BHL a été capable de copiner avec des gens qui ont profané le cadavre de l’ambassadeur américain

« Par Allah-Le-Tout-Puissant« , s’il est un mot qui résume l’affaire benghazie du moment, c’est bien « opacité« .

Et à tous les niveaux! Qui fait quoi dans l’histoire? Qui a manipulé qui ? Par quel biais tordu le peuple versatile accouché par le glorieux printemps américano-arabe se retrouve-t-il, coupe-carotide en mains, à l’assaut d’un consulat yankee en terre d’Islam? Qui sont les cocus désignés de cette farce sanglante?

Quoi qu’il en soit de cette soupe infâme pimentée à l’harissa, le retour de bâton dans la poire des faiseurs de saisons arabes a de quoi faire réfléchir. Au passage, saluons l’admirable prouesse de couardise de nos informateurs capables, par une telle journée de tumulte, de passer sous silence visuel l’outrage posthume infligé à l’ambassadeur américain en Libye, une danse macabre exécutée par des nécrophages et pour laquelle c’est la tête de l’État, Président et Secrétaire, qui présente ses excuses aux profanateurs de cadavre !

L’ambassadeur des États-Unis humilié post-mortem à l’image d’un vulgaire Khadafi, et on passe ça par pertes et profits! « Le mariage gay d’abord, coco, tu me fais une trente pour le 20 heures ». Oh my god! What a strange world ! Et nous aurons connu cela de notre vivant ?

Ben oui ! En vérité, la nullité crasse des services de renseignement américains, si bien disséquée par une récente et brillante enquête diffusée le 11 Septembre par Arte, se trouve confortée par ce prolongement prévisible du 11 septembre 2001. C’est retour à la case départ, les mêmes calculs sordides d’officines se tirant en permanence dans les pattes, la même naïveté de cow-boys perdus dans les sables du désert, le même film, désespérant, d’un Occident incapable de comprendre l’oeuvre pourtant limpide et simple d’une conquête en cours qu’il se révèle impuissant à contrer. C’est à se taper la tête contre les murs.

Malheureux Occident, qui encense la création « artistique » d’un Christ trempé dans l’urine et se trouve révulsé par une défécation improvisée devant une mosquée. Petite pouffiasse apeurée, empêtrée dans ses contradictions, ses renoncements, ses lâchetés et qui se demande, pauvrette, si l’on parviendra malgré tout à pacifier ce qu’elle s’obstine, dans sa cartésienne recherche, à considérer encore comme un bordel total. On est au fond du trou et, pour en sortir, on creuse!

Réaction immédiate de la hiérarchie musulmane, par la voix de Monsieur Moussaoui, ce soir même : on condamne l’assassinat, mais attention, on respecte le prophète! En résumé, qui s’attaque au monument prend le risque de le voir dégainer. Quintessence du double discours à la Ramadan, « abstract » d’une stratégie assez bien rodée pour enfumer un peu plus chaque jour l’idiot utile commis à l’analyse du phénomène. Dans la grande confrontation des marionnettistes, c’est à qui tirera le plus efficacement les ficelles et, ma foi, le désarroi du monde libre est ici l’image bien réelle de l’insondable complexe de supériorité qui le conduit droit à sa perte. D’autres preuves ? Elles viendront, inéluctables. Pour l’instant ; c’est lui, le dindon de la farce.

La lumière viendra forcément sur cette brume délétère. Quand, comment, par qui ? Je m’en fous. Ce que je sais, et répète comme on enfonce un clou dans une planche, c’est que l’Islam est une force longtemps mise en sommeil et désormais réveillée, animée du même élan qu’à l’origine, confortée par la bêtise de nos dirigeants, poussée par l’esprit munichois qui, chez nous, la considère comme partenaire d’un progrès civilisationnel de première importance. Quelle faute de la laisser ainsi s’épaissir! Et quel aveuglement proprement criminel, chez tous ceux qui s’en font les compagnons de route!

Maintenant, c’est à qui se défaussera le plus habilement. Comme vis-à-vis des Khmers Rouges. « Je vous ai trompés parce qu’on m’a trompé et parce qu’on m’a trompé, je me suis trompé« . Facile! J’ai entendu ça, moi, de la bouche de gens pour qui Pol Pot représentait un avenir possible, une solution, une expérience à vivre. Il me semble que j’entendrai de nouveau cette piteuse confession avant de quitter ce monde. Simple question de temps. Je souhaite ardemment pouvoir écouter une seconde fois ce discours de remords. Mais dans une société garante une fois encore de ses libertés, parce qu’elle se sera battue pour ça.

[youtube qmodVun16Q4]

http://www.youtube.com/watch?v=qmodVun16Q4

Le film qui embrasa l’Orient! J’ai cru un instant que c’était l’immortel chef-d’oeuvre de Monsieur Lévy (Bernard-Henri, général d’aviation), « Le jour et la nuit« , classé dans la catégorie « navets cosmiques » à égalité avec « Un million d’années avant Jésus-Christ« . J’ai pensé que les salafistes de Libye, ou d’autres raides-dingues de la même eau, se révoltaient contre cet étalon-zéro de la création artistique. Hélas, il ne s’agissait pas de cette exécution-là. Dommage. Le geste eût eu une certaine classe. À ce propos, le silence actuel de l’auteur sur le merdier arabe dont il a grandement facilité le cours nous indique que notre Malraux pour riyad chérifien est entré dans une phase d’intense cogitation. On le comprend : copiner avec des gens capables de profaner le cadavre d’un ambassadeur américain vous classe son bonhomme. Allez, Bernard-Henri, vous pouvez retourner sans fausse honte à la Closerie des Lilas. Les Français sont, comme vous en êtes persuadé, suffisamment cons pour ne pas vous en vouloir.

Idiot utile ? Je suis bien persuadé du contraire. Quoi qu’il en soit, restons poli!

Alain Dubos

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