Avec la presse papier, personne ne parlait de « fake news »

Publié le 29 juillet 2018 - par - 9 commentaires - 1 013 vues
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Dans mon enfance, à Paris, Place Etienne Dolet, XXe arrondissement, tous les dimanches matin, des crieurs de journaux vendaient « l’Humanité », organe écrit du Parti Communiste. Un paquet sous le bras, chacun brandissait au-dessus de sa tête, une copie du dimanche. Et elles partaient comme des petits pains car c’était le seul organisme proche du monde ouvrier et le quartier de Ménilmontant était habité par la classe populaire. Le vendeur proposait des « infos » (pas encore nommées News) aux passants comme la contre-vérité sur ce qui se magouillait dans la 4eRépublique.

Mais la technologie a fait de grands pas et tout comme les métiers Jacquard au 19esiècle, elle fit des ravages parmi les anciennes méthodes de communication en particulier avec la presse écrite.

Aux Etats-Unis, le phénomène est le même, voire pire qu’en Europe. L’exemple qui sert de cette débandade dans la presse écrite est la quasi disparition du New York Daily News, l’un des plus populaires quotidiens de la côte Est. Dans son édition du 23 juillet 2018, le titre est significatif de cette tendance : « News cuts staff. Half laid in retooling… » (Le journal réduit son personnel et la moitié du personnel est mis à la porte pour apporter des changements.) En effet de 34 journalistes, il n’en reste plus que 9, et ceux-là sont aussi sur un siège éjectable. Leur salaire a été réduit à 34 000 dollars annuels soit moins de 3000 euros par mois, ce qui représente un bas salaire.

Mais le début de la presse souvent hebdomadaire ou mensuelle n’a pas été facile. En 1690, à Boston, paraissait la première feuille d’informations, le « Publick Occurrences both Foreign and Domestick » publié par Benjamin Harris. Le journal ne dura pas longtemps car Harris avait affiché trop ouvertement son intention : « Faire la guerre à l’esprit de mensonge ». Les exemplaires furent saisis immédiatement et brûlés par les Anglais et Harris écopa d’une peine de prison.

Il semble que le slogan de Harris a encore valeur aujourd’hui dans l’affaire Benalla/Macron. Lutter contre les mensonges, les fausses vérités, les rumeurs et fake news lancés par les affidés de Macron est encore de rigueur.

Cette presse qui servait de contrepoids à tout gouvernement joue encore un rôle capital dans la diffusion des informations et plus à l’heure actuelle, dans une république monarchique proche d’une dictature bananière.

Le New York Daily News a été créé comme de nombreux autres revues et magazines en 1919, après la guerre : l’horizon s’ouvrait à nouveau et une ère de paix paraissait s’instaurer en Europe. Hélas, ce ne fut que mensonge sur mensonge et tricherie sur tricherie.

A l’heure présente, la presse écrite passe un mauvais moment face au numérique et à l’abondance de blogs et de sites comme celui de Riposte Laïque. Chaque citoyen qui a un sens du devoir et un bon coup de plume, peut imaginer un moyen de partager ses idées, ses opinions et ses informations. De plus c’est gratuit, car leur budget marche avec des dons et des contributions bénévoles comme celle-ci.

D’après l’ACPM (Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias) dirigée par Philippe Rincé, la baisse des ventes de quotidiens est de 3% par an depuis plusieurs années, ce qui crée un problème financier. La baisse de la presse féminine est de 5%. Cette chute commerciale semblerait être compensée par les abonnements à la presse numérique PDF mais il n’en est rien même si cette hausse est de 11 % par an. Le total des abonnements en France est de 245 millions, tout compris (quotidiens, hebdomadaires, mensuels dans tous les domaines) mais les tarifs ne sont plus les mêmes : ils sont bas, souvent temporaires pour un événement en particulier et la manne financière est réduite année après année.

Les médias américains (et les français aussi) déplorent ce changement d’habitudes : plus de crieurs de journaux, moins de journaux apportés sur les seuils des maisons dans les pays anglo-saxons, disparition des kiosques à Paris et des magasins de la presse.

Le Daily News vendait plus de deux millions de journaux par an pour une population de 40% moins nombreuse. A présent la diffusion est tombée à 200 000 soit proche du dépôt de bilan.

D’autres quotidiens sont aussi sur la mauvaise pente : Le Mercury News de San Jose, le Denver Post, journal très influent jusqu’en 2000. En France, Libération organe de gauche, a déjà été sauvée par un milliardaire !

La question surgit dans l’esprit des Américains : si la presse disparaît, qui va faire ressortir la corruption des municipalités, l’abus de pouvoir des états, les dérives politiques de Washington ?

