Bartolone ose s’exhiber avec Moussaoui à la fête de l’égorgement

Publié le 30 octobre 2012 - par - 3 017 vues
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Dans la liste croissante des infractions à la loi de 1905, Claude Bartolone s’était peu fait remarquer jusque-là. Certes, en tant que président du Conseil général de Seine Saint-Denis, il n’avait pas respecté la laïcité, intervenant dans le cadre de son mandat à l’inauguration d’une nouvelle église dans la commune des Lilas, en 2011. Ce jour-là, il avait préféré dans son discours privilégier la hiérarchie catholique à la hiérarchie républicaine en donnant tout d’abord du Monseigneur et du Monsieur le curé avant d’évoquer seulement après Monsieur le Maire.

Cette inauguration anti-laïque visait sans doute à compenser l’autre grave entorse à la laïcité qu’il avait effectuée. En 2010, il a signé une convention entre le Conseil général du département, et le Conseil régional du culte musulman (CRCM) Île-de-France, portant sur la mise à disposition, pour une durée de cinq ans, d’un terrain départemental de 25 hectares pour l’organisation de l’Aïd el-Kébir. Elle prévoyait que des unités d’abattoirs mobiles y seraient montées pour y sacrifier les animaux. Cela dit, il n’avait été que le meneur de l’opération, puisque sa proposition de convention avait été adoptée à l’unanimité des votants du Conseil général.

La signature de la convention entre le Conseil général de Seine Saint-Denis et le CRCM Ile-de-France, en 2010 (au centre M.M. Breze et Bartolone)

O tempora o mores, quand on sait que le parc en question accueille annuellement la fête de l’Humanité. Petite perfidie d’un élu socialiste au parti communiste ? Cela expliquerait peut-être pourquoi quelques musulmans mal intentionnés ont voulu sacrifier, lors de la dernière fête de l’Huma, l’innocente agnelle Caroline Fourest sur l’autel de la bien-pensance en expiation de toutes ses vilaines pensées.

Pour en revenir au déserteur de la laïcité du jour, Claude Bartolone, sa forfaiture n’avait guère dépassé la renommée locale. Monsieur ne paraissait encore qu’un modeste commis de la collaboration avec un musulman radical comme l’ancien président de l’UOIF, Lhaj Thami Breze, qui avait déclaré en 2003, excusez du peu, « le coran est notre constitution ». Aussi piaffait-il d’impatience afin que son renoncement à la laïcité soit mieux reconnu.

C’est gagné depuis vendredi dernier. Le nouveau président de l’Assemblée nationale depuis l’avènement de Normal I°, a marqué son manque de normalité républicaine en s’associant à une célébration religieuse, déshonorant ainsi sa fonction. Claude Bartolone, gagnant du galon a monté d’un cran dans l’affirmation de son asservissement islamique. En 2010, il s’était contenté d’inaugurer l’abattoir temporaire de La Courneuve la veille de l’Aïd al-Adha (el-Kébir), donc en dehors de l’abattage religieux.

Cette fois-ci, il s’est exhibé avec son compère Stéphane Troussel, nouveau président du Conseil général du 93, pendant la fête de l’égorgement. Accompagnant le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, il a assisté aux premiers sacrifices rituels de l’Aïd al-Adha dans l’abattoir fourni par le Conseil général, à La Courneuve.

Claude Bartolone & Stéphane Troussel, les ravis de la crèche sont devenus les ravis de l’abattoir

C’est qu’à défaut de pouvoir conserver son poste de président de l’Assemblée nationale lors de la prochaine législature, il faut déjà séduire le vivier d’électeurs musulmans très nombreux dans le département de Seine Saint-Denis et dont le vote sera très précieux pour les réélections de député et de membre du Conseil général.

Voulant lutter « contre cette image encore trop dégradée en France de la religion musulmane », et voulant « permettre aux habitants de la Seine-Saint-Denis de célébrer dignement la fête du sacrifice » [ah bon, ces habitants sont tous musulmans ?], Bartolone s’est promené dans les allées de l’abattoir temporaire bien nettoyées pour l’occasion, mais est-il allé chercher cette dignité proclamée jusqu’à voir l’envers du décor Potemkine, avec ces bêtes égorgées sans engourdissement qui agonisent des dizaines de secondes avant de s’immobiliser définitivement dans des giclures de sang (1).

