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Je suis pour Zemmour, la décolonisation et le peuple européen !

Discours prononcé à Strasbourg en novembre 1959 par le Général de Gaulle : « Oui, c’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe, qui décidera du destin du monde » !

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Thomas Ferrier : « je suis pour Zemmour, la décolonisation & le peuple européen » !

Entretien accordé par Thomas Ferrier (TF), euro-identitaire et dirigeant du LPE Le Parti des Européens, à Claude Lefranc (CL) le 20 juin 2021.

CL. Bonjour Thomas Ferrier. Pourriez-vous vous présenter pour les lecteurs de Riposte Laïque : votre milieu familial, vos études, votre parcours idéologique et politique, le Parti des Européens (LPE) ?
TF. Historien de formation (spécialité antiquité), cadre de la fonction publique, issu d’une famille à dominante universitaire et enseignante, je représente un courant politique qu’on pourrait appeler « européiste identitaire« , à la fois promoteur d’une véritable Europe politique assise sur une identité européenne commune, forte et restaurée. Cela n’aurait pas en effet de sens de vouloir unir les Européens en niant dans le même temps le ciment naturel qui les associe depuis des millénaires.
Le Parti des Européens est né de cette ambition d’une Europe unie et à nouveau puissante.
CL. Vous avez publié sur RL une lettre ouverte à Eric Zemmour pour lui apporter votre soutien. Pouvez-vous nous indiquer votre analyse de l’éventuelle candidature de Zemmour ? Sentez-vous un moment de basculement ou une fenêtre de tir favorable à Zemmour au vu du combat idéologique entre mondialistes hors sol et nationalistes enracinés ?
TF. Eric Zemmour est un candidat qui peut réaliser l’union des droites à condition de pratiquer une triangulation stratégique entre lui, Marine Le Pen et Macron. Donc être plus identitaire que Marine Le Pen qui, au nom d’une stratégie de présidentialisation parfaitement vaine et de reniements en cascade, n’est plus crédible sur cette ligne. Et être plus européen que Macron qui est un pseudo-européiste qui n’a en aucune manière fait avancer une Europe plus forte et plus soudée en quatre ans et qui est davantage tourné, comme les présidents antérieurs, vers l’Afrique plutôt que vers l’Europe.
Zemmour devra donc réussir à attirer à lui le vote d’européistes sains et de souverainistes raisonnables. Ne prônant aucun « frexit » ni aucun abandon de l’euro, il pourra associer sécurité économique et sécurité tout court, car les Français attendent aussi un discours ferme et courageux sur l’immigration et sur la criminalité.
Autour de lui, il pourrait unir une partie des Républicains (comme Morano et Ciotti) et les exclus des LR et du RN (qui sont fort nombreux), mais aussi Nicolas Dupont-Aignan, ainsi que de nombreux électeurs et militants écœurés qui se sont réfugiés dans l’abstention depuis trop longtemps. Je pense que des gens aussi différents que Villiers, Mégret, Ménard (malgré ses dernières déclarations marinistes) et bien d’autres encore pourraient le rejoindre. Seuls les « frexiteurs » s’y refuseront. (NDR, pas certain car beaucoup sont gaullistes).
CL. Je voudrais que vous nous expliquiez la différence entre nation et Etat. Comprenez-vous que les souverainistes perçoivent la nation comme la protection car c’est leur terre ancestrale ? Votre conception d’une Europe des peuples réunis (ou de réunification du grand peuple européen) est-elle un supra souverainisme ?
TF. Il y a en France notamment une confusion constante entre la nation, qui est le regroupement de ceux de « même naissance« , et l’Etat, qui est un cadre administratif et institutionnel qui peut être parfaitement indépendant. L’état-nation est un héritage du XIXème siècle mais peut avoir encore du sens au XXIème siècle à condition d’être positionné à l’échelle adaptée, qui est l’échelle européenne.
Ce serait donc un « étatnation Europe » fondé sur l’unité de peuplement et de civilisation qui caractérise l’Europe.
L’Etat « national », qui est en réalité de moins en moins national du fait des politiques migratoires des gouvernements parfois depuis 1946, est devenu le geôlier et même le fossoyeur de l’identité nationale, pas seulement en France mais dans toute l’Europe occidentale et même en Russie. Il élabore des lois qui restreignent les libertés publiques, sans avoir besoin d’en accuser l’Union Européenne actuelle qui, certes, ne nous protège pas davantage.
La souveraineté européenne, c’est l’indépendance réelle et non nominale d’une Europe unie à terme de l’Islande à la Russie. Toute souveraineté intermédiaire, comme celle du Royaume-uni post-brexit, n’est qu’une vassalité déguisée, aux USA et demain aussi bien à la Chine.
