Valls l’impuissant : les Français doivent s’habituer aux attentats

Publié le 29 juin 2015 - par - 2 362 vues
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Manuel Valls s’est exprimé à la suite de l’inhumaine décapitation du malheureux Hervé Cornara et de l’attentat de Sousse, et le moins que l’on puisse dire c’est que son propos dénote une inquiétante résignation, puisque loin de promettre de prendre la question du djihadisme à bras le corps, il s’est au contraire défaussé sur le peuple pour que celui-ci en prenne toute sa part, se contentant de seulement s’efforcer de garder « hauteur » et « sang-froid » quand la population française, elle, est appelée à « être forte sur ses valeurs » et résistante, « en plus dans une période particulière de ramadan ».

On serait déjà tenté de lui répondre que ce pilier de l’islam qu’est la période de ramadan n’a pas lieu d’être en France, que ce pseudo-jeûne (mais vraie goinfrerie) ne fait pas partie de notre culture, ne nous concerne en rien et que nous n’avons pas lieu de nous adapter sous quelque forme que ce soit à ce corps étranger de forme métastatique que constitue la charia.

Plus inquiétante encore, et alors que par lugubre ironie du sort dans le métro parisien des affiches en 4×3 souhaitent un bon ramadan en langue arabe, est l’incapacité du régime à protéger le peuple du fléau islamiste avec un Valls usant d’un ton fataliste pour prophétiser dans un invraisemblable et irresponsable aveu que « la question n’est pas de savoir s’il y aura un nouvel attentat, mais quand », ajoutant même ce jour que « la menace va être constante à un niveau élevé et dans le temps ». Pire encore peut-être de la part d’un gouvernement à la traîtrise chevillée au mental, on devine même en arrière-plan une volonté de ne rien faire contre cette ignominie, moyennant quoi certains accords économico-politiques pourraient, on le subodore, être conclus.

L’hypocrisie gouvernementale est totale puisque Valls a tout de même fait semblant de promettre une mise en œuvre de moyens permettant de contrer la menace, alors qu’en avril dernier Cazeneuve annonçait vouloir « autant de mosquées que nécessaire pour que le culte soit pratiqué de façon apaisée », et qu’il y a quelques mois, ce même Cazeneuve interdisait formellement toute mesure empêchant le retour de Syrie des djihadistes partis tenter l’aventure au prétexte que cette interdiction de retour, pourtant impérieuse en matière de défense de la sûreté nationale garantie par la Déclaration des Droits de l’Homme, serait « contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme ». On ne saurait mieux illustrer et acter l’opposition entre l’obligation de défense de la Nation par ses représentants et la caducité du pouvoir de celle-ci, remplacée par une présidence européiste.

L’avocat et secrétaire général de l’Institut des Droits de l’homme du Barreau de Paris, Christophe Pettiti, avait d’ailleurs confirmé l’impossibilité pour la France d’appliquer une telle mesure sécuritaire qui la rendrait aussitôt expulsable du Conseil de l’Europe, la Convention européenne ayant « une valeur supra-législative par rapport à la loi nationale française ». Autrement dit, les Français, au nom de ces droits de l’Homme à géométrie variable et déféqués par un Conseil Européen lui-même vraisemblablement soumis à des instances supérieures, sont envoyés au poteau d’exécution islamiste sans avoir le moindre droit de protester et de réclamer leur sûreté pourtant garantie par la Déclaration (républicaine !) de 1789. L’égalité des droits de l’Homme n’est donc valable que pour certains d’entre eux…

Mais qu’est-ce que c’est que ce régime inconséquent nous demandant de nous adapter en acceptant de bonne grâce des attentats à venir ? A t-on jamais vu ça ?! Quel marchandage obscur nous vaut donc cette épée de Damoclès de nature qu’on devine expiatoire, ou plutôt ce glaive islamique, sur nos têtes de mécréants ? Et quels crimes avons-nous donc commis ?

Ne serait-ce pas plutôt à ceux qui se sont rendus coupables d’un esclavagisme génocidaire durant un millénaire de nous rendre des comptes pour les descendances perdues, les énucléations, les castrations, les égorgements, les viols, les razzias ? Non ?

Quelle honte de la part d’individus toujours prêts à envoyer nos troupes guerroyer dans des pays tiers contre les méchants djihadistes mais se montrant bien piteux quand il s’agit de faire de même à l’intérieur de nos propres frontières.

Après ce « sentiment de réplique », poursuit Valls, il va falloir « exploiter » la « tension forte sur la société française »… A quelle sauce compte-t-il nous manger ? Celle du tout sécuritaire ? Sans doute puisque selon la loi sur le renseignement l’exécutif pourra, sans autorisation préalable, placer des balises de flicage n’importe où, y compris, comme l’explique le juge Trévidic : « pour les intérêts économiques et scientifiques, les intérêts internationaux de la France, la paix publique, la criminalité organisée et la sécurité nationale ». Autrement dit, y compris pour ceux qui contesteraient le bien-fondé du vivre ensemble, du communautarisme, les bienfaits de la charia ou de toute autre règle imposée.

