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Construire un avenir face au nihilisme des écologistes (3)

Un écologue sérieux s’attaquerait aux réels problèmes d’une économie qui n’a plus de direction. Les écolos, inspirés par leur idéologie de désindustrialisation, de destruction et de punition du peuple, ne proposent que des mesures parcellaires sans aucune vision d’ensemble. Trottinettes et vélos ne procèdent d’aucune analyse des systèmes de transport, comme auDanemark par exemple. Paris se dote d’un « adjoint au quart d’heure », mais avoir accès à tous les services en moins d’un quart d’heure suppose une conception d’ensemble du système de vie urbain comme à Singapour qui a fixé comme contrainte à la conception de la ville pas plus de 45 minutes par jour de déplacement domicile lieu de travail. La science des systèmes nous apprend que la sur-optimisation d’un sous-ensemble aboutit à une sous- optimisation du tout.

Les écolos-nihilistes ne proposent que des mesures anti-symptômes : ce n’est pas toujours absurde comme l’interdiction des sacs en plastique, mais cela ne s’attaque pas aux causes qui les produisent. Le but des écolos est de ramener l’humanité au « meilleur des mondes« , un état de nature fantasmé qui tournerait le dos à deux siècles de développement technologique. Tout cela s’appuie sur un nombre impressionnant de stupidités:

  • Il faut sauver la planète même si pour cela  il faut sacrifier l’humanité ! Or, il y a plusieurs centaines de milliards de systèmes solaires dans notre galaxie contenant des planètes comme la nôtre … et plusieurs centaines de milliards de galaxies dans l’univers visible … et combien d’autres univers ? Sauver notre terre n’a de sens que parce qu’elle abrite l’humanité. Le vrai enjeu écologique est l’inverse : rendre la nature plus accueillante, de manière durable, pour l’homme.
  • La dimension de notre monde est finie, nos ressources ne sont donc pas illimitées. Non, dans une économie circulaire aux principes de fonctionnement symbiotiques tout étant recyclé, un monde limité peut fournir des ressources illimitées, à condition de ne rien jeter ! L’exception à cette absence de limites est l’énergie qui ne peut pas être recyclée (2ème principe de la thermodynamique) : c’est la seule vraie limite. Heureusement, nous avons le nucléaire qui nous offre une énergie peu chère quasiment infinie.
  • Contre le nucléaire, industrie inépuisable et non polluante, ils soulèvent l’objection de déchets radioactifs à haute activité et à vie longue (les HAVL) pour lesquels aucune solution de stockage n’a été arrêtée. Or, avec le laser « On peut réduire la radioactivité d’un million d’années à 30 minutes » déclare Gérard Mourou, prix Nobel de physique, qui peut développer cette solution. La sécurité peut aujourd’hui être assurée par les centrales de 4-ème génération à neutrons rapides avec comme combustible le thorium. Mais pour cela il faut faire les bons choix stratégiques: le gouvernement va consacrer 50 milliards d’€ aux éoliennes qui défigureront nos paysages tandis que le budget du CNRS n’est que de 3,3 milliards d’€.

Les désordres du monde viennent des théories de « la mondialisation heureuse » qui ont créé un système où tout est connecté avec tout, qui nie les cultures, les traditions, les nations, les frontières, jusqu’aux différences entre les sexes, qui sont autant de cadres naturels d’auto-régulation. Ces multiples connexions ont accru la complexité du monde au point qu’elle ne soit plus pilotable. Sans souci du bien commun, la complexité sans but s’accroît, rendant le système turbulent. L’archéologue et anthropologue Joseph Tainter[1] montre que les sociétés n’ont eu alors d’autres solutions que de réduire leur taille pour les ramener à un niveau de complexité gérable. C’est ainsi que les grands empires ont disparu. Mais Tainter souligne qu’il y a une bonne complexité qui intègre les technologies nouvelles dans la dynamique des systèmes qui deviennent des éco-systèmes capables de s’auto-réguler. En somme, les oligarques et leur mondialisation ont détruit la bonne complexité et créé de la mauvaise.