CL. Comment vous situez-vous par rapport à la démarche de Daniel Conversano qui est parti vivre en Roumanie ?
TF. Qu’on reste en France ou qu’on choisisse de s’installer dans des espaces européens davantage préservés, c’est complémentaire. L’important est de défendre le Parti des Européens partout sur le continent, ce que seul un parti européen rend possible.
CL. Vous présentez un scénario de putsch démocratique sur la commission européenne pour les prochaines élections européennes de 2024. Pouvez-vous nous expliquer votre projet du LPE en 2024 ?
TF. Ce n’est pas exactement ça. C’est de faire du parlement européen l’antichambre d’une future assemblée européenne constituante car sa légitimité démocratique est forte. C’est d’ailleurs en créant de l’enjeu au niveau européen que les électeurs se mobiliseront davantage à ces élections qu’ils ont tendance à bouder en raison de la médiocrité des élus qui y siègent depuis des décennies.
Autour d’un groupe politique qui rassemblerait à terme 30% des élus, on pourrait organiser ainsi une coalition majoritaire à Strasbourg avant le renfort des autres droites, atteignant plus de 50% de l’assemblée, et ainsi non seulement bloquer les institutions (refuser la commission) mais proposer la mise en place d’un gouvernement européen provisoire dont la mission sera de réaliser une véritable constitution européenne et d’organiser l’Etat européen.
Ce sera un 1789 européen, « un serment européen du jeu de paume », contre un monarque à 27 têtes.
CL. Vous prônez un processus d’accomplissement de la décolonisation et par ailleurs une politique remigratoire en Europe. Pouvez-vous expliciter votre pensée ?
TF. L’Europe doit accomplir la décolonisation jusqu’au bout, ce qu’elle a fait de manière partielle et a eu des conséquences notamment migratoires en retour. Cela signifie concrètement : indépendance de l’outre-mer (affirmant ainsi le caractère européen de la France), suppression du franc CFA, fin de la promotion de la francophonie en Afrique au profit des langues africaines natives, rapatriement des troupes européennes et retour volontaire organisé des Européens installés en Afrique du sud (afrikaners) vers l’Europe.
Parallèlement, l’Europe doit affirmer son identité européenne et sa vocation de demeurer elle-même en instaurant une nationalité européenne qui ne prendra pas en compte le dévoiement des (anciennes) nationalités par les (anciens) Etats. La nationalité française en 2021 a perdu une grande partie de son crédit et même de son sens. La conserver serait donc être otage ou comptable de son dévoiement. Associée au principe d’exclusivité citoyenne, elle permettra d’encourager un processus remigratoire, restituant aux pays émetteurs – d’Afrique principalement – ceux qui n’auraient pas dû les quitter, élites et non-élites. (NDR plus leurs descendants nés en France).
CL. Pouvez-vous expliquer en quoi votre projet d’Europe « du peuple européen réunifié » est différent de l’Europe mondialiste actuelle ? Quelles autonomie et souveraineté politique, économique, culturelle, etc ? Quid de votre souverainisme européen ?
TF. L’Europe unie (à terme de l’Islande à la Russie) que nous prônons est l’antithèse du globalisme. C’est tout sauf une « Global Europe » comme l’actuelle Union Européenne. Elle sera bâtie sur un principe que les globalistes nient : l’homogénéité. Car les Européens appartiennent tous à un même peuplement et portent en commun la même civilisation. Ils sont « frères nés d’un même sang » (cf Eschyle). Cette dernière expression est par définition et par nature antiglobaliste.
Il faut voir en l’Europe une nation comme les autres, mais une nation pratiquant une forte subsidiarité identitaire afin de préserver l’identité des patries charnelles, dont la France – avec son riche patrimoine, ses traditions et son art de vivre – est un des fleurons. Il ne s’agit pas du tout de fusionner des identités, c’est tout le contraire, mais d’unir des hommes qui ont tout en commun et font face aux mêmes périls et aux mêmes ennemis.
La souveraineté politique sera européenne, mais il y aura de nombreux pouvoirs délégués aux entités intra-européennes, municipalités, régions et nations, dans notamment tout ce qui relève au sens large de l’identité.
CL. Quelle différence entre votre projet et l’union paneuropéenne internationale UPI ?
TF. A savoir Paneurope. Nous, nous assumons l’identité européenne et nous voulons bâtir l’Europe politique sur elle. Et nous ne sommes pas en faveur d’une autre « Europe des Etats » qui ne serait qu’impotence fétichisée, comme en témoigne l’actuelle Union Européenne, sans réel pouvoir et dirigée par des « seconds couteaux » nommés par les gouvernements.
CL. Un mot pour la fin ?

