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Bartolone stigmatise « la race blanche », Valls s’en fout !

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Pour une fois un peu bousculé sur un plateau par une Léa Salamé aux traits fatigués, Manuel Valls, remonté comme un petit lapin Durassell, refuse de répondre à la question de la journaliste qui affiche un air quelque peu agacé. Non, il ne commentera pas la déclaration de Bartolone qualifiant Valérie Pécresse de candidate de « la race blanche ».

Mieux, il se refuse obstinément à condamner, même légèrement, le propos du fanfaron candidat, dont il vante les mérites personnels et le beau projet politique, la seule chose qui l’intéresse lui, le rassembleur de la nation.

Drapé dans sa tunique de brave chevalier entrain de terrasser la « bête immonde », il ne condescendra pas à descendre de son blanc destrier pour s’adonner à de basses polémiques en ces temps tragiques. Le coup de la prise de hauteur altière face à la bassesse du monde est une des plus vieux trucs du politicien faisandé.

L’égérie du samedi soir insiste quand même un peu. L’homme de Matignon, le visage crispé, l’air pincé, les yeux tournés vers le bas et regardant de biais, style traître de série B des années 50, la voix saccadée et la tête agitée de petits mouvements secs, se livre alors à un beau numéro d’enfumage, sur l’air des lampions: Bartolone il est très gentille, il aime beaucoup les pauvres qui se déplacent dans les transports en commun, c’est pas comme la droite qui est très méchante et qui s’attaque à la carte Navigo !

Espèce de général Tapioca à l’œil mauvais, échappé de quelque république bananière oubliée, petit coq nerveux et courroucé, le caudillo du PS laisse toutefois transpirer des fureurs froides à la docteur Folamour ; la « guerre civile », vous dis-je, la « guerre civile », si les Français ne votent pas comme le camp du bien l’exige !

Lassée par tant de d’obstination butée, Léa Salamé, un rien dépitée, après une ou deux relances, laisse filer le verbeux chef de guerre électorale qui se croit assez fort pour, ostensiblement, balayer une question gênante. C’est bien connu, le camp du bien n’a pas à se justifier. Circuler y a rien à voir ! La repentance et les excuses, c’est fait pour les nuls de la droite, lynchés sur la place publique médiatique, puis harcelés, s’il résiste un tant soit peu, comme cette brave Nadine Morano, d’emblée lâchée par les siens. A gauche, comme la mafia, on fait bloc contre le reste du monde et les règlements de compte restent dans le cercle vicié des familles.

Pas facile pour la journaliste de France Inter d’exercer son droit de suite journalistique face à un Premier ministre les nerfs à fleur de peau. Et pourtant, sans essayer de forcer une réponse qui d’évidence ne viendrait pas, elle aurait pu, avec malice, lui poser une question toute simple, dont la non réponse aurait valu tous les aveux et commentaires : et si un candidat de la droite ou du FN, avait déclaré que Bartolone était le candidat de « la race noire » ou bien des arabes de banlieue, Monsieur Valls aurait-il accepté comme seule réponse que ce propos ne méritait pas de commentaire au risque sinon de rabaisser le débat ? Je vous laisse imaginer alors le tsunami d’indignation et de vindicte qui aurait accompagné une telle déclaration.

Elle aurait pu également, avec une mine innocente de circonstance, demander à l’homme qui dans sa bonne ville d’Evry, « riche de sa diversité », cherchait désespérément des « white, des blancos… des blancs quoi ! », s’il n’était tout simplement pas un peu gêné aux entournures pour commenter la « nauséabonde » parole du candidat de la gauche  moraline ?

On se console tout de même comme on peut, ce dérapage obscène aura probablement couté sa présidence au Tartarin du perchoir.

Dany Boume

PS. Voir également la réponse de Manuel Valls à l’interpellation du député Goasguen sur ce scandale.