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M. Macron, nos morts nous obligent à combattre l’islam, pas l’islamisme !

Lettre ouverte au président de la République

Monsieur le Président,

Je vous ai envoyé il y a un peu plus d’un an un livre autobiographique que j’ai commis et que j’ai intitulé « Confession d’une putain voilée ». Vos services ne m’en ont même pas accusé réception, ce en quoi ils avaient tort car on ne juge pas un livre sur sa couverture, ni sur un titre qui leur a sûrement semblé trop subversif. Était-ce plutôt l’image de cette femme nue mais voilée qui les a irrités ? Ou était-ce simplement l’oxymore voilée et putain qui les a rebutés au point de jeter ma missive aux ordures ? Peu importe, votre indifférence ne me fera pas taire, car ce que je disais alors est toujours vrai aujourd’hui et il le sera encore plus demain.

Combien d’assassinats, combien de décapitations vous faudra-t-il pour enfin admettre que l’islam est une hydre non compatible avec notre République ? Avez-vous encore besoin de preuves pour enfin comprendre que la France et l’islam sont antinomiques et que l’un exclut l’autre par essence ?

Comment puis-je vous faire entendre raison, Monsieur le Président, autrement qu’en hurlant que ce qui m’autorise, c’est ma connaissance intime de ce monstre ! Je le connais de l’intérieur, j’y ai séjourné. Je vous parle donc depuis cet endroit que je connais si bien, dont je connais le discours, les subtilités et surtout les accents et la musique radicale ; je sais qu’il ne tolère ni la différence, ni la laïcité, ni l’égalité, ni la fraternité exogène et encore moins la liberté ! Samuel aujourd’hui, peut-être moi demain… Aujourd’hui, en France, on meurt d’enseigner ! Que ferez-vous demain lorsqu’on mourra d’avoir simplement parlé ? Comment allez-vous me protéger puisque j’ai commis, selon le texte, le péché mortel de l’apostasie ? Allez-vous, si je tombe à mon tour, me rendre un hommage national en louant mon courage ? Non, Monsieur le Président ! Le seul hommage que vous pourriez rendre, c’est d’entendre les voix dissidentes, c’est d’entendre la mienne, et celles de tant d’autres qui sont aujourd’hui privées de liberté et placées sous surveillance policière pour avoir osé le blasphème.

Nous sommes nombreux à crier notre désarroi, nous sommes plusieurs à vous dire que ce n’est que le début de l’histoire. Vous avez beau dire que vous refusez le séparatisme, mais ne saviez-vous pas qu’il a déjà eu lieu ?
Tendez l’oreille, prêtez attention aux murmures de nos rues, de nos écoles, de nos campagnes, apprenez à déchiffrer le mal-être grandissant de nos enseignants et vous entendrez le râle de notre liberté agonisante ! Vous sentirez le froid de la peur qui nous enlace et vous verrez peut-être que Marianne est emmaillotée dans un voile qui déjà l’embarrasse.

Nous sommes déjà en marche, Monsieur le Président, mais ce n’est pas celle que vous croyiez ! Nous marchons vers des jours sombres et vers des printemps hivernaux. Nous compterons encore nos morts tombés pour la liberté d’expression, nous nous rassemblerons encore pour des hommages infinis mais n’oublions pas que le sang de nos martyrs nous oblige. Il nous somme de combattre l’islam, j’ai bien dit l’islam, pas l’islamisme ! La différence n’est que formelle, le Coran porte en son sein notre destruction. Il suffit de lire, c’est écrit noir sur blanc : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah » (sourate 8,39) ; ou alors : « … Et tout ce que vous dépenserez dans le sentier d’Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés » (sourate 8,39). Je ne fais que réciter, Monsieur le Président, ce que l’assassin de Samuel Paty a dû psalmodier avant de commettre son ignoble forfait.

