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Aux barbus qui pensent que les chiens sont impurs

Cela se passe dans la clinique Sainte-Anne à Lucerne (Suisse).

https://www.tio.ch/svizzera/attualita/1323827/lo-studio—esistono-piu-germi-nelle-barbe-degli-uomini-che-nei-cani-

Dans des cas exceptionnels, la clinique Sainte-Anne met ses appareils de diagnostic comme le scanner à la disposition de vétérinaires qui doivent faire des investigations spécifiques pour leurs patients chiens. Évidemment, toutes les mesures d’hygiène sont prises. Mais, quand même, y en a qui trouvent à redire.

Alors, le Dr Andreas Gutzeit a fait des analyses chez lui à Sainte-Anne, avec chiens, et dans deux autres cliniques sans chiens et il a publié les résultats dans la revue médicale Ärztezeitung.

Donc, le docteur a examiné sous scanner 30 chiens de races diverses et 18 hommes qui portent la barbe… et les résultats sont surprenants !

“Les chercheurs ont relevé une quantité de germes de beaucoup supérieure dans la barbe des êtres humains que dans le poil des animaux”.

Le bon docteur précise qu’il n’a rien contre les barbus mais “nous voulions simplement démontrer qu’il n’y a rien à craindre, ni avec les animaux ni avec les humains… à condition, bien sûr, de respecter les règles d’hygiène”.

Donc, quand vous rencontrez un barbu, pensez aux règles d’hygiène…

J’en profite pour vous raconter ceci :

Quand ma fille était à l’école (années 80), elle avait un prof d’anglais qui était super et s’appelait Miss B. Élèves et parents, tout le monde l’adorait. Elle était belle, gaie, jeune, spitante (comme on dit en belge, cf. les bulles qui spitent dans le champagne) et en plus excellent prof qui enthousiasmait ses élèves au point de les emmener à l’English Film Club voir des films en version originale.

Du temps a passé. Vers la fin d’une année scolaire, nous rencontrons Miss B. qui fait la queue devant la caisse d’un supermarché et évidemment nous commençons tout de suite à bavarder, et comment ça va, et qu’est-ce que vous faites pour les vacances, etc.

Et là… Miss B, qui en fait est un peu flétrie, nous dit :

“Ben moi… je ne sais vraiment pas… je ne suis pas bien… là, demain, je vais chez mes parents en Italie et j’ai déjà un rendez-vous à l’hôpital de Bergamo, section oncologie…”

Olala ! Ça nous a refroidies… bon… tous nos vœux vous accompagnent… etc.

Du temps a passé. Nous retrouvons Miss B. tout à fait par hasard. Elle est rayonnante et florissante comme dans le bon vieux temps. Fatalement, nous lui demandons : “et alors ?”

“Eh bien – nous raconte-t-elle en riant – ça a été toute une aventure ! Je suis allée à moitié morte chez mes parents, tout le monde se préparait déjà pour mon enterrement… et moi aussi, j’étais résignée au pire… et voilà qu’au soir, il y a le vieux docteur du village qui vient prendre la tension de papa et évidemment nous lui racontons notre drame qui se prépare… Alors, il me regarde et me dit “Toi, Miriam, du cancer, jamais de la vie ! Téléphone à l’hôpital pour annuler ton rendez-vous : nous allons regarder cela de plus près.”

Et vous savez quoi ? Eh bien le docteur a trouvé que mon intestin était plein de vers ! Ces sales bêtes étaient en train de me bouffer du dedans… J’ai fait la cure contre les vers et me voilà…”

Nous sommes estomaquées… surtout que Miss B. ajoute :

“Et vous ne savez pas la meilleure ! Moi, je me lave les mains 36 000 fois par jour. Quand je prépare à manger, je lave tout, même la salade avec un coup d’eau de javel, je désinfecte tout !… et moi, j’étais pleine de vers, alors que chez mes frères qui vivent à la campagne, les chiens entrent et sortent comme ils veulent de la maison, les chats montent sur la table, les enfants dorment avec les animaux dans leur lit… et eux, ils n’ont jamais rien…”

Quant aux chiens… Qui voyage dans le tiers-monde constate la grande quantité de chiens errants que personne ne nourrit puisque leur rôle, c’est de nettoyer les rues des détritus et même des excréments que les gens jettent depuis leurs fenêtres. Ces chiens sont souvent sales, couverts de plaies, de parasites et porteurs de maladies graves comme la rage.

Régulièrement, nos autorités sanitaires mettent en garde contre l’importation de chiens qui peuvent ramener la rage dans nos pays.

https://www.tio.ch/ticino/cronaca/1324031/cani-a-rischio-rabbia–la-spab-lancia-un-appello

(Petite digression : dans les années 70, des amis avaient ramené du Maroc un joli petit chat trouvé, tout perdu en rue. En grandissant, il a commencé à grimper au sommet des armoires et à attaquer en plongeant dans le cou des passants. Il est devenu énorme et a fini à la protection des animaux.)

Il était donc juste, il y a 15 siècles, de mettre en garde les tribus bédouines en leur enseignant que « les anges n’entrent pas dans une maison où il y a un chien ».

Mais là aussi, l’opportunisme humain fait une différence entre les chiens errants et les chiens qui servent, notamment pour la chasse. Ainsi, les plus belles races de lévriers sont arabes, afghanes ou nord-africaines, comme les célèbres « sloughis qui mangent du sable et boivent du vent » et sont connus dans tout le Maghreb : « il était le seul chien à pouvoir entrer dans les tentes des dignitaires » – les azawakhs du Niger et du Mali – les salukis, qui figurent déjà dans les décorations du temps des pharaons, sont connus dans tout le Moyen-Orient et « convertis dès le VIIe siècle à l’islam naissant, les riches nomades d’Arabie considéraient que seul le gibier tué par leurs salukis était une nourriture pure aux yeux d’Allah » –  et le pharaon provenant d’Égypte) : http://clmp.e-monsite.com/pages/les-levriers/les-races-de-levriers.html

En conclusion, pour en revenir aujourd’hui en 2018, en Suisse (mais aussi en France), au cas qui nous intéresse et qui a été étudié à Lucerne : un barbu peut être plus dangereux qu’un chien.

Anne Lauwaert.