Avatar 2 : les intellectuels français déraillent comme des trains fous !

Ils osent tout !

En France, pays livré à l’ultra-violence des gangs ethniques et au fanatisme des djihadistes conquérants, le CNC (Centre national de cinématographie) formule, au nom de l’État français, un avertissement solennel en forme de jugement sur La voie de l’eau : « Certaines scènes violentes de chasse et de batailles peuvent heurter la sensibilité des spectateurs. »

https://www.youtube.com/watch?v=u3wxCNUbaz0

Des « savants » analysent une fiction à l’aune de leur idéologie

On a tellement l’habitude, en France, de ne plus produire que des films insipides, sans action, ni émotions, ni personnages crédibles, mais subventionnés pour porter des « messages » wokistes, LGBTQ, de repentance et de préférence étrangère, qu’on déraille quand on se pique de décortiquer le sens caché d’une fresque onirique.

Comme il fallait faire un choix parmi les « avis autorisés » des intellectuels sollicités par les médias mainstream, j’ai privilégié celui de Philippe Charlier, directeur de la recherche au Quai Branly, ce caprice de Chirac, dans un article du Point du 18 décembre. Une accumulation de poncifs bien-pensants.

Cet homme a sûrement beaucoup appris dans les livres. Mais il lui manque une pratique de terrain approfondie. Une immersion totale en observation participante comme l’appelait Bronislaw Malinowski, le père de l’anthropologie moderne. En se purgeant l’esprit de ses certitudes. Pour regarder sans a priori. En rejetant les illusions préfabriquées et le prêt-à-penser de ses pairs. Un recul indispensable même pour parler d’un film.

L’illusion d’une culture navisienne à la Bernardin de Saint-Pierre

Les commentateurs « autorisés » (par eux-mêmes) rappellent les naïvetés touchantes du roman Paul et Virginie.

Ils voient et interprètent le monde à la Rousseau (Jean-Jacques, pas la sardine !) en collant partout des références et des leçons de morale piquées à la proto-écologie. Quand ce mouvement alors estimable se souciait de protection de la nature et de respect de l’environnement. Sans servir la chorba aux islamo-mafieux au détriment de l’intérêt des Français.

Dans le conte surréaliste du milliardaire gauchiste James Cameron, les Metkayinas ont fait des « tulkuns », ces bizarroïdes baleines géantes à quatre yeux, intelligentes et pacifistes, des totems. Et des sortes de demi-dieux. On est dans le domaine de la croyance, pas de l’idéologie écolo. La première est irrationnelle, la seconde se veut raisonnée. Même si les dogmes lancent des passerelles entre les deux.

Charlier coupe au plus court : il évoque un mélange fictionnel polynésien interculturel parce que les Metkayinas sont tatoués ainsi que certains de leurs animaux totémiques. Mais c’est une pratique universelle qui remonte à la nuit des temps. Attestée depuis le néolithique.

Quant à la répartition des clans selon la géographie, les filiations, les alliances, les histoires communes, les intérêts convergents, les croyances partagées, les modes de vie semblables, on a l’impression qu’il redécouvre l’eau tiède.

Mais il est vrai qu’en France, c’est très mal vu de faire état des disparités naturelles. La loi d’attraction s’articulant autour de la résonance neuronale est légitime pour les étrangers. Pour les Français, c’est une hérésie puisque nous serions tous interchangeables, que les races n’existeraient pas, et que toutes les cultures se vaudraient. Le tam-tam zoulou égale les sonates de Mozart, tandis que l’invention de la gargoulette vaut celle de l’avion à réaction.

Avec Avatar 2, on passerait de l’Amazonie aux Maoris

Kolossale erreur ! La plupart des décors de l’Avatar de 2009, avant d’être remastérisés à la sauce numérique, ont été tournés en Nouvelle-Zélande dans la jungle tropicale de l’île du Nord. Une autre planète. Où 70 % des espèces végétales et animales sont endémiques.

Du fait de son éloignement géographique par rapport aux terres continentales, cet archipel dispose d’un environnement naturel et d’une biodiversité hérités de l’époque où il était rattaché au Gondwana, avant de s’en séparer il y a 82 millions d’années.

Des plans complémentaires ont été tournés à Hawaï dans la jungle humide de l’île principale. Un autre archipel peuplé initialement, lui aussi, de Maoris. Pas de Yanomanis ni de Kayapos, même si Raoni est toujours à la mode.

Quant à la langue des Omaticayas, elle prospère sur des consonances polynésiennes. Et pour cause, puisque les distingués linguistes embauchés pour créer un langage extraterrestre crédible, aux sonorités agréables, ont pioché dans le vocabulaire et la syntaxe des tribus de l’est de la Nouvelle-Zélande.

« En 2009, Avatar faisait la part belle à l’écologie et au féminisme »

Deuxième kolossale erreur. Par ignorance ? Ou par projection freudienne des fantasmes et des attentes en souffrance des commentateurs ?

