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Beyrouth : la possible piste d’un attentat du Hezbollah…

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Quand Donald Trump a twitté que l’explosion de Beyrouth était un attentat et que ses services de renseignement ont aussitôt démenti, cela n’a choqué personne.

Mais aujourd’hui, c’est le Président du Liban lui-même qui émet cette hypothèse, évoquant un missile tiré sur le dépôt de nitrate d’ammonium.

Vérité ou fantasme de la sphère complotiste ?

Le fait est qu’Albert Soued, journaliste de « Nuit d’Orient », semble pencher pour un attentat, programmé par l’Iran et mené par le Hezbollah. Ce qui écarte la piste du feu accidentel.

Le Hezbollah est un État dans l’État, le véritable maître du Liban. Bras armé de Téhéran, rien ne se décide sans lui.

Il contrôle le port et toutes les cargaisons sensibles qui y débarquent. Or, en 2013, un cargo russe a livré une cargaison de nitrate d’ammonium, initialement destinée au Mozambique. Pourquoi ? Mystère.

Mais il semblerait que faire exploser du nitrate d’ammonium ne soit pas à la portée du premier venu. Cette opération nécessite des moyens et une expertise que seul le Hezbollah, guidé par l’Iran, est en mesure de mener à bien.

Albert Soued juge cette hypothèse plausible pour 5 raisons :

– cette catastrophe a permis de différer sine die le verdict du procès d’affiliés du Hezbollah à la Haye, accusé du meurtre de l’ex-Premier ministre Rafiq Hariri, tué en 2005,

– l’énorme explosion a éloigné, voire annulé des émeutes de la faim prévisibles contre le Hezbollah, du fait du désastre socio-économique dans le pays,

– en traumatisant la population, l’énorme explosion renforce la position du Hezbollah dans le pays, ainsi que celle de son parrain, l’Iran,

– les énormes destructions ouvrent la voie à une reconstruction par les alliés de l’Iran, Chine et Russie,

– de plus, ce processus apocalyptique destruction/construction est tout à fait conforme avec la foi chiite, partagée aussi bien par le Hezbollah que par les ayatollahs.

Chacun jugera, mais ces raisons ont une certaine crédibilité.

Au Liban, c’est le Hezbollah qui fait la loi.

La colère du peuple est telle depuis des mois, avec 50 % de la population sous le seuil de pauvreté, que la révolution menace, pour chasser les dirigeants corrompus, Hezbollah en tête.

Garder le pouvoir à tout prix est donc une option pour ceux qui ont détruit le pays et refusent d’en payer le prix.

Par ailleurs, la perte du Hezbollah et du Liban, qui est un maillon du croissant chiite, Iran, Irak, Syrie, Liban, serait un désastre pour Téhéran, qui verrait sa politique d’expansion chiite au Moyen-Orient très compromise.

Et face à Israël, le Hezbollah est un allié majeur de Téhéran, qu’il faut préserver.

Pour toutes ces raisons, l’implication de Téhéran et du Hezbollah est une hypothèse crédible.

Celle du missile tiré directement par Téhéran, donc pour les mêmes raisons, l’est tout autant.

Qui d’autre que l’Iran avait intérêt à déstabiliser totalement le Liban ? Personne.

Jamais Israël n’aurait mené une telle opération apocalyptique, qui a fait 150 morts et 5 000 blessés.

À suivre…

Jacques Guillemain