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Strasbourg, la folie d’un homme ?

Ai-je l’esprit mal tourné, comme l’on dit ? J’ai assisté sur Arte, le soir du 25 décembre, au concert de Noël transmis depuis Vienne, la capitale autrichienne. Avant le début de ce concert, une présentatrice expliqua brièvement que le concert, donc, était donné à Vienne dans une belle salle bien connue des amis de la musique et, curieusement, fit tout à coup allusion à Strasbourg, « endeuillée récemment par la folie d’un homme ». Vous avez bien lu : ce sont les termes exacts employés par la présentatrice : « la folie d’un homme ». Un homme seul était coupable de cet acte inqualifiable.

Pour ceux qui commencent à se dire que je suis en train de découvrir l’eau chaude, je précise qu’évidemment, il y a longtemps que j’ai compris, comme tout un chacun, que les multiples assassinats perpétrés en France depuis quelques années sont le fait de fous, de loups solitaires, de malheureux que les injustices de la vie ont conduits à ces regrettables extrémités, ce qui sous-entend bien entendu que tout lien supposé avec quelque organisation que ce soit serait purement fortuit. Je sais tout cela : on me le répète quotidiennement à longueur d’articles et d’émissions en tout genre. Le but de ce petit article n’est donc pas d’informer les gens d’une réalité que tout le monde connaît parfaitement.

Ce sont les circonstances particulières de la déclaration qui, cette fois, retiennent mon attention. En plein milieu de la présentation d’un concert de Noël à Vienne, dévier tout à coup sur Strasbourg était déjà surprenant. Mais profiter de ce soudain hors-sujet pour nous rappeler, nous marteler devrais-je dire, que ce genre d’actes ne peut être accompli que par des fous, il fallait le faire. Décidément, toutes les occasions sont bonnes pour effectuer le bourrage de crânes de la bien-pensance, du politiquement correct, du pas d’amalgame et de l’antiracisme. Un concert de Noël à Vienne et l’on nous fourgue le fou (forcément isolé puisque fou) de Strasbourg.

Alors, chère Madame, « la folie d’un homme », soit. Je veux bien admettre que cet individu ait été mentalement dérangé. Mais réduire les causes du deuil des Strasbourgeois à la démence d’une seule personne, cela me paraît relever de l’indécence. C’est oublier un peu vite les nombreux autres fous qui se sont manifestés ces derniers temps. Et chose curieuse, tous ces fous crient la même chose au moment de passer à l’acte. Comme si leur folie était contagieuse.

Yves Pialot




Grimaces anti-France de la part des « progressistes »

C’est dans l’air du temps, c’est le « sens de l’Histoire », bref, c’est le politiquement correct : il est interdit, ou du moins vivement conseillé de ne pas aimer la France, et même d’éviter d’employer ce nom, quasiment considéré comme un gros mot.

Voici deux anecdotes significatives à cet égard. Dernièrement, invité lors d’un repas par une famille amie de longue date, je me trouve assis face à un jeune cadre dynamique, que je crois « de gauche », la quarantaine. À un moment donné, son beau-frère assis près de lui évoque un restaurant parisien dont il apprécie particulièrement la qualité de la cave, notamment constituée de vins de Bordeaux et de Bourgogne. Naïvement (je vais m’en apercevoir sous peu), je prends à témoin, à propos de ces grands crus, le jeune homme ci-dessus mentionné, en ces termes qui frisent l’indécence : « ça c’est la France ! » Réaction de ce dernier : une grimace que je qualifierai de douloureuse, exprimant un certain dégoût. À l’évidence, le malheureux souffre. N’ayant pas encore très bien compris, j’enfonce le clou : « Eh oui, osé-je ! » Nouvelle grimace, nouvelle souffrance. Je cesse de le torturer.

C’est alors que surgit de ma mémoire le souvenir d’une scène vécue deux ans auparavant, chez un ami de longue date, donc cette fois de mon âge, mais également… « de gauche ». Cela se passe sur une terrasse à la belle saison, dans une assez belle résidence en banlieue d’une grande ville. Tout en prenant l’apéritif, j’aperçois à la fenêtre d’un immeuble du quartier un drapeau français, oui, j’ai bien dit : bleu, blanc, rouge. Hélas ! « Tiens, fais-je remarquer naïvement à mon vieil ami, un patriote ». Grimace gênée de mon interlocuteur qui, à l’évidence, souffre.

La similitude entre ces deux anecdotes me paraît révélatrice. Bien sûr, du fait qu’il n’est pas correct d’aimer la France (ce qu’implique le mot « patriote », et même qu’il n’est pas convenable de souligner son existence. Ensuite, je suis frappé par la similitude des réactions : la grimace, autrement dit une forme de silence gêné, l’impossibilité d’exprimer sa détestation de la France par des mots, autrement dit l’impossibilité d’amorcer un dialogue. Dans les deux cas, la personne se trouve au milieu du gué : détestation certes, mais que l’on n’ose pas encore formuler explicitement par le langage articulé. On s’en tient donc à la grimace, qui fait office de dissuasion et signifie silencieusement : arrête ! Pas de ça chez moi !

