Bernard-Henri Lévy, de la haine du peuple français… à la connivence permanente avec l’islam

Publié le 20 février 2012 - par - 2 326 vues
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Suite à un problème technique, la fin de ce texte, publié dans le numéro 238, avait disparu. Nous le reproduisons donc intégralement.

Bernard-Henri Lévy le vibrionique  philosophe, homme d’affaire, diplomate, directeur de revue, écrivain, et également cinéaste, citons « Bosna et le jour et la nuit », film dont Claude Chabrol, dans Le Figaro du 15/01/02 , déclare  « un film très mauvais. Je le connais un peu parce que nous étions ensemble à l’avance sur recettes. Il est loin d’être bête. Il est intelligent et même subtil. Mais il a fait le film le plus con de l’année. Le plus grave c’est que tout le monde le lui a dit mais il refuse de le croire. Il pense qu’il est en avance ». BHL est également l’introducteur en France du grand philosophe Botul, le premier philosophe virtuel de l’histoire, un exploit que le monde entier nous envie.

Notre héros est le Stéphane Hessel des années 2010, l’Augustin Legrand des Philosophes, le Boulganine de la pensée, donc, cet intellectuel français, milliardaire a été un des premiers à se rendre à Benghazi, auprès des insurgés islamistes libyens et saoudiens qui combattaient. les forces restées loyales à Kadhafi. C’est grâce à son implication que la France, puis l’Occident, dans sa presque totalité, a compris et pris faits et causes pour le mouvement islamiste et antioccidental.

L’aventure commence aux éditions Grasset où Il édite chez Grasset de jeunes auteurs dit iconoclastes: Jean-Marie Benoist, Jean-Paul Dollé, Christian Jambet ( converti à l’islam) et Guy Lardreau (décédé qui ira de Mao au catholicisme, la « Nouvelle philosophie », voulait «  la chute des idoles », les nouveaux philosophes voulaient envoyer les grands philosophes à leurs responsabilités dans l’émergence des totalitarismes. Lui-même publie, en 1977, « La Barbarie à visage humain », qui témoigne de son ambition d’aller fouiller plus profond dans les causes de l’abject, de creuser encore, à toucher les xénophobies, les haines de l’autre et de soi, l’aversion antisémite, toutes génitrices des deux totalitarismes alors connus, le « rouge » et le « brun ».

Un livre qui n’est qu’une déclaration de haine au peuple et surtout au peuple français.

D’ailleurs à propos des nouveaux philosophes, Deleuze écrit : « Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides ».

Le 27 mai 1977, Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann inaugurent l’ère des intellectuels médiatiques. En fait, selon eux,  ils ont surtout sonné le glas de malentendus : « Si la gauche doit l’emporter, en 1978, aux élections législatives, puis si François Mitterrand devient président, en 1981, ce sera lestés des crimes du communisme et, plus encore, de ses dérèglements baptismaux. Fin de l’alibi, pour le socialisme tricolore, de ne pas être moscovite».

Et d’anti-communisme en haine du peuple BHL va devenir le chouchou du tout Paris, le « diable » fréquentable, la machine à fabriquer du « sens » avec Glucksmann ils sont les « Bouvard et Pécuchet » de la bien-pensance des notaires de provinces.

En 1979, l’Armée rouge a envahi l’Afghanistan : Bernard-Henri Lévy en mal de cause exotique, décide de s’y rendre en compagnie de ses amis Marek Halter et Renzo Rossellini, fondateur de la radio romaine Radio Cita Futura. Il y retourne en 1981, depuis le Pakistan, à quelques encablures de Peshawar, juste pour remettre aux groupes de résistants l’émetteur d’une Radio libre pour Kaboul, ce qui permis aux talibans et aux services de renseignements de l’armée pakistanaise de suivre en direct le cheminement des troupes afghanes du Général Dosrtom et de sa 53e division d’infanterie et ainsi d’organiser des embuscades, qui coutèrent chers en hommes de la 53e division appelée plus tard milice Jowzjani, , après le retrait des forces soviétiques. Dostom a également supporté les réformes communistes en Afghanistan à l’époque de Mikhaïl Gorbatchev.