Une Europe unie mais sur les bonnes bases et avec les bonnes personnes à sa tête sera seule à pouvoir sauver l’identité française et européenne. Dans le cadre des Etats actuels, rien ne sera simplement possible. Il faut l’admettre. Quelques « sacrifices sentimentaux », s’ils mènent à la renaissance de notre civilisation, ne sont pas trop demander. (NDR « Sacrifices sentimentaux : sauver l’identité du peuple européen et abandonner les états qui le détruisent au lieu de le protéger »)

Le 20 juin 2021
Claude Lefranc
Sur TVLibertés
https://www.tvlibertes.com/zoom-thomas-ferrier-soyons-revolutionnaires-et-conservateurs
https://www.youtube.com/watch?v=h2MmRUuezKM
Contre l’Europe mondialiste et pour l’Europe des européens
https://www.youtube.com/watch?v=H_QIoEHvn5M
Une autre approche de l’Europe – Synthèse avec Thomas Ferrier, euro-identitaire – TVL
Thomas Ferrier est un militant européen. Même s’il connaît parfaitement la législation européenne, il n’est pas pour autant un thuriféraire du « machin bruxellois ». Sa conception de l’Europe repose plus sur des réalités civilisationnelles que sur des considérations économiques et technocratiques absconses.
Entretiens Le Rocher avec Thomas Ferrier
https://www.youtube.com/watch?v=5fH5jO6Es9M
https://www.youtube.com/watch?v=FgfsMQ-zD-Q
Programme du LPE
http://www.psune.fr/notre-programme/



Européiste convaincu, je souhaite la candidature d’Éric Zemmour

Lettre ouverte d’un européiste authentique à Éric Zemmour

Cher Éric Zemmour, vous êtes à mes yeux le moins souverainiste de tous les souverainistes, et c’est pourquoi je m’adresse à vous dans la perspective heureuse d’une candidature aux prochaines élections présidentielles que vous pourriez envisager de présenter dans les prochains mois.

Alors que Marine Le Pen prend conseil auprès de son père pour savoir comment vous contrer (in Le Point de cette semaine), ce qui indique la panique qui l’étreint, votre candidature est attendue à la fois pour la soutenir de la part de vos partisans et pour l’entraver de la part d’adversaires appartenant à la « Macronie ».

Si votre analyse du péril migratoire et démographique qui pèse sur l’Europe est irréprochable par sa lucidité et sa cohérence, si vous avez parfaitement raison sur un plan géopolitique de vouloir rapprocher la France et – par extension – l’Europe de la Russie, si avec justesse vous ne prônez ni l’abandon de l’euro ni une quelconque sortie de l’actuelle Union européenne, je trouve néanmoins qu’il existe un défaut dans votre cuirasse auquel vous pourriez remédier en remisant parfois certains accents séguinistes de votre dialectique. Ces accents pourraient vous valoir le reproche d’un repli sur soi.