Continuez à dépêcher des imams pour montrer que « non, non et non ce n’est pas l’islam qui dicte tout cela » ; continuez à ignorer ceux qui vous disent que ce qui est en marche dans notre pays, c’est l’islamo-fascisme et rien d’autre ; continuez vos accommodements déraisonnables ; continuez à feindre que cette religion féminicide et altérophobe ne veut pas notre destruction, la destruction de ce que nous sommes et de ce qui nous constitue, notre liberté d’expression, notre école, notre ÊTRE tout simplement.

Alors quand le sang de nos martyrs coulera à nouveau, ne dites pas que vous n’aviez pas été prévenu, Monsieur le Président.

Sonya Zadig




Confession d'une putain voilée : par ce livre, je remercie la France


Quel regard peut porter une femme née en Tunisie, qui vit en France depuis qu’elle a passé son baccalauréat, sur notre pays, et son inquiétante évolution ? Que pense-t-elle de l’islam ? De son pays d’origine, d’où sont partis ce qu’on a appelé les printemps arabes ? Cette femme, Sonya Zadig, nous ayant envoyé son livre, au titre sulfureux, il nous a paru intéressant d’approfondir quelques questions avec elle. Et c’est passionnant…

Après le baccalauréat, j’ai quitte la Tunisie pour rejoindre la France

Riposte Laïque : Vous êtes l’auteur du livre « Confession d’une putain voilée ». Avant de parler de ce livre, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs votre histoire, et ce que vous faites aujourd’hui ?
Sonya Zadig : J’ai quitté la Tunisie après le baccalauréat pour rejoindre la France et y faire des études. J’ai d’abord suivi un cursus littéraire avant de me spécialiser en linguistique anglaise, ce n’était pas tout à fait ce que je voulais faire au départ, mais mon père en avait décidé ainsi et me destinait à devenir interprète. Mon désir profond était plutôt axé sur la psychologie, d’ailleurs après plus de vingt années de bons et loyaux services à l’Éducation nationale, j’ai repris des études de psychopathologie clinique et je fais aujourd’hui ce que j’ai toujours rêvé de faire, soigner les âmes en tant que clinicienne.

Les femmes étaient envoyées à l’abattoir du mariage forcé

Riposte Laïque : Vous apparaissez rapidement, dans votre enfance tunisienne, comme la rebelle de la famille, celle qui refuse la place de la femme que la société lui réserve. Comment expliquez-vous cette révolte précoce ?
Sonya Zadig : Ayant grandi dans un univers familial et social plus qu’insécurisant, j’ai développé assez tôt une capacité d’observation et une vigilance accrue à tout ce qui m’entourait. J’ai très vite compris que l’on me destinait à une soumission qui ne me convenait pas, je ne voulais surtout pas être une citoyenne de seconde zone uniquement parce que mon sexe m’y assignait.
Je voyais bien que les femmes de la famille étaient envoyées à l’abattoir du mariage forcé et cela me déplaisait. Mes lectures ont contribué à cette rébellion précoce, je comprenais qu’il existait un monde où je pouvais me libérer du joug de l’oppression et cela me confortait dans ma position de rebelle.

Je n’oublierai jamais les violences de mon père

Riposte Laïque : Vous semblez, tout au long de votre passionnante narration, très marquée par votre père, un homme qui se dit communiste, mais qui paraît sujet à de nombreuses contradictions…
Sonya Zadig : Ah, mon père ! Dans l’après-coup, je pense qu’il était lui aussi victime de la société arabo-musulmane dans laquelle il a lui-même grandi, c’est une figure tragique, mon père.
Fils de notables, il avait essayé de s’affranchir de sa classe sociale et de son appartenance culturelle en s’engageant à « Perspectives », un mouvement politique de gauche et d’extrême gauche des années 60. C’est aussi grâce à lui que j’ai pu découvrir le monde intelligible en accédant à sa bibliothèque ; c’était un amoureux des Lumières qui vivait, hélas, dans l’obscurité. Il était très clivé, car son discours dans l’extime était des plus éclairés, il se disait athée et œuvrait pour l’égalité des droits mais dans l’intime se jouait alors une autre histoire, faite de violence et d’oppression, surtout à mon égard. Il ne m’a cependant jamais parlé de mariage et voulait vraiment que je m’affranchisse en excellant à l’école mais paradoxalement, il ne supportait pas ma liberté de femme et craignait pour son honneur. Il m’a laissée partir en France car il savait qu’il ne pourrait jamais me soumettre, mais rien n’excuse ses violences à mon égard. « Un homme ça s’empêche » comme disait Camus en citant son père.

