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Éric Lhullier, contributeur de Riposte Laïque, nous a quittés

Éric Lhullier, ingénieur général de l’Armement en retraite, nous a quittés mercredi 28 novembre 2018.

Fervent patriote et résistant très actif, il était un lecteur et auteur assidu du site Riposte Laïque pour lequel il rédigea une cinquantaine d’articles, sous son nom et sous pseudonyme.

https://ripostelaique.com/author/eric-lhullier

Sur le mode épistolaire, qu’il pratiquait avec talent, il interpellait aussi régulièrement nos hommes politiques ainsi que les édiles de la région normande.

Scientifique autant que littéraire, il était titulaire de nombreux diplômes, notamment de l’École polytechnique et de l’ENA.

Il était également passionné d’athlétisme, dont il était fin connaisseur et qu’il pratiqua longtemps avec excellence, s’investissant auprès d’associations sportives régionales.

Homme de cœur, il souffrait du rabaissement de notre pays, de la médiocrité et des trahisons de nos hommes politiques, de la misère des Français livrés, disait-il, à la « sous-France ».

Homme courageux et fier, il était soigné depuis plusieurs années pour une grave maladie mais il n’en disait jamais mot. Doté d’une force de vie et d’une pugnacité à toute épreuve, conscient des menaces pesant sur notre pays, il se consacra jusqu’à la fin à l’analyse politique.

Il était venu aux dix ans de Riposte Laïque où nos animateurs avaient pu le rencontrer physiquement pour la première fois.

Son dernier article, écrit pour Riposte Laïque, date de la semaine dernière, preuve que, jusqu’au bout, il aura voulu, à sa manière, défendre son pays.

https://ripostelaique.com/philippot-un-souverainiste-anti-identitaire.html

Ses obsèques auront lieu lundi 3 décembre, à 14h30, en l’église Saint-Nicolas de Barfleur (50760).

Nous pensons bien à lui et à ses proches.

Cher Éric, vous nous manquez déjà !

Véronique Hervouet




En Johnny plus que Johnny… le sens profond de notre désarroi

La sidération et l’émotion immenses suscitées par la mort de Johnny Hallyday ont généré une multitude d’articles qui n’ont toujours pas fini d’épuiser leur sens.

Nécessité s’impose d’y revenir après ce premier survol de la carrière  et des funérailles de notre rocker national.

http://www.bvoltaire.fr/on-enterre-plus-johnny-lembleme-dune-epoque/

Quelques précisions peuvent en effet éclairer certains raccourcis qui ont suscité des questionnements.

Le consumérisme et l’hédonisme américains, dont Johnny Hallyday avait été musicalement le passeur et le symbole en France et dans les pays d’Europe francophones, ont conduit à la société calamiteuse, régressive et moribonde que nous subissons aujourd’hui.

Pour tous ceux qui s’étaient protégés de cette réalité par l’aveuglement ou le déni, la mort de Johnny a fait l’effet d’un détonateur.

Par delà le pathos du public attaché à son héros, la sidération et l’étranglement douloureux sont très largement partagés. Car ce deuil excède son objet, il s’étend à une société entière, bel et bien perdue, en laquelle le monde occidental avait placé toutes ses espérances.

Une société où la jeunesse érigée en symbole de modernité, ses revendications de jouissance consumériste et sexuelle mises en oeuvre quarante années durant ont abouti à un immense échec : le désenchantement sexuel et un effondrement civilisationnel.

La mort de Johnny en est la métaphore : la jeunesse n’est pas éternelle et la jouissance ne constitue pas une valeur constructive pour la société. Bien au contraire. Telle est la signification de cette énigmatique petite phrase de Jean d’Ormesson : « J’ai toujours pensé qu’une des supériorités de l’Occident venait du retard de la sexualité chez les jeunes gens ».

Autrement dit :  C’est en contenant et canalisant les visées de jouissance dès l’enfance (par une éducation exigeante, orientant la dynamique libidinale vers l’investissement dans le travail et la création) que la civilisation s’accomplit et progresse.

Johnny a été le symbole d’un credo, d’une période où la jeunesse a cru détenir la clé de la Vérité et du bonheur et pouvoir s’autoriser à balayer l’héritage éducatif qu’elle avait reçu.

La persistance de la mort et le résultat de la gestion calamiteuse de la société par cette génération viennent sanctionner par un échec cuisant ces quarante dernières années qui s’avèrent avoir été une illusion et une malencontreuse parenthèse.

C’est un sacré deuil auquel ouvre symboliquement la mort de Johnny Hallyday… Un deuil qui peut être salutaire. Espérons-le.

