Basta avec le Sétif de 1945 ! Parlons plutôt de l’Algérie d’aujourd’hui

Publié le 21 février 2018 - par - 26 commentaires - 1 276 vues
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Pour de multiples raisons, je suis amené depuis de nombreuses années à côtoyer soit des Français d’origine algérienne, soit des Algériens installés en France.

Je ne sais pas (mais j’aimerais le savoir) si mon sentiment sera partagé par ceux et celles qui me lisent. Beaucoup d’entre eux et d’entre elles, même apparemment bien intégrés dans notre pays, expriment toujours un ressentiment, plus ou moins diffus, envers la France dite coloniale et celle de la guerre d’Algérie…

Dernière en date d’une de mes expériences les plus déplaisantes, celle que j’ai éprouvée avec Zohra.

Zohra réside en France depuis bientôt vingt années. Cultivée, élégante, intelligente, elle est mariée à Constant, un Français de très vieille souche, élégant, prévenant et sportif.

J’ai connu Zohra chez Farida, fille d’un harki mort pour la France. L’une et l’autre ne connaissaient pas le passé respectif de leur père : l’un dans le camp de la France, l’autre dans celui du FLN.

Ce jour-là, Boutef venait une fois de plus d’insulter le pays qui n’a cessé d’être aux petits soins pour sa très précieuse santé. Les harkis, entre autres, étaient traités de « collabos ». Zohra, accompagnée d’un ami clandestin à l’époque, approuvait bruyamment l’arrogant personnage que même le président français en exercice n’eut pas le courage de réprimander ne fut-ce qu’un peu. Grand malaise chez Jean-Michel Weissgerber qui sur le coup préféra ne pas piper mot – la colère étant toujours mauvaise conseillère – mais s’efforça de faire évoluer, par petites touches, les positions adverses (pour rester poli).

Peine perdue, je m’en suis rendu compte très récemment avec consternation au cours d’une réception donnée aimablement par Constant et Zohra. Pour cette dernière, décidément murée dans sa psycho-rigidité, le verdict est sans appel. Zohra est ici chez elle mais apparemment pas les harkis, pestiférés à jamais, avec leurs familles et descendants (une engeance particulière selon ses termes !).

De toutes les façons pour Zohra et ses semblables, aborder le sujet ne sera jamais d’actualité. Elle explosa même : « En 1945, il y a eu QUARANTE-CINQ MILLE MORTS A SETIF » !

Ce genre d’argument n’est évidemment pas propre à Zohra et ses pairs mais il est également repris par les islamo-gauchistes et les héritiers des porteurs de valises.

Il est grandement temps de ne plus céder à ce que j’appelle UN IGNOBLE CHANTAGE.

Tu me parles de Sétif en 1945 et moi, cocotte, ou coco, je te rétorque ET SETIF EN 2018 ?

Pour vous renseigner utilement, pas besoin même de s’y rendre : il suffit de lire un article de deux pages paru dans le quotidien Libération (pas Le Figaro, Présent ou même Le Monde, non, Libération) et signé Célian Macé.

Ce reportage précis et circonstancié révèle beaucoup mieux que tout rapport officiel l’état 1) du système de santé en Algérie, 2) le désastre absolu, intégral de l’Etat FLN, pour employer les termes utilisés par un grand écrivain algérien, évidemment boycotté, dans un grand hebdomadaire français aux initiales de V.A.

Célian Macé, dans le texte, pour une ville-symbole, si j’ose dire, compte tenu du lourd tribut allégué face à l’ancien colonisateur. D’emblée le lecteur est plongé dans une rude atmosphère : « Le bâtiment date de l’époque française, il a été construit en 1934 pour une population de 30 000 colons. Aucun investissement sérieux n’a été réalisé alors qu’aujourd’hui, six millions d’Algériens dépendent de ce CHU qui manque de lits, de matériel, de personnel… ». C’est un médecin qui s’exprime dans son bureau fermé à double tour. « Pourtant, à une époque, l’argent public ne manquait pas ». Notre envoyé spécial s’inquiète probablement à juste titre. « On a longtemps parlé d’un second hôpital à Sétif. Mais le projet, évoqué dans les années 80, semble avoir été abandonné. Depuis 2014, la plongée des cours du pétrole, dont l’Etat algérien reste extrêmement dépendant, a rendu sa perspective encore plus incertaine ».

