Bataclan : les Belges aussi nuls que les Français

 

 

HollandeVallsCazeneuveattentats.jpgDans le procès des attentats de Paris, vendredi 26 novembre 2021, les accusés Abdeslam, Ayari, Abrini, Bakkali et Krayem brillaient par leur absence pour protester contre les enquêteurs belges qui sont entendus par vidéo conférence car ils ont refusé de se déplacer. Ces témoignages sont effectivement de grands moments de mascarade puisqu’ils ne répondent pratiquement jamais aux questions, ils essaient toujours d’éluder les réponses et quand ils répondent c’est avec une très grande imprécision !

C’est un véritable scandale et je suis choqué en tant que partie civile de voir avec quelle légèreté agit la police fédéral belge, dont les enquêteurs se tiennent dans les locaux du parquet entourés par des magistrats, qui sans nul doute sont là pour leur souffler ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire. La frustration est d’autant plus importante que les autorités belges sont loin d’être nettes dans ces attentats. En effet, Brahim Abdeslam arrêté en Mars 2015 puis relâché et dont le téléphone portable avait été saisi, alors qu’il contenait des informations essentielles et précieuses sur ces attentats n’a pas été exploité ! C’EST INIMAGINABLE !

« Il y a aussi d’autres personnes (dans le dossier du Caire), qui ont participé à ses attentats». Ce qui est du bon sens, c’est de remarquer que ces différents protagonistes, que l’on retrouve à la fois dans le projet d’attentat du Bataclan et dans les actes criminels qui ont été commis au Bataclan, mais aussi sur les terrasses, auraient dû conduire la justice à ce que cette salle de spectacle soit mieux protégée. On sait dès l’été 2015 qu’en plus de ce projet d’attentat du Bataclan, il y a des informations qui remontent aux services français et à l’autorité judiciaire, des témoins expliquant qu’il y a un attentat imminent qui va se dérouler dans une salle de spectacle où, il y aura un concert de rock. Et aucune précaution, aucun lien, aucune connexion n’a été faite avec ce projet d’attentat du Bataclan, c’est véritablement incompréhensible, ça relève d’un dysfonctionnement majeur. Même Hollande a avoué qu’il savait. Moi, je parle même d’un fiasco.», «on n’a pas prévenu les nouveaux propriétaires de cette salle de spectacle» (à savoir le groupe Lagardère), de la menace qui pesait sur elle.

Selon une journaliste de 20 minutes présente à la Commission d’enquête, il a également été évoqué le fait, qu’à l’époque, plusieurs noms liés aux attaques du 13 novembre 2015, étaient déjà apparus, notamment celui de Fabien Clain, l’homme qui a revendiqué les attentats du vendredi 13 novembre. C’est ce que l’on appelle un pavé dans la mare : jusqu’à présent, on n’avait eu le droit qu’à un récit plus ou moins épique de l’intervention des forces de l’ordre au Bataclan pendant la nuit du 13 au 14 novembre, de même que celui de l’assaut donné à la planque d’Abdelahmid Aabaoud rue du Cormillon. Mais Le Canard Enchaîné, qui ne lâche pas ses informations à la légère, a dévoilé que cela faisait en fait cinq ans que la police et la justice, c’est-à-dire que François Hollande mais également Nicolas Sarkozy, étaient parfaitement au courant des menaces terroristes qui pesaient sur la prestigieuse salle de concert parisienne.

Selon Le Canard, depuis 2010 tout le monde savait, dans les hautes sphères de la Place Beauvau, dans l’entourage de la Garde des Sceaux, à Matignon comme à l’Elysée, que le Bataclan était la cible potentielle d’un attentat. Néanmoins, comme cela s’est vu le 13 novembre, la salle de spectacle ne faisait l’objet d’aucun dispositif de surveillance particulier.
« Depuis cinq ans, souligne Le Canard, la police savait qu’un groupe terroriste avait projeté un attentat suicide contre le Bataclan. La justice, et plus précisément le pôle antiterroriste, n’en a pas davantage soufflé mot mais elle aussi le savait ». L’absence « d’alerte et de vigilance » des autorités a en effet de quoi surprendre, comme le souligne l’hebdomadaire satirique, d’autant plus que le plan Vigipirate, censé nous « protéger » contre les attaques terroristes, est à son plus haut niveau depuis des années.

En réalité, ces informations mettent surtout en lumière le cynisme abject des politiciens qui sont aux commandes et qui sont les seuls à n’avoir RIEN vu venir ! La question n’est pas tant de développer le budget du renseignement, de la police et du contrôle en tout genre. Au vu des révélations du Canard, l’ensemble des mesures votées jusqu’à présent, notamment le renforcement liberticide de la loi après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, montrent surtout leur inefficacité. Des terroristes de novembre 2015 apparaissaient déjà dans le dossier de l’attentat égyptien de 2009, qui a touché un groupe scolaire de Levallois-Perret. La famille de Cécile Vannier, tuée dans l’explosion, pointe les ratés des services de renseignement et de l’institution judiciaire.

Le 22 février 2009, Cécile Vannier, 17 ans, trouvait la mort au Caire dans un attentat. Une cinquantaine d’adolescents de Levallois participaient à ce voyage scolaire. La France ouvre une information judiciaire. Très vite, Catherine et Jean-Luc Vannier, les parents de Cécile, comprennent que la cible était française et que cette attaque, loin d’être isolée, s’inscrit dans un ensemble d’actions terroristes.

