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La France retrouvée : rompre avec le catéchisme du libre-échange de l’UE

Il y a quelques semaines, notre fondateur, Pierre Cassen, avait rédigé un article élogieux sur un livre « Être français », écrit par Stanislas Berton.

https://ripostelaique.com/etre-francais-lettre-a-ma-soeur-de-stanislas-berton-un-coup-de-coeur.html

Ce dernier vient de lancer un mouvement, « La France retrouvée ». L’occasion avec lui, donc, d’approfondir les objectifs de cette nouvelle structure…

Riposte Laïque : Le 20 novembre 2018, vous avez annoncé la création de la France Retrouvée et lancé un appel aux Français ? Pourquoi ?

Stanislas Berton : Confronté à l’effondrement de mon pays et à l’absence de réponse politique à la mesure de l’enjeu, j’ai décidé d’agir. Par cet appel, j’ai voulu dire aux Français de ne pas perdre espoir et leur rappeler que notre pays contient des énergies immenses qui ne demandent qu’à se libérer. Qu’ils sachent qu’il existe désormais en France un mouvement entièrement consacré à la défense du peuple français, de son identité et de ses intérêts. Prêt à être appelé aux responsabilités, ce mouvement s’appuie sur un programme de gouvernement clairement défini dont les trois piliers sont : 1) la restauration de notre souveraineté 2) la relocalisation de l’activité économique et 3) le rétablissement de l’ordre dans le pays.

Riposte Laïque : Face au péril dans lequel se trouve la France, la solution est-elle vraiment un parti de plus ?

Stanislas Berton : Pour commencer, la France Retrouvée n’est pas un parti politique.
Les partis politiques font partie du problème et à ce titre, ils ne sauraient faire partie de la solution.
La France Retrouvée s’inscrit dans le cadre politique tracé par Charles de Gaulle pour la Ve République et dévoyé depuis par le régime des partis : un homme, un projet, un peuple.
La France Retrouvée vise donc tout simplement à rassembler une large majorité de Français autour de mon projet pour la France.

Riposte Laïque : De telles initiatives ne risquent-elles pas de diviser encore plus les forces patriotes ? L’heure n’est-elle pas plutôt au rassemblement ?

Stanislas Berton : Le rassemblement est en effet une nécessité. Mais autour de quel projet ? Et sous quelle autorité ?
Force est de constater que la France Retrouvée est aujourd’hui le seul mouvement politique à proposer, sans équivoque, un projet clairement défini de redressement national ainsi que les mesures fortes nécessaires à sa mise en œuvre. Pourquoi rêver à une hypothétique « union des droites », fatalement entravée par les logiques d’appareil et les conflits d’ego, alors qu’il est possible de rassembler dès aujourd’hui toutes les forces patriotes derrière un chef et un projet ? N’oublions pas non plus que tous ceux qui appellent aujourd’hui à l’union participent depuis des décennies à la vie politique française et ont par conséquent une large part de responsabilité dans la situation actuelle.
Pourquoi les Français leur feraient-ils confiance ? Je crois qu’ils ont plutôt envie de voir de nouvelles têtes.

Pour revenir à l’actualité, quelle réponse apporter au mouvement des « Gilets jaunes » ?
Le peuple français paie aujourd’hui cinquante années de choix économiques et politiques désastreux, aggravés par une nouvelle expression du mépris de classe dont nous avons pu observer ces derniers jours des manifestations de plus en plus décomplexées. Résoudre efficacement les problèmes légitimement soulevés par les Gilets jaunes suppose d’attaquer les problèmes à la racine.

Riposte Laïque : C’est-à-dire ?

Stanislas Berton : L’ouverture déréglée de la France à la concurrence internationale a laminé le tissu économique français, principalement dans la France périphérique, et a concentré l’essentiel des activités à forte valeur ajoutée dans les métropoles. Recréer de l’emploi dans cette France périphérique suppose, entre autres, de rompre avec le catéchisme du libre-échange professé par l’UE pour mettre en place des politiques volontaristes de protectionnisme, de réindustrialisation et de relocalisation économique. Autre aspect du problème : les Français sont écrasés de taxes qui financent l’immigration actuelle, trois milliards pour l’aide aux migrants et l’AME, ou sont employées à gérer ses désastreuses conséquences, à travers les dizaines de milliards des plans banlieue ou tout ce que les économistes appellent les externalités négatives : baisse du niveau scolaire, insécurité, destruction du lien social… En réalité, ce qu’il faut remettre en cause, c’est un projet politique qui, depuis cinquante ans, a préféré favoriser tout ce qui est étranger à ce qui est français. En soutenant une telle politique, les classes dirigeantes ont non seulement sapé les fondements de leur légitimité mais elles ont également rendu leurs privilèges odieux. Aujourd’hui, les Français demandent des comptes et ils ont bien raison.

Riposte Laïque : Un mot pour finir ?