Une cause importante de cette baisse de revenus vient de la publicité. Pendant longtemps, les lecteurs lisaient et apprenaient les nouveautés technologiques en lisant les journaux et utilisaient la presse pour eux aussi placer leurs ventes et leurs produits. Mais l’apparition de sites gratuits, aux Etats-Unis surtout Craigslist et en France le Bon Coin virent les annonces se détourner de la presse papier.

Pour résumer, l’Histoire montrera que le début du XXIe siècle marque un tournant décisif dans l’information : elle est réduite avec la presse conventionnelle, journaux créés aux siècles précédents, Le Figaro en  1826, l’Humanité en 1908 ( populaire en 1919) mais revigorés par Internet et certainement plus difficile à contrôler par les autorités politiques comme on le voit avec Benalla et Macron, d’où la loi scélérate proposée par le chef de l’état pour supprimer les soi-disant « Fake news », sources d’infos qui ne correspondent pas à leurs pensées et intentions législatives.

Le lancement du partage des recherches de journalistes a commencé en 1609 en Allemagne avec le mensuel Zeitung et elle doit se renforcer si l’on veut  continuer à vivre dans une démocratie moderne.

André Girod

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Notifiez de
GELASE

On ne parlait pas de « fake news », on parlait simplement de « mensonges »…et entre nous puisqu’on ne pouvait pas s ‘épancher sur les réseaux sociaux à spectre large …Tout support de connaissances est susceptible de devenir un vecteur de mensonges et de manipulation…

Fomalo

Plutôt faire le calcul de la baisse de la presse écrite dans la presse française! Combien de quotidiens avant les années 50, en France? Combien dans les années 80?, donc combien après la liquidation des typographes? Plus la diffusion des gratuits dans le métro parisien etc.. Cela correspond en parallèle à la télévision galopante. Combien d’entre nous donnent 36 euros par mois aux sites de réinformation? Combien peuvent se le permettre actuellement? Surtout pour entendre le même son de cloche..

DUFAITREZ

Au temps sacré du « numérique », d’internet, des GAFA, etc…
La Poste plonge, réduite aux cours de conduite et à l’assistance à domicile ! Plus personne ne lit la Pub, ne la regarde en TV, en surdose.
Les subventions à l’écrit papier restent ? Oui, pour cause de servilité !
Macron a tout compris ! « De vraies Vérités sur des réseaux Libres » !
Pour combien de temps ?

NERISSON

C’est peut être précisément parce que nous ne sommes plus en démocratie, que la presse se meurt !!! le journalisme contrôlé par quelques milliardaires n’intéresse pas la population !!! Le nombre de journalistes qui ont été victimes de la « chasse aux sorcières » pour preuve !!! Raz le bol de la MERDIA !!!

patphil

si la presse papier disparait, c’est que plus grand monde ne l’achète; pourquoi?
j’en apprend plus par la presse de réinformation chaque jour, raison pour laquelle je contribue et continuerai à envoyer un chèque

bernard

PCF et L’Huma? C’était (et c’est toujours) un parti qui raconte des salades aux ouvriers car c’est une mafia qui quand elle prend le pouvoir massacre, exploite, avilit tous les peuples…L’exemple de l’URSS-Chine-Vietnam-Cuba-Laos ne vous suffit pas ? L’humanité n’a jamais défendu les ouvriers mais a profité de leur misère, leur ignorance et leur courage (comme le martinez aujourd’hui cette sale tête à la Cabu, professionnel bien bourgeois comme jadis Thorez ou Cachin…).

Fleur de Lys

Dupont Aignan : Les français ne vous font plus confiance et ne font plus confiance à la presse du pays. » (VIDEO)

http://www.prechi-precha.fr/dupont-aignan-francais-ne-plus-confiance-ne-plus-confiance-a-presse-pays/

BERNARD

Je trouve votre article un peu ambigüe, peut être ne l’ais-je pas très bien compris.
A mon sens, la presse (qu’elle soit écrite ou sur internet, payante ou gratuite grâce à la pub et donc à ses lecteurs)
Doit être indépendante et non subventionnée et ne vivre que grâce à ses lecteurs, abonnés ou non..
Par exemple comment peut-on croire que l’huma existe encore.. à part les diffusions gratuites, qui le lit encore, franchement, et pourtant mes impôts paye des millions d’euros pour ce torche cul

Dupond

Le web a aboli le mensonge des politicards traitres a leur patrie ( info sondage )
http://www.pourlesnotres.fr/2017/05/sebastien-auziere-le-fils-aine-et-discret-de-brigitte-macron-directeur-a-la-sofres/