La gestion des ressources n’a rien à voir avec la philosophie de décroissance des zékolos. Elle relève du pur pragmatisme. Quand on est quelques centaines, au maximum quelques milliers, sur une petite île (ou pire un atoll déshérité), on évite de trop exiger de la nature pour pouvoir survivre. Et on pratique intuitivement l’exogamie avec les îles voisines. Pour éviter la consanguinité.

Le « rahui » jachère de pêche, pour laisser les poissons et crustacés se reproduire, impliquant la rotation des zones de prélèvement, en respectant des règles d’équité pour que chacun ait sa part, existe depuis au moins trois mille ans. Par pour exprimer une philosophie, mais par nécessité.

De même la quasi-déification des dauphins jusque sur les pétroglyphes. Ce n’est pas parce qu’ils sont gentils et ont une bonne bouille qu’il sont « tapu » Mais parce que des bandes de dauphins semi-sédentaires sont la meilleure protection des pêcheurs en immersion contre les requins du lagon.

Quant au féminisme, je me gausse. Les reines guerrières furent une immense surprise pour les explorateurs du XVIIIe siècle.

La moitié des îles étaient dirigées par des femmes, qui n’avaient pas attendu le MLF ni les Femens pour brandir des casse-têtes. Et en bien des lieux, le roi et la reine se partageaient le pouvoir. Temporel pour lui, spirituel pour elle. L’un ne pouvant décider sans l’autre. Ce qui n’empêchait pas les femmes chamanes de participer à la bagarre. Une parité réelle. Trois mille ans avant Macronescu.

Précision utile : aux Raromataï (les îles sous le vent) à Huahiné comme à Raïatea, les défaites militaires les plus cuisantes subies par les Français leur ont été infligées au XIXe siècle par des armées presque exclusivement féminines. Dont on célèbre la mémoire encore aujourd’hui.

« Avatar 2 : les Metkayina peuple de la mer comme les Maoris »

Nos distingués anthropologues de salon surfent sur des interprétations et des fantasmes intellectualisés dont l’Université française est féconde. Avec priorité à gauche. Sans se soucier de la réalité. Parce que si la réalité n’est pas conforme à l’idée qu’ils s’en font, c’est forcément la réalité qui se trompe.

Or s’il est une chose que l’anthropologie de terrain m’a enseignée (et c’est valable aussi pour les journalistes) : priorité aux faits ! Rien que les faits. En leur affectant un coefficient privilégié si on a assisté personnellement à leur répétition. Plus pondéré si leur observation a été occasionnelle. Et sujet à caution s’il s’agit de témoignages. Ceux de première main pouvant encore être retenus selon la crédibilité du porteur. À moins qu’ils n’aient nourri des légendes qu’il est très hasardeux de prétendre décrypter.

Les Austronésiens, s’ils ont pu être qualifiés par Alain Gerbault de « plus grands navigateurs du monde », étaient des terriens avec une culture maritime. Les grands voyages de migration qui les ont menés de l’Insulinde à l’Amérique du Sud étaient motivés par la recherche de nouvelles terres où s’installer.

Certes ils ont parcouru le Pacifique dans tous les sens, et l’océan Indien jusqu’à Madagascar, sur leurs pirogues doubles, en utilisant les vents, les courants, les renverses saisonnières et en se positionnant par rapport aux étoiles et aux constellations… Mais par endroits, il leur est arrivé de rester des décennies, voire des siècles, sans contacts renouvelés avec leurs lointaines origines. Ne pratiquant plus que des navigations côtières ou dans leur archipel.

Après une traversée particulièrement éprouvante, ceux qui ont abordé à Aotéaroa (Nouvelle-Zélande) ou Rapa Nui (île de Pâques) n’étaient plus motivés à repartir. Même si quelques audacieux dont on a perdu la trace ont essayé.

Aujourd’hui encore, presque partout, la terre est la valeur suprême.

Celle qui sert d’étalon or. On la convoite parce qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde. En famille on la partage.              « L’inati », ou mise en commun, est devenue indivision ou société en participation. Et la pêche et la pisciculture pratiquées depuis toujours sont des substituts à la chasse et à l’élevage.

Quand ils reprenaient la mer par vagues successives, c’était par nécessité. Non par goût de l’aventure et de la découverte. Parfois pour des échanges commerciaux comme les relations prouvées entre Fenua Enata (Marquises) et Hawaï. Mais plus généralement contraints par des circonstances dramatiques.

Chassés de leur île après une guerre perdue, ou une éruption volcanique ou un tsunami qui avait tout détruit. Ou plus prosaïquement parce que, du fait de la surpopulation, les ressources devenaient insuffisantes. Périr en mer ou trouver une autre île qui n’ait pas été déjà colonisée devenait la seule option valable.

Je me demande où en est le niveau actuel de l’anthropologie en France ?

Sans doute aussi déglingué que dans les autres disciplines. Je me souviens d’un forum Usenet où de jeunes cuistres qui avaient suivi un semestre de civilisations océaniennes en troisième année de licence, me soutenaient que je n’y connaissais rien parce que je ne parlais pas comme dans leurs livres.