Vous vous placez dans l’héritage de Bonaparte et de De Gaulle, deux parrains symboliques qui représentent la France dans deux périodes parmi les plus glorieuses mais aussi les plus tragiques de son histoire. Or ces deux grands hommes n’étaient pas seulement de grands Français, ils étaient aussi de grands Européens, même si leur réalisme politique leur faisait taire publiquement ces orientations.

Pour Napoléon en 1816, lorsqu’il médite sur son destin devant Las Cases, l’empereur exilé déclara ainsi à propos de l’Europe :

« L’Europe n’aurait bientôt fait de la sorte, véritablement, qu’un même peuple et chacun, en voyageant partout se serait toujours trouvé dans la patrie commune. »

Quant au général de Gaulle, dans ses Mémoires d’avenir publiés en 1970, il s’exprima à propos des nations d’Europe en ces termes :

« Toutes étant de même race blanche, de même religion chrétienne, de même manière de vivre, liées entre elles depuis toujours par d’innombrables relations de pensée, d’art, de science, de politique, de commerce, il est conforme à leur nature qu’elles en viennent à former un tout, ayant au milieu du monde son caractère et son organisation. »

Mais sous de Gaulle, où le péril migratoire était croissant mais infime par comparaison avec notre époque, cette unité nécessaire de l’Europe n’avait aucun caractère d’urgence. En 2021, cette nécessité est devenue impérieuse. Vous faites erreur, cher Éric Zemmour, lorsque vous donnez du crédit, même s’il s’agit pour vous de s’y opposer, au prétendu projet européiste d’Emmanuel Macron. Non, le Président en exercice n’est pas un européiste authentique, mais le fossoyeur de l’idée européenne qu’il dénature en l’associant à ses lubies sociétales libertaires et à son mépris des natifs européens.

Pour que l’Europe s’unisse véritablement, pour que sur un plan politique elle ne fasse plus qu’un, pour que l’Europe de l’Islande à l’Oural, évoquée par le général de Gaulle, et par extension jusqu’au Pacifique selon l’ajout circonstancié de Vladimir Poutine, il y a deux obstacles.

Ce ne sont pas des obstacles institutionnels mais des obstacles sociétaux. Jamais l’Europe centrale et orientale n’acceptera de faire patrie commune avec une Europe occidentale promotrice du mariage pour tous et de l’ouverture aux flux migratoires postcoloniaux issus du tiers-monde. Ces flux engendrent par ailleurs une montée de l’extrême-droite en Europe occidentale par un nombre croissant d’électeurs qui ne trouvent que cette expression politique pour s’y opposer, sans pour autant partager les lubies anti-européennes de ces partis, ce qui amène là encore à entraver cette unité.

L’Europe s’unira donc nécessairement contre l’immigration extracontinentale et contre les dérives sociétales inspirées par les USA. L’Europe n’a besoin ni de la diversité ni de l’extrême-droite, mais d’une identité européenne restaurée dans une unité politique qui reste à construire.

Face à Emmanuel Macron, vous devez vous opposer à lui sur son terrain, et prouver aux yeux de tous que le plus européen des deux, c’est vous !

Avec mes salutations européennes respectueuses,

Thomas FERRIER 

Président du Parti des Européens LPE

LPE contact@psune.fr

Sur Telegram https://t.me/LePartiDesEuropeens

https://conservativeenthusiast.com/interview-tce-14-thomas-ferrier/




De la vraie laïcité républicaine

Qu’est-ce que la laïcité ? Selon la vision française dominante, il s’agirait de la simple séparation du politique et du religieux, du temporel et du spirituel, avec une totale égalité de traitement entre les différentes religions composant le pays, selon un principe de tolérance. En revanche, selon la vision turque, celle développée par Mustapha Kemal, la laïcité est le fait de soumettre totalement le religieux au politique. Si Kemal, qui avait pourtant l’islam en horreur, s’est en vérité opposé à l’implantation d’autres religions, et notamment du christianisme, c’était au nom d’une certaine vision de la laïcité, reposant sur le principe « politique d’abord ».

