Aux paradis artificiels de demain, préférons l'action d'aujourd'hui

L’église, la mosquée, les temples, et après… la Résurrection, la Réincarnation, le Paradis.
Pourquoi ce matraquage « du religieux à tout prix » en ce début de siècle ? Pourquoi, sur la planète, cet appel des politiques aux gourous divers? On revient au Moyen âge. Les discours sont affligeants, « les pauvres attendent beaucoup des religions » dit-on. Supportez votre misère vous serez heureux dans l’au delà….On a l’impression que l’histoire se répète que les chapes de plomb retombent sur les esprits. Faut-il gommer le siècle des lumières de notre histoire ? Tout se passe comme si des responsables politiques incapables doutaient de leur aptitude à changer le monde. Attendent-ils un miracle ? Et chacun sait qu’il faut croire en Dieu pour croire aux miracles.
Il est d’ailleurs intéressant de voir la similitude des positions des différentes religions : Dieu a voulu qu’il y ai des pauvres et des riches, et il réserve sa meilleure place au paradis aux plus pauvres. On peut ainsi se dédouaner d’une inaction pour gérer les difficultés ; « Acceptez la richesse des rois de l’informatique ou du pétrole, ne vous révoltez pas, pour vous ce sera plus tard, après la mort ».

La population de la planète a doublé en 40 ans : 3 milliards en 1960, 6 milliards en 2000, 12 milliards en 2040, 24 milliards en 2100 etc….
La misère grandit, que pourraient faire les religieux ? Inciter au contrôle des naissances par les moyens modernes de contraception…. « Non, non, croissez et multipliez ». Le sida se propage, on pourrait recommander l’utilisation du préservatif, encore non ! Quand se réveilleront-ils ? Quand prendront-ils conscience de leur propre responsabilité dans cette misère là ? Quand proposeront-ils de véritables actions concrètes maintenant, plutôt que la prière, pour que chacun gagne égoïstement « son » petit paradis ?
La foi, est peut-être nécessaire pour certains, devant l’angoisse de la mort, la liberté religieuse est une liberté fondamentale mais ne la transformons pas en parcours obligé. C’est le risque que je vois se pointer. La foi peut nourrir l’âme, mais en aucun cas l’estomac. Les moines bouddhistes birmans se sont révoltés, lorsque la misère du peuple a été telle que les gens ne pouvaient plus leur verser les oboles, mais pas avant.
Est-il sain pour des sociétés d’imposer à des enfants une vision simpliste de la « création» du monde et de leur laisser envisager que « leur religion » a réponse à tout et peut les dispenser de penser et d’agir par eux-mêmes maintenant ?
Pourquoi présenter les religions à coup de chiffres : il y a X milliards de chrétiens X milliards de musulmans dans le monde… Et alors ? Qu’est-ce que ça prouve ? Veut-on en faire des armées prêtes à combattre ? C’est un risque énorme…..On a déjà connu cela dans l’histoire, voudrait-on recommencer ?
Que nous réserve donc ce XXI ème siècle ? Ou nous conduira le prosélytisme et la course à l’endoctrinement des sectes grandes et petites ? Quel sort pour les femmes ?
Ne vaudrait-il pas mieux croire en l’homme, à ce qu’il peut faire de bien quand il est sur la terre, plutôt qu’a un paradis artificiel hypothétique ? Pour transmettre les valeurs du vivre ensemble, préférer la laïcité et l’instituteur, plutôt que le prêtre ou l’imam qui, on le sait, chercheront à démontrer que leur Dieu, « le leur », est le seul, le vrai, l’unique, bien meilleur que celui du voisin. En ce qui me concerne, l’humilité et le bon sens m’imposent de croire que je ne suis sur terre que pour un très court instant, petit grain de sable dans le temps et l’univers, à ma mort je n’irai nulle part je n’existerai plus du tout et c’est bien comme cela.
Place aux autres.
Chantal Crabère

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