Cet effondrement n’a rien d’inéluctable. Dans tous les cas étudiés par Jared Diamond dans Effondrement[2], il s’agit d’enchaînements d’erreurs humaines, de mauvaises décisions face à des phénomènes nouveaux et des chocs qui ont rendu les systèmes non résilients, incapables de faire face à un évènement qui aurait pu être banal. Jared Diamond montre que ces sociétés se sont effondrées parce qu’elles ont pris des décisions catastrophiques que rien ne les obligeait à prendre, si ce n’est l’incompréhension des phénomènes qu’elles ont elles-mêmes créés, comme la destruction des écosystèmes naturels par l’introduction de nouvelles espèces lors des colonisations.

Les tâches auxquelles nous devons nous attaquer sont la gestion des déchets, le gaspillage énergétique, la reconstruction d’une cohérence des territoires sacrifiés à la mégalomanie des métropoles, la qualité de vie dans les villes, le soutien au développement de la France rurale. Tout cela a une cause : une gestion exclusivement comptable à court terme qui ne prend pas en compte les conséquences à moyen long terme dont les coûts sont considérables. Notre administration n’est pas dotée d’une comptabilité et de mesure de la performance qui prenne en compte les coûts complets des décisions, pour comprendre que, par exemple, la rentabilité du véhicule électrique doit intégrer les pollutions générées par sa fabrication, la production d’électricité et les coûts de recyclage des batteries. La crise sanitaire a montré l’absurdité quasi criminelle des politiques de réduction des coûts à l’hôpital. On ferme une maternité qui ne fait plus que 300 accouchements par an mais on ne mesure pas l’impact négatif de cette économie sur un territoire qui n’a plus de maternité et y trouve un nouveau facteur de désertification.

Nous avons besoin de cadres formés à une approche symbiotique du développement économique, telle que développée par l’écologue et scientifique Lynn Margulis[3] Il s’agit de passer d’une conception par éléments à une conception d’écosystèmes[4] : une ville n’est pas une somme d’immeubles, même fussent-ils « intelligents ». C’est un système de relations et d’interactions entre activités. Vivre en bonne santé ce n’est pas (seulement) manger du quinoa – dont la monoculture détruit l’agriculture traditionnelle des pays andins – mais concevoir des villes et aménager des territoires où l’on peut mener une vie saine par des conditions de travail, d’alimentation et d’activités physiques et avoir accès aux soins médicaux.

La cause est à en rechercher dans la formation de nos « élites ». En 1993, l’écrivain canadien John Saul publiait « Les bâtards de Voltaire, la dictature de la raison en Occident », ouvrage essentiel qui lessivait nos technocrates qui croient tout savoir et ne savent rien! Ils  ont LA méthode, ils produisent des théories et la réalité doit s’y plier. La crise de la COVID19 a montré la totale incompétence, non seulement du gouvernement mais de l’ensemble de l’Administration, à appréhender la complexité de la situation.

Toutes les réformes administratives ne serviront à rien tant que l’on ne se sera pas attaqué à la reconstruction d’une intelligence française digne de son histoire.

Pour les écolos, les territoires sont condamnés à une économie du tourisme qui fournira une rente de survie à notre société désindustrialisée. Or, la recherche en économie de territoires[5] a montré que « l’entreprise innovante ne préexiste pas aux milieux locaux, elle est secrétée par eux ». Le territoire est un capital immatériel qui se caractérise par une histoire, la capacité à générer un projet commun et des consensus, qui est corrélée à la dynamique de l’innovation : accès à la connaissance technologique, marché du travail et savoir-faire technologique sont des actifs immatériels territoriaux qui génère de l’innovation. Et ce capital n’est pas transférable, ne peut nous être volé ni copié. On innove dans les villes moyennes, pas à La Défense qui n’abrite que des sièges sociaux.