Tout le reste de l’article est à pleurer à chaudes larmes : « Aït Ammar Hamid accompagne sa petite sœur de 16 ans, atteinte de la maladie de Crohn avec fistule, qui doit recevoir une injection médicamenteuse régulière. Toute la famille fait le trajet depuis la ville côtière d’Annaba, à 280 kilomètres, pour ce rituel médical, faute d’un traitement disponible plus proche ».

Je fais grâce à mes lecteurs des tribulations des plus pénibles que doivent endurer les patientes en gynécologie…

Les médecins algériens sont très tentés de fuir un tel enfer pour venir exercer où ? Je vous laisse deviner…

« Trois femmes originaires de Sétif ont 26 ans. Elles sont « résidentes » (l’équivalent français des internes) et connaissent les lieux depuis leur enfance. Pour un hôpital de cette importance, il manque beaucoup de services. Il n’y a pas d’ophtalmo, ni de dermato, de gastro ou d’urologue. En gynécologie, il n’y a qu’un spécialiste. Ils font venir des obstétriciens chinois ! Nous n’avons pas d’IRM, le scanner est en panne deux jours sur trois ».

Ah, j’oubliais une petite précision intéressante. Ces trois pimprenelles qui reconnaissent avoir « envisagé de quitter le pays » sont des femmes voilées. On vous attend à bras ouverts… Vous rejoindrez les 9365 médecins algériens exerçant en France en 2017, selon les chiffres du Conseil national de l’Ordre à Paris…

Alors Zohra, qu’en dis-tu ? Les harkis, dans leur combat, n’auraient-ils pas, inconsciemment peut-être très souvent, vu juste et n’ont-ils pas fondamentalement eu raison ?

Jean-Michel Weissgerber

PS : Evidemment, l’article du 9 janvier 2018 suggère sans vraiment le dire (hôpital construit en 1934 pour une population de 30 000 colons) que les soins étaient dispensés selon des principes d’apartheid, ce que dément vivement un ami ancien harki qui a connu le Sétif des années cinquante.

Ohé ! Les amis du Cercle algérianiste, on bouge à ce sujet ?!

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26 réponses à “Basta avec le Sétif de 1945 ! Parlons plutôt de l’Algérie d’aujourd’hui”

  1. Lisianthus dit :

    Pas étonnant, Bouteflika a fait construire la grande mosquée d’Alger mais est venu se faire soigner en France !

  2. Garcia MR dit :

    N’importe quoi certains assimilent les répressions commandées par les autorités Françaises envers certains Algériens aux crimes de l ‘idéologie génocidaire
    > Réponse  » Pour 1/10em colonie de peuplement « http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/05/11/24237859.html#c49972500
    > En oubliant de préciser que cette répression en 45 à Sétif fut commanditée par un gouvernement Gaullo/Socialo/Communiste et en 61 par de Gaulle qui couvrit son préfet Papon . Alors rien à voir avec les crimes issus de la doctrine nazie ! on peut considérer cela comme  » des crimes de guerre  » tout aussi  » échangeables  » malheureusement avec ceux d’en face y compris entre Algériens (guerre civile) et tous couverts par des amnisties r

  3. Hasso dit :

    Quel dommage que cette intéressante Zohra ne soit pas morte pendant la guerre civile algérienne (200 000 morts) dans la décennie 90, ou avec les 4000 morts algériens en France pendant les luttes fratricides MNA-FLN (Benjamin Stora) !

  4. Claire dit :

    Les estimations militaires publiées, en liaison avec les autorités civiles, donnèrent le chiffre de 2 628 tués: 1500 par les forces civiles, 755 par les Unités Terrestres, 173 par la Gendarmerie, 196 par l’Aviation, 4 par la Marine…C’est la Radio du Caire qui avait monté la mayonnaise à 45 000 ! Après ça les chiffres sont passés au yoyo des informateurs et collabos pro FLN et autres gauchistes. Avec les classiques G. Meynier, Benjamin Stora etc…Un journal expliqua même que des hélicoptères « bananes » tiraient pour achever des blessés. Or ces hélico « Bananes » ne furent fabriqués qu’en 1952 ! Une guerre où la désinformation a battu son plein : beaucoup grâce à ces collabos qui n’ont jamais -sauf ceux qui sont morts – renoncé à l’ouvrage !