Que fit Atatürk ? En premier lieu, il s’opposa au pouvoir politique de l’islam, en mettant fin au califat, puis il entreprit de réformer l’islam turc au forceps, interdisant le voile islamique et le port de la barbe, autorisant l’alcool, dont il était un zélé consommateur, faisant adopter l’alphabet latin en lieu et place de l’alphabet arabe, oeuvrant à l’adoption de la langue turque dans la pratique religieuse. Par exemple, Atatürk incita les fidèles à abandonner le nom d’Allah pour désigner Dieu de son nom turc, Tanrı, correspondant en outre au dieu du ciel des Turcs païens (le tanrisme/tengrisme désignant actuellement le néo-paganisme turc). Pour lui, la laïcité c’était la stricte primauté du politique sur le religieux, comme dans la Rome et l’Athènes classiques, et la suprémacie des valeurs nationales et culturelles sur les religions. En clair, il oeuvra à la turquisation, donc à la nationalisation de l’islam, favorisant notamment l’alevisme (islam hétérodoxe nationaliste et moderne), tout en soutenant les mouvements néo-païens turcs (le MHP d’Alparslan Türkes, né en 1968, se montrera son héritier fidèle) et en rattachant le peuple turc aux Hittites aryens.
On constate là que la laïcité kémaliste, qui aujourd’hui connaît un échec retentissant avec la victoire des islamistes de l’AKP aux deux dernières élections législatives, laïcité qui inspira notamment Reza Pahlavi, est bien différente de ce que l’on entend sous ce terme en France, mais qu’elle est en revanche très proche de la vision du religieux dans l’Europe antique et païenne. Alors que l’islamisme promeut la suprémacie de la religion sur la politique, du droit islamique (shari’a) sur le droit civil, la laïcité à la turque inverse la donne.
Vendredi 18 juin, un regroupement d’associations de gauche et de droite populiste, avec à leur tête Riposte Laïque, fondée par Pierre Cassen, et le Bloc Identitaire de Fabrice Robert, avait prévu d’organiser un apéritif « saucisson » à la Goutte d’Or, Paris XVIIIème, quartier connu pour sa forte proportion de populations subsahariennes le jour et par sa rue Myrrha, qui le vendredi est occupée par des milliers de fidèles musulmans en prière, bloquant la rue et interdisant aux « kafirs » de passer. Fort logiquement, garant de la paix civile et de la sécurité des personnes, le Préfet de Police a interdit cet apéritif, de peur que cela dégénère, ce qui n’aurait pas manqué d’arriver. Cette récupération du concept de laïcité par des organisations radicales aurait pu être empêchée si la « gauche » et la droite avaient fait leur devoir, et interdit aux musulmans de prier hors des espaces dédiés à la pratique religieuse, à savoir les mosquées.
Cette actualité implique de s’interroger sur la notion de laïcité dans la société française contemporaine, en plein débat sur la burqa et sur l’identité nationale. Le terme de « laïque » vient de l’adjectif grec λαϊκος, formé sur λαος, « peuple », et qui signifie dans son sens premier « populaire ». Le laïc s’oppose au clerc, c’est-à-dire au prêtre. Dans son sens originel, la laïcité est donc la religiosité populaire s’opposant à la théologie, mais elle est aussi, pour revenir à un sens plus moderne, l’interdiction faite au religieux d’intervenir sur le champ politique.
Dans la Rome classique, la laïcité était à la fois la défense des valeurs populaires mais aussi la supériorité du politique sur le religieux. En effet, les charges sacerdotales étaient confiées à des hommes politiques, et ainsi Jules César fut fait souverain pontife. De même, sous l’empire, Auguste est le chef de l’église romaine (païenne), son protecteur mais aussi celui qui intervient concrètement dans la pratique cultuelle. Comme l’archonte-roi à Athènes, comme les deux rois de Sparte, comme le rex sacrorum à Rome, le roi indo-européen *regs était le prêtre suprême. Ainsi, dans les sociétés antiques, les responsables politiques dominaient l’église. C’est politiquement que les sénateurs interdirent à Rome les Bacchanales, version romanisée des Dionysies helléniques, et c’est politiquement que l’empereur Auguste interdit les cultes égyptiens à Rome. C’est politiquement que Tibère et Claude combattirent la pratique du judaïsme dans la capitale, ou que Marc Aurèle réprima le christianisme.
Que reprochaient aux chrétiens les empereurs ? De ne pas les honorer, et non de nier la réalité des dieux de l’Olympe. Les chrétiens étaient considérés comme de mauvais citoyens, qui refusaient le service militaire, qui refusaient de se soumettre aux autorités, qui niaient les valeurs romaines et insultaient la culture traditionnelle. Quand les empereurs s’opposèrent au christianisme, ce n’est pas au nom des dieux ou au service des prêtres traditionnels, mais en tant que laïcs, au service de l’intérêt général.