A nous d’investir les villes moyennes et les territoires pour entamer la reconquête par la promotion de l’instruction, de la formation et de la science. Cela se fera sans doute par le biais d’initiatives privées, l’école et l’université étant corsetées par la technostructure de la Rue de Varenne. « Ce n’est qu’au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son vol » écrivait Hegel au début du XIXème siècle. Chouette qui est symbole de la connaissance, de la sagesse, de la perspicacité et de l’érudition. Nous sommes au crépuscule, nous sommes au fond du trou, c’est le bon moment pour prendre notre envol.

Salomon Couderc

NOTES

[1] Joseph Tainter, L’effondrement des sociétés complexes, Paris, Le retour aux sources, 2013

[2] Jared Diamond, 2006, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Paris, Gallimard, Collection « NRF Essais »

[3] Microbiologiste, elle découvrit que l’évolution provenait de la coopération entre espèces et non d’une compétition destructive. Pour elle, les partisans de la théorie standard « vautrés dans leur interprétation de Darwin du point de vue de la zoologie, du capitalisme, de la compétition, des coûts-bénéfices – ont complètement faussé sa pensée. Le néo-darwinisme, qui insiste sur l’accumulation lente de mutations par la sélection naturelle au niveau du gène, est une théorie de trouillards. »

[4] Dans l’économie symbiotique, toute sortie d’une écosystème (industriel, humain et naturel) est une ressources pour un autre, de sorte que le gaspillage est quasiment éliminé et que la croissance de la consommation d’une ressource augmente la disponibilité totale des ressources.

[5] Développée en Suisse par Philippe Aydalot, Économie Régionale et Urbaine, Economica, Paris, 1985




Résister au nihilisme écologiste

Que les « écolos » n’aient rien à voir avec l’écologie, qui est une science au carrefour de nombreuses autres, est une évidence qui, à la lumière des décisions des maires de grands villes, apparaît même aux aveugles. Ils n’ont cure de l’environnement. Leur but est d’imposer « une nouvelle matrice idéologique ». Un scientifique de l’écologie est un écologue et non un « écologiste ». Les « écolos » sont des urbains demi-instruits de centre-ville qui ne connaissent rien de la nature. Ils sont obsédés par des sujets sociétaux : le migrant sans patrie ni frontières, la négation de la différence sexuée, les conflits de races, un relativisme pathologique, l’apologie de la racaille : ils sont en fait des nihilistes. Ils haïssent l’histoire de France, tout ce qui fait son identité et sa puissance. Ils se sont jurés d’accélérer la désindustrialisation du pays.

Ils veulent le Rien.

S’ils étaient instruits on pourrait leur prêter cette formule de Hegel « la chouette de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit » et l’idée qu’il faut l’effondrement pour faire renaître un monde parfait. Mais, instruits, ils ne le sont pas et, nous, qui les combattons, le sommes, et pouvons considérer que, du tréfonds du néant où nous plongent ces nihilistes, il est temps que la chouette de Minerve[1] vienne nous éclairer pour en sortir.

Comprendre le nihilisme

Dans une conférence aux États-Unis en 1941[2], le philosophe Leo Strauss analysait le nihilisme comme le rejet des principes de la civilisation, ce qui suppose que les nihilistes les connaissent. Et les écolos demi-instruits les connaissent suffisamment pour les détester. Le nihilisme est un luxe de riche. Le pauvre aspire à la civilisation, pas à la détruire. Le civilisé – nous – se retrouve dans une position inconfortable : celle du conservateur qui demande à voir, avant d’adopter toute proposition  nouvelle, si c’est mieux qu’avant ou pas. Il demande à voir si c’est un progrès de pouvoir louer le ventre des femmes et de sélectionner les embryons pour faire des bébés parfaits et sur-mesure et de tuer avant terme ceux qui ne conviennent pas. Les nihilistes considèrent que tout ce qui détruit le passé est un progrès. Le nihiliste se proclame progressiste et prétend refouler le civilisé dans la caverne du conservatisme. Or, la civilisation est le processus qui vise à faire de l’homme un citoyen de la cité et non un esclave, un être policé et non une racaille. C’est un processus graduel fait de délibérations et de choix pour décider ce qu’il est pertinent de conserver.

