Beaucoup de sports n’avaient pas leur place aux Jeux Olympiques

Publié le 22 août 2016 - par - 12 commentaires - 1 420 vues
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hijab-contre-bikiniAprès ces J.O. de Rio, je me dis qu’au fond, mon soutien aux sportifs qu’on proposait à mon admiration dépendait de trois facteurs principaux :

1 – Que leur sport soit un « grand sport », ce qui signifie exigence physique et nombre de pratiquants, ou du moins de supporters, sur la planète Terre.

2 – Que ce sport soit resté proche de ce qu’on appelait l’esprit olympique, donc éloigné des délires financiers du professionnalisme.

3 – Que le Français de souche que je suis se sente bien représenté par ceux qui portent le maillot de son pays.

Il est clair qu’au fil des olympiades, on a empilé les disciplines comme Bruxelles empile les règlements. Cette prolifération de sports qui ne méritent pas d’être au programme des jeux fait plaisir au « Mouvement sportif », fédérations, pratiquants, journalistes spécialisés, tuteurs politiques, en multipliant les occasions de médailles. De façon arithmétique, on a ainsi toutes chances de ramener une plus grosse moisson d’une fois sur l’autre. Démagogie, quand tu nous tiens… C’est fait, avec ce record historique à 42 médailles pour la France, une de plus qu‘à Pékin en 2008. Mais tout ne se vaut pas ! N’ont ainsi rien à faire aux Jeux des sports, ou des spécialités internes à un sport, tels que :

– la plupart des spécialités de canoë-kayak. Ce sport confidentiel est le champion de la diversité des épreuves : en eau vive, en eau calme, avec slalom, en ligne sur un tas de distances, en individuel, par équipe et, cerise sur le gâteau, avec des catégories de poids. Un vrai délire ! Dans ces sports nautiques, la priorité doit aller à l’aviron, grand sport classique et exigeant, pas aux avatars d’une activité de loisir.

– le badminton. C’est mignon avec ces petits volants, mais confidentiel.

– le golf, belle promenade gâchée comme on dit, et sport d’une certaine classe…. sociale. Voilà qui ferait grincer des dents dans les club-houses, où on crierait à l’ignorance si on y lisait ce que j‘écris.

– le BMX. Le vélo est un grand sport, qui mérite plusieurs spécialités, mais pas ce truc de funambules. Idem pour le VTT, avatar du cyclo-cross.

– le trampoline : à garder au fond de son jardin pour amuser ses enfants ou petits-enfants.

-la natation synchronisée. La natation est un grand sport mais pas ce petit ballet aquatique. Madame Lagarde ne va pas être contente !

– le rugby à 7. Le rugby se joue à 15, à la rigueur à 13, mais pas à 7. D’ailleurs les plus grands rugbymen, des quinzistes, n’étaient pas à Rio.

– le beach-volley. Le volley se joue à 6 et sur un terrain où on a des appuis.

– la planche à voile, activité de loisir par excellence.

-la marche. Qu’ils courent…. s’ils sont compétitifs en course à pied, au lieu de se déhancher comme des lapins mécaniques.

– la gymnastique de groupe. Quelle mouche a piqué le CIO d’accepter ce truc bizarre ? La gymnastique, c’est individuel.

– le dressage en équitation. Certes, cette spécialité présente la particularité sympathique de fournir très souvent le doyen, ou la doyenne, des participants aux Jeux, en bipèdes du moins. Mais c’est à réserver à la haute école…. ou au cirque. Par contre, le concours complet et le saut d’obstacles ont toute leur place, indépendamment du fait que la France y brille souvent, en particulier cette année.

– certaines spécialités du tir, avec sa multiplicité d’épreuves, dont le ridicule tir au pistolet à 10 mètres. D’accord pour le pistolet à 25 mètres, le tir de vitesse et la carabine trois positions. Mais pour le reste…. Par contre, on pourrait ajouter le tir du sniper, à 1000 ou 1.500 mètres, au choix. Quand au tir à l’arc, même si le meilleur représentant français, Jean-Charles Valladon, médaillé d’argent, est très sympathique avec sa façon de chasser et pêcher à l’arc dans sa forêt et sa rivière, tel Robin des Bois, en parfaite communion avec la nature, ça se discute !

