Barjot-Barbarin-UOIF : Les étranges alliances de la chasuble et du cimeterre

Nous savons bien que la stratégie de conquête de l’Islam ne connait ni trève ni repos. Chaque jour que Dieu fait, ses serviteurs l’emploient à avancer ici un pion, à caser là un discours tactique, à se faire dès que possible une place aux côtés ou sur les décombres des autres. Millénaire besogne jamais rassasiée de se perpétuer, infatigable tension que seul, par le passé, le contre-poids de volontés inflexibles réussit à contenir.

La seconde décennie de ce siècle voit se mettre en place d’étranges alliances. On assiste, sur le plan des religions, à une sorte de réveil collectif, à des gestes de reconnaissance mutuelle sur lesquels il parait nécessaire et urgent de réfléchir. Ainsi de cette main tendue par Madame Barjot aux élément les plus radicaux de ses compagnons de route sur le chemin des vraies croyances. Et cette sornette très « entrevue de Montoire » adressée aux dirigeants et aux troupes de l’UOIF « Vous êtes notre avenir ». Rien que ça !

On peut imaginer la sidération des barbus de la confrérie à l’écoute du message dont ils espéraient sans doute depuis longtemps qu’un ange les gratifierait. Un ange qu’ils n’imaginaient sans doute pas de sexe féminin, vêtu aux couleurs des pâtisseries orientales et capable de leur céder, d’une seule phrase, un million quatre cent mille moutons promis au sacrifice.

Pour qui se prend donc Madame Barjot pour livrer aussi facilement aux vautours le troupeau bon-enfant qu’elle a conduit par deux fois, transhumant, à travers les rues de Paris? Qui lui a donné mission d’offrir à ses pires ennemis le peuple en extase mais aussi en révolte des chrétiens de France, comme si ce reliquat de deux mille ans de civilisation n’attendait, pour ultime offrande à son Dieu, que le sabre par lequel il doit expier ses fautes originelles ?

Bref, pour qui donc travaille cette folliculaire pourtant ménopausée que tourmente un démon piqué aux fesses par une hiérarchie catholique soudain sortie de sa naphtaline et se ruant à son tour vers la ligne embrumée des lendemains qui psaument ? Car les voici, en rangs serrés, prélats se bousculant dans le sillage de la grande prêtresse, prêts à tout pour montrer au dominant à quel point ils ont compris, admis, digéré son pouvoir sur eux.

Traîtres en mitres ! Collaborateurs zélés ! Apostats de la France ! Et soudain confortés par l’étrange discours d’un Pape triomphant sur la carcasse encore remuante de son prédécesseur, lequel avait tracé la frontière que l’on s’emploie désormais à effacer.

Barjot-Barbarin-François, François-Barjot-Barbarin, une suspicion d’alcôve borgiesque plane au-dessus de l’attelage qui fait brusquement irruption dans notre décor déjà bien décati. Qui manipule qui ? Qui baise qui ? Pardonnez les offenses mais cette fois, je quitte pour de bon la famille spirituelle à laquelle j’appartiens malgré mes gros défauts personnels. Je me mets en réserve d’elle jusqu’à ce qu’elle m’ait démontré, par les paroles et par les actes, qu’elle place sa propre destinée et celle de son troupeau au-dessus de ses petits calculs stratégiques. A l’heure qu’il est, j’estime qu’elle s’enfonce, veillée par des « Fils de France », tchatcheurs prolixes dont tout indique qu’ils sont enfants de Mohamed avant d’être ceux de Marianne.

Raison pour laquelle je rejette en bloc, d’instinct et même après réflexion, la glose de tous ces gens dont le souci essentiel est de savoir comment ils vont pouvoir se servir du voisin, de l’ami, de l’allié ou du crétin de service pour grimper plus haut plus vite, et satisfaire leur employeur sur le dos de la République.

Ce sera résolument sans moi, camarades du Croissant, de la Loge, de la Pourpre cardinale et autres lieux de plaisirs partagés l’un dans l’autre, et en rond.

Alain Dubos

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