Pourquoi cet idéal de civilisation ne séduit plus ? Leo Strauss y apportait une réponse en 1941, apogée de la déferlante nihiliste qui accoucha du nazisme et du fascisme : « je me demande si le fait que l’homme occidental a perdu beaucoup de sa fierté antérieure, la fierté tranquille et appropriée d’être civilisé, n’est pas au fondement du manque actuel de résistance au nihilisme ». Le nihilisme est le désir d’anéantir le monde actuel et ses potentialités, un désir qui ne s’accompagne d’aucune idée claire de ce qu’il veut mettre à la place, au-delà des vélos et des trottinettes.

Il faut convenir que le monde actuel ne nous donne pas satisfaction et nous avons des raisons d’être tentés par le « c’était mieux avant », du temps où il y avait une école qui enseignait, des universités qui étaient le temple de la culture, une recherche qui pouvait rechercher, la langue française – à laquelle les écolos nihilistes ont déclaré la guerre – qui était un outil de rayonnement et d’émancipation culturelle universel. L’Occident s’effondre sous son culte du profit, de l’utilitarisme et de l’individualisme, la France désindustrialisée devient l’ombre d’elle-même n’offrant plus que ses paysages – en cours de destruction par les éoliennes – à la contemplation de touristes étrangers. Au fond de nous, nous nous disons que l’Occident, son arrogance, ses leçons de droits de l’homme assaisonnées des « bombardements humanitaires », ne l’aura pas volé. Le problème est que si la maison s’effondre nous sommes dedans et que nous ne sommes pas obligés d’attendre un nouveau juin40 civilisationnel pour entreprendre la reconquête.

Un Front antipopulaire

Dans son verbiage, le gauchisme n’a cessé de parler de « convergence des luttes ». Reconnaissons au gouvernement un coup de maître : la convergence des écolos, des islamistes, de la racaille, du féminisme hystérique, des commandos des auto-dénommés « antifas », de la nébuleuse des organisations pro-migrants, du P « S », des restes du P C F, de la FI et de députés LREM, dans un vaste Front Antipopulaire. Son programme : PMA, GPA, LGBTQI+++, immigration et migrants pour une main d’œuvre peu chère et sans droits sociaux, haine de la police, fascination pour la criminalité.

Dans les périodes critiques où leur autorité est mise en cause, les possédants n’ont jamais hésité à s’allier avec la pire racaille. Marx y a très tôt vu leurs meilleurs alliés « Des roués désargentés aux moyens d’existence douteux, et à l’origine tout aussi douteuse, des rejetons dépravés et aventureux de la bourgeoisie, des vagabonds, des soldats limogés, des détenus libérés, des forçats évadés des galères, des escrocs, des saltimbanques,…  bref, toute la masse indéterminée, dissolue, ballottée et flottante, que les Français appellent la « bohème »[3].  De la famille Traoré aux « sans-papiers », à la criminalité des bandes rebaptisée « incivilité », nous avons le nouveau visage de cette racaille qui a formé les troupes de chocs du fascisme italien et des SA nazis.

Le Front Antipopulaire, dont les écolos-nihilistes sont le ciment, est multifacette : une facette cool avec des écolos branchés en trottinettes, et d’autres, radicales, prétendant interdire toute contestation, comme madame Claire Nouvian, lors de la campagne des élections européennes, demandant d’interdire d’antenne les climatosceptiques et de faire condamner l’expression de ce scepticisme comme le négationnisme des crimes du nazisme. Interdire est leur obsession : la patrouille de France à Lyon, le Tour de France à Rennes, la cigarette et le sapin de Noël à Bordeaux. Cette pulsion totalitaire et liberticide est, quand il faut, renforcée en actes par les actions violentes des antifas et des racialistes.