– certains sports de combat. La boxe anglaise a évidemment toute sa place. Des sports de combat pieds-poings aussi. Mais pourquoi le Taekwondo ? L’adaptation de ses règles à la compétition sportive (interdiction des coups en dessous de la ceinture, multiples protections aux allures d’air-bags, comptage électronique des points), engendrent des attitudes complètement stéréotypées et enlèvent à ce sport tout rapport avec la réalité du combat à mains nues. Mieux vaudrait le karaté. Edulcoré en sport bien sur, donc avec des coups retenus et un minimum de protections, car le vrai karaté, lui, est une arme de destruction. Ce serait tout de même plus proche de la réalité. Mais, dans ce genre de discipline, je trouve que la boxe française, plus efficace que l’anglaise, aurait, elle, tout à fait sa place, avec des KO sans doute, mais, normalement, sans morts ni blessés.

– certains sports particulièrement peu féminins. N’étant pas un adepte de la théorie du genre, je ne suis pas pour la compétition féminine en boxe, même avec un casque très couvrant,…. ni pour l’haltérophilie, où les hormones mâles sont de règle, naturelle ou artificielle, alors que je ne dirais pas non au fitness, qui peut galber agréablement le corps féminin.

– Par contre, si je trouve que le triathlon (natation-vélo-course à pied ) est une superbe épreuve, celui des JO me semble un peu étriqué, avec ses 1.500 mètres de nage, 38 Kms de vélo et 10 Kms de course. Les Jeux méritent le meilleur. Alors pourquoi ne pas s’aligner sur le mythique Iron Man d’Hawaï (4 kms de natation, 200 Kms de vélo et un marathon ) ? Evidemment, c‘est endurance sur endurance. Mais la nécessité d‘une bonne puissance musculaire, en natation et à un moindre degré en vélo, sélectionne des athlètes au gabarit plus étoffé que les marathoniens d’Afrique de l’Est. Et une telle épreuve exigerait un engagement  et des capacités physiques plus impressionnants que toute autre.

Venons en maintenant au professionnalisme. Je m’y suis habitué. D’ailleurs, quand il était interdit, cet interdit était contourné, principalement dans les pays de l’Est, avec leurs athlètes d’Etat, aux USA, avec leurs étudiants boursiers, et même un peu chez nous, où certains douaniers ne devaient pas contrôler beaucoup de bagages. Donc, je l’admets, s’agissant de grands sports. Mais je constate que, dans les sports financiarisés de façon folle, les meilleurs délaissent souvent une compétition où il n’y a guère que des médailles à gagner. Et quand ils étaient là, ils n’ont pas forcé leur talent.

Et maintenant, quid de la représentativité ? Elle est toujours assez post-coloniale. Mais les commentateurs ne se privent pas de glorifier ces chances, de médaille, pour la France. Souvent en en faisant des tonnes. Comme d’habitude, ce fut particulièrement le cas en athlétisme, sur la télévision de service public, où le « sportivement correct » imbibe jusqu’à l’os le principal commentateur, même quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Mais cela ne m’empêche pas d’apprécier au plus haut point l’enthousiasme retenu et la prodigieuse connaissance de l’athlétisme dont témoignait, comme toujours, notre formidable Stéphane Diagana. C’est peut être la différence entre ceux qui ont été des champions et ceux qui auraient voulu l’être.

Quant au tableau d’honneur français par sport, constatons avec tristesse le naufrage de la natation, accompagné de règlements de compte publics. Une génération s’en allait. Une autre prendra un jour la relève et la natation française reviendra au premier plan. Ce sport aussi exigeant que peu rémunérateur et fastidieux à la télé le mérite. En tout cas, il mérite toujours notre respect.