On appréciera au passage cette lecture si particulière de la multiplication des actes d’égorgements et autres tueries quotidiennes sur notre sol que Monsieur Valls se permet de qualifier de simple « sentiment ». D’ailleurs, il vient de réaffirmer sa volonté de ne pas faire d’amalgame forcément dommageable pour la communauté de ceux qui font leur le verset 193 de la sourate de la Vache appelant à tuer les mécréants qui refuseraient de se convertir à la religion de paix et d’amour, puisqu’il a déclaré que « les premières victimes de Daesh sont les musulmans, ça n’est pas une guerre de l’Occident contre l’islam » et que « la France n’est pas en guerre contre l’islam ». Non, du tout. M. Valls a juste omis de préciser à l’attention des non musulmans que l’inverse n’était pas vrai.

Et au passage, faut-il s’étonner d’ailleurs de ce que le nom de l’héroïque pompier ayant empêché un plus grand carnage encore n’ait pas été divulgué quand celui d’un Lassana Bathily, musulman de son état, avait lui bénéficié des honneurs, des hommages et d’une reconnaissance quasi éternelle ? Tout le monde n’a pas la chance décidément d’être musulman et issu d’une minorité. Comme le déclare Gilbert Collard, « par crainte des représailles, il faut taire le nom de l’héroïque pompier, c’est la terreur acceptée ». D’ici que ce pompier doive être accompagné de gardes du corps pour se protéger des fidèles de la religion d’amour et de paix, comme y sont contraints nombres d’autres, il n’y a pas loin. Là encore, l’aveu d’impuissance du régime est tout entier contenu dans cette différence flagrante de traitement.

Julien Dray aussi y est allé de son petit commentaire : « Je ne crois pas que la civilisation arabo-musulmane soit une menace pour la civilisation judéo-chrétienne. Moi je n’aurais pas utilisé cette expression. […] Pour combattre le salafisme, j’ai besoin des musulmans ». Mais bien sûr…

Même son de cloche chez Cambadélis qui lui aussi serre les fesses : « pas d’amalgames. Ne jouons pas sur les peurs », avant d’évoquer aussitôt une « coïncidence troublante » entre les attentats de la journée, comme si ceux-ci n’étaient au fond que le simple fruit du hasard.

A Fontaines-sur-Saône également, cette commune où résidait Hervé Cornara, le maire Thierry Pouzol s’est empressé lui aussi d’ajouter à son hommage l’incontournable « pas d’amalgames » en guise de grigri afin de se prémunir d’éventuelles représailles de barbares et faire bonne figure auprès des associations dites antiracistes.

Rappelons-nous du soutien de François Hollande à la communauté musulmane au lendemain des attentats du mois de janvier quand il disait que « les musulmans sont les premières victimes du fanatisme, du fondamentalisme, de l’intolérance », allant jusqu’à ajouter que « l’islam est une religion compatible avec la démocratie » et que « les actes anti-musulmans, comme l’antisémitisme, doivent être non seulement dénoncés mais punis sévèrement ».

On ne saurait être plus clair. Les actes de nature djihadistes sur le peuple de culture chrétienne majoritairement visé au quotidien ne sont, eux, pas susceptibles d’être dénoncés ni punis. Citoyens de seconde zone, pensez-vous ? Allons, allons, pas de mauvais esprit !

La presse se fait l’écho des diverses réactions dans la population musulmane interrogée parmi le voisinage du tueur, telles ce spontané « on ne fait pas ça un jour de ramadan ! » qui laisse entendre que les autres jours, on peut. Ou encore ce surréaliste « le salafisme c’est le contraire du terrorisme, c’est prôner la paix, vivre ensemble, respecter l’autre », lancé par un converti de la mosquée du quartier de St Priest où résidait l’assassin, en guise variante du cultissime « l’islam ce n’est pas ça ».

Du côté des associations musulmanes, toujours particulièrement lucides dans ce genre de drames, il est vivement conseillé de bien vouloir regarder ailleurs, notamment chez Al-Kanz pour qui cette décapitation aux relents nostalgiques des pratiques du FLN avec drapeaux islamiques en prime, l’un des deux reprenant la profession de foi (chahada) à laquelle adhèrent tous les musulmans de la planète, ne serait que la résultante d’un banal désaccord entre un patron et son employé. Circulez, y’a rien à voir !

Rassemblements-hommage-Herve-Cornara

On en profitera d’ailleurs pour observer avec attention les deux photos lors des rassemblements d’hommages à la victime montrant certainement une foule de musulmans modérés soucieux de ne pas être amalgamés au drame et désireux de s’associer à la douleur nationale. A moins que, exténués par des agapes gargantuesques, ces derniers n’aient été excusés pour leur absence… Chacun interprètera ces photos comme bon lui semble…

Pour le CCIF, association proche d’un Tariq Ramadan affilié aux Frères Musulmans, le danger ne se situe pas du tout du côté de ceux qui passent à l’acte et tuent avec une invraisemblable sauvagerie, à l’instar du « beau modèle » Mahomet qui en son temps avait fait décapiter plus de six cents membres de la tribu des Banû Qurayza, non, « le vrai danger réside du côté de ceux qui utilisent ces événements pour déverser leur haine contre une partie de la population qui est, de fait, celle qui paye le plus lourd tribut face au terrorisme ». Voilà. L’islamophobie, mesdames, messieurs, là serait le mal absolu.

Et ne perdant pas le nord et pressés de faire feu de tout bois, à peine quelques heures après la décapitation du supplicié, le CCIF appelait aux dons les fidèles afin d’aider l’association à lutter contre le fléau islamophobe. On a les priorités qu’on peut…

CCIF-appel-aux-dons

Caroline Alamachère

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