Bayrou, Blanquer, Ferrand : le nouvel aréopage d’Emmanuel Macron

On l’a vu, Emmanuel Macron a décidé de se laisser conseiller. On pourrait croire que c’est une bonne nouvelle. En une certaine manière oui, et je vais vous dire pourquoi. Parce qu’il n’y a pas de femmes… Sinon, on aurait eu la belle Schiappa, la diva de la sexualité impie ou la ministre de la Justice dont nous ne dirons rien, par courtoisie. Nous avons donc un aréopage de conseillers : je ne citerai que les trois plus notoires parce que je n’ai pas eu le temps de retenir le nom des trois autres.

Il y a François Bayrou, Jean Michel Blanquer et Michel Ferrand. Soit c’est d’une habileté diabolique soit c’est totalement crétin. Je penche pour la seconde formule. Désormais, au lieu d’assumer en sa seule personne la fausse raison prudentielle ou si vous préférez la rhétorique d’État, la froideur sans entrailles et l’arrogance inouïe, il a distribué toutes ces merveilleuses qualités en autant de personnalités. On se croirait dans une fable de la Fontaine. Nous avons donc la même chose – rhétorique vicelarde, insolence sans nom, absence d’empathie et de compréhension – mais distribuée sur trois têtes au lieu d’une seule.

En tête du peloton : l’invincible François Bayrou. On a raconté pendant l’émission C à dire que le président a reçu des messages lui disant qu’il était nul. On le lui avait déjà claironné en jaune fluo. Ce n’était donc pas très utile, ça ne fait que manifester l’immense courage de la classe politique. Mais nous ne plaindrons certainement pas E. Macron. On a les textos qu’on mérite. On s’est demandé au cours de cette émission à peu près du niveau de On n’est pas couché, qui avait pu envoyer ce type de message. Apparemment, ils sont plusieurs. On s’en moque un peu non ? Les ragots de la presse, c’est une forme de propagande qui fait pendant à leurs « décryptages » sur BFMTV, ou aux explications pseudo-pédagogiques de M6.  Néanmoins je penche pour François Bayrou. Oh, il n’est pas le pire mais il est sans nul doute le plus malin. Il ménage la chèvre, le chou, le chevrier et le piquet. Il a un peu vieilli, sa diction est toujours aussi embarrassée, il dit des choses qui plairaient à nos évêques, ça a l’air prudentiel. Ça n’en a que l’air. Il est là principalement pour donner un certain ton, celui de la compréhension, de la sagesse, de l’expérience. Il y réussirait presque. Presque !

J.M. Blanquer, « ce monstre froid », le monde enseignant sait parfaitement ce qu’il vaut, même Mme Polin, de SOS éducation, dont le courage n’a d’égal que la courtoisie et qui a espéré jusqu’au bout. Il a liquidé les CRDP, où l’on trouvait encore des manuels, des ouvrages didactiques, une bibliothèque riche et diversifiée pour mettre en place le mégapole éditorial Canopé, autrement dit la propagande didactique de l’État. Il a achevé le processus d’arabisation dans le primaire et laissé la Schiappa imposer toujours dans le primaire une initiation à la sexualité, précoce dangereuse et dégradante qui n’est pas de leur âge et qui relève de la responsabilité parentale.

Michel Ferrand est sans doute le pire. Il est le président de l’Assemblée générale, il suinte l’arrogance par tous les pores de la peau. C’est sans doute là qu’est la faute politique : on a remplacé une arrogance par une autre, et quelle autre. Car celle-ci n’est pas de la même farine comme dirait Rabelais. Il faut l’entendre parler des Gilets jaunes, avec le mépris d’un maître d’école qui attend la fin du chahut, et le moment où l’ordre sera enfin rétabli, pour recommencer.

On a remplacé un jeune homme narcissique et prétentieux par un homme politique maîtrisant la langue de bois, d’un incommensurable mépris pour le mouvement des Gilets jaunes, et bien décidé à montrer que l’État est le maître, rétablissant le débat certes mais sur fond de disqualification de ces événements et des hommes qui se sont mobilisés. La droite dure : le retour. Croit-il donc que les Français seront dupes ?
Croit-il que les Français ont oublié qu’il a dû quitter de hautes fonctions au début du quinquennat pour des affaires de corruption mal élucidées ? Cela aussi faut-il le lui rappeler ?
Voilà donc les nouveaux conseillers du lion : un vieil éléphant fatigué qui n’a jamais barri, pardon gouverné ; un opossum froid comme la banquise à la langue poncée, et un lion se dilatant déjà dans des poses de Président.

Marion Duvauchel
Professeur de lettres et de philosophie

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13 Commentaires

  1. Sur la photo, il a l’air tellement crispé sur sa chaise trouée Louis-machin, on dirait qu’il est constipé. C’est sûr que la crise « jaune » ne passe pas.

  2. J’avais écrit que, dès il y a un mois, ici, je « reniflais » le retour de Bayrou.
    Pas passé…

  3. ferrand des carabistouilles
    mais aussi legendre qui pense tout haut qu’ils sont trop intelligents!

  4. Belles descriptions des personnages , par ailleurs tout à fait exacte . Mais je ne pense pas que cette trilogie de con-seillers impressionnera les gilets jaunes ,Bien au contraire , je crois que cela va renforcer les idéaux et le nombre des gilets jaunes , qui vont progressivement se transformer pour avoir officiellement pignon sur rue.

    • C est çe que je souhaite aussi virer la caste des arrogants prétentieux froids comme des monstres comme macron d ailleurs violé a 15 ans par sa prof il ne s en ai jamais remis comme dit segatori le psy italien

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