Une troisième anecdote, encore plus récente que la première, va m’aider à réaliser, non pas les raisons profondes de ce rejet, qui restent à définir, mais du moins son existence, son passage obligé chez toute personne bien-pensante. À la sortie d’une grande fête populaire au cours de laquelle 12.000 personnes venaient d’entonner une superbe Marseillaise, je rencontre un ami « de gauche » qui me manifeste sa joie sincère de me rencontrer, ce qui est réciproque. Difficile, dans la conversation, de ne pas faire allusion à la Marseillaise spontanée qui a résonné quelques instants auparavant. Notre ami avoue, un peu gêné, qu’il en a été ému. « Pourtant, s’empresse-t-il d’ajouter, sans doute pour que je n’aille pas tirer de conclusions honteuses à son égard, je ne suis pas spécialement patriote ». Tout en faisant quelques pas, il me répétera deux ou trois fois qu’il « n’est pas spécialement patriote », la répétition en l’occurrence tenant lieu d’insistance sur ce point à l’évidence majeur. Surtout pas ça grands dieux !

Conclusion. En langage journalistique ou intello, on dirait « décryptage ». Soit. Chez une certaine catégorie de population, qui s’affirme volontiers « progressiste », l’emploi du mot France semble provoquer le même effet qu’un crucifix à la face d’un vampire : ça brûle. Même chose s’il s’agit du drapeau français. Dans les deux cas exposés ci-dessus, je suis frappé par le caractère automatique autant qu’immédiat de la réaction : un réflexe. Ne faisant pas partie de cette mouvance (d’aucune d’ailleurs), je ne peux qu’imaginer les raisons de cet effet répulsif instantané, au risque d’en oublier ou de me tromper. Je suppose donc que la mention à la France et à ses couleurs, sans parler de son hymne, cela fait un peu, pour ces personnes, populiste, voire facho. Ringard aussi sans doute. Je suppose que, pour ces « citoyens du monde », l’appartenance à une nation est à jeter aux oubliettes de l’Histoire, comme l’on dit. Comme on a pu le constater, on en arrive même à refuser aux vins de Bourgogne ou de Bordeaux le qualificatif de « français ». Français ne doit plus exister, c’est un gros mot, quasiment une obscénité.

Tout cela me paraît participer de la mondialisation, voire de l’européanisation que nos élites tentent de nous imposer à toute force, sous divers prétextes frelatés du genre « la nation, c’est la guerre », alors que l’on sait très bien que les nobles motifs pacifistes invoqués en haut lieu et repris en écho par la presse docile à souhait ne sont que des prétextes pour imposer au monde une véritable dictature économique et financière, opération dans laquelle les phénomènes d’immigration massive ont un rôle éminent à jouer. Et il va de soi que, pour nous imposer une France multiculturelle, il convient d’en finir avec la France tout court. D’où la grimace.

Yves Pialot




Le Barça est payé par le Qatar… comme les assassins de Barcelone !

On a déjà tout dit sur le train de vie démesuré de certains clubs de football et les salaires monstrueux de certains joueurs. Pour quantité de raisons, tout cela atteint depuis longtemps les sommets de l’indécence, cela dit sans faire référence à un quelconque égalitarisme, la question n’est pas là.

Si l’on considère les sources de de la manne financière qui permet à ces « grands clubs » de boucler leur budget de folie, le constat ne s’arrange pas. N’importe quel milliardaire dans le monde peut à sa guise acheter un club européen, si bien que le nom de la ville où se situe le club ne signifie plus rien. Ainsi, par exemple, le club de Chelsea appartient-il à un milliardaire russe. Quant au PSG, il est la propriété du Qatar, lequel Qatar sponsorise également Malaga et…le fameux Barça, club emblématique de Barcelone qui, il n’y a pas si longtemps, donnait encore des leçons de morale aux autres clubs à propos des inscriptions figurant sur leurs maillots.

Barcelone ! Dans les circonstances dramatiques actuelles, ne devient-il pas un peu gênant de voir figurer sur les maillots du club le nom de Qatar ? Quel rapport, me direz-vous, avec l’attentat récemment perpétré sur les Ramblas ? Je ne dis évidemment pas que le Qatar y est pour quelque chose. Mais enfin, il s’agit bien d’un attentat au nom de l’Islam et revendiqué par l’État islamique ? Certes, le Qatar n’est pas l’État Islamique, mais dans les circonstances actuelles, il semble qu’un élémentaire principe de précaution devrait inciter les dirigeants du football européen à choisir leurs financiers ailleurs que dans les monarchies théocratiques du Golfe, dont fait partie le Qatar, un État où la charia tient lieu de loi et où la liberté d’expression semble des plus limitées, sans parler des droits de l’homme. Un état récemment accusé par ses voisins géographiques, dont on peut penser qu’ils savent de quoi ils parlent,  de financer le terrorisme islamique. Donc même si le Qatar n’est pour rien dans l’attentat de Barcelone, sa référence financière ne paraît pas des plus heureuses.

Mais il serait extrêmement naïf de s’attendre à ce que les choses changent. La mainmise de cet État sur les clubs de foot n’est en effet qu’une petite partie de l’étendue de son pouvoir. En outre, peut-on imaginer que des gens qui sont prêts à attribuer au Qatar l’organisation de la Coupe du monde 2022 vont tout à coup oser émettre des critiques à son égard ?

