Belgique : j’ai trouvé une coiffeuse clandestine…

Le présent article s‘inspire de faits réels. L’auteur s’est contentée d’atténuer les moments émotifs trop forts, la réalité dépassant parfois de très loin les fictions les plus ambitieuses

Elle raconte :

J’ai commis une erreur lourde de conséquence ! Je ne pouvais plus me voir dans la glace…Hier, sondé Internet pour trouver quelqu’un qui me couperait les cheveux…n’importe comment. Quel qu’en soit le prix. Quand j’ai lu que toutes les présentatrices télé, ministres et députées étaient joliment coiffées, plus rien ne m’a retenue. Il me fallait un/e coiffeur/e.

Et j’ai trouvé un salon (« Espace coiffure ») clandestin à même pas 8 km de chez moi. Tu comprendras que je ne donne pas l’adresse. Tout s’est fait par téléphone, le montant (assez conséquent et préalablement scellé dans une enveloppe à usage unique) devant être réglé en espèces.

Suis arrivée devant une maison 4 façades, entrée par derrière, un escalier menant directement dans les caves. Sur les murs sombres et humides, une centaine de panneaux annonçaient les procédés à suivre. Chaque client/e pouvait pénétrer dans une cellule séparée, genre de placard stérile, après s’être entièrement déshabillé/e et pulvérisé/e de mort-au-covid.

Des manteaux en papier jetables, conditionnés dans des sachets en plastique one-use, pouvaient être saisis avec des pinces en matériel auto-combustible.

Ma coiffeuse était elle aussi entièrement empaquetée, je ne pourrais dire s’il s’agissait d’une Belge, d’une Congolaise ou d’une Tonkinoise. Pour ne pas révéler son identité, elle ne parlait pas, lançant uniquement des signes.

Je suis sortie par une sorte de tunnel évitant aux résistants toute rencontre périlleuse. Dans mon sac, une lingette désinfectante pour le volant de ma voiture, un pulvérisateur pour le siège. Le tout m’a couté un pognon de dingue.

Le résultat vaut la peine. Je suis magnifique ! J’avoue être généralement assez satisfaite de ma chevelure. Attention, loin de moi de me glorifier, le reste ne suit pas. Sur ma personne, je n’aime que deux choses : mes cheveux et mes pieds… le reste est plutôt BOF !! Ma crinière elle, brille et chatoie de mille feux, le cheveu épais et bien dressé. Même sortant de l’eau, il retombe automatiquement dans la bonne forme.

Sauf si des ciseaux n’interviennent pas de temps en temps.. Pour que vous compreniez : j’ai caché tous les miroirs de la maison, de toute façon, j’en ai retiré 3 ou 4 depuis mes 65 ans… pour vous dire qu’il n’en reste plus beaucoup.

 

Elles ne souffrent pas de la fermeture des coiffeurs : les copines de ma petite fille.

J’ai donc passé une bonne partie de la soirée à m’admirer, ce n’est que ce matin, voulant aller acheter mon journal, que j’ai été prise de panique. Tout le voisinage me connait. J’ai plusieurs fois cueilli des remarques dans le quartier, car mon étouffoir ne respectait pas les hauteurs prescrites (Vous placerez le masque de façon à recouvrir intégralement votre nez et votre bouche et le fixerez à votre tête à l’aide de courroies derrière les oreilles.). Affolement. Hier encore sorcière et aujourd’hui, pimpante et bien mise, le téléphone du policier de quartier va être pris d’assaut.

J’ai fait demi-tour. En courant. Je m’auto-confine jusqu’à ce qu’une bonne âme me prête un bonnet.

Tout ce fric pour rien…..

Anne Schubert

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10 Commentaires

  1. cela transpire l’égocentrisme. Pauvre choupette, elle était mal coiffée 🙁 🙁 🙁 mais ouf elle a pu passer une bonne partie de la soirée à s’admirer. Attention Mme Schubert que cela ne soit pas une coupe à la Isabelle Fouillot…

  2. Votre récit, vécu ou non, me rappelle le parcours des femmes qui se faisaient avorter clandestinement avant l’autorisation de l’IVG. Si elles avaient des complications, elles devaient assumer.
    Je viens de lire le post de Monique ci-dessous qui dit ne pas oser faire venir une coiffeuse à domicile par peur de dénonciation.
    Mais dans quel monde sommes-nous donc entrés ?

  3. « Vous placerez le masque de façon à recouvrir intégralement votre nez et votre bouche et le fixerez à votre tête à l’aide de courroies derrière les oreilles. »
    ah bon, moi j’en était resté à sibeth n’diaye qui le mettait sur la tête

  4. Moi je cherche une épileuse de maillot pour ma femme qui commence à me chatouiller les narines. Tu as une adresse ? Évidemment pas la tienne puisque tu n’as que les cheveux et les pieds d’acceptables. Je parle de l’épileuse coiffeuse salvatrice. Merci Anne.Moi je cherche une épileuse de maillot pour ma femme qui commence à me chatouiller les narines. Tu as une adresse ? Évidemment pas la tienne puisque tu n’as que les cheveux et les pieds d’acceptables. Je parle de l’épileuse coiffeuse salvatrice. Merci Anne.

  5. Ça sent le « PRESQUE » vécu Anne.
    Sait-on jamais, en janvier peut-être, ou en février…
    Ils sont prêts à tout pour nous CASSER !!!!!

    • A la Libération, beaucoup vont s’octroyer le droit de coiffer (pardon de tondre).

      • Certains coiffeuses le font à domicile ou chez le client .Et oui ,il faut bien payer factures et loyer et nourrir sa famille .Moi la moi la mienne m’a proposé de venir chez moi ,mais j’ai dis non .Trop peur de me faire dénoncer par un voisin ou de me faire attraper par la police .

        • Je sais Monique, l’épouse de mon meilleur ami est coiffeuse à domicile. Heureusement qu’elle bricole encore un peu pour contribuer à faire chauffer la marmite. En toute discrétion bien sur…

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