Bertrand Delanoé préfère financer l'ICI et laisser le handicap au religieux

L’actualité nous apporte deux faits :
1- Les projets de la Mairie de Paris concernant les handicapés mentaux lourds sont arrêtés dans la décennie 2000.
2- La même municipalité déclare avoir mis au point un système pour « contourner la loi » 1905 afin de financer les lieux de culte musulmans.
Je voudrais que quelqu’un puisse répondre à la question posée par cet article. Quel est le lien entre les deux faits ?

1- Sur La5, dans le cadre d’une émission liée à C dans l’air, où l’un des deux journalistes de l’émission interview en tête à tête un invité, l’invité est un député-Premier adjoint à la Mairie de Paris.

Ce député se livre à une attaque en règle contre l’islamophobie. Il reprend cette expression créée par M. Khomeiny pour faire assassiner ses contradicteurs, Salman Rushdie entre autre, comme si de n’était. Personne ne s’étonne qu’une catégorie explicitement criminelle, chargée de véhiculer les assassinats, deviennent un concept d’organisation de la vie publique.

Mais ce qui nous concerne c’est qu’à un moment donné il dit: « Dès 2001, nous nous sommes attelé à ce problème (le financement d’un lieu de culte musulman)….Nous avons mis du temps à contourner la loi, mais nous y sommes arrivés ». On doit pouvoir retrouver le sujet sur le net.
Il semble que cet ICI soit ce « contournement de la loi ». Il a donc été conçu comme tel.
Je conseille aux avocats des braqueurs de banque, ou de M. Carlos, de faire valoir auprès de la Cour qu’ils ont simplement cherché à « contourner la loi ». Cela permettrait au moins d’établir une jurisprudence et donc une légalité.

2- Julia Kristeva, dans Le Monde, 30.04.11, dit qu’elle a un enfant lourdement handicapé mental.
Elle l’a placé dans un centre catholique de Fontainebleau. Ceci bien qu’Athée. Pourquoi ?
Parce que dit-elle : « Nous étions à la recherche d’une « structure innovante »pour notre fils David atteint d’une maladie neurologique qui puisse lui permettre une vie autonome et protégée. Après des années d’efforts, de promesses, la Ville de Paris, qui développe un politique solidaire dans le domaine du handicap, a brusquement arrêté le projet. Pénurie de moyens, les handicapés ne sont pas un lobby intéressant en temps de crise…Plus étonnant, le conseil du maire : « Allez voir chez les religieux ! ». Une faillite de plus de la République. ».
Ce qui m’a frappé est qu’elle tient à le dire puisqu’elle ajoute une phrase de dérision sur cette pseudo-modernité. Elle a tenu à faire savoir qu’il y avait un problème.
Donc : l’équipe dite « la Ville de Paris » a supprimé au moins d’importantes subventions aux handicapés moteurs. Celles qui auraient pu justement créer une « structure innovante ». Ceci, après des « promesses » réitérées, et alors qu’un « projet » existait. Le « Maire » renvoie aux « religieux ».
Qui sont cette Ville de Paris, ce Maire ? Quel est ce projet ? Combien ça coûte ? Quel est le budget handicap de la Mairie, sa composition ?
Mme Kristeva parle de « Lobby intéressant en temps de crise ». Qui ?
Un « projet » existait, des choix ont été faits en faveur d’autres projets. Lesquels ?

3- Ma question est la suivante :
J’ai rapproché les deux faits.
1- La Mairie de Paris fait une opération immobilière de 30M d’euros, dite ICI, la construction d’un institut qui en fait est un lieu de culte camouflé. De toute façon, un lieu privé, réservé à une partie de la population définie selon des critères idéologiques privés.
2- L’interview de Mme Kristeva. Elle nous informe que les crédits ont été coupés dans la même période où la Mairie transférait des fonds vers les associations musulmanes.
N’y a-t-il pas eu transfert comptable de la ligne : handicapés mentaux, à la ligne : associations musulmanes ?
Je ne peux par moi-même accéder à ces comptes. Une organisation installée de personnes capables le peut.
Rien que si ça peut obliger la Mairie de Paris à s’expliquer sur le circuit des fonds anciennement programmés à l’affectation aux handicapés mentaux, ça serait déjà une bonne action publique.