J’ai épousé la culture française, ma pensée s’inspire des Lumières

Riposte Laïque : Vous ne cachez pas votre fascination pour la France dès votre adolescence, et votre volonté, au plus vite, d’y poursuivre vos études. Vous y vivez depuis à présent de nombreuses années. Vous définiriez-vous, malgré tout, comme une femme de deux cultures ?
Sonya Zadig : Une femme de deux cultures, oui et non. Je ne peux pas nier le fait d’avoir été déterminée par ma culture originaire, d’ailleurs c’est tout le propos du livre où je dis que les choses se cristallisent dans la langue elle-même. En parlant arabe, j’ai parlé malgré moi la langue du Coran, mais c’est une langue qui à mon sens est sans pensée car dogmatique. Or ce qui fait de moi la femme que je suis devenue aujourd’hui, c’est ma pensée, et ma pensée s’inspire des Lumières. J’ai épousé la culture française qui m’a permis d’advenir en tant que sujet et en tant que femme.

Le peuple tunisien se définit prioritairement par son appartenance au dogme islamique

Riposte Laïque : Lors de la Révolution du jasmin, en Tunisie, vous écrivez que vous n’avez jamais cru à la réussite de ce soulèvement, et vous estimez que l’épisode Bourguiba a masqué la réalité d’une Tunisie conservatrice, très attachée à l’islam. Vous pensez vraiment que la société tunisienne a régressé, depuis 2011, et que l’islam y progresse ?
Sonya Zadig : Je me souviens très bien de ce 14 janvier 2011, je me souviens que cela avait ouvert une brèche d’espoir mais je savais aussi que nous allions bientôt nous réveiller de cette ivresse avec une gueule de bois terrible.
La Tunisie de Bourguiba et plus tard de Ben Ali masquait en vérité une réalité beaucoup plus profonde. Le peuple tunisien se définit prioritairement par son appartenance indiscutable au dogme islamique. Bourguiba n’était malheureusement qu’une convulsion heureuse de l’histoire. L’état naturel est islamique. L’islam est avant tout un contrat social qui prescrit à chacun une marche à suivre à chaque étape de la vie, il est ainsi très difficile voire impossible de s’en affranchir. J’en ai pour preuve ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie, Ennahdha concentre tous les pouvoirs après avoir été élu démocratiquement par le peuple tunisien. Quelle régression !

Lorsque l’islam vous dresse à penser que votre corps est collectif…

Riposte Laïque : Vous expliquez, tout au long de ce livre, que les femmes ne se remettent jamais de la pression qu’exerce l’islam sur la société, et principalement sur elles. Pouvez-vous développer cette question ?
Sonya Zadig : Votre question est au cœur même de la « putain voilée ». Je suis convaincue que la difficulté qu’ont les femmes à se remettre de la pression du dogme islamique réside dans le fait que l’aliénation s’inscrit dans leur corps. L’inscription du discours culturel passe par une servitude corporelle. Lorsqu’on vous explique dès votre jeune âge que vous êtes la fille de, la sœur de et que vous vous destinez inéluctablement à devenir la femme de et plus tard la mère de ; lorsqu’on vous signifie à longueur de temps que vous n’êtes qu’un X + 1 car être une X seule vous réduit à n’être qu’une putain ; lorsqu’on vous dresse à penser que votre corps est collectif et que vous ne pouvez pas en disposer librement, comment voulez-vous advenir en tant que sujet de votre histoire ? Comment voulez-vous effacer la trace cellulaire et constitutive que le sceau islamique a tatoué sur votre corps de petite fille ? Libérez les corps et vous libérerez les femmes musulmanes, et encore ce n’est pas si simple, voyez mon histoire !

