Autonomie de la Corse : réveil de nombreux autres mouvements autonomistes

Scènes d’émeutes en Corse après l’annonce de l’agression d’Yvan Colonna à la prison de Toulon-La Farlède

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Condamné à la prison à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac en 1998, Yvan Colonna a été violemment agressé par un musulman le 2 mars dernier à la maison d’arrêt de Toulon-La Farlède où il purgeait une condamnation à perpétuité. Il a été hospitalisé dans un hôpital de Marseille. Déclaré « dans un état grave » pendant près de trois semaines, son décès n’a été officiellement annoncé que le 21 mars par les autorités de la République. Il y a tout lieu de penser que la mort du nationaliste corse a en fait suivi de peu son agression : le gouvernement a voulu éviter un embrasement sur l’Ile de Beauté en différant autant que faire se pouvait l’annonce du décès de Colonna.

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Stratégie a moitié payante puisque pendant plusieurs jours, les principales villes de Corse ont été le théâtre de violences, les manifestants s’en prenant non aux musulmans et aux symboles de leur « religion » (mosquées, femmes voilées, racailles islamo-maffieuses des nombreux quartiers ethnicisés d’Ajaccio, Bastia, Corte, Bonifacio…), mais aux symboles des institutions françaises. C’est ainsi que dès le 4 mars, des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC)  ont bloqué l’arrivée d’un navire transportant des CRS, envoyés en renfort, à la veille d’une manifestation à Corte organisée à l’initiative de syndicats étudiants. Le 9 mars au soir, des affrontements violents ont éclaté dans plusieurs villes de Corse. À Bastia, 23 CRS et trois civils ont été blessés, dont un photojournaliste du quotidien Corse-Matin. À Ajaccio, ce même jour, des manifestants ont allumé un incendie dans le palais de justice et attaqué une banque.

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Ils cachent tous que Colonna a été assassiné parce qu’il a blasphémé

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Pour calmer le jeu, dans une interview qu’il a accordée le 15 mars à Corse-Matin, le ministre de l’Intérieur Gérald Moussa Darmanin s’est dit « prêt à aller jusqu’à l’autonomie ».

« La tonalité [des propos] de Gérald Darmanin laisse pour l’instant augurer une évolution positive », s’est immédiatement félicité  Michel Castellani, député Libertés et Territoires de la 1ère circonscription de Haute Corse, ajoutant néanmoins : « C‘est tout ce qu’on peut dire à cette heure-ci… ». Manifestement, autonomistes, indépendantistes, nationalistes corses attendent beaucoup plus du gouvernement que de simples pétitions de principe. « Ce n’est pas encore une victoire, ni pour moi ni pour le peuple corse » avertissait ainsi le 16 mars Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse au micro de France Info… Dans un entretien accordé à France 3 Corse pendant sa visite sur l’Île de Beauté les 16 et 17 mars derniers, le ministre de l’intérieur a assuré qu’ « en cas de réélection d’Emmanuel Macron, les discussions autour de l’autonomie de la Corse aboutiraient avant la fin de l’année 2022 ». Si ce n’est pas du clientélisme, ça y ressemble furieusement…

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Les déclarations du ministre de l’intérieur ont été saluées en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, deux territoires qui disposent déjà d’une large autonomie, leur permettant notamment d’être compétents en matière économique et sociale, de politique de santé, d’enseignement scolaire, d’équipement et d’environnement. Depuis les accords de Matignon-Oudinot en 1988, et de Nouméa en 1998, la Nouvelle-Calédonie possède même son propre gouvernement.

Le président indépendantiste du Congrès de Nouvelle-Calédonie, Roch Wamytan, qui a signé en octobre 2019 une convention de partenariat entre le Congrès de Nouvelle-Calédonie et l’Assemblée de Corse, a apporté son soutien « à la lutte du peuple corse », estimant que le statut du Caillou pourrait inspirer les discussions sur l’autonomie de la Corse.

« Je ne suis pas tout à fait étonné de ce qui est arrivé (…) car c’est ce qui se passe quand le pouvoir de tutelle ne veut pas discuter avec des peuples qui sont en lutte pour leur identité, pour leur dignité, pour leur indépendance ou pour leur autonomie », a déclaré Roch Wamytan, chef de file du FLNKS. On remarquera que ces propos, placés dans la bouche d’un Français de souche d’un quartier ethnicisé de l’une des nombreuses villes de la Métropole, le situeraient illico dans la case « extrême droite »

Rappelons que le courant indépendantiste est largement minoritaire en Nouvelle Calédonie : par trois fois (2018, 2020, 2021 ; en 2018, les autorités de la République avaient interdit aux métropolitains immigrés de participer au référendum !), les électeurs de Nouvelle-Calédonie ont voté non à l’indépendance. Le troisième référendum du 12 décembre dernier, a été marqué par une victoire écrasante des partisans du maintien dans la France (96,5%) après le refus des indépendantistes de participer au scrutin : simple subterfuge pour masquer le caractère minoritaire de leur poids dans la population de l’île…

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La réaction de Moussa Darmanin a également suscité une forte résonance en Polynésie française.

La Polynésie française n’a pour sa part pas connu l’instabilité de la Nouvelle-Calédonie d’avant les accords de Matignon. Elle était dotée d’un statut novateur dès 1984 et 1996. Le statut de 2004 découle de la révision constitutionnelle de 2003 « sur l’organisation décentralisée de la République », révision qui supprime la catégorie des territoires d’outre-mer à laquelle appartenait la Polynésie française. Une révision qui, fondamentalement, ne changeait rien et n’a fait qu’alimenter la frustration des autonomistes du cru. L’autonomie proposée à la Corse par le ministre Darmanin va certainement réveiller les appétits de ces derniers. Pour le député indépendantiste de Polynésie, Moetai Brotherson : « Être un département et une collectivité particulière, pour un souverainiste, c’est un pas en avant. Mais l’autonomie doit être une étape transitoire vers la pleine souveraineté. Elle peut être un piège : on n’est plus dans les mouvements de décolonisation des années 60, on est dans un monde post décolonisation où Macron dit : malheur aux petits, malheurs aux isolés ».