Stanislas Berton :
Depuis cinquante ans, la majorité des Français vit dans une prison mentale dont les barreaux s’appellent : l’Europe, la diversité, la mondialisation, le multiculturalisme et l’abandon de souveraineté.
Tout a été mis en œuvre pour leur faire oublier qu’il existe, hors de ces tristes murs, un tout autre monde éclairé par la flamme du génie français. Pour sauver la France et garantir leur avenir, les Français doivent commencer par sortir de cette prison et n’avoir aucun scrupule à se débarrasser de leurs geôliers.

Plus d’information :
www.la-france-retrouvee.com

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https://twitter.com/FRetrouvee

Propos recueillis par Jeanne Bourdillon




Remplacer une élite qui a failli


Devant le spectacle quotidien de la faillite de nos élites, la question se pose de leur remplacement.
Quoi qu’on puisse penser du communisme ou du maoïsme, ces deux mouvements révolutionnaires avaient parfaitement compris, et cela explique en partie leur succès, l’importance de remplacer une élite par une autre et pour ce faire, de former des cadres et de s’assurer que ces derniers possèdent un bagage intellectuel et des outils conceptuels communs.

Sur le plan académique, l’université et les grandes écoles françaises sont devenues, à de rares exceptions, non pas des temples du savoir mais des cimetières de l’intelligence. L’excellence française se maintient encore dans les sciences dites « dures » relativement épargnées par l’idéologie mais les sciences humaines ont été, de leur côté, ravagées par le post-modernisme avec les résultats que l’on sait. Or, c’est justement ce domaine qui influence la politique, la gestion publique et les relations internationales.

Les patriotes et la nouvelle élite qui devra, à terme, remplacer l’ancienne, n’ont donc d’autre choix que de se former en autodidactes. Il s’agit là d’une question aussi importante que pratique car ce sont les outils que nous utilisons pour penser le monde qui nous donnent les moyens d’agir sur lui.
À quoi bon prendre le pouvoir si c’est pour refaire les mêmes erreurs par manque de connaissances et de préparation ?

Ces dix dernières années, les sciences économiques et la gestion ont été bouleversées par les avancées considérables réalisées, notamment, dans le domaine des sciences comportementales. Des applications politiques de ces découvertes ont été mises en place aux USA, en Allemagne ou encore en Scandinavie.

En France, combien d’élus, de dirigeants, voire de lecteurs de Riposte Laïque ont-ils déjà entendu parler de l’économie comportementale, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres ?

Non seulement l’excellence intellectuelle est une tradition française, mais c’est aussi elle qui nous donnera la victoire. Au-delà de ses aspects manifestes, notre lutte est un combat entre ceux qui, convaincus qu’il existe en ce monde des règles, des lois et des hiérarchies, se trouvent du côté du réel et ceux qui, gouvernés par l’hybris, pensent que l’homme peut s’affranchir de tout, y compris de sa biologie et de sa culture.

Je propose donc ici aux patriotes une sélection des ouvrages essentiels à toute personne souhaitant se former dans le domaine des sciences humaines et de la gestion. Les lectures indispensables sont indiquées en gras. À noter, au vu de cette liste, que la pratique courante de l’anglais est aujourd’hui indispensable pour participer à la vie intellectuelle du XXIe siècle. Parler uniquement le français, c’est se condamner à plusieurs années de retard sur les dernières découvertes. Des compétences de base en gestion sont également dans la plupart des cas un pré-requis.

Stanislas Berton

Organisation / Management

Reinventing organizations, Frédéric Laloux (bonne traduction française)

Culture et organisations, Geert Hofstede

Liberté et Cie, Isaac Getz

Never split the difference, Chris Voss (disponible en français en janvier 2019)

Éthologie / biologie

Éloge de la fuite, Henri Laborit

L’agression, une histoire naturelle du mal, Konrad Lorenz

Le gène égoïste, Richard Dawkins

The pleasure of finding things out, Richard Feynmann

Psychologie

Thinking, fast and slow, Daniel Kahneman (traduction française à éviter car catastrophique*)

C’est (vraiment) moi qui décide ? Dan Ariely

Influence et manipulation, Robert Cialdini

Économie

Economix, Dan E Burr et Michael Goodwin

La transition énergétique pour tous, Jean-Marc Jancovici

30 min – L’essentiel Energie/Climat

Effondrement, Jared Diamond

*Que le livre le plus important de ce siècle en économie et en psychologie ne bénéficie même pas d’une traduction française correcte témoigne du naufrage intellectuel de notre pays.




Démographie, énergie, dette : les trois crises qui menacent notre avenir

Tous les patriotes et tous ceux qui se sentent concernés par l’avenir et la survie du peuple français doivent prendre conscience que notre existence même se trouve aujourd’hui menacée par trois crises.

La première est la crise démographique

Si aucune action n’est menée pour inverser les courbes, la population française autochtone sera mise en minorité et remplacée sur un territoire qu’elle occupe depuis des millénaires d’ici quarante ans.
Non seulement ce remplacement conduira à la disparition physique de notre peuple, mais il aura – et a déjà – pour corollaire une augmentation des violences, un effondrement du capital humain comme économique, bref, la disparition de la France en tant qu’État, que nation, que puissance.

