Baby-Loup : les juges de la Cour de Cassation n’auraient-ils pas commis une faute professionnelle ?

L’affaire Baby-Loup rebondit au niveau juridique. Tout le monde se souvient qu’une salariée voilée, Fatima Afif, a entamé une action en justice contre la directrice de la crêche, Natalia Baléato, qui, s’appuyant sur un règlement intérieur précis, lui demandait donc de ne pas porter son voile sur son lieu de travail.

Rappelons qu’en novembre 2010, le Conseil des prudhommes de Mantes avait débouté la salariée une première fois. La Cour d’Appel de Versailles avait confirmé ce premier jugement. Mais, à la consternation générale, la Cour de Cassation avait désavoué ces deux premiers jugements, s’appuyant, de manière scandaleuse, sur la liberté religieuse de Fatima Afif et le fait que l’entreprise Baby-Loup avait un statut privé. Un jugement qui livrait donc les entreprises de France à l’offensive du voile. Les réactions n’avaient pas manqué. Certains réclamaient de changer la loi. D’autres, comme Pierre Cassen, expliquaient que tant que le voile ne serait pas interdit en France, on n’en sortirait pas. Dans un autre registre, Etienne Lahyre réclamait des sanctions, voire davantage, contre les juges.

http://www.bvoltaire.fr/pierrecassen/baby-loup-il-faut-interdire-le-voile-en-france,15768

http://www.bvoltaire.fr/etiennelahyre/baby-loup-il-est-temps-de-claquer-le-beignet-aux-juges,15735

L’affaire rebondit, en Cour d’Appel, où le procureur François Falletti va contredire, ce jour, le jugement de la Cour de Cassation, ce qui, paraît-il, est très rare. Voilà quelques passages d’un rapport de 15 pages;

« Il apparaît donc que la volonté affichée de l’association Baby Loup d’appliquer dans le cadre de ses activités le principe de neutralité religieuse correspond à une préoccupation actuelle et largement répandue dans la société française. Elle répond aussi à une attente forte de parents de jeunes enfants confrontés au développement des communautarismes qu’ils n’entendent pas se voir imposer au nom de leur propre liberté de conscience. »

Il faut rappeler que cette affaire a pourri la vie de la Crêche, de ses salariés et de la directrice, victime de graves menaces. Dans ce contexte, le verdict de la Cour de cassation a été un coup de poignard pour la laïcité, et pour la crêche, qui, sous la pression des plus radicaux des musulmans, a dû quitter Chanteloup pour s’installer à Conflans.

Après cet épisode, après le Mur des Cons, après les remises en liberté de racailles multi-récidivistes et la condamnation d’un père ayant fessé son gamin insolent, il serait temps, dans ce pays, que les juges soient redevables de leurs décisions, eux qui rendent, paraît-il, la justice au nom du peuple français.

Lucette Jeanpierre

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