Véronique Hervouët 

Vice présidente du SIEL




Le mondialisme écolo-génocidaire

ecologiegenocidaireDans un contexte où se raréfient les moyens énergétiques nécessaires à la production de biens, la société de consommation comme moyen de générer le Profit est condamnée à disparaître. Nous sommes dans cette période intermédiaire où la production de masse et la consommation continuent, mais où les « gouvernances » (économiques, financières, politiques) qui les organisent et en captent le profit commencent à chercher des solutions politiques et économiques de rechange.
L’idéologie individualiste ayant eu raison de la notion de service public et d’intérêt général (qui constituait autrefois, ne serait-ce qu’ad minima, l’éthique nécessaire à l’exercice du politique), on ne sera pas surpris que la solution politique choisie par les « élites » soixante-huitardes pour faire face à la nouvelle donne énergétique et aux impératifs écologiques ne soit pas une politique alternative compatible avec l’intérêt général, comme le voudrait la démocratie, mais celle qui leur permettra de conserver leur très haut standing de vie. Celui-ci étant nécessairement coûteux en énergie et polluant, il ne peut concerner qu’une infime minorité d’individus. C’est donc à une reféodalisation de la société que les « gouvernances » sont en train de travailler.
La contrepartie de ce programme est logiquement de réduire la pression globale sur l’économie et l’environnement en faisant décroître la consommation des « masses » occidentales, d’endiguer les risques d’instabilité sociale qui en découlent et de modifier à la baisse leur démographie.
A cet égard, on comprend que le concept économique et écologique de « décroissance », concept emprunté à la mouvance anti-productiviste et anti-consumériste, intéresse les « élites » et qu’elles jouent sur cet alibi vertueux pour brouiller leurs intentions démocraticides, pour engager leur programme politique sacrificiel de régression économique, sociale et culturelle vertigineuse.
Cette régression programmée par les « élites » pour juguler les coûts des « masses », se donne les gants éthiques et écologiques de la « protection de la nature » (menacée par les productions, les déchets et la prolifération humaines) pour susciter leur adhésion. L’idéal étant que le « troupeau », convaincu de la bonne cause (l’intérêt public) de ce projet « écologique » et dans l’ignorance du sort qui lui a été réservé, aille à l’abattoir de plein gré.
L’écologie étant aujourd’hui majoritairement positivée dans l’opinion publique, une nouvelle étape de la propagande « écologiste » est désormais en cours. Au prétexte de l’amour de la Nature et de la nécessité de la sauvegarder des pollutions humaines, les tabous sautent. Considéré par les « élites » comme un animal inutilement coûteux et nuisible, l’Homme commence à être présenté au public (c’est-à-dire à lui-même) comme une vermine à exterminer. Qu’on en juge aux propos tenus dans un dossier de l’hebdomadaire Le Point au titre explicite, « La bombe humaine » (n°1952, Fév. 2010) : « Depuis l’Allemagne nazie, il était tabou de penser le monde en termes d’espace vital. Aujourd’hui, fracassé par la croissance démographique hallucinante, le tabou implose », écrit Emilie Lanez. Trois milliards d’habitants de plus d’ici 2050 sont-ils possibles ? « Il faudra bien », répond Henri Leridon, directeur à l’INED, « mais cela supposera que nous changions drastiquement nos modes de consommation ». « Les cinquante années qui viennent de s’écouler (…) seront un jour regardées comme ayant été une parenthèse inouïe de l’histoire humaine. Tout doit se transformer. Cela sera douloureux, mais c’est vital. »  
Un article intitulé La biodiversité au bout du fusil (« Biodiversity down the barrel of gun ) paru dans The Economist du 8 février 2010, précise l’orientation : évoquant les zones du monde où la guerre a chassé les populations, on s’y réjouit clairement de cette situation en ces termes : « combien la nature peut se porter spectaculairement bien lorsque les humains sont éliminés de l’équation » ! Ce n’est pas que les conflits militaires soient bons pour l’environnement, rassure le journal. « Ce qui compte est la dépopulation. Les conflits armés et leurs effets destructeurs ne sont que l’une des forces sur la planète qui peut causer une dépopulation profonde et rapide (…). La vérité est que la possibilité de mort violente et aléatoire est la forme la moins chère de conservation qui ait jamais été inventée.» 
Tout est dit. Les guerres civiles sont devenues pour nos « élites » le moyen le moins coûteux de régulation écologique et démographique.
Les discours sur la surpopulation, relayés par toutes les « gouvernances » lors des  différents « sommets » consacrés à l’écologie, comportent toutefois des contradictions majeures. Par exemple lorsqu’il s’agit d’expliquer les choix politiques de régression sociale, à commencer par la « réforme » des retraites, justifiée au motif de l’insuffisance de la natalité des populations occidentales.
L’ancien ministre Yves Cochet nous éclaire sur ces contradictions en passant aux aveux : « Dans un pays occidental, un humain supplémentaire génère un impact écologique de 12 Burkinabés ». C’est en quoi il préconise une politique de dissuasion de la natalité dans les pays occidentaux. Et d’ajouter : « Le problème démographique ne se pose pas pour l’Afrique aujourd’hui, sa population, par sa sobriété, ne pèse pas démesurément sur les ressources naturelles ». L’emploi de cet euphémisme qu’est le terme de « sobriété » pour désigner ce qui n’est pas un choix éthique, politique ou social mais la profonde misère résultant de l’indigence économique et des spécificités culturelles des sociétés traditionnelles et tribales, ainsi que de l’exploitation qui en est faite par les puissances économiques mondiales, nous met la puce à l’oreille.
Le remplacement des peuples occidentaux, intervenant par le moyen de l’immigration de masse de peuples « sobres », de culture ethnique et tribale propice aux  guerres civiles, résout idéalement le projet féodal et « écologique » des « élites ». C’est ce à quoi elles s’emploient, avec d’autant plus de précipitation (ouverture des frontières à des multitudes de « migrants », accueillis comme des sauveurs) que le système financier, pris au piège de ses abus, est en train d’agonir.
Véronique HERVOUËT
Article publié sur la Lettre du Siel de décembre 2015
http://www.siel-souverainete.fr/




La France ou la République ?