Impossible. L’argent n’a ni odeur (surtout pas celle du pétrole), ni honneur, ni horreur.

Yves Pialot




L'enlèvement au sérail ou ce n'est que Mozart qu'on assassine

Mozart1781 : Dans L’Enlèvement au sérail, Stephanie (librettiste) et Mozart (qui a lui-même grandement participé à l’écriture du livret) font échanger à Blonde, jeune Anglaise prisonnière du Sultan, et le garde Osmin qui ne parle que despotisme possessif, séquestration, torture, asservissement de la femme, et qui donc veut posséder physiquement la jeune femme, le dialogue suivant (Acte II, scène 1) :
Blonde : « Tu t’imagines sans doute avoir affaire à une esclave… qui obéit en tremblant à tes ordres ? Mais là tu te trompes fort ! On ne se livre pas à ces fantaisies avec les Européennes ; avec elles, on s’y prend tout autrement ».
Osmin: « Moi je suis ton maître et toi tu es mon esclave ; j’ordonne, tu dois obéir ! »
Blonde : « Moi ton esclave ? Ha ! Une femme une esclave ? Répète-moi cela encore une fois ! »
Et d’ajouter un peu plus loin : « Les femmes ne sont pas des marchandises qu’on offre ! Je suis anglaise, née pour la liberté, et je défie quiconque veut me contraindre…Une femme est une femme où qu’elle soit. Si vos femmes sont assez sottes pour se laisser opprimer, tant pis pour elles ! »
Dans sa colère, Osmin s’écrie : « Par Mahomet, par Allah, c’est le diable en personne ! »
Et dans le duetto qui suit, Blonde enfonce le clou : « Jamais un cœur né dans la liberté ne se laisse réduire en esclavage ».
Oui : c’est bien au XVIIIe siècle que ce dialogue fut écrit et chanté. La question que je pose est la suivante : oserait-on aujourd’hui imaginer une telle scène, de tels propos, par exemple dans une comédie musicale ? Qu’adviendrait-il, je vous le demande ?
Il adviendrait que l’on accuserait les auteurs de stigmatiser les fidèles de la religion d’amour. Ce dialogue serait qualifié de nauséabond par les bien-pensants de tous bords et l’œuvre serait censurée pour politiquement non correct.
Alors me direz-vous, on ne joue donc plus de nos jours ce chef-d’œuvre de Mozart ? Eh bien justement, c’est là le pire : si ! Mais alors tout va bien ? Il n’y a pas de censure ? La réponse est encore : si ! Et c’est encore là le pire. Car la censure moderne, voyez-vous, est encore plus laide que celle de l’ancien régime, pour la raison suivante : c’est qu’elle ne dit pas son nom. Elle est rampante, sournoise, inavouée ; elle avance masquée.
Je m’explique. Il est sans doute considéré comme difficile, même aujourd’hui, de jeter les opéras de Mozart aux oubliettes. Le problème, pour nos censeurs inavoués, c’est que ces opéras contiennent tous la marque des Lumières, de la liberté de penser, de l’émancipation de la femme. Entre autres choses, Mozart, c’est ça. Lui qui écrivait à son père en cette même année 1781 : « C’est à présent que commence mon bonheur », faisant allusion au fait qu’il venait de se libérer de la tyrannie de l’archevêque de Salzbourg.
Seulement voilà : cette histoire de liberté se passe en terre d’Islam, et l’affaire devient délicate. Alors comment faire ? On le joue, d’accord, puisque, pour le moment, on ne peut pas faire autrement, il est incontournable ; mais à condition de le déformer, de lui faire dire le contraire de ce qu’il voulait dire, de le ridiculiser, de le tourner en dérision. Le grand prêtre de cette sinistre besogne s’appelle généralement le metteur en scène. La voilà la censure rampante, hypocrite.
Quelques exemples. En 1997 déjà, une mise en scène du Festival de Salzbourg (pas moins), transpose l’action de la cour du Sultan de Constantinople dans…la bande de Gaza, un spectacle que le Monde de la Musique, pourtant pas réputé réactionnaire, trouva à l’époque « affligeant ». A Berne, une autre transposition amènera nos malheureux héros, décidément grands voyageurs, d’abord chez les Talibans, l’année suivante dans les montagnes iraquiennes En 2004, le Komische Oper de Berlin produit un Enlèvement au sérail situé dans un bordel, avec filles en vitrine et vraies prostituées engagées pour faire de la figuration. Belmonte se travestit en femme vulgaire et Pedrillo distribue les capotes. On s’y masturbe allègrement et l’on urine sur scène comme préliminaire à l’acte sexuel. On s’y déshabille entièrement dans des cages et l’on y dépèce même un cadavre.
En 2003, l’opéra de Francfort présente un Enlèvement d’où ont disparu, rien que ça ! le pacha Selim et son homme de main Osmin (comme de juste…). Ainsi plus de risques. Ne reste plus qu’une histoire de couples échangistes. Et allez donc !
Plus récemment à Genève, la jeune metteuse en scène, après avoir décrété avec dégoût que cet opéra était « vieillot », va trouver des solutions pour le dépoussiérer : Belmonte est devenu l’espion 007 et Blonde plante un couteau dans le dos d’Osmin.
A Strasbourg (2010) Waut Koeken déclare qu’il a voulu « dépasser le contexte orientalisant ». A l’Opéra de Flandre, Eike Gramms situe l’action en plein désert, fait parler chaque personnage dans sa langue, et fait envahir le plateau par des maquisards dont on nous assure qu’ils « ne sont pas des talibans, mais des gens simples et pauvres qui utilisent les moyens de lutte dont ils disposent ». On est heureux d’apprendre que Mozart est un de ces moyens.
Il va de soi que, noyés dans ces capharnaüms à répétition, les propos de Blondine, si tant est qu’ils soient conservés, finissent par passer, peuchère, à peu près inaperçus. Nous voilà sauvés !
Arrêtons là : la liste les multiples et consternantes contorsions scénographiques serait trop longue. Ces imposteurs n’ont même pas l’excuse du bon sentiment et du politiquement correct, car « l’Enlèvement au sérail » n’est pas à proprement parler une œuvre à charge contre le monde musulman. En effet, le pacha Selim incarne une rare noblesse de cœur. Il respecte celle qu’il aime : « Constance, c’est à toi seule qu’il appartient de me donner ton cœur » (Acte I scène 7). Mieux encore, ayant découvert le complot ourdi dans son palais pour enlever Constance, Blonde et Pedrillo, il choisit de pardonner et de leur laisser la liberté, laissant ainsi au seul Osmin, au demeurant si grotesque et caricatural qu’il finit par en être peu crédible, le monopole de l’attitude tyrannique, certes liée à la loi islamique qui l’arrange bien. Oui mais justement : on peut se demander si, dans l’esprit de nos metteurs en scène et de ceux qui les soutiennent, l’attitude magnanime du Sultan ne constitue pas une insulte envers le monde musulman. Ne serait-il pas un renégat, comme le suggère d’ailleurs Pedrillo : « Le pacha est un renégat et a assez de délicatesse pour ne contraindre aucune de ses femmes à l’aimer ». Quelle horreur ! Et la charia ? Et les sourates ? Un homme décidément bien dangereux ce pacha suffisamment renégat pour être respectueux des femmes !
En fin de compte, la noble attitude du sultan ne serait-elle pas une pièce de plus à verser au dossier ? Cet homme ne serait-il pas un traître ? Quant aux propos de Blonde, ils restent bien sûr plus que jamais inadmissibles : « Si vos femmes sont assez sottes pour se laisser opprimer, tant pis pour elles ! ». Pour nos intellos et cultureux islamophiles, le délit de stigmatisation est patent.
Ainsi donc, le Mozart de « L’Enlèvement » représente l’ignoble monde occidental et on va le lui faire payer. On ne se contentera pas de déformer complètement son œuvre, on va la salir, la ridiculiser, en y injectant de bonnes doses de laideur, d’obscénité, de scatologie. Toute la contre-culture prétendue révolutionnaire apparue dans les années 1960 va s’en donner à cœur joie en se chargeant de détruire ce que la civilisation humaine a produit de plus beau et, ne leur en déplaise, de plus émancipateur et libérateur.
Ce n’est pas seulement Mozart qu’on assassine, c’est l’humanité tout entière.
Yves PIALOT