Aujourd’hui, un islam importé pose un problème aux pays occidentaux. Au nom d’une définition biaisée de la tolérance, les Européens de l’Ouest ménagent les coutumes des populations migrantes venues du monde afrasien musulman. On n’ose pas interdire le voile islamique, se contentant de légiférer contre le seul voile « afghan », la burqa. On tolère de fait la polygamie, même si on feint de s’offusquer lorsqu’elle est avérée. On aménage les cantines scolaires pour respecter les coutumes des enfants musulmans. On supprime le porc des menus. On autorise la viande hallal. Les atteintes à la laïcité ne se résument pas à cette volonté de faire respecter des coutumes importées ou aux prises de position des imams.
La laïcité en Europe doit être à nouveau la supériorité du politique sur le religieux, et l’arrêt d’une politique de neutralité égalitariste, au profit de la stricte défense des valeurs européennes. L’Etat a comme mission principale, non de défendre les valeurs chrétiennes, mais de faire respecter les valeurs et les principes de l’Europe. En Albanie musulmane, on mange du porc et on boit de l’alcool, car il s’agit d’un islam européen, porté par des Européens, conforme aux valeurs européennes. Dans les rues de Tiranë, pas un tchador, pas une burqa ! En revanche, lorsqu’on laisse un islam d’importation ou soutenu par la très « progressiste » Arabie Saoudite, on a la Tchétchénie de Ramzan Kadyrov, partisan d’introduire la shari’a, de légaliser la polygamie et d’obliger les femmes au port du voile islamique.
Enfin, suite à un match de football dans lequel l’équipe nationale a été en dessous de tout et à une querelle à l’issue de laquelle le footballeur Anelka a été renvoyé au pays, comment ne pas s’inquiéter du prosélytisme islamique au sein de l’équipe de France. Songeons notamment que Ribery, Anelka et Abidal, ces deux derniers étant antillais, sont des convertis. N’est-ce pas la preuve que l’Etat a trop cédé face aux revendications religieuses ?
En tant qu’européens vraiment laïques, nous devons rappeler que ce sont les valeurs de notre peuple qui doivent être dominantes sur notre continent. Les religions n’ont pas à s’y opposer. Quand le Vatican prend des positions politiques, il doit être rappelé à ses obligations, qui sont strictement cultuelles. Et quand l’islam importé veut nous obliger à s’adapter à lui, nous devons lui rappeler que c’est à lui de s’adapter à nous, de se réformer en profondeur. S’il en était incapable, parce qu’on ne pourrait pas demander aux populations importées de cesser d’être ce qu’elles sont, alors chacun en tirerait les conclusions qui s’imposent.
Thomas Ferrier
Secrétaire général du Parti Socialiste pour l’Unité de la Nation Européenne (PSUNE).