Construire un avenir face au nihilisme

Un écologue sérieux s’attaquerait aux réels problèmes d’une économie qui n’a plus de direction. Les écolos-nihilistes sont inspirées uniquement par la désindustrialisation, la destruction de nos traditions et la punition du peuple. Ils ne proposent que des mesures parcellaires sans aucune vision d’ensemble.  Trottinettes et vélos ne procèdent d’aucune analyse des systèmes de transport, comme au Danemark par exemple. Paris se dote d’un « adjoint au quart d’heure », mais avoir accès à tous les services en moins d’un quart d’heure suppose une conception d’ensemble du système de vie urbain comme à Singapour qui a fixé comme contrainte à la conception de la ville pas plus de 45 minutes par jour de déplacement domicile lieu de travail. La science des systèmes nous apprend que la sur-optimisation d’un sous-ensemble aboutit à une sous- optimisation du tout.

Mais surtout, tous les propos alarmistes des écolos sont faux. Michael Shellenberger a été pendant vingt ans un militant en vue de la cause écologiste et engagé à gauche pendant trente ans, mais il est avant tout un scientifique ce qui lui a permis de résister à l’emballement idéologique qui annonçait la fin de l’humanité avec le changement climatique. Il vient de publier Apocalypse Never[4] où il présente ses excuses pour les propos alarmistes qu’il a contribué à propager. « Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais m’excuser formellement pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années. Le changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave. »[5].

Le but des écolos est de ramener l’humanité au « meilleur des mondes » d’un état de nature fantasmé qui tournerait le dos à deux siècles de développement technologique. Une loi sur l’arbre vivant contre l’arbre mort ? Il y eut un précédent : la loi pour la protection de la nature du 26 juin 1935 promulguée sous le III° Reich qui a donné naissance à quantité de réserves naturelles présentes encore aujourd’hui. Dans un film réalisé en 1936, Alfred Rosenberg assimilait « forêt éternelle, peuple éternel »Les écolos sont-ils conscients de la « matrice idéologique » dans laquelle ils se retrouvent ?

Salomon Couderc 

NOTES

[1] Symbole de la connaissance, de la sagesse, de la perspicacité et de l’érudition dans la mythologie grecque

[2] « Nihilisme et Politique », Leo Strauss, Rivages, 2001

[3]  Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852), Karl Marx

[4] Harper Collins 30 juin 2020

[5] Voir son texte en anglais sur The Global Warming Policy Forum https://www.thegwpf.com/forbes-censored- michael-shellenberger-here-is-his-full-apology/




Aux sources troubles de l’écologisme

L’écologisme fédère aujourd’hui un front anti populaire autour d’un programme qui n’a rien à voir avec l’écologie: PMA, GPA, LGBTQI+++, immigration et migrants pour une main d’œuvre peu chère et sans droits sociaux, haine de la police, fascination pour la criminalité…  Il a réussi la convergence des écolos, des islamistes, de la racaille, du féminisme hystérique, des commandos des auto-dénommés « antifas », de la nébuleuse des organisations pro-migrants, du P « S », des restes du P C F, de la FI et de députés LREM.

L’emploi désordonné du terme « facho » par les écolos, pour disqualifier quiconque contredit leurs caprices, veut faire croire à un danger de retour du fascisme, vieille stratégie montée par le Président Mitterrand qui a fonctionné à merveille, mais se dégonfle aujourd’hui comme une baudruche. Le mépris manifesté par les élus écolos des grandes villes – par la perversion d’élections qui n’en furent pas – envers les victimes assassinées par les racailles, qui n’ont eu droit à aucune compassion, même hypocrite, atteste de cette fascination pour la violence et le crime.