Le FN n’a rien d’un parti extrême, c’est devenu l’ultime recours pour sauver la France

Après les émeutes de la « fête » du PSG (tu parles d’une fête !) entre autres boboïtudes geignardes et politiquement correctes à souhait, il arrive qu’on entende ou lise à peu près ceci : « ces jeunes, vous comprenez, réagissent ainsi car ils sont dans la misère et donc désespérés. Il faut les comprendre. »

La misère ? On leur en montrera de la misère, aux bobos ignares, avec enfants décharnés, visage faméliques, regards vides au fond d’orbites où se lit la mort. Ces racailles dans la misère ? Avec leurs fringues de marque, leurs voitures de luxe, et tout l’argent que notre lamentable République leur distribue généreusement ? De qui se foutent ces bien-pensants ? Il paraît qu’on les aurait « mal reçus » en France, raison pour laquelle ils ne l’aiment pas. Mal reçus ? Là il faudra qu’on m’explique (voir plus loin).

Autre rengaine voisine de la précédente : le chômage. Et de vous citer des pourcentages de chômage dans les cités très au-dessus de la moyenne. Alors les pauvres petits sont désespérés, encore une fois. Eux qui aiment tant le travail, tellement attachés à une dignité qui consisterait à gagner leur vie honnêtement sans rien devoir à personne. Eux qui n’en finissent pas, sans doute, d’adresser des CV partout auxquels les salauds qui les reçoivent, sans doute racistes, ne répondent jamais. Eux qui font des queues interminables dans les couloirs des agences de l’ANPE.

La désespérance ! Joli mot n’est-ce pas ? Voilà l’ennemi. Le spleen romantique n’est pas loin. Le mal du siècle en quelque sorte. La prétendue désespérance justifierait tout. On en a vu des immigrés, bien plus malheureux que ceux dont il s’agit, Portugais vivant dans des bidons-villes, Polonais usant leur vie dans nos mines, Espagnols, Italiens ou Asiatiques et j’en passe, venus travailler dur, sans jamais perdre, eux, le sentiment de la dignité (notion bourgeoise qui fait bien rire les soixante-huitards faussement révolutionnaires). Respect ! Chapeau bas ! La voilà, Madame Filippetti (entre autres) l’immigration « chance de la France ». Et dites-le à vos collègues Taubira, Valls et compagnie. Mais celle des racailles ? C’est la malchance, que dis-je la malchance, le malheur non seulement de la France mais de la civilisation.