marianne par Bernard BuffetSi la caste oligarchique rêve de « gouvernance mondiale » et s’évertue à lui donner réalité, c’est parce qu’elle est le miroir magique, le petit miroir sorcier de son narcissisme, l’objet ultime de ses fantasmes et convoitises : capter les richesses du monde entier, exercer sur lui un pouvoir sans limite et pérenne. Une néo-féodalité dont elle serait seigneur et maître.
D’obédience soixante-huitarde, revenue de tous ses idéaux, ne croyant plus qu’à la jouissance du pouvoir, de l’argent et des biens comme fins de l’existence, cette oligarchie cache sa conversion au cynisme et son avidité sous les oripeaux de sa « belle âme » adolescente… usée jusqu’à la corde : «l’ humanitaire », le « droidelomisme », le « sociétalisme » (qui se substitue avantageusement au social, trop onéreux…). Nouveaux paradigmes de la « vertu » instrumentalisés par ces néo-patronnesses libérales-libertaires comme des outils de culpabilisation, armes de combat paralysantes et arguments de propagande.
Il est ironique que ces fossoyeurs historiques de l’Autorité paternelle et de l’État, à peine arrivés aux « affaires », se soient taillé sur mesure (celle de leurs ambitions) un statut de « gouvernances » et « Hautes-autorités »… qui ne représente plus qu’eux-mêmes, leurs rêves mégalomanes et leurs intérêts. C’est pourquoi ils sont prêts à tout pour les sauvegarder :  mépris du suffrage universel, trahison du peuple français, sacrifice de sa culture et de son mode de vie. Et comme le temps presse, que la nécessité d’en finir avec la démocratie se fait de plus en plus urgente pour assurer l’avènement de leur dictature, ils organisent le remplacement des peuples européens par des populations sans culture démocratique, accélérant le processus par une submersion migratoire vecteur de guerre civile.
Pour ces oligarchies jouisseuses, corrompues, vivant en apesanteur dans leurs privilèges, l’Homme de « la masse » n’est plus que l’unité anonyme d’un troupeau, un agent économique interchangeable, à soumettre et asservir. Un sous-homme.
« Il faut que les gens arrêtent de mendier du travail », nous dit Jacques Attali, grand prophète du mondialisme, oracle favori des organes de propagande, courtisan de la finance, conseiller des « gouvernances », expert auto-proclamé de la gestion des «masses »… qui préconise pour elles la vie à durée limitée à 60 ans et pour ce faire la légitimation de l’euthanasie.
Un petit aperçu qui résume bien la mentalité de ceux qui nous gouvernent et l’avenir qu’ils réservent aux peuples européens.
Alors, en tel contexte, que dire du mot « République » dont ces oligarchies aiment tant se garnir la bouche ? Le mot « République » est commode pour tromper l’interlocuteur car il est associé, en France, à la conquête révolutionnaire du pouvoir par le peuple, à la démocratie parlementaire représentative, au « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». C’est-à-dire les idéaux de la République française… piétinés dans la réalité par cette ploutocratie soixante-huitarde. C’est pourquoi ils amputent toujours le mot « République » de l’adjectif « française », qui lui était associé. Parce qu’il fait explicitement référence à ce qui lui donne sens : la France, son Histoire, sa culture, son art de vivre… que ces oligarchies ont pour mission d’effacer.
Employé seul, le mot « République » ne signifie rien. La preuve, il peut s’accorder à l’adjectif « islamique » (comme en Iran)… « République » est un mot valise vidé de ses contenus et un rideau de fumée qui est instrumentalisé par nos oligarchies pour conduire les peuples européens vers des lendemains tragiques .
Pour résister, parlons donc plutôt de la France, qui inclut ses terroirs, ses paysages, son Histoire, ses arts,  sa littérature, sa culture, sa gastronomie, ses traditions, ses mœurs, sa douceur de vivre. C’est la France, et elle seule, qui porte notre mémoire dans toute son amplitude, l’empreinte de notre passé, le souvenir de nos pères, le reflet de nos jours et l’avenir de nos enfants. L’individualisme consumériste nous a conduit à cet oxymore qu’est l’individualisme de masse où le sujet a disparu dans l’anonymat. La France est cette entité historique, charnelle et collective qui fait lien entre tous ceux qui veulent s’y reconnaître, autour de laquelle peut se reconstruire l’identité de chacun.
Véronique HERVOUËT
Vice-présidente du Siel
http://www.siel-souverainete.fr/images/stories/lettre-siel/lettre-siel-22.pdf




La crise identitaire entre revendications et déni

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Être ou ne pas être, telle est la question. Cet Être est-il notre corps, notre être biologique ?  Quoique d’aucuns aimeraient nous le faire croire,  nous savons bien que nous ne sommes pas qu’une somme d’organes. De fait, nous nous distinguons du monde animal par la pratique du langage.  Le nom qui nous est donné, l’image de nous-mêmes  que le regard de l’Autre nous renvoie, les mots qui nous sont adressés et que l’on échange, sont ce qui nous apporte reconnaissance.  C’est dans cette dépendance de l’Autre qu’émerge et  existe le sujet humain. La mère qui est l’Autre inaugural, est le miroir dans lequel se façonnent le narcissisme, les frustrations et blessures, dont dépendent notre conception de nous-mêmes. C’est pourquoi les revendications identitaires recouvrent toujours cette question lancinante, passionnelle, celle de la « dignité », dont les conceptions varient selon les différents modèles culturels, éducatifs et sociaux.  C’est ce qui fait de la construction identitaire le vecteur de l’humanisation mais aussi une boîte de Pandore. L’éducation en est le maître d’œuvre et les institutions son prolongement.

La crise identitaire contemporaine tient pour une part à la mutation des valeurs morales et des modèles éducatifs qui est intervenue dans le champ occidental avec l’avènement de la société de consommation. D’autre part à la mise en contact de ce modèle déstabilisé avec celui des sociétés traditionnelles qui lui sont pour la plupart antagonistes.