La crise actuelle n’est-elle qu’une crise de gosse de riche mal élevé ou est-elle annonciatrice d’une fascisation d’un monde en crise ? Ces demi-instruits seraient bien en peine de donner une définition du fascisme et de l’extrême droite, sans parler du régime de Vichy dont Edwy Plenel voit la résurrection dans chaque réaction populaire à leur domination, ignorants qu’ils sont que ce régime a été mis en place par la Chambre du Front Populaire et le Parti socialiste dont le groupe parlementaire a voté à 71% les pleins pouvoirs à Pétain.

Du fascisme, ce Front antipopulaire a beaucoup de caractéristiques : fanatisme, violence envers tout opposant, exclusion professionnelle et sociale, idéologie totalitaire, soutien de groupes financiers et affairistes de toutes sortes. S’il est tentant de leur renvoyer le qualificatif, il faut éviter de tomber dans un syllogisme à la Desproges « L’ennemi croit que l’ennemi c’est nous alors que l’ennemi c’est lui » et analyser ce qu’il en est.

Le fascisme, historiquement, est né du nihilisme, courant qui prit sa source à la fin du XIX° siècle dans le rejet romantique, principalement en Allemagne, de la destruction de la nature et des cadres de vie traditionnels par la civilisation industrielle. Tout a commencé par des groupes de jeunes gens, les Oiseaux migrateurs (WanderVogel), parcourant les campagnes et campant autour du feu de camp pour retrouver l’âme du peuple allemand. Rien de blâmable là-dedans, mais sous l’influence des courants néo-romantiques attachés aux thématiques du « sang et du sol », du retour à la terre des ancêtres nordiques pour retrouver une vie saine, purgée des vicissitudes du monde contemporain qui affaibliraient la « race germanique », le mouvement évolua vers le pangermanisme, l’antisémitisme et le militarisme, pour devenir la source d’inspiration des Hitlerjugend.

Le nazisme, précisément, vota la première loi écologiste de l’histoire contemporaine, la loi du 24 novembre 1933 sur la protection des animaux qui fut suivie de nombreuses autres. L’idée sous-jacente ? La nature est bonne, l’homme est mauvais et seule une minorité éclairée a droit de cité, les « sur-hommes ». Ce que soutiennent aujourd’hui les courants de la deep ecology et de l’écofascisme du Finlandais Pentti Linkola[1]: l’homme n’est qu’un élément d’un tout, un élément surabondant qui doit être réduit pour sauvegarder la pureté originelle de la nature. La démocratie ne pourra y parvenir et seule la dictature pourra imposer la sauvegarde de la planète en réduisant la population par un eugénisme strict. Manon Aubry, députée européennes de la France « insoumise », est dans la même veine quand elle déclare fin août, devant les Verts « une limitation des libertés au nom du changement climatique n’est pas liberticide».

La continuité avec le nazisme est aussi celle des hommes : August Haußleiter fut un des compagnons de Hitler lors de sa tentative de putsch de 1923 et journaliste sous le III° Reich. Continuant à militer à l’extrême droite après 1945, il reprit la tradition du romantisme allemand qui remettait en cause la civilisation et la modernité industrielle, dans la double continuité des cercles intellectuels de droite de la République de Weimar et du mouvement de protection de la nature. Par ce retour aux sources, Haußleiter fut l’une des forces de la droite qui participèrent à la création du parti vert ouest-allemand, Die Grünen.

Cette idée de pureté est au fondement de la loi bioéthique autorisant l’euthanasie prénatale des êtres non désirables sous le prétexte fourre-tout de « détresse psycho-sociale ». Elle se retrouve dans la revendication de Madame Taubira de n’autoriser les transfusions sanguines aux Guyanais qu’avec du sang guyanais, réminiscence de l’Ahnenerbe, l’institut pour la sauvegarde de l’héritage ancestrale, créé par H. Himmler. A quand l’euthanasie des indésirables par une nouvelle Aktion T4[2] qu’on nous présenterait sans nul doute comme un « progrès de civilisation » ?