A contrario, célébrons les grands succès tricolores d’ensemble, en athlétisme, en boxe et en équitation en particulier. En athlétisme, nos nouveaux mousquetaires, Renaud Lavillenie, Kévin Mayer, Christophe Lemaitre et Pierre-Antoine Bosse cochent toutes les cases que j‘évoquais en introduction. Ces garçons honorent superbement la France que nous aimons et m’ont réjoui le cœur par leur classe, dans tous les sens du terme : performances pendant l’épreuve, humilité, humour et sportivité après. Même sans médaille d’or, voire avec une quatrième place comme Bosse, ce qu’ils ont fait est beaucoup mieux que des victoires dans des disciplines mineures. Un grand bravo à la boxe française, où plutôt à l’équipe de France de boxe anglaise, notamment avec son couple en or, Tony Yoka et Estelle Mossely. Et Hourrah pour le cru équestre, qui fut, lui aussi, exceptionnel. Astier Nicolas en concours complet, deuxième en individuel et premier par équipe avec ses compères, Roger-Yves Bost, qui trouve la consécration suprême dans la maturité, médaillé d’or par équipe en saut d’obstacle, avec, en particulier, un certain Philippe Rozier ( tel père, tel fils ! ), nous auront particulièrement fait vibrer. Mais pas de cavalier sans son cheval. Et pas de cheval sans son éleveur. Saluons ces hommes de l’ombre, qui, de génération en génération, et particulièrement en Normandie, avec science et patience, sélectionnent, croisent, font naitre, élèvent, débourrent et assurent la formation initiale du piquet de l’Equipe de France. Eux aussi contribuent superbement à l’amélioration de notre race…. chevaline, qu’on se rassure !

Un mot enfin de l’organisation. N’hésitons pas à dire qu’elle fut très imparfaite. Et après coup, quand les langues vont se délier, cela apparaitra de façon encore plus criante, bien au-delà du manque de sportivité du public brésilien et des entourloupes des jurys. Mais aussi, pourquoi avoir donné les Jeux à un pays mal préparé, matériellement et socialement, à en assurer l’organisation ? L‘or noir de Petrobras, transformé en argent corrupteur d‘un CIO digne de la FIFA, aura donné un résultat peu digne de ce que des milliards d’hommes attendent de l’esprit olympique.

Eric Burnouf

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Notifiez de

Pour ma part, je trouve que seuls les sports individuels devraient avoir leur place aux JO. Lors des éliminatoires, chaque pays présente autant de concurrents qu’il veut ou qu’il peut mais lors de la finale, un seul candidat par pays.

KAMISAN

Gardons surtout le beach volley !!!

Jambon Beurre

Il n’y a pas que le sport de masse !!!!!!Il est intéressant de voir des sports que vous qualifiez de confidentiel !!!!!

jan le Connaissant

Ouiiii !!
il y a aussi le sport des naze !…
( rires !… )
Bon , ok…

Pierre

Les jeux olympiques ont été détournés pour la masse financière que cela dégage pour certains. Ce n’est qu’une entreprise de fric.
L’esprit olympique est-ce ce que dit Rinner du public brésilien ? Public de football qui siffle l’adversaire sur le podium ? Fric qui s’appuie sur la bêtise des gens.

montecristo

Si vous donnez votre sentiment personnel, je puis vous dire qu’ il n’est étayé par aucun argument valable. Vous ne faites jamais référence aux règles de l’Olympisme.
Or, je vous apprendrais sans doute qu’un sport n’est admis à figurer au programme des J.O. qu’à certaines conditions. Par exemple, il doit être représenté par 51 pays pour les hommes et 32 pays pour les femmes (A moins que les règles aient changé depuis que je les connais)
S’il est vrai que certains sports ne sont pas intéressants pour les français ou les européens , ils sont très pratiqués par d’autres !
Le Beach Volley est un peu absurde sans doute … mais pratiqué partout dans le monde.
Ensuite, vous ne faites aucune allusion au désastre de l’Escrime qui est le seul sport à récolter le plus de médailles pour la France depuis la création des Jeux en 1896.
Le seul point noir des Jeux, à mon humble avis, est la participation des « professionnels ».
Par exemple, certains tennismen n’avaient rien à faire à Rio.

jan le Connaissant

les jeux devraient toujours se déroulaient au même endroits, en Grèce !

BUTTERWORTH

ET CE SPORT pratique a l echelon mondial peut il avoir votre approbation BATTLE OF THE NATIONS PRAGUE 2015 ?? DEJA 25 PAYS PARTICIPANTS

pasdecachezmoi

Bonne crise de fou rire avant de dormir. MERCI

Rémigration

EXCellllent je suis d’accord avec tout !!!!!! Sauf le pour beach volley…))

destailleur

en burkini ? ah ah