Ben non, une église c’est pas simplement un tas de briques

Publié le 23 juin 2015 - par - 969 vues

eglise2On peut fort bien être athée et considérer que la musique religieuse est la plus belle et que l’art roman est le summum. L’étude des églises, leur emplacement sur des points géologiques particuliers, le déchiffrage de leurs symboliques, les saints auxquels elles sont consacrées sont l’Histoire qui remonte à la nuit des temps et va bien au-delà de prêchi-prêcha ou bigoteries. Plus une église (mais aussi une simple chapelle ou un calvaire) est vieille, plus elle a des chances de dater d’avant l’ère chrétienne et donc de plonger ses racines encore plus profondément dans nos origines.

La liturgie n’est pas une chorégraphie esthétique, chaque geste, chaque couleur, chaque parole a une signification profonde (Malheureusement sabordée par le Concile Vatican II et souvent les prêtres en ont perdu la connaissance). Dans son livre « Mythologie chrétienne », Philippe Walter rappelle comment « le Pape Grégoire a demandé à saint Augustin de Cantorbéry qui évangélisait les Angles en Angleterre au début du VIII° de ne pas détruire les temples, ni les « idoles » mais d’en orienter le culte vers celui du vrai dieu ».

Le culte chrétien s’est épandu sur les cultes préhistoriques existants dans lesquels le soleil occupait un rôle central comme les fêtes des équinoxes et solstices. Noël célèbre la naissance de Jésus qui est la lumière du monde et se situe lors du solstice d’hiver quand le jour arrête de se raccourcir et recommence à s’allonger : c’est en effet le retour de la lumière. Pâques c’est le premier dimanche après la première pleine lune après l’équinoxe du printemps. Il suffit de faire le relevé du plan d’une de ces églises, de déchiffrer ses fresques et ses sculptures, d’examiner son sous-sol, les sources voisines et cours d’eau souterrains ; est-elle bâtie sur une colline ? quel y est le degré de magnétisme et l’orientation ? d’en décrypter les symboles, d’en faire des photos, de rédiger une monographie, (comme on le fait pour les sites des incisions rupestres préhistoriques) pour comprendre qu’elles sont un message exprimé dans un langage spirituel ésotérique. Faites-en l’expérience, elle est bouleversante !

Relisez Mircea Eliade et André Leroi-Gourhan mais aussi Chantal Jegues-Wolkiewiez. Une église n’est pas un simple lieu de réunion où l’on prie comme l’est, par contre, une mosquée qui ne possède pas de Saint des Saints, une église surgit des énergies originelles ; les édificateurs des temples préchrétiens, les sculpteurs des coupelles, ou les bâtisseurs des cathédrales possédaient cette connaissance. Il n’est pas besoin de prêtres pour se réunir et méditer, chanter ou faire de la musique et les week-ends de retraite (avec ou sans religion) sont certainement plus salutaires que les bouchons sur les autoroutes.

Il y a quelque années j’ai assisté au couronnement de la restauration d’une petite église de campagne à Strijtem, (Brabant flamand) http://www.trekkings.be/vip5strijtem.html : on y reposait le coq restauré et redoré au sommet du clocher. Peu de gens vont encore à la messe et les morts sont enterrés dans un nouveau cimetière, mais au lieu de remplacer le cimetière autour de l’église par un parking, on restaure les tombes et on les étudie et elles deviennent monument classé car c’est le patrimoine pas seulement de “calotins”, c’est notre patrimoine de nous tous croyants, non-croyants et athées, ce sont nos racines… c’est notre souche… dont nous sommes fiers.

Il faut examiner les dégâts faits par le Concile Vatican II et qui aujourd’hui mènent à ne même plus savoir ce que c’est qu’une église, ni ce que signifie le culte catholique, mais aussi à l’attitude du Pape actuel envers le massacre des chrétiens, l’accueil des boat people et la braderie, d’abord du mobilier et maintenant des édifices religieux. Demandez à un prêtre « moderne » ce que signifie la couleur des parements, ils ne le savent même plus.

Dans le Tessin où je vis, une poignée d’individus disparates ont signé une pétition pour demander à l’évêque de pouvoir célébrer la messe tridentine. Y a pas foule et c’est pas médiatique, mais ça dure depuis 10 ans. Des petits “groupes” épars, des résistants, comprenant même des non-croyants vont à l’encontre du brouhaha bêtifiant qu’on nous impose et leur intensité est plus profonde que les Pape Parades, les festivals tonitruants, superficiels et vides ou les œcuménismes de supermarché.

Anne Lauwaert

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