  5. denis dit :

    Foutez le camp,les cousins(crouilla,en arabe) .Nous, les francais,n’avons nul besoin de vous.Retournez dans votre magreb

  6. Vincent L. dit :

    Quand on écrit un tel article, il faut au moins démentir les 45000 morts. En général, il faut diviser par 10 pour arriver à une certaine réalité. Quand l’Algérie nous dit (et d’autres en France) qu’il y a eu 1 500 000 morts entre 54 et 62, le nombre probable réel est de 150 000 victimes. Selon mes différentes lectures et recoupements, les 45000 de Sétif se situent probablement entre 3000 et 7000. Ce qui est déjà colossal et sans doute surévalué. Il faut reconnaître un certain talent au FLN, c’est celui de la désinformation. Oui, la France a exercé une certaine répression en Algérie mais ne pas souligner dans le même temps l’extrême violence du FLN est un non-sens historique.

    • ASCAL dit :

      Mr Vincent L. Je suis bien d’accord avec vous les 45000 morts de SETIF sont surévalués, d’après mes lectures on peut les estimer à 4000 environ. Il n’y a pas que le FLN qui a eu le don de gonfler les chiffres, certains parti politique en FRANCE l’a fait. Il y a eu répression de notre part, oui, mais en face ce n’étaient pas des tendres; J’ai servi de 1956 à 1958 en Kabylie. J’ajouterai qu’il ne faut pas demander son avis à Mr Benjamin STORA historien de la guerre d’ALGERIE………….

  7. dufaitrez dit :

    1945 ? Pas de souvenir… Pardonnez-moi ! 10 ans plus tard, souvenir pénible !
    Votre « Grande Zohra », comme Régine, a sans doute trop bu !
    Elle a demandé « asile » en France… pas à Ste Anne…

    A ce sujet, j’ai écrit hier, dans l’indifférence générale, que Boutif mort, avec la Révolution, nous amènera des millions de « demandeurs d’asile » ! Oyez !!

  8. Nemesis dit :

    Actuellement l’Algérie est un pays à considérer comme « ennemi ». La plupart de ceux qui sont de descendance algérienne, nés en France, n’ont jamais véritablement voulu s’intégrer et demeurent des français de papier. Il y en a quelques uns, surement, mais prêts toutefois à donner leur préférence à l’Algérie ou à tout autre pays musulman en cas de conflit grave sur le continent africain.

    • Hasso dit :

      Désolé, mais militairement et politiquement, l’Algérie a toujours été considérée comme un pays ennemi (Papa 2 pour les connaisseurs militaires) :
      – pays avec lequel nous ne sommes pas en paix, mais en état de cessez-le-feu,
      – pays appartenant à l’orbite soviétique, à parti unique et constitution « socialiste »,
      – pays ayant abrité des bases soviétiques,
      – pays dont l’armement est uniquement soviétique (chars, avions, DCA…) avec des conseillers militaires d’Europe de l’Est,
      – pays menaçant les intérêts de pays alliés (Maroc, Tunisie, Mali…)
      – pays manipulant ses ressortissants résidant en France dans un sens hostile,
      – etc.

  9. Claire dit :

    J’ai oublié de vous dire : pour se faire une idée juste de l’histoire de Sétif, je vous conseille de lire l’ouvrage complet et détaillé de Roger Vétillard « Sétif » qu’aucun historien ni témoin algérien ne conteste ! De la lumière contre ces ténèbres qui ont trop duré !

  10. Claire dit :

    Les français devraient aussi se demander quelle ouverture de conscience est la leur quand ils acceptent que des anciens membres du FLN poursuivent ici leur vie sous des statuts d’historiens ou autres, et que leurs descendants se permettent de venir dégueuler chez nous tout en tétant la vache française…Ils ont oublié que ces gens là ont massacré des français, que des familles ont vu revenir leurs garçons en cercueils plombés, que le trésor civilisationnel offert n’est même pas reconnu…Aurait-on agi ainsi avec des anciens nazis ? Enfin, ne me dîtes pas que votre opportuniste Zhora s’offre un syndrome de Stockholm ?
    Claire
    P.S merci de corriger le nom du précédent message erroné « allation » par Claire !

