Ben alors, Taubira, tu fais quoi pour ta Guyane ?

Publié le 28 novembre 2013 - par - 2 467 vues
Share

-« Nous allons détruire, pulvériser les méthodes qui consistent à prétendre que le bon sens dit qu’il faut enfermer, enfermer et enfermer sans cesse alors que cet enfermement sans cesse créé du danger pour la société ».

Propos de Christiane Taubira dans un entretien au Point le 23 août dernier.

Ah ça oui, ce qui a été pulvérisé en l’espace d’une toute petite année sur le territoire natal de la Garde des Sceaux guyanaise,  c’est le nombre des actes délictueux. Marseille, à côté de Cayenne, c’est une ville de bisounours. Triste constat de Gabriel Serville, député de la 1 ère circonscription de Guyane.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/948236-violence-et-criminalite-la-guyane-fait-pire-que-marseille-mais-personne-n-en-parle.html

En 1 an, c’est- à- dire entre 2012 et 2013, les violences en tant que « atteintes aux personnes » ont bondi de 29%. Les agressions sexuelles de 27%. Les meurtres et tentatives de meurtres affichent quant à eux une belle progression : 26%. Sur un territoire qui compte également un très fort pourcentage de jeunes au chômage : 53%. 10,2 homicides volontaires pour 100 000 habitants, taux 4 fois plus élevé que dans les Bouches du Rhône. En effet, on ne voit pas de quoi se plaignent les Marseillais.

Mais quels sont donc les problèmes guyanais que Christiane Taubira n’ait pas résolus en son temps, et quels sont-ils en 2013 pour que la ministre de la Justice « fasse silence » ?

Ils sont identiques :

 Une immigration massive de populations en provenance du Surinam, de Guyana et du Brésil.  Mais également d’Haïti dont on considère qu’un tiers des Guyanais aujourd’hui ont des ascendances haïtiennes,  du Pérou ou encore de Colombie. Une immigration que ne semblait guère apprécier Christiane Taubira puisqu’en 2006, elle déclarait :

« Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre ».

La diversité, c’est bien, mais pas chez soi, n’est-ce-pas Christiane ?

http://24heuresactu.com/2013/11/19/taubira-victime-du-racisme-lenfumage/

Et c’est le Brésil qui draine la grosse majorité de la faune des orpailleurs clandestins responsables du pillage systématique des ressources dont le nombre estimé, comparé au nombre de Guyanais, laisse sans voix :15 000 « garimpeiros » pour 250 000 habitants. Ce chiffre laisse sans voix car 15 000, c’est à peu près  le nombre de Roms que nous avons à subir en France métropolitaine qui, elle, compte 62 millions d’habitants. Au fond, on ne va pas faire en un fromage pour seulement quelques campements !

L’économie guyanaise est une économie « publique » en ce sens que près de la moitié des emplois sont des emplois d’Etat sur-rémunérés d’environ 50 % sans compter les avantages annexes. Autant dire que la Guyane comme tous les autres départements d’Outre-mer est sous perfusion et que d’emplois dans le privé, en effet, il n’y en a quasiment pas.

Leur donner l’indépendance, ce serait, en l’état, retirer le biberon de la bouche du nourrisson.

Ci dessous, le témoignage d’une fonctionnaire qui a pris avec son mari la décision de rentrer en Métropole.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/enquete/insecurite-a-kourou-nous-sommes-au-bord-d-une-catastrophe_1301051.html

Un famille qui a subi 5 cambriolages en 4 ans dont 3 coup sur coup résignée à dormir avec un fusil de chasse sous le lit,  puisque « on a l’impression que rien de ce que nous vivons n’est relayé par les médias. Nous nous sentons abandonnées et impuissants ».

Et pourtant, la Guyane recèle tant de richesses humaines et environnementales, l’annonçait dans son discours le 16 janvier 2012, celui que les Guyanais allaient élire Président avec 62,05% des suffrages au second tour.  Moi- mou Président s’était d’abord félicité de réparer une « erreur » de la 5 ème République puisque jamais aucun candidat socialiste, « même Mitterrand avait commis cet impair », n’avait daigné effectuer le déplacement là-bas. Il avait vanté la richesse de la diversité de sa population, l’économie liée au centre spatial, la richesse de son sous-sol, l’or et du pétrole. Il allait donner les moyens de lutter contre l’illettrisme, la déscolarisation, et améliorer le taux de réussite au baccalauréat très inférieur à la moyenne nationale.

A l’immigration clandestine, au gouffre de la fonction publique et la faiblesse de l’économie issue du privée, s’ajoute un niveau scolaire désastreux qui engendre des jeunes sans aucune qualification. Et ce ne sont pas les nouveaux programmes très allégés, la théorie du genre, ou le travail fait systématiquement en groupe qui vont améliorer la question. Des jeunes aculturés, sans compétences et désoeuvrés sont les premières victimes du dicton : ‘l’oisiveté est mère de tous les vices ».

http://courbevoie.typepad.fr/ps_courbevoie/2012/03/discours-de-francois-hollande-en-guyane-16012012.html

Le moins qu’on puisse constater, moins de 2 ans plus tard, c’est que la Guyane est considérée comme un nouveau « far-west français » et tout rapprochement avec la réforme de la loi pénale est probablement fortuit.

L’aménagement des peines inférieures ou égales à 5 ans que Sylvain Bandouchi a répertorié, liste non exhaustive mais ô combien instructive :

http://www.bvoltaire.fr/sylvainbanducci/les-crimes-et-delits-concernes-par-la-reforme-penitentiaire,34651

dont j’extrais quelques exemples correspondant à l’explosion d’agressivité en Guyane entre 2012 et 2013 :

Homicides involontaires (art 221-6)
– homicide involontaire routier sous influence d’alcool ou de stupéfiants

Vols (art 311-4)
– vol en réunion
– vol avec violences
– vol avec destruction de biens
– recel
– blanchiment
– association de malfaiteurs

Délits sexuels (art 222-27 / 222-32 / 222-33)
– agressions sexuelles hors viol
– exhibition et harcèlement sexuel

Ce qui signifie que les auteurs de tous ces délits seront gentiment remis en liberté avec, oh, quelques contraintes comme celles d’essayer de passer au commissariat 1 fois par semaine ou par mois, ou encore, celle d’aller tailler la bavette avec un psychologue, il paraît que la parole soigne.

Défendre au grand jour le Guyanais de souche tout en vantant en Métropole la richesse du multiculturalisme, on saisit bien l’inconfort terrible dans lequel se trouve la Garde des Sceaux et encore mieux son « faire silence » face à la situation de son département natal, qui, en dépit des « tentatives d’alertes qui se sont multipliées ces dernières années, par les élus, la société civile- ben, Taubi, t’écoute pas ton peuple ? – les associations de protection de l’environnement et de l’entraide sociale, n’ont pas été suivies des effets escomptés. »

En somme, en Guyane, Taubira défend moins les Métropolitains que les Guyanais de souche tous les deux moins défendus que les voyous qu’elle défend en France métropolitaine plus que les Français de souche.

Etonnant, non ?

Caroline Corbières

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-guyane-pourrait-bien-exploser-jacques-menardeau-757452.html

 

 

 

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.