Cette crise démographique est prise au sérieux, à juste titre, par la totalité des forces patriotes.
Malheureusement, son urgence et sa réalité visible conduisent trop souvent à occulter deux autres crises tout aussi importantes qui menacent de façon aussi grave l’avenir de notre peuple et de notre pays.

La seconde crise est celle de l’énergie

Depuis la Révolution industrielle, l’Occident, rejoint depuis peu par les pays en développement, exploite un stock de matières premières pour l’essentiel non renouvelables. Il y a bien sûr le pétrole, mais aussi le cuivre, le nickel, le zinc, l’or ou encore le phosphate, ce dernier étant indispensable à notre agriculture moderne. Or, tous les spécialistes et toutes les études convergent pour nous avertir que ces stocks sont en diminution et devraient s’épuiser d’ici vingt ou trente ans, c’est-à-dire demain.
À ce jour, aucune alternative sérieuse n’existe pour remplacer le pétrole dans les proportions où il est utilisé aujourd’hui, sans parler des autres ressources, indispensables en agriculture ou en électronique.
Quant aux énergies renouvelables, non seulement elles occupent une part dérisoire dans le mix énergétique mondial, mais leur coût comme leur rendement les rendent incompatibles avec le maintien de notre système économique et de notre niveau de confort actuel.

Ces données signifient que tout le système économique et social mondial fondé sur l’agriculture intensive, les échanges mondiaux, la croissance continue de la population et de la consommation est condamné mécaniquement à s’arrêter ou à sérieusement se ralentir par simple épuisement du carburant énergétique nécessaire au fonctionnement de la machine économique. Les conséquences de ce changement sont incalculables et nécessitent de repenser de façon totale et profonde notre modèle économique et nos investissements pour l’avenir. Pensant que les courbes vont continuer leur croissance de façon linéaire, nous refusons d’envisager un changement brutal de tendance, le fameux « Black Swan » théorisé par le statisticien Nicolas Taleb.

La troisième : la dette

Mais avant cela, nos sociétés risquent d’être frappées par une troisième crise, directement liée à la seconde, la crise de la dette. En effet, Jean-Marc Jancovici a démontré le lien direct entre croissance économique et accès à l’énergie. Pour simplifier : la dette est un pari sur une croissance future, laquelle permettra son remboursement. Or, en dernière analyse, la croissance est fondée sur l’énergie car ce qui fait tourner tout notre système, ce sont nos machines, nos « esclaves énergétiques ». Moins d’énergie pour faire tourner nos machines, c’est moins de croissance et moins de croissance, c’est l’incapacité de rembourser les dettes que nous avons contractées en imaginant les honorer grâce aux fruits d’une croissance future.

Cette contraction énergétique se heurte depuis les années 70 à la nécessité de continuer à faire croître l’économie à un rythme soutenu. Les États, les banques et les banques centrales ont donc généré, depuis quarante ans, une quantité phénoménale de dette afin de maintenir artificiellement le système économique à flot. Mais tôt ou tard, le point de rupture sera atteint.

Selon les experts financiers, après la dette des ménages, nous allons connaître une crise de la dette des entreprises avec, cette fois, un problème de taille : depuis 2008, les banques centrales ont épuisé tous les outils à leur disposition pour éviter l’arrêt fatal du système et son effondrement. Selon plusieurs analystes, l’arrivée de la prochaine crise est prévue pour 2019 et pourrait conduire, cette fois, à un effondrement économique généralisé. Comme souvent en économie, il est difficile de prédire de façon exacte le point de basculement mais une chose est sûre : l’endettement actuel n’est pas soutenable et la « croissance » est maintenue de façon artificielles grâce à des astuces financières et monétaires. Tôt ou tard, un rééquilibrage va se produire et il sera brutal.

Ces trois crises, auxquelles vont s’ajouter les crises climatique, alimentaire, politique et migratoire vont être autant de bombes qui vont faire exploser tout ce que nous prenons pour acquis et que nous considérons comme « la norme » depuis plusieurs siècles.

La question politique majeure n’est donc pas de lutter contre l’islamisation, la pollution ou le chômage mais de considérer ces différentes crises comme un tout et de prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à ces menaces existentielles pour le peuple français.
Sur tous les plans, nous vivons depuis des décennies à crédit et le moment approche de payer l’addition. Le XXIe siècle sera le « temps des conséquences et de l’irréparable ».
Tous ceux qui se sentent responsables du destin de la France doivent donc comprendre que la question qui se pose n’est rien de moins que celle de notre survie en tant que peuple et que pour y répondre, nous allons devoir changer radicalement de paradigme.

Stanislas Berton

Pour aller plus loin :

Jean-Marc Jancovici, Dormez tranquilles jusqu’en 2100 / La transition énergétique pour tous
https://jancovici.com/videos/30-min-lessentiel-energieclimat/

Nicolas Taleb, Le cygne noir