Gageons que le jour où ce triste sire décidera de se faire circoncire, hypothèse qui pourrait paraître de moins en moins saugrenue, en vue de mieux séduire sa clientèle musulmane, il sera avide de se faire engourdir au moyen d’une anesthésie locale. Il est certain que ce n’est pas en adoptant des manières de sacrifier relevant de l’époque antique que l’islam va interrompre la dégradation de son image, à une époque où il est aisé de pratiquer l’engourdissement des animaux.

Claude Bartolone préfère suivre les pulsions archaïques des musulmans les plus rétrogrades. Il aurait été avisé d’emboîter le pas d’un musulman moderne comme Abdelwahab Meddeb qui a déclaré : « C’est une chance, c’est une chance pour l’islam que des musulmans soient en France et qu’ils soient frustrés de cela [qu’il n’y ait pas d’abattoir rituel installé en Seine Saint-Denis], parce que j’estime, d’un point de vue anthropologique, que celui qui continue de sacrifier ne peut pas évoluer, et ça me paraît essentiel et important de vivre aujourd’hui un sacrifice symbolique, un sacrifice mental.

Nous sommes de plus en plus nombreux sur cette terre, il y a 1,5 milliard de musulmans. Vous imaginez, il y aurait 700 millions de bêtes qui seraient abattues en une journée ? Vous imaginez le bain de sang que c’est ? […] Beaucoup de gens [musulmans] d’une certaine distinction qui ont une sorte d’horreur du sang se débarrassent de ce rite du sacrifice, du sang versé qui nous vient de Rome, de Grèce, qui nous vient du paganisme. C’est un rite du paganisme, mais le propre du monothéisme est peut-être dans le dépassement des pratiques païennes. »

Manifestement, Bartolone n’a ni cette distinction, ni la culture suffisante lui permettant de saisir le dépassement des pratiques païennes. Il n’a pas plus les capacités de s’entourer de conseillers avertis qui auraient pu le renseigner sur les réalités de l’islam. Un des grands manitous de l’université Al-Azhar du Caire faisant autorité en matière d’islam, Sheikh `Atiyyah Saqr, a rappelé, en ce qui concerne l’Aïd el-Kébir, que la majorité des savants est d’avis qu’il s’agit d’une sunnah (tradition établie comme venant de Mahomet sans être ni une obligation ni un devoir.) non obligatoire (2).

Il faut à tout prix propager cette information capitale qui pourrait faciliter l’argumentation des résistants s’opposant à cette extension des sacrifices rituels lors de l’Aïd. Un musulman n’a aucune obligation religieuse lui imposant de sacrifier un animal ce jour-là.

Claude Bartolone élu au perchoir en juin dernier ; mais l’ump Barouin à ses côtés a l’air tout aussi joyeux

La duplicité de Claude Bartolone est effarante si on considère que c’est le même personnage, qui, il y a moins de six mois, prenant ses fonctions de président de l’Assemblée nationale, déclarait son attachement aux valeurs de la République évoquant la devise liberté, égalité, fraternité, à laquelle il rajoutait laïcité. Il affirmait devoir tout à la République et vouloir lui rendre aujourd’hui ce qu’elle lui avait donné.

Ce drôle de républicain a mal retenu la leçon sur la laïcité et a une conception singulière du remboursement de sa dette. Son incompétence affaiblit un peu plus la République, à travers son oubli de l’article 2 de la loi de 1905 proclamant que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Ne reconnaît aucun culte, Monsieur Bartolone ! Cela signifie qu’un élu de la République ne peut en aucun cas la représenter lors d’une cérémonie religieuse, que ce soit lors de l’inauguration d’une église ou que ce soit lors d’abattages liés au sacrifice de l’Aïd el-Kébir  effectués obligatoirement après la prière de l’Aïd.

Avec de si piètres défenseurs, la République est mal partie. Aux authentiques républicains que nous sommes, de nous saisir de la réinformation de tels ignares

Jean Pavée

(1) un exemple d’égorgements pratiqués dans des abattoirs temporaires, bien éloigné de la dignité revendiquée par Bartolone (images très difficilement soutenables)

(2) seule la sourate 108 ordonne le sacrifice ; mais comme elle est mecquoise, et que le pèlerinage et le sacrifice rituel ne furent institués qu’après l’hégire, à Médine, le sacrifice mentionné-là n’a aucun rapport avec l’Aïd al-Adha. Il n’y a donc aucune obligation de sacrifice.

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