Aux musulmanes qui acceptent le voile

Publié le 12 mars 2014 - par - 2 188 vues
Share

Comment les femmes musulmanes et à un degré moindre les Tunisiennes peuvent-elles se résoudre à vivre comme un oiseau aux ailes entravées ou amputées dans une cage, tout en étant fières de leurs conditions d’existence ? Une existence sans liberté est comme cette pierre tombale qu’on rabat sur une tombe.

Une vie sans résilience est une mort sans vie.

Une femme n’a pas être ni la moitié d’un homme, ni son avenir. Elle doit jouir tout simplement de sa liberté de penser, d’agir, de se mouvoir, de circuler, de divorcer, de choisir son partenaire, de s’émanciper, d’aller où elle veut et quand elle le veut, de décider par elle-même, de vivre sa vie en toute liberté sans faux-semblants ou artifices religieux qui entravent ses droits afin d’en faire un paradis pour les hommes et de ses devoirs un enfer pour elles.

Elle n’a pas à vivre sous l’aile protectrice d’un homme quel qu’il soit, elle doit avoir les moyens de son indépendance. Un régime de protectorat n’est rien d’autre qu’un régime colonial et liberticide.

Les hommes usent et abusent de tous les subterfuges et stratagèmes pour coloniser le corps et l’esprit de la femme en l’infantilisant et la dévalorisant. La liberté est avant tout l’affirmation de soi et le combat pour ses droits. Il ne revient pas aux hommes de doter les femmes d’un statut. Elle n’est ni un animal, ni un esclave qu’on affranchit et que l’on considère comme incapable de discernement. Les droits sont ceux que l’on arrache au moyen des luttes, des larmes et du sang. Les droits des femmes à leur dignité humaine et leurs libertés politiques ne doivent pas être l’oeuvre des hommes qui ont plutôt tendance à les émietter, à les rogner, à les minimiser comme s’ils leur en faisaient l’aumône.

Des droits au rabais à l’instar de ceux dont veulent gratifier les petites mains de l’A.N.C les femmes tunisiennes. Très en deçà du C.S.P. Les droits des femmes ne se décrètent pas. Il revient aux intéressées d’exiger l’inscription dans la future Constitution tunisienne en lettre d’or, des droits égaux pour tous, sans distinction biologique. Les femmes ne sont pas l’ombre de leurs hommes, elles sont leurs égales. Elles se doivent plus que jamais de prendre leur destin en main et de s’indigner contre leur statut de femme-esclave comme dans les sociétés wahhabisées, un champ de labour, une éternelle mineure, vivant sous le joug de la toute-puissance masculine, avilie, humiliée, censée manquer de maturité intellectuelle et spirituelle selon le Coran, de prendre enfin leur destin humain en main et de sonner la charge contre les dogmes injustes, iniques, sacralisant les hommes et maudissant les femmes.

Votre avenir n’est pas dans la religion faite par et pour les hommes aux dépens des droits des femmes. Vous avez toujours compris que l’homme a créé ce carcan pour asseoir son pouvoir exorbitant sur vous qui serait-soi-disant d’essence divine. Dieu aurait fait de l’homme votre protecteur parce que vous seriez incapables de vous protéger vous-mêmes et de subvenir à vos propres besoins.

L’homme est sur le podium divin et la femme au pied du podium. Le favori de Dieu et vous le bouc-émissaire de tous les maux des hommes. Une telle dialectique devrait vous offusquer et heurter votre sensibilité féminine, et pourtant vous semblez vous en accommoder.

Vous avez peur de subir le double-courroux de vos hommes et de Dieu, c’est pourquoi vous rechignez à vous rebeller contre ce sort injuste que les hommes vous font subir.

Vous êtes les alliées de vos ennemis, et les ennemies de vous-mêmes au nom de la religion et des traditions vous laissant croire que vous êtes les gardiennes du temple, pour mieux enserrer les chaînes qui entravent vos revendications pour un traitement humain digne et honorable.

En vous voilant, ils voilent et obstruent votre horizon libéré de la dictature de la religion dont la seule finalité est de vous opprimer et réprimer au profit des hommes.

Les hommes abusent de votre bonne foi et de votre crédulité en brandissant à vos yeux le spectre de la lapidation et de l’enfer. Pourquoi surfent-ils sur la peur pour gouverner vos esprits ?