  11. allation dit :

    Le Cercle Algérianiste ne cesse de bouger et de rétablir les faits dans sa mission de servir la mémoire et l’histoire ! Les harkis et leurs descendants de savent bien. Les citoyens français doivent aussi se responsabiliser face à leur histoire et aux manipulations de la vérité orchestrées par ceux de la gauche et de ses extrêmes, ces inlassables veilleurs qui tiennent fermement le couvercle sur l’égout empuanti des crimes et des mensonges qu’ils ont servi et dont ils ont les mains sales. Nous vivons actuellement les mêmes traîtrises, les mêmes complicités en désinformations, la même politique de chaos que nos aînés ont vécu en Algérie, avec une hydre trop contente de l’opportunité ouverte par ces communistes et autres trotskistes: l’esprit du Djihad ! On prend les mêmes et on recommence !

  12. JILL dit :

    Aït-Ahmed,l’un des leaders de la rebellion n’avait pas tort quand il affirmait en substance:
    la plus grande catastrophe qui soit arrivée à l’Algérie,ce n’est pas le départ de la France,mais celui des Français …

  13. CLV dit :

    La malhonnêteté de ces gens est irrécupérable. Ils préfèrent se terrer dans la prétention malsaine, les pleurnicheries, la victimisation pour ne pas affronter leur histoire qu’ils ne veulent pas voir car simplement catastrophique, inhumaine. Ils surfent tous les jours sur leur histoire travestie et loin d’être un modèle.

  14. patphil dit :

    oublier le passé… mais qui était aux commandes à cette époques? et pourquoi ces émeutes? ne pas affronter l’histoire est suicidaire!
    souvenez vous de qui a donné les pleins pouvoirs (y compris de torturer) à l’armée française ? les socialistes!
    quant à l’algérie d’aujourd’hui, les piednoirs ont eu raison de choisir la valise.

  15. MOI dit :

    L’Algérie d’aujourd’hui est en train de crever ! La raison, des nomades qui se sont pris pour des êtres supérieurs ……
    Plus d’eau potable en Algérie …… les barrages ne sont pas curés, la boue a remplacé l’eau.
    Plus d’eau dans les barrages ….. plus d’électricité ce sont les groupes électrogènes qui la fournissent !
    Ne m’appelez plus jamais ALGERIE !!!……….

  16. JILL dit :

    45 000 morts à Sétif ;ce serait donc la totalité de la population musulmane de la ville qui aurait été tuée…Mais on oublie toujours l’origine de cette répression;enfin on préfère la passer sous silence .En fait,une centaine d’européens furent massacrés ce jour là et atrocement mutilés ;selon les bonnes habitudes de ces barbares …d’où intervention de l’armée et constitution de milices armées furieuses qui tirèrent sur tout ce qui bougeait.
    Il ne faut jamais dissocier les conséquences des causes .

  17. gillic dit :

    Très bon article !!!!!

  18. Colonel de Guerlasse dit :

    Et dans le même temps notre Macron nomme à la tête de la commission chargée de réfléchir au foutoir colonie de vacances du service national universel, un général fils de Harki. Faut être complètement taré pour faire un truc pareil. Ou alors c’est volontaire pour semer un peu plus la zizanie. A noter que c’est le seul militaire qui fait partie de la commission, les autres n’ont jamais chaussé une paire de rangers. Ca promet.

  19. Mr du Cotterg dit :

    Ach ! S’il n’ y avait que l’ hôpital de Sétif « là bas, dis! » …. Patience Zhora, la même situation désastreuse attend votre nouvelle « patrie », la France dans laquelle vous importez, imprimez les grandes innovations scientifiques et sociétales, découvertes par des « savants » musulmans . En France, on commence d’ ailleurs depuis des années à sentir les « bienfaits » de ces importations exotiques et pas seulement dans nos hôpitaux ! Pour avoir eu le droit de vous épouser sans courir le risque de vous faire égorger, je pense que votre Constant a dû se convertir à l’ islam. Donc, en tant que musulman votre couple ne devrait rencontrer aucun problème pour aller vivre à Sétif le reste de ses jours ; surtout que là bas, aucun risque de cohabiter avec des Harkis. Le paradis d’ allah, quoi !

  20. Manuel GOMEZ dit :

    Excellent article qui reflète une vérité occultée par les médias français. Si c’est moi qui l’avait écrit les insultes auraient fusées. Merci.

  21. Le Poinçonneur dit :

    Le véritable problème, Sétif ou pas Sétif, c’est que, grâce au petit Cron débile qui préside à nos destinées, l’Algérie toute entière va débarquer en France à la mort de Bouteflicka…