Il y a en France une régression dangereuse chez les jeunes dans la manière de considérer la femme

Riposte Laïque : Quel est votre regard de femme ayant quitté la Tunisie adolescente, devant ce que nous appelons l’islamisation de la France. Êtes-vous inquiète, notamment devant le fait que selon une étude de l’institut Montaigne, 50 % des jeunes musulmans de moins de 25 ans disent préférer les lois de l’islam, la charia, à celles de la République ?
Sonya Zadig : Un vent mauvais souffle sur la France aujourd’hui, il y a une régression dangereuse surtout dans la manière de considérer la femme, notamment chez les jeunes. Cela est dû à mon sens à l’infiltration insidieuse du discours islamiste dans la société française ; je précise que je ne crois pas à l’existence d’un islam modéré. Voyez nos filles qui ne peuvent plus se maquiller ou se mettre en jupe sans se voir taxer de putains, y compris par les jeunes non issus de l’immigration !
L’étude de l’Institut Montaigne ne m’étonne pas du tout. Au-delà de l’islam comme religion, il y a une volonté de revendication identitaire qui, sous couvert de religion, nous prépare des automnes obscurs. La laïcité est pour moi la seule réponse viable, nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le projet d’islamisation déjà en marche sous nos cieux. D’ailleurs ce sont ces mêmes jeunes binationaux qui ont voté massivement pour Ennahdha en Tunisie et ont largement contribué à installer le parti islamiste au pouvoir.

La France m’a tout donné, il est de mon devoir de lui rendre un peu

Riposte Laïque : Finalement, qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ce livre, et souhaitez-vous en écrire un autre ? Et comment se le procurer ?
Sonya Zadig : J’ai écrit ce livre par nécessité impérieuse. J’ai écrit ce livre pour témoigner et avertir sur ce qui nous attend si on continue à fermer les yeux au nom du relativisme culturel. La France m’a tout donné, il est de mon devoir de citoyenne de rendre un peu de ce que j’ai reçu de ce pays en publiant ce livre.
Vous pouvez le commander directement sur le site de mon éditeur, Alexandra de Saint Prix ou sur tous les autres sites marchands : Amazon, Cultura et la Fnac…
Oui, bien sûr qu’il y aura d’autres livres, mais pas forcément sur ce sujet. L’écriture est une passion et je viens de finir un roman intitulé « le dernier voyage » qui n’a rien à voir avec l’islam.

La bien-pensance est en train de gangrener notre République

Riposte Laïque : Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Sonya Zadig : Oui, je voulais vous remercier de m’avoir donné la parole. Ceux qui pourront me critiquer, je leur dirai que mon souci premier est un souci de vérité, et il est plus fort que l’allégeance à un quelconque camp politique. Je suis fatiguée de me sentir muselée par l’injonction du bien-dire qui nous éloigne indubitablement de notre liberté fondamentale qui est celle de pouvoir dire ce que l’on pense.
Certains me reprochent de tenir le même discours que Marine Le Pen sur la laïcité, et alors ? Ce n’est pas parce que je suis d’accord avec elle sur ce point-là que je partage ses positions.
La bien-pensance est en train de gangrener notre République. Au nom d’une tolérance à tous crins, nous fermons les yeux sur une régression intolérable de nos valeurs les plus fondamentales. L’égalité homme/femme est aujourd’hui compromise. La prolifération du voile islamique dans nos rues donne à voir à nos enfants une image fallacieuse de ce qu’est une femme. Nous ne devons pas nous habituer à voir le corps de la femme enseveli sous une burqa ou sous un voile, les effets psychologiques peuvent être des plus délétères. Je vous remercie de m’avoir donné la parole car on tend plus volontiers le micro aux femmes voilées aujourd’hui qu’aux femmes qui, comme moi, refusent de se soumettre aux diktats d’une religion féminicide et liberticide.
Propos recueillis par Pierre Cassen