Avec Isabelle Alonso, contre une sénatrice pro-voile, un cocktail détonnant à Bouge la France

Publié le 21 octobre 2008 - par
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J’étais invitée jeudi 16 octobre à « Bouge la France », une émission de la Chaîne parlementaire-Public sénat.. Il s’agissait de gloser sur « Que reste-t-il du féminisme ? ». On avait bricolé vite fait mal fait, un truc à partir des « Quarante ans du MLF » annoncé à grand renfort par Antoinette Fouque, qui s’est auto proclamée propriétaire de la marque « Libération des femmes », il y a quelques trente ans. Les journaleux réagissent toujours à partir de l’actualité, ou présumée telle.

Nous étions trois : Isabelle Alonso, une sénatrice verte, Halima Boumedienne et moi même. Je ne savais pas que cette dame avait milité contre la loi sur les signes religieux à l’école et appartenait aux « Indigènes de la République ». Pas un hasard que face à deux laïcardes notoires, Isabelle Alonso et moi, on ait collé une communautariste pro-voile. Et encore, on a échappé à Christine Delphy, qui avait été initialement prévue. J’étais donc innocente comme l’agneau frais émoulu. Après quelques préambules convenus sur la parité, à grands renforts de chiffres balancés par la sénatrice, comme je commençais à m’ennuyer et que je voulais attaquer le vif du sujet du féminisme, j’ai balancé mon missile contre le voile.

A peine avais-je énoncé l’urgence de stopper la prolifération du tissu en question, que la dame, verte (de rage) a commencé à me rentrer dans le lard, l’arme absolue au poing. Je veux dire la Tolérance. Et la tolérance, qu’en faisais-je ? Impossible de lui couper le caquet. Comme un disque enrayé, elle répétait les mêmes mots. Aucune argumentation. Alors Alonso a pris ma relève. Nous étions exactement sur la même longueur d’onde, solidaires sur nos deux tabourets rapprochés. De quoi, de qu’est-ce ? Et eux, ceux qui avancent derrière le voile, ils sont tolérants ? Et la démocratie, à laquelle elle se réfère, elle y trouve son compte dans cette ténébreuse affaire ?

Je vous fais grâce, chers lecteurs, des arguments que vous connaissez mieux que moi. Mais c’est que la dame Boumedienne était déchaînée. Nous n’étions pas assez de deux pour tenter de lui couper le sifflet. On sentait bien pointer sous la défroque de la présumée démocrate, la haine propre au fanatisme. J’ai du recourir à la force verbale, en lui intimant l’ordre de me laisser parler, au nom de cette démocratie tant évoquée. Le présentateur était débordé. « Mais, mesdames, le sujet ce n’est pas le voile… »

Oh que si , que c’est le voile, monsieur. Il met sacrément en danger tous les acquis besogneusement arrachés des féministes et démocrates associés. Nous avons dû en rester là. Le gong final a résonné. D’après les commentaires post émission, nous nous en sommes sorties avec les honneurs, Isabelle et moi, car nous avons essayé d’expliquer pourquoi le voile posait problème. En face, le désert de Gobi, question démonstration.

Mais tout de même, une question grave : comment se fait il que certains de nos élu/es (du peuple) soient au service d’idéologies qui sont l’antidote même de la démocratie qu’ils/elles sont censé/es servir ?

Pour mémoire : Halima Boumedienne défend le voile au Sénat.
Noel Mamère défend le voile au Parlement français.
Alain Lipietz défend le voile au Parlement européen.

Anne Zelensky

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