Belgique : alerte et inquiétude face aux écoles salafistes

Focaliser l’attention sur les écoles de propagande salafistes sous l’égide de l’Arabie Saoudite, comme le fait dans cet article Habib Tarabishi, est judicieux mais peut jeter un voile de camouflage sur les activités de la plus grande organisation mondiale islamiste : les Frères Musulmans. Quand on frappe sur une seule organisation islamiste on laisse croire que les autres sont « modérées », qu’elles appartiennent au « juste milieu » et on détourne d’elles l’attention qu’on devrait aussi leur porter. En ciblant la burqa, on a autorisé le voile. En braquant uniquement les projecteurs sur les salafistes,  on laisse le champ libre aux autres fondamentalistes.

Face au déferlement actuel d’un islamisme pur et dur, tant des salafistes que des  Frères Musulmans, des membres du Tabligh wa al-Hijra, des Milli Gorüs (1) etc …, il faudrait préconiser une interdiction générale de ces organisations sur le territoire de France, y compris en Alsace-Moselle où le Concordat leur sert de cheval de Troie (2).  Donnons l’exemple, l’Europe suivra.

Mais une grande vigilance s’imposera pour parer à toute résurgence de ces groupes sous une autre appellation. En France, une réapparition de ce type d’organisations sous la forme d’un parti politique du style « Justice et Développement » en Turquie ou « Liberté et Justice », « al-Nour » en Égypte, al-Nahda en Tunisie … est fort probable.  

Le « principe de précaution » ne doit pas se cantonner à la seule santé des citoyens. L’islamisation, par le jihad « de ruse » ou le « Stealth Jihad », doit être contrée par ce principe qui doit s’appliquer et de toute urgence. Nos gouvernants et nous-mêmes  sommes responsables face à l’Histoire. Domani è troppo tardi (3) (NDT). 

La ministre belge de la Justice a révélé que l’Arabie Saoudite finance 1.000 salafistes dans son pays pour propager le wahhabisme à travers des écoles « qui proposent des cours de langue arabe et l’apprentissage d’un islam extrémiste ».

Plusieurs journaux ont reproduit la déclaration de la ministre Annemie Turtelboom :    « Les autorités belges ressentent de l’inquiétude face au prosélytisme wahhabite dans 10 écoles qui proposent des cours d’arabe et des variantes extrémistes de l’islam. », indiquant que ces écoles « profitent d’un financement saoudien ».

Les journaux, dont La Dernière Heure et Le soir,  ainsi que le site Chrétienté Info ont mis l’accent sur le fait « qu’en exploitant ce type d’écoles, le régime espère attirer les étudiants à s’inscrire dans ses universités afin de poursuivre leur enseignement religieux pour qu’ils soient en mesure, à leur tour, d’enseigner et de diffuser le wahhabisme ».

La presse a indiqué que « parmi les 600.000 musulmans vivant en Belgique, il y a 100.000 salafistes ».

Les médias belges disent que « les islamistes radicaux ont concentré, en Belgique,  leur énergie » et ont ajouté qu’en juin,  ils ont organisé des troubles dans un secteur de Bruxelles, suite à l’arrestation d’une jeune femme portant le niqab.

Des journaux, peu de temps après l’arrestation de la jeune niqabée, ont relaté qu’un français musulman de 53 ans a attaqué un officier de police avec un couteau dans le métro de Bruxelles. Il a avoué qu’il était venu spécialement de Paris pour agresser la police en représailles contre le gouvernement belge qui a interdit le niqab.

Le président de la Sûreté de l’État, Alain Winants, a suggéré l’interdiction du mouvement « Charia 4 Belgium » et a indiqué que les autorités britanniques et allemandes ont interdit ce mouvement sur leur territoire.

On se rappelle que plusieurs journaux occidentaux se sont interrogés ces derniers mois sur le pilote de ces groupes islamiques salafistes en Europe. Certains ont insinué que c’est « le financement saoudien ».

De même, le Ministère tunisien de la Culture a averti mardi (21/08/12) que « la répétition des agressions (salafistes) contre les manifestations culturelles » dans le pays « sonne l’alerte d’une congestion religieuse étrangère » à la société tunisienne « connue pour sa modération ».

Cette mise en garde est intervenue suite « à l’intervention de quelques éléments du courant salafiste, à l’agression qui a eu lieu  jeudi dernier (16/08/2012) sur le festival al-Aqsa dans la ville de Bizerte ainsi qu’au renouvellement des agressions sur les manifestations culturelles dans diverses régions du pays » selon la déclaration.

A son tour, le cheikh Abd el-Fattah Moro, un membre éminent du mouvement al-Nahda qui conduit l’alliance tripartite qui gouverne la Tunisie, a mis en garde la population, lors d’une déclaration à la radio privée  « Chams FM », contre un risque de « fitna » (discorde), en raison de l’action de missionnaires saoudiens qui organisent des cycles de formation afin de propager la pensée wahhabite stricte alors que la Tunisie suit l’école mâlikîte. Les jeunes qui suivent ces cycles reçoivent des dédommagements financiers.

En réponse à une question sur la propagation de la pensée « wahhabite » par des ulémas et des missionnaires (« dou’ât »), le cheikh répond : « Oui, ils prennent des jeunes sans connaissance religieuse antérieure, pratiquant la prière depuis peu, ils leur enseignent les bases de la pensée hanbalite (…) et les préparent pour devenir dans notre pays un bataillon qui appelle à l’abandon de l’école et du droit mâlikîtes pour le remplacer par l’école hanbalite ».

Puis il a expliqué que les missionnaires saoudiens organisent en Tunisie des « cycles de formation fermés » qui durent trois mois. Les jeunes qui suivent ces cycles reçoivent en contrepartie une somme d’argent (4) car, pendant ce temps, « ils arrêtent leur travail ».

Traduit de l’arabe par Bernard Dick

(*) Habib Tarabishi : http://www.thirdpower.org/index.php?page=read&artid=96109

(1) Millî Görüs est un mouvement islamiste turc fondé en 1970 par Necmettin Erbakan. Il est présent en Europe et compte 500.000 à 600.000 membres.

(2) Le Concordat a été instauré par Napoléon 1er en 1801. Profitant du Concordat, en vigueur en Alsace et en Moselle, la Turquie a ouvert une institution de formation des imams turcs à Strasbourg qu’elle a « baptisé » « faculté de théologie musulmane ». L’enseignement est donné en turc exclusivement. A quand la faculté pakistanaise en ourdou, la faculté algérienne en arabe etc … ?

(3) Titre d’un film italien de Léonide Moguy, 1950

(4) Le cheikh omet de signaler que c’est l’argent saoudien et qatari qui a contribué à l’élection des Frères Musulmans d’Annahda qui finance les infrastructures sociales et des bureaux du parti dans tout le pays. Les Frères musulmans critiquent les salafistes pour avoir le champ libre … (NDT)

 

 

 

 

 

 

 

 

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