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8 décembre : Résistance républicaine saura-t-elle réconcilier Jeanne d’Arc et Marianne ?

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http://www.youtube.com/watch?v=XOWMv0rt4U8

Le 10 novembre 2012, je faisais partie des 3.000 manifestants qui avaient répondu à l’appel de Résistance républicaine, pour une première marche contre le fascisme islamique. J’avais beaucoup aimé les mots d’ordre, mais un m’avait particulièrement touché : « De Jeanne d’Arc à Marianne, de Poitiers à Paris, Union, Union, de tous les patriotes« .

J’avoue être las, dans ce pays, des divisions puériles de nos compatriotes, quand la maison France est en feu. Je suis excédé que l’anti-catholicisme primaire de nombre de militants se réclamant de la laïcité. Et je suis tout autant exaspéré de l’anti-laïcité primaire de nombre de catholiques, qui appellent ce concept le laïcisme.

RR Affiche marche 8 décembreC’est pourquoi je suis très sensible aux mots d’ordre qui figurent sur l’affiche de Résistance républicaine, qui appelle à manifester, le 8 décembre prochain, en défense de la laïcité, de la loi de 1905, mais aussi des jours fériés chrétiens, liant cela à nos autres traditions.

Cela tourne carrément le dos aux orientions habituelles des organisations laïques, telles la Libre Pensée ou l’Ufal, mais aussi des Loges maçonniques, où on se vautre dans la haine du catholicisme, tout en ne disant mot de l’offensive de l’islam.

Je félicite Christine Tasin et son équipe d’avoir eu le courage de lier ces deux sujets, et je partage totalement l’article de la présidente de RR que Riposte Laïque a publié sur cette question.

http://ripostelaique.com/defendre-la-loi-de-1905-cest-defendre-les-jours-feries-chretiens.html

Je le dis d’autant plus volontiers que je n’ai toujours pas compris la position de Christine Tasin, que j’admire par ailleurs, sur la question du mariage homosexuel, et que ses félicitations à Hollande, au lendemain du vote de la loi, me sont restées sur l’estomac, et je crois comprendre que je ne suis pas le seul.

Pourtant, il faut dépasser cela, car la situation l’exige. J’espère donc que les responsables de cette manifestation, qui, je n’en doute pas, sera finalement soutenue par Riposte Laïque, seront suffisamment diplomates pour créer les conditions pour que de nombreux chrétiens soient présents. Et j’espère que les militants du Printemps français, de La Manif pour Tous, des Veilleurs et de toute cette mouvance sauront ne pas être trop sectaires, et saisiront cette initiative, pour rapprocher Jeanne d’Arc et de Marianne, et unifier un peuple de France qui en a grand besoin, surtout après les dernières interdictions prononcées par Valls et son préfet Boucault.

Victor Hugo

 




Le voile

(Poème de Victor Hugo de septembre 1828, publié en 1829 dans la série “Les Orientales”)
– LA SOEUR
Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ?
Vous baissez des fronts soucieux;
Comme des lampes funéraires,
Vos regards brillent dans vos yeux.
Vos ceintures sont déchirées;
Déjà trois fois, hors de l’étui,
Sous vos doigts, à demi tirées,
Les lames des poignards ont lui.
– LE FRERE AINE
N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?
– LA SOEUR
Je revenais du bain, mes frères,
Seigneurs, du bain, je revenais,
Cachée aux regards téméraires
Des Gaouris et des Albanais.
En passant près de la mosquée
Dans mon palequin recouvert,
L’air du midi m’a suffoquée;
Mon voile un instant s’est ouvert.
– LE SECOND FRERE
Un homme alors passait ? un homme en caftan vert.
– LA SOEUR
Oui… peut-être…mais son audace
n’a point vu mes traits dévoilés…
Mais vous vous parlez à voix basse,
A voix basse vous vous parlez.
Vous faut-il du sang? sur mon âme,
Mes frères, il n’a pu me voir.
Grâce! tuerez-vous une femme,
Faible et nue en votre pouvoir !
– LE TROSIEME FRERE
Le soleil était rouge à son coucher ce soir!
– LA SOEUR
Grâce! qu’ai-je fait? grâce! grâce!
Dieu! quatre poignards dans mon flanc!
Ah! par vos genoux que j’embrasse…
O mon voile! ô mon voile blanc!
Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
Mes frères, soutenez mes pas!
Car sur mes regards qui s’éteignent
S’étend un voile de trépas.
– LE QUATRIEME FRERE
C’en est un que du moins tu ne lèveras pas!