Dans les sociétés traditionnelles, la « dignité » est conditionnée à l’appartenance au sexe mâle.  Cette éducation qui valorise les fils pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font, ne favorise pas leur investissement dans le travail (ce qui cause l’anémie économique, endémique, qui a cours dans la plupart des sociétés traditionnelles). Ces prémisses éducatives engendrent un modèle social où le Droit a pour fonction de légitimer l’arbitraire des inégalités sexuelles, économiques et sociétales (politiques féodales, prédatrices,  tribalisme, théocentrisme, ethnocentrisme).

Comment des hommes dont les critères de « dignité » sont référés à l’appartenance au sexe mâle et sans culture du travail, peuvent-ils trouver leur place, c’est-à-dire leurs repères, dans une société dont les critères de « dignité » sont dans une large mesure associés à la réussite sociale et économique ? Qui plus est : quand cette réussite et cette dignité sont accessibles aux femmes (qui deviennent ainsi non plus des contrepoints négatifs, voués à faire valoir leur supériorité virile, mais des compétitrices).

De fait, nous voyons qu’ils réagissent sur ces deux fronts : défendre leur conception traditionnelle de la dignité  en contraignant les femmes à adopter un statut dévalué ostentatoire. D’autre part s’approprier les critères de  dignité de la société de consommation, ceux de la réussite économique, en affichant ses signes ostentatoires de richesse, acquis généralement par des trafics et prédations en tous genres.

La société occidentale est des moins préparée à faire face à cette situation, parce qu’elle est prise en porte-à-faux avec sa culture chrétienne. D’une part en raison de son reniement, c’est-à-dire la submersion de toutes ses valeurs humanistes et morales, quand ont triomphé celles de la société de consommation : l’impératif de jouissance et ses valeurs matérialistes, comptables, monétaires. D’autre part du fait d’un retour en boomerang du refoulé chrétien qui se manifeste sous la forme d’un sado-masochisme auto-sacrificiel : repentance, auto-dénigrement, haine de soi. Et ses contreparties : l’idéalisation et la victimisation de l’Autre. Ce qui n’exclut pas une  duplicité : la tentation de la barbarie. Une régression  abyssale qui, pour l’idéologie libérale-libertaire, est une progression puisqu’elle permet de repousser les limites ultimes des interdits énoncés par le droit occidental (esclavage, polygamie, viol, pédophilie, meurtre).

Véronique Hervouet

Psychanalyste, essayiste*, vice-présidente du SIEL

*Auteur de L’Enjeu symbolique – Islam, christianisme, modernité

(Editions de L’Harmattan)




L’imposture du clivage gauche-droite

Les politiques dites « de droite » et « de gauche »  ne sont plus aujourd’hui qu’une seule et même politique scindée en deux « sensibilités »  :

–  la sensibilité dite « de gauche », qui prétend à la vertu dans les domaines économique et  social  mais qui, dans le champ des mœurs et de la culture, se flatte de pourfendre la morale, la censure, les valeurs et les normes parce qu’elles  imposent des limites à la liberté et à la jouissance.

– et la sensibilité dite « de droite » qui se manifeste par l’inversion de ces postulats : un reliquat de conservatisme moral et normatif  (dans une large mesure émoussé par le passage du souffle libertaire soixante-huitard, qui touche aujourd’hui l’ensemble des générations)  affecté sélectivement au domaine des mœurs.  Tandis qu’un libéralisme débridé est préconisé dans le champ économique et social : liberté des « marchés » et capitaux nécessitant l’abstinence de l’autorité de l’Etat et l’effacement du service public, autrement dit le sacrifice de l’intérêt général au profit des intérêts particuliers, notamment ceux des plus puissants organismes économiques et financiers.

Au vu des visées de jouissance exprimées par ces deux discours, nous pointerons une autre convergence, fut-elle de contrepoint : la négativation du travail, qui s’extériorise aussi de façon différenciée.

– Pour « la gauche », le travail est négativé en tant que temps perdu ou volé. Le temps libre, en position d’objet du désir, se projetant en perspectives de jouissances mirifiques. C’est le point de vue de la privation, celui de l’esclave, position et parti pris de référence qui n’est plus aujourd’hui que posture hypocrite de « la gauche ».

– Pour « la droite », le travail est négativé en tant que perte de profits. Le Profit et son symbole monétaire, en position d’objet du désir, se projetant dans une fuite en avant éperdue vers une jouissance jamais suffisamment atteinte et donc sans limite. C’est le point de vue du Maître, position assumée par le capitaliste dont la défense a longtemps été l’apanage politique de « la droite » : légitimer, concentrer les profits et alléger au maximum le coût du travail.

Position du Maître qui n’est plus dédaignée mais convoitée et même ouvertement assumée par « la gauche » au fur et à mesure qu’elle a investi les cercles du pouvoir.

C’est alors que la contradiction apparente des discours « de droite » et « de gauche » s’est résolue par leur conjonction : le discours libéral-libertaire, qui est devenu le moteur idéologique de la mondialisation économique et financière. Cette conjonction des discours et des politiques «de droite » et « de gauche » révèle au grand jour leur secrète connivence : leur aliénation commune à l’Impératif de jouissance. Elle engendre aussi le cumul de leurs effets dévastateurs qui se manifestent aujourd’hui avec violence dans les champ économique, social et culturel. Peut-être faut-il en arriver à cette extrémité pour que la conjonction  délétère des politiques « de droite » et « de gauche » soit perçue clairement et frappée de discrédit auprès de l’opinion publique ?

Le discrédit qui frappe le discours et la politique « de droite » est la conséquence d’une logique économique élevée à la valeur d’absolu. Donnant  prérogative aux valeurs monétaires et marchandes aux dépens des valeurs humaines qui fondent notre culture et notre contrat social, cette logique a engendré un processus de déshumanisation auto-destructeur qui menace l’Etat, la démocratie, la culture, et, à moyen terme, la civilisation occidentale.