Il est inexact de dire comme Mme Kristeva que « les handicapés ne sont pas un lobby intéressant en temps de crise… ».
Aujourd’hui, loin d’être négligés, les handicapés mentaux sont au centre des stratégies d’ordre de l’ État. Ils servent de variables d’ajustements dans les politiques publiques. En général, c’est pour brasser de l’air. On ne veut pas s’attaquer aux causes de la délinquance, ça gênerait trop de beau monde. On rafle des malades mentaux.

30% de handicapés mentaux à l’entrée en prison. C’est une criminalité d’ État qui relève de la jurisprudence de Nuremberg.

Cette politique d’ État criminelle est déjà sortie de sa fonction bouche-trou, pour la mise en route, en bouche, et désormais, elle commence à organiser la vie publique.

Pour la « Mairie de Paris », il s’agit de faire des « économies ». Mais pour qui ? Pour quoi ?

Au même moment où la « Mairie de Paris » (qui est-ce ?) sabordait un projet, il s’en ouvrait deux autres.
1- M. Guéant, Ministre de l’intérieur, ouvrait les locaux d’une ancienne caserne à des particuliers par ailleurs musulmans aux fins qu’ils y pratiquent, aux frais principaux de l’ État, leurs activité religieuses privées.
2- La «Mairie de Paris » s’employait à « contourner la loi » pour violer la loi 1905 interdisant le financement d’un lieu de culte. Cela aboutit à une opération immobilière de 30M d’Euros. Opération qui finance un lieu de culte et des lieux culturels privés et partisans par définition.
Les lieux culturels ainsi financés viennent en déduction des lieux culturels publics dont la population parisienne à besoin, notamment la jeunesse, toute la jeunesse.
Dans la forme publique, ces lieux culturels s’appellent des « Maison de jeunes et de la culture ». Leur fondateur, André Malraux, a sans doute quelques titres universalistes à faire valoir dans cette discussion.
Donc, de toute façon, ces opérations immobilières, de M. Guéant, ou de M. Delanoë (car ici c’est bien de lui dont il s’agit), viennent en déduction des crédits affectés aux handicapés. Il a en effet été reconnu qu’un « projet » était nécessaire concernant les handicapés. En langage administratif français, cela veut dire toutes les personnes concernées par le handicap, selon les classifications médicales, sans distinction. C’est à cela que sert d’abord l’argent public. .
Pour des raisons de stratégies politique occultes, jamais discutées en publiques, des projets publics, conformes à la fonction municipale, ont été retirés pour mettre en place des opérations visant à donner un pouvoir public à des personnes organisées à titre privé.

Ne serait ce pas cela que signalerait la formule : « Pénurie de moyens, les handicapés ne sont pas un lobby intéressant en temps de crise… »

Nous constatons que cette affaire ne se résume pas à un détournement d’orientation légitime des crédits municipaux et préfectoraux.

En disant : « Plus étonnant, le conseil du maire : « Allez voir chez les religieux ! ». Une faillite de plus de la République. » ; M. Le Maire ne prononce pas seulement la phrase sacramentelle de tous les fonctionnaires d’aujourd’hui face au public : Allez voir ailleurs !
Il fait une autre opération.
Il installe le religieux, une version du privé dans sa fonction de nécessaire exclusion d’une partie de la population, dans l’ État.
Il sort le public, l’universel, l’intérêt général, de l’ État. Il le renvoie à la sphère privée.
Il place le religieux, le privé, le sélectif, dans les locaux publics, et le laïque, le public, l’universel, dans les locaux « religieux ».
P
ourquoi ne fait il pas l’inverse, ne dit il pas aux religieux : « Allez voir chez les religieux ! ». Il pourrait ainsi installer les handicapés mentaux dans les locaux publics et réaliser leur projet.

Julia Kristeva a tort dans son interprétation des faits. Ce jour là, la République n’a pas connu une faillite de plus. Elle a connu une défaite, elle été vaincue. Mme Kristeva et son fils faisaient face au vainqueur.

La haine des agents de l’ État à l’égard des handicapés mentaux à pris des proportions criminelles. Comme les Subprime en économie, cette haine en vient à déstructurer l’administration publique.

Il ne s’agit pas d’aller « parler au Maire », Mme Kristeva l’a déjà fait. Résultat : allez voir les religieux ! Il faut que les français se donnent les moyens d’une interrogation d’autorité de ce qui est présenté par un Premier adjoint au Maire, et député, comme une façon de « contourner la loi ». Une carambouille.

En avons-nous encore la capacité ?

Marcel Lallier

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