» Lire aussi: Attentat du Caire: «Depuis 2009, les services de renseignements se font rouler»

Au hasard d’un procès-verbal d’audition, datant de 2010, ils découvrent ainsi que Farouk Ben Abbes, un islamiste belge interpellé après l’attentat du Caire, projetait une attaque terroriste contre le Bataclan préparée depuis la Belgique. Le 13 novembre 2015 au soir, les familles de Levallois s’appellent, sous le choc. Les époux Vannier sont effondrés. Ils le sont encore plus quand les frères Clain revendiquent les attentats pour le compte de l’Etat islamique. Car ils savent, depuis 2011, que Ben Abbes est un proche des frères Clain, amis de Mohamed Merah et condamnés en 2009 dans l’affaire dite Artigat, du nom de cette filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak.

Un autre personnage fait le lien entre le Caire et le 13 novembre, Ahmed Dahmani. Il est le petit frère de Mohamed Dahmani, mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire belge pour avoir participé aux activités d’un groupe terroriste, entre janvier 2008 et mars 2009. Or Ahmed Dahmani, 26 ans, arrêté fin novembre en Turquie est l’homme soupçonné d’avoir aidé à repérer des cibles pour les attentats à Paris. En août dernier, il avait été contrôlé en Grèce aux côtés de son ami Salah Abdeslam, le terroriste le plus recherché d’Europe, celui qui aurait loué la voiture des assaillants du Bataclan.  Pour le septième anniversaire de la mort de leur fille, le couple Vannier va interpeller les autorités avec leur avocat, maître Olivier Morice.

«Les magistrats ont répondu à nos demandes… après le 13 novembre»

Ils confient leur colère contre les ratés des services de renseignement égyptiens et français, contre l’institution judiciaire, corsetée dans son enquête par ces mêmes services. «Dès le départ, en 2010, nous voyons dans les pièces de l’instruction que Farouk Ben Abbes, mis en cause dans l’attaque du Caire, est également impliqué dans un autre dossier, disjoint du nôtre. Puis en 2011, par hasard, nous découvrons en lisant une audition réalisée en 2010 qu’il est impliqué dans un projet d’attentat contre le Bataclan, expliquent-ils. En janvier 2010, lors de la première réunion d’information avec les parties civiles, le juge d’instruction est très mal à l’aise. Nous constatons qu’il est cornaqué par deux officiers de la DCRI».

Ils font définitivement le lien entre l’attentat qui a coûté la vie à leur fille unique et ceux du 13 novembre. «Pourtant en septembre 2014, nous avions demandé au juge les pièces de l’instruction concernant le projet contre le Bataclan, en vain, racontent Catherine et Jean-Luc Vannier. Nous lui avions demandé où se trouvait Ben Abbes. Il avait répondu sans doute dans le sud de la France mais sa trace avait été perdue. Nos avocats ont adressé maintes demandes d’actes pour que soient versés l’instruction concernant Ben Abbes et ses complices pour le projet d’attentat au Bataclan et celle concernant le forum islamiste dont il a été administrateur. Les magistrats ont répondu à nos demandes… après le 13 novembre ». Enfin, ils accusent les services de renseignement de passer des accords avec ces terroristes pour déjouer des attentats «au détriment de la justice ». Au final, estiment-ils, « les services se font rouler ».

Pour ce qui est des larmes versées par les gouvernants et ex-gouvernants, ce sont avant tout une mise en scène : tous savent que la population, en France, court un risque majeur, en raison des menaces proférées par une série de groupe islamistes réactionnaires. Mais tous savent également que ces menaces sont d’autant plus susceptibles d’être opérationnelles que la France poursuit, à l’étranger, une politique mortifère

Tout ceci est une véritable mascarade dont chacun s’accorde à dire que l’État doit la vérité aux victimes mais tout le monde s’ingénie pour que la vérité nous soit cachée ! Pour une fois je suis entièrement d’accord avec Philippe Duperron, président de l’association 13/11/2015, qui comme moi trouve que l’audition des Belges est une mascarade mais ce qui m’interroge c’est que M. Duperron se scandalise face au silence des enquêteurs Belges avec raison, par contre face au silence des anciens membres du gouvernement que sont Hollande et Cazevide, qui eux aussi ont  très largement employé la langue de bois, là il n’apparaît pas du tout scandalisé. C’est curieux cette sélection, mais je ne suis pas plus surpris que cela, lorsque j’ai lutté contre le concert de l’islamiste Médine j’avais sollicité leur appui et ils m’ont répondu par un silence assourdissant, ce qui ne les a pas empêché de se féliciter de cette annulation, laissant croire qu’ils y étaient pour quelque chose !

Comme d’habitude, il ne faut pas faire de vague.

Patrick Jardin

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6 Commentaires

  1. Est-ce que les « Eagles of death metal » sont venus au procès ? Parties civiles ? témoins ? D’après ce que j’avais lu, ils avaient remarqué que la « sécurité » du Bataclan était complice des raclures armées et leur avait ouvert les portes ?

  2. Et si tout simplement l’Etat était complice? Il faudrait se poser la question de savoir quel intérêt il peut avoir. On utilise des personnes pour faire certaines actions dans des buts précis, peut être désigner de faux responsables. Ce ne serait pas la première fois.

  3. la belgique. d ou je suis a honte. en a des. ministre encore plus vendu. a l argent la racaille. est maitre. en belgique. surtout en wallonie.

  4. Puisque nous sommes presqu’en guerre, c’est un interrogatoire mandaté aux militaires qu’il aurait fallut… avec les méthodes que l’on connait : à huis clos, sans témoins et pour finir un tribunal militaire avec avocat militaire fourni en prime. 1° Dans l’armée les procédures sont plus rapides et 2° les sanctions aussi.

  5. les belges valent les français dans la veulerie et la dhimitude
    vivent les gaulois et celtes réfractaires

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