusieurs jours dans des pièces contenant une corde, du poison ou bien un pistolet.

D’autres se jettent dans le Tigre, s’ouvrent les veines ou sautent du toit.
Ces décès, que l’on fait passer pour des accidents ou des suicides, sont de véritables crimes d’honneur.
Depuis quelques mois, au moins quatre jeunes filles par jour se rendent au siège de l’association Kam-er suite à des menaces de mort subies de la part de leurs pères ou frères. Certaines d’entre elles ont reçu des messages sur leur portable annonçant : « Tu as sali notre nom. Tue-toi, sinon c’est nous qui allons te tuer ».

Dans la région se trouve la première raffinerie de pétrole de Turquie, qui a attiré une main d’œuvre provenant des zones rurales pauvres.
Nulle part ailleurs le conflit entre tradition et modernité n’est vécu aussi brutalement.
Les (jeunes) femmes qui osent vivre à l’occidentale (écouter la radio, échanger des regards avec un garçon, porter des jupes un peu courtes) sont accusées de déshonorer leur famille tout comme les victimes de viols et incestes.

Elles sont punies : on les incite au suicide ou bien on leur coupe le nez, on leur rase la tête ou on les menace de mort.
La Turquie souhaite entrer dans l’Union Européenne. Par conséquent le gouvernement a rendu plus sévères les lois contre les crimes d’honneur. Ceci explique pourquoi les « suicides » ont remplacé les féminicides.

Le pays va-t-il rester laïque ?
Au début de l’année des conseillers municipaux d’Istanbul ont essayé d’interdire les affiches publicitaires représentant des maillots de bains un peu osés.
La Turquie est devenue le centre principal de propagation d’une version islamique du créationnisme.
Nouvelle rassurante : seulement 9% des citoyens turques souhaitent un état islamique.

Source : article d’Helena Smith, publié dans The Guardian Weekly du 31-8-2007

(Traduit de l’anglais par Rosa Valentini)