Ce fort symbole de solidarité islamiste sera décuplé dans la presse occidentale, à coups de récits, plus héroïque les uns que les autres, récits homériques racontés par BHL et ses amis.

Désormais, Bernard-Henri Lévy, comme il le déclare lui-même « monte la garde au plus près possible du Mur, des murs, policiers et mentaux, du « bloc  et de ses annexes ». Il va « résolument vers l’Est, par les chemins de l’Holocauste, ouvrant, au soleil levant, une route intime, un pèlerinage autobiographique qu’il ne cessera plus de parcourir ». Soutien éditorial, et souvent physique, aux dissidences ; besoin de se rapprocher des syndicalistes polonais, des intellectuels tchèques, des scientifiques russes en rupture de ban, de les rejoindre, de leur parler de vive voix; de nouer des liens personnels avec ses interlocuteurs, comme pour les aider à ne pas désespérer tout à fait. Reportages, grands entretiens clandestins, pour Le Monde, pour les journaux européens puis pour sa revue, La Règle du jeu. Bernard-Henri Lévy s’est mis à parcourir l’arc de cercle totalitaire à grandes enjambées ».

Enfin, la gauche avait trouvé son Lyautey, mais il était en charentaises.

Heureusement en moins exotique que l’Afghanistan mais à une heure et demi d’avion de paris voici la Pologne qui s’annonce ;« Lech Walesa, , ne roule pas pour le Programme commun ». Les évènements de Pologne viennent contredire le « pauvre brouet de laïcisme, de matérialisme, de marxisme mal digéré et de vague philosophie des Lumières qui constitue tout le bagage de nos apparatchiks ». L’Église, à Varsovie, est bien « la seule alternative de civilisation » à pouvoir s’opposer « au bloc soviétique », et aux « idolâtres du Kremlin et d’ailleurs », note-t-il en 1980, à ce prix les Polonais deviennent sympathiques.

Il inaugure en France, l’ère des « droits de l’homme », « droit des victimes civiles, prémisses des associations de SOS Racisme au renouveau de la LICRA de la LDH du MRAP de tous les bien-pensants ceux qui pensent d’abord à leurs portefeuilles puis à l’humanité souffrante à la seule condition que la dite humanité soit musulmane, le « moment » polonais étant un accident dans cette stratégie.

BHL par sa posture, chemise au vent, est la caricature de ce que dénonçait Guy Debord dans la société du spectacle, et rentre dans la cohorte dénoncée par Gilles Chatelet dans « vivre et penser comme des porcs ».

Il s’est indigné quand des intellectuels ont proclamé « la fin de l’histoire » et l’ouverture du grand bal permanent des démocrates, sur l’ancien terreau des charniers communistes. Paradoxalement, il a plutôt, alors, renforcé sa veille de guetteur inquiet autour des murs. Dès la chute du régime, en RDA, puis avec la fin de l’Union soviétique, il a accéléré encore le rythme de ses voyages vers l’est. Reportages, grands entretiens, enquêtes dans les anciennes démocraties populaires, sondant, chez ses interlocuteurs, l’écho de tentations nationalistes et ultra. Voyages aussi dans l’Europe encore dite de l’ouest. Allemagne, Autriche. Même question : quelle couleur fraîche va prendre le fascisme du millénaire ? Parce qu’il va forcément en prendre une…

Alors, Bernard-Henry Lévy attend avec eux. Il sait, il se doute de « ce qui doit venir ». Il l’a écrit par prémonition, dès les années 70. Le retour du monstre originel, débarrassé de ses oripeaux marxistes. Slavismes et autres sauvageries ancestrales revenues en cour. « D’un côté, une Europe identitaire, nationale, tribale, raciste, xénophobe, chauvine, etc (…), explique-il dans une interview. De l’autre coté, une Europe libérale, démocratique, cosmopolite, universaliste, celle dont l’existence m’empêche de désespérer ».