Le discrédit  qui frappe le discours et la politique « de gauche » procède par la contradiction  : les prétentions vertueuses de « la gauche » sociale s’avèrent profondément aliénées et contredites dans les faits par les conséquences calamiteuses engendrées par les revendications de jouissance de « la gauche » libertaire. En repoussant à l’infini les limites, ces revendications ont fini par saper tous les cadres institutionnels, à commencer par ceux investis des fonctions d’autorité  : éducation, enseignement,  politique, droit, justice et les fonctions de police qui les garantissent.

La revendication du droit à la jouissance sans limites ouvrant logiquement à une relativisation des valeurs et des normes qui sous-tendent la Loi, à une subversion de sa crédibilité et de ses fonctions, notamment celle qui consiste à contrevenir à la domination des plus forts, c’est-à-dire à garantir les droits des plus vulnérables.

C’est ainsi que « la gauche », reniant sa vocation historique et sociale de défense des plus faibles sur le plan économique (pour s’investir dans une politique de division sociale ethnique et communautaire)  a pu  s’associer à ses homologues « de droite » les moins scrupuleux pour mener à Bruxelles la même politique élitaire, euromondialiste  et antidémocratique.

Faut-il s’étonner qu’un peu partout « la gouvernance mondiale » fasse appel à « la gauche » pour  sauvegarder les intérêts d’un capitalisme financier aux abois, qui n’a plus comme espoir de survivre que l’effacement autoritaire de la démocratie et son remplacement par une dictature mondiale associée aux régimes féodaux les plus barbares.

Exit « la gauche » qui va atteindre le fond de l’abîme et du discrédit en collaborant à nouveau, avec zèle et conviction, à un totalitarisme criminel, à l’anéantissement politique, économique, social,  culturel et finalement à l’effacement de notre civilisation.

Assurément, la refondation du politique ne pourra se réaliser que par la droite. Afin d’en finir avec   les prétentions éthiques de l’idéologie « de gauche », il ne sera pas superflu de redéfinir et positiver le conservatisme qui constituait le meilleur des politiques « de droite ». A savoir la défense de ces fonctions vitales que sont les valeurs et les normes dont nous avons hérité, que nos institutions ont vocation de faire respecter et de transmettre pour que survive notre société, notre culture, nos mœurs, notre civilisation.

Véronique Hervouet




Réponse à François Morvan : De l'euthanasie, de son contexte et du « travail de fond »

La réaction passionnelle de M. Morvan (1) à mon texte ne peut que me confirmer dans le choix de son titre (Pourquoi un militantisme si passionnel en faveur de l’euthanasie ? (2).
Rédigées au moment de l’affaire Chantal Sébire, ces quelques lignes n’avaient pour objet que de faire le lien entre les campagnes pro-euthanasie menées par les milieux politico-médiatiques et l’idéologie libérale-libertaire qui structure leur dynamique et leur logique.
En son principe, une contribution à un débat en quelques lignes (sur un sujet assez vaste pour donner matière à plusieurs livres) ne prétend pas être exhaustive. Seuls les esprits prompts à s’enflammer peuvent penser le contraire et pouvoir étendre mon propos aux professionnels de santé, aux agonisants, aux malades en souffrance ainsi qu’à leurs familles…
Mais il y a loin des fantasmes à la réalité. Comme la très grande majorité des Français, je peux comprendre aisément les motivations singulières liées à l’expérience tragique, physique et psychique, de la fin de vie. Je dirai même qu’idéalement, cette « aide à mourir » fraternelle pourrait être assimilée à un humanisme.
Je dis bien : IDÉALEMENT… Car il y a loin des idéaux aux réalités humaines.
Or ce sont les réalités et non les idéaux que les lois doivent considérer pour pouvoir statuer dans l’intérêt de tous .
Qu’on juge donc à l’aune des réalités la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Celle-ci s’éloigne vertigineusement de toute perspective humaniste et prend le chemin d’une société impitoyable envers les plus faibles : capitalisme en phase terminale (sacrificielle), totalitarisme économique, mondialisation financière et élitaire, marchandisation du monde (y compris de l’humain), déshumanisation de l’Homme de la « masse », casse des services publics qui lui étaient destinés, casse du politique et substitution d’un despotisme ploutocratique, aliénation des « masses » par la ruine de l’éducation, de l’enseignement, le consumérisme et l’hyper-individualisme… Et sur cette ruine des sociétés démocratiques, réintroduction des archaïsmes (inégalités sur bases sexistes et ethno-religieuses), de la loi du plus fort et des systèmes féodaux qui leur sont associés.
Sans doute la sincérité de la plupart des personnes qui militent pour l’euthanasie n’est-elle pas à mettre en cause. Mais on ne saurait ignorer, dans ce contexte politique délétère, l’instrumentalisation de la sincérité de la plupart des militants par les dirigeants de leurs associations pour faire avancer des causes mues par des idéologies, visées et intérêts tout à fait contraires à l’humanisme.
Si les tenants politico-médiatiques du mondialisme, du totalitarisme économique et financier s’intéressent tant à l’euthanasie, gageons que ce n’est pas par affinité avec un hypothétique « humanisme fraternel du dernier souffle », mais parce qu’ils y trouvent l’habillage adéquat (permettant l’adhésion populaire) d’une solution efficace pour abréger la vie humaine lorsqu’elle est devenue inutilement coûteuse, non-rentable.
Le fait de statuer sur la légitimité à donner la mort comporte en son principe un risque civilisationnel majeur. C’est en effet inscrire dans le marbre institutionnel le reniement d’un fondement essentiel de l’anthropologie chrétienne sur laquelle s’est construite l’éthique occidentale : l’interdit de tuer. Dans le contexte de déchéance éthique que nous traversons, c’est là faire preuve d’un angélisme aveugle et d’une irresponsabilité qui mèneront assurément au pire.
En rendent compte l’orientation de la politique de santé du Royaume Uni, celle des Etats-Unis qui lui emboîte le pas mais aussi le dévoiement des pratiques en Belgique et aux Pays-Bas où s’applique la loi sur l’euthanasie et dont témoignent des collègues de M. Morvan.
http://www.marianne2.fr/L-euthanasie-n-est-pas-compatible-avec-les-valeurs-de-la-gauche_a202157.html?preaction=nl&id=2938895&idnl=26209&
Pour ce qui est du travail de fond (dont M. Morvan se permet de dire que je n’en ai pas le « scrupule »), mes textes et notamment mon ouvrage intitulé « L’Enjeu symbolique – Islam, christianisme, modernité» (Ed de l’Harmattan) témoignent à ma place et à qui veut en juger de ce qui caractérise précisément mon travail : le travail de fond.
J’ajouterai à ce propos que M. Morvan et moi-même n’en avons pas les mêmes conceptions.
M. Morvan pense que l’on peut faire une analyse de fond des phénomènes de société (contraception, IVG, hédonisme soixante-huitard, euthanasie…) en s’appliquant à les considérer isolément Toute autre méthode étant pour lui assimilée à une pratique perverse de « l’amalgame ».
Je considère pour ma part qu’il faut interroger les phénomènes de société en cherchant les liens qui les sous-tendent pour en faire émerger la logique, c’est-à-dire le Sens.
« Aller au fond des choses » c’est trouver entre elles des liens logiques qui permettent de leur donner sens.
Véronique HERVOUËT
(1) http://www.ripostelaique.com/L-euthanasie-de-la-pensee.html
(2) http://www.ripostelaique.com/Pourquoi-un-militantisme-si.html