Alors forcément, cette soi-disant misère profite aux extrêmes, nous dit-on avec des trémolos dans la voix. Les extrêmes ? Alors des noms. Ben le FN, évidemment. Vous trouvez, vous, que les propos de Marine le Pen sont extrémistes ? Et en quoi s’il vous plaît ? Est-ce être extrémiste que d’exiger un minimum de sécurité ? D’exiger que l’on respecte les valeurs républicaines issues de la philosophie des Lumières ? Que l’on respecte la laïcité et que l’on refuse l’installation sournoise d’une théocratie haineuse dans notre pays ? Que de souhaiter que la France ne perde pas toutes ses industries pour des raisons de rentabilité, parce qu’ainsi le veut l’ultra-libéralisme européo-mondialiste ? Que de trouver révoltant et insupportable que l’on brûle (sinon pire…) le drapeau français ou que l’on siffle notre hymne national ?

C’est ça les extrêmes ? Alors je suis extrémiste avec délectation.

Par contre, tout casser à la moindre occasion, multiplier viols, meurtres et actes de barbarie de toutes sortes, passer à tabac «pour un regard », ça ce n’est pas les extrêmes. C’est la désespérance, c’est la norme. Avec un gouvernement « normal », cela coule de source.

Dans la situation où nous sommes, de pire en pire chaque jour, le FN, qui fut peut-être, à une époque, un parti extrême, ne l’est plus. Désormais, alors que l’UMPS (on peut dire aussi le PSUMP) a totalement abandonné la France, le FN est devenu le recours naturel, non pas extrême, mais ultime.

Les bien pensants qui brandissent les « extrêmes » avec des tremblements hystériques  n’ont pas encore compris que la géométrie (ou géographie) politique avait changé : de même que la droite et la gauche ne sont plus où elles se trouvèrent jadis, de même que le racisme ne se trouve pas où l’on prétend qu’il se trouve, de même les extrêmes ne sont pas où l’on croit qu’ils sont.

Yves Pialot




Les Etats-Unis tancent la France pour sa laïcité agressive… et Hollande-Ayrault se taisent !

C’est tellement énorme que je me suis demandé, dans un premier temps, si certains n’avaient pas confondu 1er mai et 1er avril. J’ai donc pris une élémentaire précaution  qui m’a permis de constater que « la commission américaine sur les libertés religieuses internationales » non seulement existe bien, mais qui plus est voit ses membres « nommés par le président américain et le Congrès ». Apparemment donc, il ne s’agirait pas d’un canular.

Et pourtant jugez plutôt cette information, communiquée sans commentaire par le Monde et l’AFP, à propos de ladite commission, concernant un chapitre « de son épais rapport annuel ». Ce rapport dénonce la « laïcité très agressive » de plusieurs pays européens dont la France notamment en raison de l’interdiction du voile intégral dans des espaces publics.

La présidente, une certaine Katrina Lantos Swett,  considère que cette laïcité très agressive « place des personnes religieuses dans des positions inconfortables et difficiles en ce qui concerne le plein exercice de leurs convictions et croyances ».

Le rapport cite ensuite « les restrictions croissantes votées ces dernières années en Europe concernant les signes religieux, l’abattage rituel des animaux » ou encore « la construction de mosquées et minarets en Suisse ». Ces restrictions, accrochez-vous, « créent une atmosphère d’intimidation » et, accrochez-vous encore plus car nous entrons dans une zone de turbulences, « limitent…gravement l’intégration sociale et les opportunités en termes d’éducation et d’emplois… ».

A propos de l’interdiction du voile intégral, le rapport parle de « discrimination » et conclut : « une telle loi appliquée trop largement soulève des questions sur les droits parentaux et la liberté de choix ».

Vous avez bien lu : liberté. C’est bien au nom de la liberté et des droits de l’homme* que la commission en question défend l’esclavage des femmes et l’obscurantisme le plus absolu.

Ainsi donc, l’Amérique nous tance, elle nous fait les gros yeux, par la voix de Katrina Lantos Swett. Que pèse exactement cette commission ? Souvenons-nous du discours prononcé par Obama au Caire le 4 juin 2009, où il déclarait par exemple : « Il est important pour les pays occidentaux d’éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu’une femme doit porter ». N’est-ce pas très exactement ce que dit Mme Lantos Swett ? Dans ce même discours, le président américain n’avait pas hésité à affirmer que l’on devait à l’islam « toutes les inventions majeures de l’humanité », et que les Etast Unis étaient « un pays musulman ».

On savait que les Américains, dont le président prête serment sur la bible, n’aiment pas la laïcité à la française, et pas seulement pour des raisons philosophiques. On connaissait la puissance du communautarisme aux Etats-Unis. Bref, on a bien compris que la politique américaine ne peut admettre plus longtemps cette laïcité française empêcheuse de gouverner le monde en rond.

