Immigration-islam : les terribles limites du rapport de Gilles Kepel

Publié le 17 octobre 2011 - par - 3 610 vues
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L’Institut Montaigne vient de publier le résumé d’une étude intitulée « Banlieue de la République »(1). Sa réalisation a été confiée à une équipe dirigée par Gilles Kepel, politologue et sociologue dont les compétences ne sont plus à démontrer. Nul doute que nous avons affaire à un excellent connaisseur de l’Islam, y compris dans nos banlieues(2). La lecture de ce résumé est aussi enrichissante que la lecture de bien des livres publiés jusqu’ici par Gilles Kepel.

Tour de Babel à Clichy-Montfermeil

Tour de Babel à Clichy-Montfermeil

Il ne s’agit pas d’encenser un travail d’équipe qui répond certainement assez bien aux attentes de ses commanditaires, mais plutôt d’expliquer qu’un relevé de terrain et qu’un album de photographies, aussi fidèles au réel soient-elles, ne permettent pas de comprendre le déroulé du drame dans nos banlieues. De plus, les préconisations d’action sur lesquelles débouche cette étude sont fatalement vouées à l’échec : elles renouvèlent l’ordonnance pour des remèdes administrés à haute dose à nos banlieues par les politiques successives de la ville ; avec le “succès” que l’on connaît. Autant dire que nos chercheurs recommandent de continuer à déresponsabiliser les citoyens d’origine immigrée comme moi. Autrement dit, nos politologues-chercheurs n’apprennent pas beaucoup du passé ou alors sont-ils totalement irresponsables ou sous-estiment les capacités et les ressources propres que doivent et que peuvent déployer les populations de nos banlieues pour se transformer de l’intérieur, par elles-mêmes, pour s’intégrer (et non pas pour être intégrées), pour s’assimiler et se dissoudre dans cette belle République qui a toujours été accueillante pour bien des migrants avant nous. Mais encore faut-il se décider à se dépouiller de la culture et de la confession d’origine imprégnées d’islam, ce mur de lamentation qui enferme ses adeptes dans des ghettos alimentaires, vestimentaires, sexuels, matrimoniaux, commerciaux et sépulcraux tout en les inscrivant dans une Histoire de conflit avec l’Occident judéo-chrétien et avec sa culture gréco-romaine où la beauté divine des Vénus et Apollon n’est pas mise sous voile, des fois intégral.

Ce rapport, comme les politiques successives de la ville, continue d’être sourd et aveugle à ce qui crève les yeux : les passeurs, les imams et les trafiquants en tout genre réapprovisionnent directement nos banlieues en misères du monde, en cannabis et en opium du peuple. Et plus nous injectons de budgets dans notre banlieue, dégradée par ses propres habitants, plus elle redevient attractive pour ce genre de trafiquants et pour de nouveaux migrants. Nos leaders politiques et nos chercheurs oublient sciemment cette dynamique et que nos banlieues sont aussi celles de l’Afrique…et d’ailleurs. C’est un cercle vicieux qu’ils alimentent au lieu d’avoir le courage consistant à le stopper net. Ils feignent d’ignorer qu’en continuant à verser cette sorte de dîme ou de prime, nous n’aurons jamais fini avec le trafic des êtres humains, avec l’exploitation de leur misère comme de leur force de travail.

Tout le monde sait très bien que malgré le soi-disant arrêt de l’immigration en 1973, un important regroupement familial s’en est suivi. En dépit de tous les discours politiques, sociologiques et intellectuels, nos banlieues sont devenues, depuis des décennies, le théâtre et le lieu d’un regroupement clanique et communautaire qu’il nous faut oser désigner par son nom. Gilles Kepel et son équipe ont certainement lu les travaux de la démographe Michèle Tribalat. Ils savent pertinemment que l’Islam de nos banlieues est muni d’un terrible mécanisme social auto reproducteur dénommé endogamie. Cet entre-soi communautaire, tribal et clanique est à même de saper le fondement-même des nations européennes. Ernest Renan l’a bien décrit, mais nos politologues n’en ont pas encore saisi la portée(3).