Réponse à François Morvan : De l’euthanasie, de son contexte et du « travail de fond »

La réaction passionnelle de M. Morvan (1) à mon texte ne peut que me confirmer dans le choix de son titre (Pourquoi un militantisme si passionnel en faveur de l’euthanasie ? (2).

Rédigées au moment de l’affaire Chantal Sébire, ces quelques lignes n’avaient pour objet que de faire le lien entre les campagnes pro-euthanasie menées par les milieux politico-médiatiques et l’idéologie libérale-libertaire qui structure leur dynamique et leur logique.

En son principe, une contribution à un débat en quelques lignes (sur un sujet assez vaste pour donner matière à plusieurs livres) ne prétend pas être exhaustive. Seuls les esprits prompts à s’enflammer peuvent penser le contraire et pouvoir étendre mon propos aux professionnels de santé, aux agonisants, aux malades en souffrance ainsi qu’à leurs familles…

Mais il y a loin des fantasmes à la réalité. Comme la très grande majorité des Français, je peux comprendre aisément les motivations singulières liées à l’expérience tragique, physique et psychique, de la fin de vie. Je dirai même qu’idéalement, cette « aide à mourir » fraternelle pourrait être assimilée à un humanisme.

Je dis bien : IDÉALEMENT… Car il y a loin des idéaux aux réalités humaines.
Or ce sont les réalités et non les idéaux que les lois doivent considérer pour pouvoir statuer dans l’intérêt de tous .

Qu’on juge donc à l’aune des réalités la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Celle-ci s’éloigne vertigineusement de toute perspective humaniste et prend le chemin d’une société impitoyable envers les plus faibles : capitalisme en phase terminale (sacrificielle), totalitarisme économique, mondialisation financière et élitaire, marchandisation du monde (y compris de l’humain), déshumanisation de l’Homme de la « masse », casse des services publics qui lui étaient destinés, casse du politique et substitution d’un despotisme ploutocratique, aliénation des « masses » par la ruine de l’éducation, de l’enseignement, le consumérisme et l’hyper-individualisme… Et sur cette ruine des sociétés démocratiques, réintroduction des archaïsmes (inégalités sur bases sexistes et ethno-religieuses), de la loi du plus fort et des systèmes féodaux qui leur sont associés.

Sans doute la sincérité de la plupart des personnes qui militent pour l’euthanasie n’est-elle pas à mettre en cause. Mais on ne saurait ignorer, dans ce contexte politique délétère, l’instrumentalisation de la sincérité de la plupart des militants par les dirigeants de leurs associations pour faire avancer des causes mues par des idéologies, visées et intérêts tout à fait contraires à l’humanisme.

Si les tenants politico-médiatiques du mondialisme, du totalitarisme économique et financier s’intéressent tant à l’euthanasie, gageons que ce n’est pas par affinité avec un hypothétique « humanisme fraternel du dernier souffle », mais parce qu’ils y trouvent l’habillage adéquat (permettant l’adhésion populaire) d’une solution efficace pour abréger la vie humaine lorsqu’elle est devenue inutilement coûteuse, non-rentable.

Le fait de statuer sur la légitimité à donner la mort comporte en son principe un risque civilisationnel majeur. C’est en effet inscrire dans le marbre institutionnel le reniement d’un fondement essentiel de l’anthropologie chrétienne sur laquelle s’est construite l’éthique occidentale : l’interdit de tuer. Dans le contexte de déchéance éthique que nous traversons, c’est là faire preuve d’un angélisme aveugle et d’une irresponsabilité qui mèneront assurément au pire.