Et là sur son chemin de Damas, enfin une oasis , une cause tout aussi islamiste que les autres, et celle qui pour lui fut son plus fameux combat, la Bosnie, cause dont il fit un film (mauvais), ce combat, il le mena au coté du Président bosniaque, Alija Izetbegović, président dont il n’est pas inutile de rappeler que dés 1943, il devient membre de l’organisation des « Jeunes Musulmans » (Mladi musulmani), liée aux Frères musulmans égyptiens, qui se voulait être un rempart contre les dérives de l’Islam moderne et qui apportent de l’aide aux réfugiés tout en collaborant avec le régime fasciste croate des Oustachis et l’occupant nazi.

Dans le cadre de cette organisation, Alija Izetbegović aurait participé au recrutement pour la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar composé de musulmans, car les Allemands avaient besoin de s’appuyer sur les organisations musulmanes locales pour trouver suffisamment de volontaires.

Cette activité fait qu’il est condamné en 1946 à une peine de trois années d’emprisonnement.

Il publie en 1970 la Déclaration islamique (Islamska deklaracija) dans laquelle il exprime ses vues concernant la relation entre l’État, la religion et la société c’était un appel à l’instauration de la Charia en Bosnie. Cette publication lui vaudra quelques mois de prison en 1972.

Citons une seule phrase de l’ouvrage de l’ami de «  Il n’y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non-islamiques […]. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique […] »

Une fois de plus, BHL qui désormais devient un « professionnel du judaïsme » et porte en écharpe celui-ci vas être aux cotés des islamistes, alors que ces salauds de Serbes  osaient héberger à Belgrade les membres de la communauté juive qui fuyaient les combats et les troupes musulmanes de Bosnie et auxquels le « Joint Comite » avait cessé tout envoi d’argent et de médicaments.

Fin 2001, BHL soutint fermement l’intervention américaine en Afghanistan alors qu’il avait combattu les soviétiques, et en novembre 2001 proclame à propos de cette intervention : « la victoire éclair d’une stratégie que nous n’étions pas bien nombreux à juger d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées », grave lui soit rendu par les musulmans du monde entier, enfin un juif comprend les nécessités du jihad.

En février 2002, le président de la République Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin  lui confient la mission de se rendre en Afghanistan pour contribuer à la reconstruction culturelle d’un Afghanistan libre. À son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan publié par (La documentation Française et son éditeur  Grasset), rapport qui comporte une seule annexe : un discours de Bernard-Henri Lévy lui-même.

Ami de Alain Minc et de jacques Attali, BHL est de tous les clubs, associations  et conseil d’administration qui compte à Paris.

Il avait d’ailleurs inauguré ses talents d’administrateur de 1995 à 1997, quand il  avait pris les rênes de la Becob, société d’importation de bois précieux africains, une affaire familiale qu’il codirigeait de fait depuis plusieurs années et dont Guy Carlier était le directeur financier de la fin des années 1970 jusqu’à 1982. La Becob opérait en Côte-d’Ivoire, au Gabon, au Cameroun. En mars 1998, le magazine Entrevue décide d’envoyer une équipe enquêter sur la Becob, mais leur reportage ne sera jamais publié, BHL étant intervenu directement auprès d’Arnaud Lagardère, propriétaire du journal, pour faire passer le reportage à la trappe.

Pour savoir comment cette entreprise d’exploitation de bois de plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires a bien pu être gérée par BHL, une équipe de reporters est envoyée en Côte d’Ivoire, pour enquêter sur Sivobois, une filiale locale des Lévy.

Les journalistes d’Entrevue arrivent en plein conflit social! A Sivobois, les travailleurs se plaignent des retards de salaires et, leurs banderoles dénoncent des conditions de travail «esclavagistes».

Mais, ce dont le magazine français n’a pu témoigner, en Côte d’Ivoire, une petite organisation non-gouvernementale de protection de l’environnement va pouvoir le faire, au Gabon.