La filiation entre écologisme et nazisme est claire, mais faut-il pour autant en inférer que les écologistes sont des nazis ? Ce serait faire preuve d’une mauvaise foi digne d‘un Laurent Joffrin déclarant que le vrai titre de la revue Front Populaire est « L’Observateur populaire »[3].

Il manque de sérieux ingrédients pour que nous ayons à faire à un véritable mouvement fasciste :

Tout d’abord l’ancrage dans un courant intellectuel puissant. Contrairement à des croyances répandues, le nazisme avait le soutien de courants importants de l‘intelligentsia allemande, les nazis n’étaient pas des crétins incultes, bien au contraire, mais puisaient leurs sources dans des grands noms de la philosophie, de l’histoire et de la science allemande.

Ensuite, il manque un leader charismatique. Emmanuel Macron a bien tenté de créer un parti sans autre programme que le mouvement perpétuel vers « le progrès » – ce qui est le principe même d’un parti fasciste – mais il n’a réussi qu’à rameuter un conglomérat d’arrivistes médiocres, déjà en décomposition trois ans après sa création. Anne Hidalgo ? Yannick Jadot ? Ils en rêvent peut-être, mais restons sérieux.

Enfin il lui manque un mouvement de masse. Dans l’Allemagne de 1932 et 1933, le militant libertaire Daniel Guérin a parcouru le pays a vélo, rencontrant la jeunesse dans les Auberges de jeunesse. Il y a noté que le national-socialisme avait de vraies causes – l’humiliation nationale, la misère, le chômage, la ruine des classes moyennes par le grand capital, la mort de la paysannerie – et que jeunes marxistes et jeunes nationaux-socialistes partageaient souvent le même idéal en n’y voyant pas la même issue. Le nazisme faisait rêver et entraînait l’adhésion du peuple.

L’écologisme ne fait pas rêver. Il est cantonné à une petite bourgeoisie des villes, sans souci de fin de mois et complètement coupée du peuple profond et de la France périphérique qu’elle méprise copieusement, et qui se voient accablés de procès en racisme dès qu’ils protestent contre les violences qu’ils subissent.

L’écologisme n’en est pas moins toxique. Son seul programme est détruire, interdire et punir. Il n’existe que par le vide de la pensée politique, qu’il s’agisse de la gauche comme de la droite lessivées au néolibéralisme, très contente de trouver un ersatz d’idées dans la répétition de quelques mots valises. Les vrais problèmes d’une économie mondiale déréglée – gestion des déchets, pollution et gaspillage énergétique – méritent mieux que l’alarmisme dont le scientifique Michael Shellenberger, pendant vingt ans militant en vue de la cause écologiste et engagé à gauche pendant trente ans, dénonce aujourd’hui l’emballement idéologique[4].

Salomon Couderc

NOTES:

[1] Extraits de son intervention à la réunion des Verts à Turku (Finlande) en juin 1985 : «  nous devrons […] apprendre de l’histoire des mouvements révolutionnaires – les nationaux-socialistes, les staliniens finlandais, les nombreuses étapes de la révolution russe, les méthodes des Brigades Rouges – et oublier nos égos narcissiques … nous devrons former une organisation très stricte et disciplinée avec une politique clairement définie et astreignante, et de préférence avec des signes extérieurs uniformes. [Le membre] doit apprendre à endurcir son cœur si nécessaire. Nous devrons apprendre à ignorer les intérêts mineurs au profit des intérêts supérieurs. Nous devrons apprendre à être craints et haïs. […] Le mot “ doux ” doit être effacé du vocabulaire des Verts une fois pour toutes. […] [Nous avons besoin] d’une élite stricte avec une forte figure de leader »

[2] L’aktion T4 fut un véritable protocole d’élimination des handicapés physiques et mentaux mis en œuvre dès 1939. On désigna de «gnadentod», soit par «mort infligée par pitié» ou «mort miséricordieuse» .

[3] Traduction de Volkisher Beobachter, titre du quotidien du parti nazi.

[4] Apocalypse never, Harper Collins 30 juin 2020