 En finir avec une grammaire faussement progressiste

Cet aveuglement volontaire est accompagné d’une prétention latente de la part de nos politiques et de nos politologues, comme si nous avions la capacité d’assécher la misère du monde ! En plus d’éreinter Marianne, les politiques en faveur des Zones Prioritaires n’a réussi qu’à enrichir ceux qui font leur “beur” sur le dos de nos misères humaines : passeurs, potentats d’Afrique et d’ailleurs, employeurs de clandestins qui trichent, faussent la concurrence, écrasent les salaires et font payer aux contribuables et aux travailleurs les dégâts sociaux collatéraux dont le chômage de masse et la paupérisation sont deux phénomènes des plus visibles. Les Etats et les banquiers tricheurs n’arrangent pas la situation.

Il faut nous rendre à l’évidence que les politiques menées jusqu’ici ne pouvaient pas marcher puisqu’elles ne traitent pas notre banlieue exactement comme le reste des territoires. Ne lui consentir aucun avantage indu, particulier ou immérité, c’est signifier à ses habitants qu’ils sont, tout simplement, des citoyens comme les autres et que la vie en société exige des individus qui la composent des sacrifices et beaucoup d’efforts. Il importe peu qu’ils soient nés ici ou issus d’ailleurs. Une politique consistant à fermer le robinet permettra, enfin, d’assécher le marécage où prospèrent les immigrations nouvelles (légales et illégales) et les trafics en tout genre.

Il est grand temps pour nos politiques, pour nos chercheurs et pour nos intellectuels, soi-disant neutres ou progressistes, de réviser cette grammaire qu’ils affectionnent tant : ils placent nos concitoyens d’origine étrangère et nos voisins étrangers uniquement en position de compléments d’objet, comme assistés, comme victimes et comme éternels irresponsables. C’est une discrimination sans nom qui n’ose pas encore les considérer comme sujets adultes, capables d’action, placés devant des verbes actifs et transitifs. Et c’est ainsi qu’ils sont sournoisement maternés, maintenus sous tutelle politique, idéologique et intellectuelle(4).

Nos chercheurs et nos politiciens donnent toujours l’impression d’être un ensemble de pasteurs en manque de compassion et d’ouailles. A moins que nous n’ayons affaire à une idéologie de fin de règne, dépassée par les évènements, nostalgique des masses laborieuses et populaires qui ont fait sa gloire et ses lettres de noblesse. Comme il n’y a plus de prolétariat à se mettre sous la dent ou de brebis à se mettre sous la soutane, nos gardiens de la ‘vertu’ et de la ‘morale’ se sont rabattus sur les immigrés et sur leur descendance, devenue en bonne partie française. Mais il est temps de mettre les pigeons hors du nid devenu trop sale et trop étroit. Il est grand temps de leur donner un bon coup de bec dans le derrière, de les forcer à voler de leurs propres ailes. S’ils en sont incapables, c’est qu’ils n’ont pas les forces propres et adéquates qui permettent de survivre dans le monde du réel.

Pascal Hilout

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(1) Gilles Kepel, avec la collaboration de Leyla Arslan, Sarah Zouheir, Banlieue de la Répulique, Résumé, oct. 2011, téléchargeable  à l’aide de ce lien.

(2) Gilles Kepel est aussi l’auteur du livre « Les banlieues de l’Islam », Editions du Seuil, 1987. Le I majuscule de Islam indique souvent que l’auteur s’intéresse aux phénomènes sociaux et politiques imprégnés d’islam et non pas à la foi ou à la théologie islamique.

(3) Nos politologues devraient bien relire la conférence donnée par Ernest Renan à la Sorbonne. Elle est toujours d’actualité et s’est même bonifiée avec le temps : Qu’est-ce qu’une nation ?

(4) En restant attentif à cette grammaire, tout un chacun pourra constater que le rapport, ici étudié, sous-entend un Collectif, une main invisible, un Etat, toujours sujet, capable d’agir, en mal plus souvent qu’en bien, de mener les affaires de ce monde. Son pendant est un autre ensemble hétérogène, plutôt complément d’objet, une sorte de marionnette en chiffon ramenée d’Afrique et d’ailleurs, installée dans nos banlieues à l’insu de son plein gré, souvent victime de discrimination, de manque de moyens, de rejet et autres poncifs.

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