En plus, depuis la Libération, il fallait être communiste, puis trotskiste ou situationniste, pour être coopté par les caciques du CNRS. On voit le résultat !

Notre « savant » du « Point » a une excuse. Il a la tête bien pleine. Peut-être un peu trop. Médecin légiste, archéologue, biologiste, historien et quelques autres spécialités. La science protéiforme de Temperance Brennan sans le charme d’Emily Deschanel.  Mais l’anthropologie culturelle a ses propres critères. Observer, participer, décrire, relativiser. Et éviter les conclusions péremptoires.

Or l’éminence du Quai Branly mixe toutes sortes d’éléments disparates dont le seul mérite est d’être politiquement corrects : valorisation d’une écologie passéiste, fantasmes du bon sauvage en symbiose avec la nature, horreur de la technologie, du progrès et des êtres civilisés… Mais tout ça, c’est du cinéma !

Dans un pays où l’intellectualisme interdit de réfléchir en dehors des balises de la pensée unique, et où la seule expression publique acceptée se réduit à la récitation servile de la doxa, le génie créatif des Français a coulé à pic.

Une dernière observation méritant qu’on s’y arrête. Sigourney Weaver, 73 ans, par la grâce des maquillages et des trucages, joue le rôle d’une ado. Voilà qui devait inspirer Brichelle ! Avec l’immature, ils seraient raccord.

Christian Navis de Pandora

https://climatorealist.blogspot.com/

 

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19 Commentaires

  1. Quelque soit les critiques « bien pensantes » dont ce film fait l’objet, comment peut-on, une fois passée l’enfance, trouver de l’intérêt à ce type de film. Qu’il ait fait 5 millions d’entrées en France et à coup sûr un signe d’abrutissement collectif.

    • J’y vois plutôt le signe que, dans une société en état de décomposition avancée, beaucoup de gens ont besoin d’un peu de poésie et de rêve. Et puis les vieux comme moi retombent en enfance, on n’y peut rien ! 😉

      • Je suis allé voir hier « Avatar 2″ avec mon épouse ; Je peux vous dire que nous avons été émerveillés par ce film . Et tout ceux que nous connaissons ont été également émerveillés par ce magnifique film . Et ,quand AUX détracteurs pourquoi êtes vous allés voir ce film ? Moi , quand un sujet me déplait je n’y vais pas , mais en plus je respecte avis de tous .Mais ,comprendra qui voudra ,la tolérance est une vertu ; et il y a longtemps que certains ne savent plus ce qu’est la vertu .Le crétinisme fait des ravages . Et j’ajouterai a ces détracteurs que :  » L’esprit c’est comme le parapluie il ne fonctionne que si il est ouvert » (Sir James Jacques)

  2. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas vu ce film, avatar, mais je n’ai rien compris à votre texte… désolé !!

    • Je suis dans le même schéma intellectuel.Impossible à déchiffrer!
      J’ajoute que l’ode au féminisme dissimulé sous de bons sentiments me gêne un peu.
      Finalement c’est du wokisme qui fait semblant de ne pas faire de wokisme!

      • Le wokisme c’est prendre fait et cause pour des minorités qu’on présuppose opprimées et qu’on pare de qualités imaginaires.
        Dans le monde d’Avatar, les minoritaires sont les humains présentés comme oppresseurs, et ils n’ont que des défauts dans une vision manichéenne du progrès et de la technologie.
        La dialectique peut se retourner comme une peau de lapin ! 😉

  3. les bleus!!! s’en méfier, ils ont presque réussi à génocider les amérindiens aux usa, presque réussi à génocider les vendéens

    • En Polynésie, la fusion a été réussie parce qu’il n’y avait pas une pseudo-religion comme l’islam pour rendre les rapprochements incompatibles.
      Il doit rester moins de 10% des Ma’ohis d’origine dans des vallées isolées ou sur quelques motus excentrés.
      Un chef indépendantiste me disait naguère : « Je suis à moitié Bourguignon, à moitié Chinois et à moitié Mangarévien, donc je suis un vrai Ma’ohi. » 🙂
      90% bons chrétiens et 90% polythéistes ou animistes.

  4. Il y a encore des intellectuels en France ? Je vois bien des mecs se palucher la cervelle mais à part ça…

    • Pour moi 4 critères définissent l’intello du XXI e siècle :
      Il a tout appris dans les livres. Il a perdu l’intuition, la créativité et l’empathie s’il les a jamais eues. Terne récitant de la doxa, il est inapte à penser par lui même. Faible et incapable de se remettre en question, il chasse en meutes.
      En résumé, c’est un minus instruit.

  5. En parlant de trains fous, un nouveau jeu d’argent est peut-être né.
    A l’approche des nombreuses périodes de vacances, vous achetez un billet de train, si par grande chance les gauchiasses du rail déclenchent une grève, vous doublez la mise et le racket national ne vous pique rien, c’est du net.

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