Par contre, on peut penser, d’après les vibrants hommages ci-dessus mentionnés de la part du président lui-même ou de son relais la « commission américaine sur les libertés religieuses internationales » que l’islam, lui, ne représente pas la moindre gêne ni la moindre agressivité. Entre laïcité et islam, on connaît le choix de l’Amérique.

Dernière question : quelle sera la réaction du gouvernement de la France à pareille volée de bois vert ? Y aura-t-il seulement une réaction ? Cela honorerait notre président de répondre à ces gens-là qu’ils veuillent bien, concernant la laïcité française, ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. Une occasion, enfin, pour Hollande et son équipe de se grandir un tant soit peu. Elles sont plutôt rares par les temps qui courent.

Yves Pialot 

* Katrina Lantos Swett s’exprime également souvent au nom de la « Lantos Foundation of Human Rigts and Justice ».

 




Affaire Jihad : Pour les juges, l’apologie de crime n’est pas constituée !

Ce jour 11 avril dans la presse locale, on apprend que la Justice est du même avis que le MRAP qui considérait qu’il s’agissait d’une plaisanterie innocente. Ce n’est certes pas une surprise. Au train où vont les choses, c’est le contraire qui nous aurait étonnés.

Rappelons les faits. Un petit garçon nommé Jihad s’était présenté dans son école maternelle vêtu d’un tee-shirt gentiment offert par son tonton (frère de sa maman) proclamant non moins gentiment : « Je suis une bombe » avec la signature : « Jihad, né le 11 septembre ». N’est-ce pas que cela respire la candeur et l’innocence ? Et la délicatesse pour faire bonne mesure ?

Le Maire avait saisi le Procureur. La douce maman et le gentil tonton s’étaient étonnés, les pauvres, de « l’emballement médiatique » qui avait suivi, la mère déclarant que, lorsqu’elle avait « compris qu’il pouvait choquer », elle « l’avait retiré », l’oncle allant après coup dans le même sens.

Résultat : le juge, « considérant que le délit d’apologie du crime n’est pas constitué », n’a pas écouté le procureur requérant des peines d’amendes, et a relaxé les prévenus.

Voilà une saine décision qui pourrait faire jurisprudence non ? Alors plus besoin de se gêner.

Yves PIALOT

Lire également ce très beau texte de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire.

http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel/prenom-adolphe-sur-son-tee-shirt-ca-gaze-pour-moi,18804




Problème de sortie à Marseille-Nord un vendredi : une course cycliste annulée !

Pour éviter de me répéter, je joins tout de suite ci-dessous le petit article que j’ai adressé le vendredi 8 février dernier au Courrier des Lecteurs du journal Midi Libre, qui vous suffira à vous faire une idée de ce qui allait se passer ce même jour.

Logistique et information

Commode et à la mode, le mot « logistique », surtout quand il convient de rester dans le flou. Lorsque, au sommet du Mont Saint Clair, jeudi 7 février après-midi, le directeur de course du Tour Méditerranéen, particulièrement dépité, a annoncé au public que l’étape du lendemain, Marseille-St Rémy de Provence, venait d’être annulée sans qu’on lui demande son avis, il n’a certes pas parlé de logistique mais a brièvement évoqué ce qui semblait être un « problème de sortie de Marseille par le nord »… Par contre, le soir même, le journal régional de France 3 déclarait que la 3e étape de cette course était annulée « pour des raisons de logistique » et le compte rendu de Midi Libre de vendredi se contentait de la formule presque aussi laconique : « pour des raisons d’autorisation préfectorale ». Il semblerait que les voies de la logistique soient comme les quartiers nord de Marseille : impénétrables.

Chers lecteurs, je vous laisse juges quant à cette « logistique » et cette « autorisation préfectorale ». Un détail cependant qui me paraît intéressant. Le jeudi 7 février au sommet du Mont Saint Clair, à la fin de la cérémonie protocolaire au cours de laquelle le directeur de course venait d’annoncer l’affligeante nouvelle en question, l’un des invités de marque (dont je vais préciser l’identité) présents sur la tribune réclama soudain le micro et déclara : «On nous dit que c’est le sport qui va nous sauver. Alors bravo messieurs ! ». Il n’était guère difficile de comprendre entre les lignes le bref mais significatif message que venait de nous adresser… Raymond Poulidor en personne. Sans aucun doute, le sympathique Poupou avait tout compris concernant cette annulation survenant un…vendredi dans un certain quartier.

Quant à mon tout petit article, faut-il vous préciser que Midi Libre ne l’a pas publié ?

Yves PIALOT




Hollande-Ayrault n’ont aucun vrai pouvoir, mais doivent faire croire qu’ils gouvernent

Les grands débats d’aujourd’hui sont donc du type dit sociétal. Autrement dit  dérisoires. Les trois exemples les plus actuels sont bien sûr le mariage des homosexuels (hypocritement et démagogiquement appelé « mariage pour tous »), les salles de shoot (et là il ne s’agit pas de tirs au but, pas même de coups de pied au cul ; le penalty y est d’une autre nature), et la réforme dite des « rythmes scolaires ».