Quand on joue à faire peur à l’autre, c’est que l’on a soi-même peur de soi. Vous êtes bannies du festin paradisiaque et des promesses libertines et orgiaques faites à vos seuls hommes.

Comme si vous n’existiez ni sur terre ni dans l’au-delà. On a beau parcourir le Saint Livre qui n’est pas plus saint qu’il en a l’air, rien pour vous ou presque et tout pour les hommes.

Si la religion était raison et non passion, vous devriez vous en rendre compte par vous-mêmes que la différence biologique n’est pas un facteur de supériorité entre les humains sur la seule base de leur sexe.

Si Dieu vous aimait, il n’aurait pas fait de vous un être dépourvu de droits et mis au ban de la société comme si vous étiez un rebut humain. N’êtes-vous pas assimilées à un urinoir dans l’imagerie populaire, une cuvette où le mâle vient déposer ses urines ? Ne dit-on pas de vous que vous êtes l’incarnation de Satan, voire sa créature ?

N’est-il pas écrit dans le Coran que vous avez un pouvoir maléfique et ne vous considère-t-il pas comme déficientes intellectuelles et dépourvues de foi ? Le prophète lui-même auquel vous croyez vous promet peu de place au paradis à cause de votre prétendu esprit pervers et malsain. Une religion qui rabaisse la femme et grandit l’homme n’est pas pour vous, elle est contre vous. Analysez votre statut et vous verrez combien votre position dans vos sociétés est une honte pour l’humanité. Un homme a le droit de vous violer en toute impunité religieuse dès la pré puberté.

Une femme violée subit la double peine. Le viol est votre lot. Votre mari est en droit de vous imposer des rapports sexuels contre votre volonté puisque la vôtre se dilue dans la sienne. C’est ça le vrai sens de la complémentarité.

Les hommes imposent et les femmes s’exécutent. Pour les droits de succession parlons-en alors que vous avez beau être souvent un soutien matériel pour vos familles.

Vous êtes considérées comme le 1/4 d’un homme, un homme pour quatre femmes sans parler des concubines occasionnelles et ses esclaves sexuelles. Epouses, concubines , compléments, obligées, objets sexuels, ventres féconds, domestiques, esclaves, prostituées, un corps dont l’homme peut jouir à sa guise et contre votre gré, du kleenex. Un bien de consommation à durée déterminée que l’on peut jeter à tout moment.

Vous êtes privées de tous les droits, absolument de tous les droits qu’il serait superflu de les lister tous.

Vos conditions de vie sont indignes de la condition humaine. Serfs propriétés de leurs seigneurs. Vous êtes juste bonnes pour assouvir les pulsions sexuelles de vos mâles et malheur à vous si vous vous y dérobez, les anges protecteurs des hommes bénis de dieu vous maudiront toute la nuit. Soyez violées et taisez-vous c’est ça le vrai sens du précepte. Vous n’êtes rien surtout si vous ne donnez pas de chair à canon à Dieu.

Même cette histoire du paradis qui coule sous vos pieds est une foutaise. Parce que Dieu le réserve aux seules mères et qui ont juste le droit de la toucher avec les talons.

Mesdames, votre destin est entre vos mains. Il ne revient pas à vos hommes de définir votre statut et surtout pas aux femmes qui font de leur double assujettissement à Dieu et aux hommes leur raison d’être et de vivre.

Soit vous brisez vos chaînes, et ôtez ce carcan qui n’a rien de canonique soit vous faites de vos vies une prison. Ne soyez pas vos propres geôlières, soyez actrices de vos propres vies. Si vous ne voulez pas que les générations futures de sexe féminin subissent tous les affronts et humiliations dont vous êtes victimes, il est de votre devoir de vous libérer du joug de l’obscurantisme de vos hommes.

Vous êtes la lumière de la vie et quand cette lumière s’éteint c’est toute la vie qui s’éteint et qui disparaît. L’aliénation de la femme et sa castration est un crime contre l’humanité.

Il n’y a pas de religion sans libertés et égalité entre les sexes comme il n’y a de religion que dans le respect absolu des droits de la femme. Toute religion qui enseigne la négation des droits de la femme est une religion injuste, inhumaine et nazie.

Salem Benammar

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.