En rendent compte l’orientation de la politique de santé du Royaume Uni, celle des Etats-Unis qui lui emboîte le pas mais aussi le dévoiement des pratiques en Belgique et aux Pays-Bas où s’applique la loi sur l’euthanasie et dont témoignent des collègues de M. Morvan.

http://www.marianne2.fr/L-euthanasie-n-est-pas-compatible-avec-les-valeurs-de-la-gauche_a202157.html?preaction=nl&id=2938895&idnl=26209&

Pour ce qui est du travail de fond (dont M. Morvan se permet de dire que je n’en ai pas le « scrupule »), mes textes et notamment mon ouvrage intitulé « L’Enjeu symbolique – Islam, christianisme, modernité» (Ed de l’Harmattan) témoignent à ma place et à qui veut en juger de ce qui caractérise précisément mon travail : le travail de fond.
J’ajouterai à ce propos que M. Morvan et moi-même n’en avons pas les mêmes conceptions.

M. Morvan pense que l’on peut faire une analyse de fond des phénomènes de société (contraception, IVG, hédonisme soixante-huitard, euthanasie…) en s’appliquant à les considérer isolément Toute autre méthode étant pour lui assimilée à une pratique perverse de « l’amalgame ».

Je considère pour ma part qu’il faut interroger les phénomènes de société en cherchant les liens qui les sous-tendent pour en faire émerger la logique, c’est-à-dire le Sens.

« Aller au fond des choses » c’est trouver entre elles des liens logiques qui permettent de leur donner sens.

Véronique HERVOUËT

(1) http://www.ripostelaique.com/L-euthanasie-de-la-pensee.html

(2) http://www.ripostelaique.com/Pourquoi-un-militantisme-si.html




Pourquoi un militantisme si passionnel en faveur de l’euthanasie ?

Dans une conjoncture où aucun des politiques en place ne s’émeut de l’indignité qui frappe de plein fouet la vie des hommes livrés aux méfaits de la mondialisation marchande et financière (exclusion sociale, pauvreté, chômage, désespoir, suicide), on peut se demander ce qui motive réellement leur soudaine passion pour « la dignité de mourir par l’euthanasie « , soigneusement orchestrée par les médias…1

L’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans La Dignité), qui se distingue par un militantisme actif en faveur de la légitimation de l’euthanasie, peut contribuer à nous éclairer. Il n’est pas indifférent que le président de cette association, Jean-Luc Romero, est aussi celui du groupe de réflexion UMP “ On est là ! ” qui se donne pour vocation de « déringardiser » la droite en lui permettant d’affronter des questions de société taboues. Ainsi ce groupe propose t-il, outre la légitimation de l’euthanasie, tout un panel d’extensions de jouissances tels la création de « salles de shoot » où serait délivrée de l’héroïne sous contrôle médical, le droit à l’adoption pour les couples homosexuels, un « cours des différences de genre et d’éducation sexuelle de la sixième à la troisième ». 2

Cette inscription singulière de l’euthanasie au coeur de ce panel représentatif de l’idéologie libérale-libertaire, structurée par l’Impératif de jouissance consumériste, peut nous éclairer sur la dynamique, plus ou moins inconsciente, qui sous-tend le débat passionnel sur l’euthanasie.

La logique implicite au militantisme en faveur de l’euthanasie, c’est en effet que la vie ne vaut la peine d’être vécue qu’à l’aune des jouissances que l’on peut s’y servir. Où nous pointerons le versant à la fois utilitariste et mortifère du libéralisme libertaire en cours de totalitarisation.

Dans l’immédiat, le plus dur pour les « gouvernances » (dont on sait qu’elles ne se préoccupent plus que d’économie, je veux dire… de profit) c’est de déverrouiller la boîte de Pandore : légitimer le droit de tuer. Selon les modalités de « ‘l’air du temps », la stratégie adoptée est de déguiser les intentions et le forfait sous des habits « humanitaires »…
Nous voyons en effet que l’activisme en faveur de l’euthanasie se propulse à l’opportunité de tragédies intimes portées régulièrement sur le devant de la scène médiatique. Cette stratégie qui appelle à la communion dans le pathos, s’applique à affecter à l’euthanasie une immense valeur humanitaire, à donner à ses figures représentatives un profil sublime et héroïque, a pour vocation de rallier les masses à cette cause afin de lui affecter le sceau de la légitimité populaire. Ainsi en est-il du zèle « compassionnel « pro-euthanasie promu comme exemple par un ministre en exercice, M. Kouchner, qui exprima publiquement son acquiescement au désir de Mme Sébire de se faire euthanasier, en valorisant cette décision par l’expression de son « admiration et de son amour »… 3

En effet, légiférer arrangerait bien la question omniprésente de la jouissance dans sa version libérale : celle du profit. Car la légitimation de l’euthanasie ouvre aux « gouvernances » le pouvoir de statuer sur la légitimité à vivre des plus faibles. Dans un contexte où ne prévaut plus que la rentabilité, les coûts de la vieillesse, de la santé et celui des retraites sont aux avant-postes sacrificiels en raison de leur rapport jouissance/prix, aussi onéreux qu’anachronique dans un contexte où toute finalité humaine et sociale est perdue de vue pour ne plus prendre en compte que les exigences gestionnaires du Profit.