Voilà dans quelles discussions nos chers, très chers, députés (enfin quelques-uns d’entre eux) passent leur temps. Voilà de quoi l’on débat au Palais Bourbon. Voilà sur quels sujets on s’empoigne joyeusement, on s’invective, on ironise, on parade, on fait des phrases, on balance des formules-choc, on joue les orateurs à la très petite semaine. Sur des sujets grotesques que l’on feint de croire fondamentaux, que l’on fait passer pour majeurs, essentiels, avec une complaisance totale des tout puissants pouvoirs médiatiques. Voilà à quoi l’on joue aujourd’hui au Gouvernement et au Parlement. Et voilà enfin avec quoi l’on remplit la Une des journaux.

Concernant la pantalonnade du « mariage pour tous », il y a une première raison à ce déchaînement politico-médiatique : faire croire que la droite et la gauche, cela existe encore. Il suffit de voir avec quelle gourmandise les gens descendent dans la rue, bardés de pancartes comme jamais. Il est vrai que le spectacle (ou théâtre) de rue est à la mode. C’est le nec plus ultra de l’art dramatique. Les manifestations participent de cet art majeur. Musiques, déguisements, chansons (enfin si l’on peut dire) slogans, danses, mimes, gesticulations hystériques, acrobaties, tout y passe. Une sorte de mauvais cirque ambulant. Pardon : déambulatoire ! Et l’on compte les coups, les coûts et les participants : Qui sont les plus nombreux ? Les anti ou les pro ? Autrement dit : la « droite » ou la « gauche » ?

Comme il est évident que le clivage droite-gauche n’existe plus depuis longtemps sur les sujets vraiment fondamentaux tels que l’ultralibéralisme, la mondialisation, l’Europe,  le chômage, les nouvelles bases politiques de nos sociétés, la montée du fanatisme (on peut même penser que la gauche est sur ces sujets plus à droite que la droite), la démolition de l’Ecole, alors on se rabat sur des sujets futiles pour entretenir l’illusion manichéenne d’une France partagée en deux : la gauche (le bien), et la droite (le mal). L’ange et le démon en quelque sorte. Et tout le monde, à peu de chose près, joue le jeu dans la classe politique. On nous amuse avec des considérations du genre : vous voyez bien que dans le cortège des anti, il n’y a que des réactionnaires, la France rancie (tiens ! voilà un nouveau mot à la mode), les cathos, l’extrême droite, alors que de l’autre côté sont les progressistes, ceux qui sont ouverts, justes et généreux comme on disait jadis. La fausse gauche au pouvoir a tendu le piège à la droite qui s’y est engouffrée. Mais les deux y trouvent leur compte (à tous les sens du terme). Les deux ont le même intérêt à faire croire au bon peuple qu’il existe toujours en France une droite et une gauche dont les idées sont diamétralement opposées. Sinon, comment faire pour entretenir l’illusion de la démocratie ? Pour faire encore un peu voter les gogos ?

Et dans le même temps, une fois passées ces carnavalesques spectacles déambulatoires, les imams prêchent devant des foules prosternées à même la rue et appellent à combattre l’infidèle, avec, paraît-il, « l’accord de la Préfecture ». Mais de cet autre spectacle de rue, on ne discutera jamais à l’Assemblée. Ni de cela ni des mécanismes pervers de la fameuse et providentielle « dette ». En vérité, de rien d’important. Alors voilà : on a trouvé le mariage des homos et les salles de tir au but. Les bons sentiments dégoulinent à qui mieux mieux sur les gradins de nos assemblées comme dans la rue, la démagogie, la fausse modernité, ou leurs contraires, nécessaire pendant car le bien a besoin du mal et vice versa, le tout constituant un grossier miroir aux alouettes (que nous sommes). Grossier, certes, mais ça marche.

Je n’ai pas compétence pour juger de l’opportunité des salles dites « de shoot ». Par-delà la triste évidence que l’on en est réduit à tout simplement entériner l’engloutissement de toute une génération par l’usage de drogues diverses, constat donc d’impuissance, et de ce fait à se trouver réduits à ce pis-aller qu’est l’officialisation des salles de shoot pour essayer de limiter les dégâts, on remarque encore une fois que les media et donc le pouvoir politique consacrent à ce sujet une place de choix.

Je voudrais évoquer enfin un troisième sujet : celui de la prétendue « réforme » des rythmes scolaires, qui envahit lui aussi les Unes des journaux. Il est partout, en même temps que la photo de l’omniprésent ministre Peillon. Je n’ai pas non plus compétence pour savoir si 4 jours et demi valent mieux que 4. La question n’est pas là. Ce que je constate, c’est la disproportion du vacarme qui entoure cette affaire, où l’on voit notre valeureux ministre se mettre en colère, brandir la menace, prendre des statures de matamore, comme si, dans une demi-journée de plus ou de moins, résidait le fondement de notre école. Une nouvelle fois, on nous masque l’essentiel par un leurre. Oser faire tant de bruit pour cela alors que, depuis plusieurs décennies, tous les gouvernements et leurs satellites, FCPE et syndicats en tête, s’appliquent méthodiquement à détruire la substance même de l’école de la République, à coups de formules ridiculement prétentieuses pondues par des experts dans les officines de la pédagogie moderne, tout en la vidant de son contenu, de sa raison d’être : l’enseignement d’un savoir. Mais sur ce scandale, ce massacre de notre école, Peillon pas plus que ses prédécesseurs se garde bien de revenir, et pour cause ! Et comme il faut bien qu’il justifie, comme les autres,  son maroquin par une prétendue réforme, il nous amuse avec le leurre des rythmes scolaires. L’accessoire à la place de l’essentiel, comme toujours. Le verbiage à la place de la substance, le contenant à la place du contenu.