En juin 2000, le Comité-Inter-Association Jeunesse et Environnement (CIAJE) est mandaté par Forest-Monitor – une grande ONG britannique spécialisée dans la lutte contre la déforestation – pour enquêter sur l’impact des activités des entreprises forestières européennes sur la population et l’environnement local.

L’étude se concentre sur trois sites d’exploitation représentatifs du pays d’Omar Bongo. L’un d’entre eux est le chantier M’Boumi, où opère la Société de la Haute Mondah (SHM). Pendant quatorze ans, de 1983 à 1997, la Becob, le groupe de la famille Lévy, via sa filiale Interwood, a exploité cette concession de 170.000 hectares. Quelque 200 employés, essentiellement, gabonais, y travaillaient.

Pendant plusieurs semaines, les volontaires de cette ONG observent les conditions de travail et discutent avec les travailleurs de cette exploitation forestière. Leur rapport, intégré dans une étude englobant toute l’Afrique centrale, est accablant. Il décrit les conditions sanitaires déplorables ayant cours dans cette concession.

Un rapport extrêmement sévère pour Bernard-Henri Lévy, champion des droits de l’homme et ami autoproclamé de l’Afrique noire, en déshérence. La Becop sera rachetée en 1997, à bon prix par le groupe Pinault-Printemps-Redoute.

Entre autres conseil d’administration ou il siège, il y a celui des Editions Grasset et Fasquelle, et il dirige la société de production de cinéma Les films du lendemain (bénéfice net 2010 : 376.700 €) qu’il a fondé avec François Pinault, et la société immobilière Finatrois.

Il fut d’ailleurs patron du CNC durant quelques temps ce qui lui permis d’avoir l’avance sur recette pour son film « Bosna ».

En 2005, il est nommé au conseil d’administration d’Arte France Cinéma

En 2009 il est réélu pour cinq ans à la présidence du conseil de surveillance d’Arte

Et depuis la mort de Khadafi, Bernard serait donc à l’origine du virage diplomatique de la communauté internationale en faveur du Conseil National de Transition (CNT) islamiste, tout comme le romancier philosophe a été au cœur de la reconnaissance dudit Conseil par Nicolas Sarkozy.

Et le «  philosophe Bernard-Henri Lévy » ose déclaré  que « c’est en tant que juif » qu’il avait « participé à l’aventure politique en Libye », lors de la première Convention nationale organisé par le Conseil représentation des organisations juives de France (CRIF). « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël », a-t-il déclaré.

Avec de tels amis les juifs n’ont pas besoins d’ennemis.

Notre «  philosophe Bernard-Henri Lévy » est le blason, que dis-je l’emblème des causes justes, des boat people aux islamistes algériens puis afghans et enfin libyens, mais c’est également dans l’épure de l’homme de bien, le conquérant qui lutte pour un monde meilleur, le portrait sommairement déssiné de Bernard l’africain, que nul n’oserait  soupçonné d’être plus intéressé par le pétrole libyen, que par le sort des compatriotes de Khadafi.

Ses thuriféraires louent ses solidarités certes qui quelquefois provoquent une certaine perplexité, comme celle à l’égard de ses amis maoïstes, mais ses admirations demeurent révolutionnaires  ainsi en témoigne l’admiration du kautskyste Louis Althusser, et du descendant d’une grande famille bourgeoise parisienne,  Régis Debray.

Nous ne voulons pas dans ce court portrait, traiter de la vie privée qui doit le rester, sauf à rencontrer « l’histoire » et donc notre héros a pour nouvelle égérie Daphné Guinness, une héritière de la brasserie éponyme.

C’est une oisive fortunée qui est la petite fille de Diana Mosley, Diana Milford de son nom de jeune fille, mariée puis divorcée de Bryan Guiness et enfin mariée avec Oswald Mosley qui fut le chef du parti fasciste britannique British Union of Fascists et durant la guerre membre de la 5ème colonne allemande.

Oswald Mosley et Diana furent de très bons amis d’Hitler et de Goebbels, ce qui leur valu un petit séjour à l’ombre en Angleterre.