La solution la moins chère pour les vieux, les souffrants, les grabataires et toutes espèces de « peines à jouir » étant évidemment le cercueil…
Alors, quelle aubaine quand les malheureux intéressés collaborent à l’idéologie au point de faire eux-mêmes appel à l’euthanasie. L’idéal sado-masochiste du système libéral-libertaire , devenu totalitaire, atteint là un sommet inespéré…

Véronique Hervouët

1. On peut s’étonner par exemple que la logique du Marché, implacable comme on le sait, puisse demander à des travailleurs de métiers pénibles d’exercer leur métier plus longtemps pour combler les déficits, au point de condamner la plupart d’entre eux à arriver à la retraite dans un tel état d’usure physique et psychologique que l’on doit augmenter les demandes de prise en charge pour de multiples handicaps liés à cette situation. Cela paraît a priori aberrant, sauf si l’euthanasie vient opportunément offrir ses «  »secours  » à ces malheureux …

2. Voir  » L’homosexualisme, dernier avatar de la révolution sexuelle et cheval de Troie du néolibéralisme  » en ligne sur l’Observatoire du Communautarisme.

3. « J’ai beaucoup d’admiration et d’amour pour Chantal Sébire », M. Kouchner (Le point 19/03/2008).




Pourquoi un militantisme si passionnel en faveur de l'euthanasie ?

Dans une conjoncture où aucun des politiques en place ne s’émeut de l’indignité qui frappe de plein fouet la vie des hommes livrés aux méfaits de la mondialisation marchande et financière (exclusion sociale, pauvreté, chômage, désespoir, suicide), on peut se demander ce qui motive réellement leur soudaine passion pour « la dignité de mourir par l’euthanasie « , soigneusement orchestrée par les médias…1
L’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans La Dignité), qui se distingue par un militantisme actif en faveur de la légitimation de l’euthanasie, peut contribuer à nous éclairer. Il n’est pas indifférent que le président de cette association, Jean-Luc Romero, est aussi celui du groupe de réflexion UMP “ On est là ! ” qui se donne pour vocation de « déringardiser » la droite en lui permettant d’affronter des questions de société taboues. Ainsi ce groupe propose t-il, outre la légitimation de l’euthanasie, tout un panel d’extensions de jouissances tels la création de « salles de shoot » où serait délivrée de l’héroïne sous contrôle médical, le droit à l’adoption pour les couples homosexuels, un « cours des différences de genre et d’éducation sexuelle de la sixième à la troisième ». 2
Cette inscription singulière de l’euthanasie au coeur de ce panel représentatif de l’idéologie libérale-libertaire, structurée par l’Impératif de jouissance consumériste, peut nous éclairer sur la dynamique, plus ou moins inconsciente, qui sous-tend le débat passionnel sur l’euthanasie.
La logique implicite au militantisme en faveur de l’euthanasie, c’est en effet que la vie ne vaut la peine d’être vécue qu’à l’aune des jouissances que l’on peut s’y servir. Où nous pointerons le versant à la fois utilitariste et mortifère du libéralisme libertaire en cours de totalitarisation.
Dans l’immédiat, le plus dur pour les « gouvernances » (dont on sait qu’elles ne se préoccupent plus que d’économie, je veux dire… de profit) c’est de déverrouiller la boîte de Pandore : légitimer le droit de tuer. Selon les modalités de « ‘l’air du temps », la stratégie adoptée est de déguiser les intentions et le forfait sous des habits « humanitaires »…
Nous voyons en effet que l’activisme en faveur de l’euthanasie se propulse à l’opportunité de tragédies intimes portées régulièrement sur le devant de la scène médiatique. Cette stratégie qui appelle à la communion dans le pathos, s’applique à affecter à l’euthanasie une immense valeur humanitaire, à donner à ses figures représentatives un profil sublime et héroïque, a pour vocation de rallier les masses à cette cause afin de lui affecter le sceau de la légitimité populaire. Ainsi en est-il du zèle « compassionnel « pro-euthanasie promu comme exemple par un ministre en exercice, M. Kouchner, qui exprima publiquement son acquiescement au désir de Mme Sébire de se faire euthanasier, en valorisant cette décision par l’expression de son « admiration et de son amour »… 3
En effet, légiférer arrangerait bien la question omniprésente de la jouissance dans sa version libérale : celle du profit. Car la légitimation de l’euthanasie ouvre aux « gouvernances » le pouvoir de statuer sur la légitimité à vivre des plus faibles. Dans un contexte où ne prévaut plus que la rentabilité, les coûts de la vieillesse, de la santé et celui des retraites sont aux avant-postes sacrificiels en raison de leur rapport jouissance/prix, aussi onéreux qu’anachronique dans un contexte où toute finalité humaine et sociale est perdue de vue pour ne plus prendre en compte que les exigences gestionnaires du Profit.
La solution la moins chère pour les vieux, les souffrants, les grabataires et toutes espèces de « peines à jouir » étant évidemment le cercueil…
Alors, quelle aubaine quand les malheureux intéressés collaborent à l’idéologie au point de faire eux-mêmes appel à l’euthanasie. L’idéal sado-masochiste du système libéral-libertaire , devenu totalitaire, atteint là un sommet inespéré…
Véronique Hervouët
1. On peut s’étonner par exemple que la logique du Marché, implacable comme on le sait, puisse demander à des travailleurs de métiers pénibles d’exercer leur métier plus longtemps pour combler les déficits, au point de condamner la plupart d’entre eux à arriver à la retraite dans un tel état d’usure physique et psychologique que l’on doit augmenter les demandes de prise en charge pour de multiples handicaps liés à cette situation. Cela paraît a priori aberrant, sauf si l’euthanasie vient opportunément offrir ses «  »secours  » à ces malheureux …
2. Voir  » L’homosexualisme, dernier avatar de la révolution sexuelle et cheval de Troie du néolibéralisme  » en ligne sur l’Observatoire du Communautarisme.
3. « J’ai beaucoup d’admiration et d’amour pour Chantal Sébire », M. Kouchner (Le point 19/03/2008).