Pour en rajouter une couche, encore une affaire providentielle : celle de la viande de cheval roumain. Cette viande-là en tout cas nourrit abondamment les media, qui se taisent par contre comme un seul homme sur les divers scandales de la viande halal. Que voulez-vous, y a viande et viande : la viande politiquement correcte, et celle qui ne l’est pas.

Tout le monde l’a compris mais il n’est peut-être pas inutile de le répéter : un gouvernement qui n’a aucun pouvoir se trouve dans l’obligation de faire croire qu’il gouverne quand même. Triste spectacle en vérité.

Yves PIALOT




Les médias sportifs français ne feraient-ils pas stupidement le jeu de la chaîne qatari Beln Sport ?

Le récent éditorial de Cyrano analyse de manière fort complète la façon dont le Qatar est en train de s’emparer de la France. Entre autres choses, il cite, avec juste raison, l’arrivée puis la prise de place de plus en plus importante de la chaîne Beln Sport.

Eh bien parlons-en de cette chaîne. A propos d’un sport délibérément censuré par l’ensemble des media français : le rugby à XIII. Et là, il convient de rappeler, et ce n’est pas une simple parenthèse, un peu d’histoire.

Le rugby à XIII, appelé Rugby League chez les Anglais, est né dans les régions ouvrières du nord de l’Angleterre à une époque où le rugby à XV (ou Rugby Union) n’était pratiqué que par les aristocrates riches parce qu’ils avaient le temps et l’argent pour s’entraîner, et pouvaient ainsi, à peu de frais, c’est le cas de le dire, se flatter d’être des « amateurs ». Ce nouveau rugby révolutionnaire et d’une conception, voire philosophie très différente (je n’entre pas dans les détails, ce serait trop long), offrit immédiatement la possibilité à des joueurs doués mais pauvres de pratiquer leur sport préféré, tout simplement en les rémunérant, comme on le faisait déjà pour le football, ce qui leur permettait, le temps de leur carrière sportive, d’abandonner mines et usines pour se consacrer à leur entraînement. Ce nouveau rugby, très vif et spectaculaire, connut immédiatement en Angleterre du nord un succès considérable (qui ne s’est jamais démenti depuis lors).

Dès son arrivée en France en 1935, le XIII reçoit de la part du public un accueil enthousiaste et un championnat de haut niveau se met en place. Les stades sont pleins, le spectacle est superbe.

1940 : le régime de Vichy, de connivence avec la Fédération Française de Rugby (XV), prend un décret interdisant le rugby à XIII, sous le prétexte qu’il est professionnel. Par la même occasion, le XIII est spolié de tous ses biens, situation qui perdure aujourd’hui. C’est là que commence l’œuvre de censure.

Et Beln Sport là-dedans me direz-vous ? J’y viens mais encore un peu de patience.

A la Libération, le rugby à XIII recouvre le droit d’exister, mais en quelque sorte du bout des lèvres, puisqu’il n’a plus le droit de s’appeler rugby, et ne récupère aucun de ses biens. Il porte alors le nom dégradant de «Jeu à XIII », ce qui n’empêchera pas l’équipe de France de se montrer brillantissime pendant quelques années, notamment lors de la légendaire tournée aux antipodes de 1951.

Soyons justes : pendant environ 3 décennies, les media auront une attitude correcte vis-à-vis du « Jeu à 13 ». Et puis brutalement : c’est fini. Du jour au lendemain, avec une étrange et quasi unanimité dans le processus de désinformation, la presse écrite, parlée et télévisée ignore le XIII, ce qui, quand on connaît la toute puissance du pouvoir médiatique, équivaut à une véritable mise à mort. Avec la bénédiction avouée de certains présidents de la FF de rugby à XV.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Un procès a permis, dans les années 80 (si j’ai bonne mémoire) au XIII de récupérer l’appellation légitime « rugby » à la place du ridicule « jeu ». Encore heureux ! Mais à part ça, le silence radio (c’est le cas de le dire) se poursuit. Et pas une chaîne de télé nationale ou privée pour en présenter quelques images.

Sauf… (nous y voilà) depuis peu : Beln Sport. La chaîne qatarienne, branche sportive de  Al Jazeera, s’est engouffrée dans le créneau. Elle est, du moins en France (car en Angleterre ou en Australie, on n’est pas si bête), la seule à présenter régulièrement les matches des Dragons Catalans (le seul club français qui participe, plutôt brillamment d’ailleurs, à la Super League). Une sorte d’exclusivité. Merci qui ? Merci les media français qui continuent allègrement à faire comme si le rugby à XIII n’existait pas en France et ont laissé le champ libre à nos amis qatari. C’est ainsi que nous nous trouvons dans cette étrange et paradoxale situation où l’on voit une superbe et spectaculaire discipline sportive française quasiment enterrée par les media de notre pays et partiellement sauvée de l’oubli par la télévision du Qatar.

Ne s’agit-il pas là d’une pièce intéressante à verser au dossier ?

Yves Pialot