Une descendante d’authentiques nazis ! C’est autre chose que la famille Le Pen… Pour terminer ce portrait, évidemment insuffisant, compte tenu de l’ampleur du personnage et du manque de place réunies manque de place, je préfère laisser la parole où plutôt l’écrit à L’historien de la Grèce antique Pierre Vidal-Naquet qui écrivait dans Le Nouvel Observateur en juin 1979, à propos du livre « le Testament de Dieu ».

« Votre publication a eu récemment l’occasion de faire écho de façon favorable au livre de Bernard-Henri Lévy, Le Testament de Dieu, publié aux Éditions Grasset dans la collection « Figures ». Je pense que votre bonne foi a été surprise. [Il suffit, en effet, de jeter un rapide coup d’œil sur ce livre pour s’apercevoir que loin d’être un ouvrage majeur de philosophie politique, il fourmille littéralement d’erreurs grossières, d’à-peu-près, de citations fausses, ou d’affirmations délirantes. Devant l’énorme tapage publicitaire dont bénéficie cet ouvrage, et indépendamment de toute question politique et notamment de la nécessaire lutte contre le totalitarisme, il importe de rétablir, dam les discussions intellectuelles, un minimum de probité.] Je n’entends pas fournir ici une liste complète des erreurs de Bernard-Henri Lévy, cela demanderait un gros volume ; je me contenterai d’une simple anthologie de « perles » dignes d’un médiocre candidat au baccalauréat. [Qu’il s’agisse d’histoire biblique, d’histoire grecque ou d’histoire contemporaine, Monsieur Bernard-Henri Lévy affiche, dans tous les domaines, la même consternante ignorance, la même stupéfiante outrecuidance ».

Monsieur Bernard-Henri Lévy place au « 7e jour » (p. 238) de la création le péché originel. Il faut croire qu’Adam et Ève ont profité du repos du Seigneur ; mais cette précision surprendra les lecteurs de la Genèse ; prenant le Pirée pour un homme, il fait (p. 79) d’Halicarnasse un auteur grec ; de l’Antigone de Sophocle, tragédie représentée à Athènes en 442 av. J.-C. et dont l’action se passe dans la Thèbes du second millénaire, il fait une pièce qui nous informe sur Thèbes à la fin du Ve siècle (p. 87) ; c’est comme si la Phèdre de Racine était utilisée comme document sur la Crète au temps de Louis XIV ; il fait (p. 79) de textes qui s’échelonnent entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C. des témoignages datant du temps de la « romanité expirante » ; c’est simplement se tromper de trois ou quatre siècles ; Robespierre, qui organisa le culte de l’Être Suprême, est accusé de « mise à mort du Dieu Un et Souverain » (p. 106) ;

Un texte de Benjamin Constant (1818) et un autre de Fustel de Coulanges (1864) sont déclarés (p. 42) « à peu près contemporains » et c’est même le premier qui fait « spectaculairement écho » au second. À ce compte, on pourrait déclarer « à peu près contemporains » le J’accuse de Zola (1898) et l’Appel du 18 juin du général de Gaulle ;

« Le véritable problème n’est donc pas de « critiquer » le livre de Bernard-Henri Lévy, car il est en deçà de toute critique ; il est de se demander : 1) Comment un normalien, agrégé de philosophie selon ce que nous apprend la couverture du livre, peut-il se mépriser lui-même et mépriser ses lecteurs au point de leur infliger une pareille « science » et se comporter, pour utiliser son propre vocabulaire (pp. 78-79), comme un « bateleur analphabète » ? 2) Comment il peut se faire que, sans exercer le moindre contrôle, un éditeur, des journaux, des chaînes de télévision lancent un pareil produit, comme on lance une savonnette, sans prendre les garanties de qualité que l’on exige précisément d’une savonnette ? Est-ce cela la « Barbarie à visage humain » ?

Pourquoi en écrire plus qu’un honnête homme et un véritable intellectuel tel Pierre Vidal-Naquet.

Michel Ciardi

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