Moetai Brotherson assure que ses relations avec les indépendantistes corses « ont toujours été chaleureuses, ce sont des frères de lutte, comme les Kanaks par exemple ». Il estime néanmoins que les Polynésiens « ne peuvent que les conseiller : la décision appartient aux Corses qui ont une haute intelligence politique et ne se contenteront pas d’une autonomie de pacotille ». Et de conclure : « Je leur dis: ne faites pas comme nous en acceptant les compétences sans obtenir les moyens. Ne vous laissez pas enfermer comme nous ad vitam aeternam dans ce statut d’autonomie ». Le message est clair : les indépendantistes souhaitent dépenser comme bon leur semblent l’argent que leur verseront généreusement les Français de souche par leur travail et leurs impôts…

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A Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. les propos de Moussa Darmanin ne sont pas non plus tombés dans l’oreille d’un sourd. Fin novembre, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avait d’ailleurs déjà évoqué « la question de l’autonomie » lors d’un déplacement en Guadeloupe, en pleine crise sanitaire aux Antilles.

En Guyane, le 19 mars dernier, près de 60 élus de la région monodépartementale se sont réunis à l’hôtel de la Collectivité Territoriale de Cayenne pour discuter de l’évolution statutaire du territoire. En vue : l’évolution de ce territoire français d’Amérique du sud (territoire que Macron avait un jour qualifié d’ « île »…) vers davantage d’indépendance par rapport à la Métropole.

La Collectivité souhaite s’orienter vers « le choix d’une Collectivité territoriale dotée de l’autonomie, dénommée pays, dans le cadre de la Constitution ».

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Prenant appui sur la déclaration de Gérald Darmanin au sujet de la Corse, l’organisation groupusculaire Front de Libération de la Bretagne – Armée révolutionnaire bretonne (FLB-ARB) demande quant à elle « l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Loire-Atlantique à la Bretagne » ​mais aussi a tenu d’« un référendum sur l’autonomie ou l’indépendance de la Bretagne réunifiée ». «  Le peuple corse n’est écouté par le gouvernement qu’à la suite d’actions violentes. Ces référendums devront être réalisés avant le 31 décembre 2022, sans quoi l’ARB passera à l’action » menace l’organisation indépendantiste, manifestement encore travaillée par le démon terroriste.

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Le parti nationaliste basque EAJ-PNB constate quant à lui « qu’un territoire de plus de 300 000 habitants équivalent sur le plan démographique à la Corse, le Pays Basque nord, est susceptible de devenir autonome, loin de la logique technocratique des grands ensembles régionaux ».

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Constituée en janvier dernier pour « défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », la Fédération des Pays Unis, constituée de Bastir Occitanie, le Parti Breton, le Parti Lorrain, le Parti Nationaliste Basque (ENJ-PNB) et Prouvènço Nacioun « défend une France des territoires » et « appelle le gouvernement à engager également des discussions avec tous les pays de France, en particulier les pays breton, lorrain, basque, occitan, provençal et alsacien, qui attendent eux aussi que le droit des peuples à s’autodéterminer soit respecté ».

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Les institutions mondialistes peuvent se réjouir : la fragmentation des Etats-nations en micro-entités dépourvues de toute puissance – économique, militaire, diplomatique… –  est pour elles une excellente nouvelle. Elle leur permettra d’asseoir leur pouvoir sur les peuples, tout en leur donnant l’illusion qu’ils sont « maîtres de leur destin »

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

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9 Commentaires

  1. Dans la mesure où la ripouxblique cède, depuis des décennies, des pans entiers du territoire aux envahisseurs, qui en font des entités étrangères hostiles gérées par des imams, des caïds et une muttawa (police religieuse) en arguant qu’il faut tenir compte de la composition ethnique, linguistique et culturelle spécifiques des habitants, je ne vois pas au nom de quoi on refuserait les mêmes droits aux Corses, aux Bretons, aux Basques, aux Guadeloupéens ou aux Polynésiens.
    L’unité et l’indivisibilité de la République d’accord. Mais pour tout le monde alors !

    • Oui, comme ça, au bout du compte il n’y aura plus de France de tout, et tout le monde aura gagné, les corses, les bretons, les basques, les bidules et les machins… SAUF LES FRANCAIS – les vrais, ceux qui continuaient à aimer leur pays, même mal gouverné, et qui auraient aimé rester français !

  2. espérons que les Corses chassent toute cette merde islamique de leurs ile ,,,,

    • Les Corses sont copains comme cochon avec les musulmans. Ces derniers représentent 30 % de la population de toute la plaine orientale de Ghisonaccia à Porto-Vecchio. Ils sont bien plus appréciés que les français. Les Corses sont également ultra pro-européens car ils savent que l’Europe affaiblie les nations en favorisant le régionalisme. Macron a acheté le vote nationaliste. Ces nationalistes Corses n’ont pas la moitié de l’honneur qu’ils revendiquent et leurs électeurs en patiront.

    • Sauf que leur souci, c’est plus exactement de chasser LA FRANCE et LES FRANCAIS, et il serait peut-être temps de s’en apercevoir…

  3. Je croyais qu’il avait été agressé à la prison d’Arles ?…..

    • En effet, c’est à Arles, c’est un Suédois qui l’a agressé.

      • C’est un bougnoule qui a fait le boulot que la police n’est plus capable de faire.

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