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BHL chez Ruquier : la haine pathologique de la France

La-ou-bhl-passe.On savait que l’émission de Ruquier et sa bande sur France 2 – On n’est pas couché – était le réceptacle de la détestation de notre pays dans sa dimension historique et culturelle pré-soixante-huitarde, mais samedi 13 février, une marche de plus a été gravie avec l’intervention de BHL, un habitué de la boutique.

Pour ceux qui l’ignoreraient, ledit BHL a un problème avec la France, et il le fait savoir depuis quelques décennies. Rappelons, pour mémoire, son brûlot malhonnête paru au début des années 1980 : L’idéologie française. Ce philosophe du pauvre d’esprit y fustigeait abondamment l’Hexagone, ontologiquement antisémite selon lui – « majoritaire il y a soixante-dix ans », réitérera-t-il sur le plateau de Ruquier. Il oubliait le nombre important d’enfants et d’adultes juifs soustraits aux griffes des nazis pendant l’Occupation par des familles françaises. Sans doute cela ne cadrait-il pas avec sa vision !

Pour le sieur BHL, la France était donc le terreau du national-socialisme, notamment à travers un écrivain comme Maurice Barrès. Certes, ce dernier avait manifesté un indéniable antisémitisme, mais il en revint, écrivant même à propos de l’engagement des israélites français lors de la Première Guerre mondiale : « Un long cortège d’exemples vient de nous montrer Israël qui s’applique dans cette guerre à prouver sa gratitude envers la France. » De là à soupçonner ce patriote viscéral de connivence avec l’idéologie hitlérienne, il fallait être BHL pour l’oser ! Qu’importait si Barrès était mort en 1923, dix ans avant l’avènement d’Hitler. Pourquoi respecter la chronologie quand on est BHL ?!

Patriote, justement, le chrétien Charles Péguy l’était, jusqu’à faire le sacrifice de sa vie en septembre 1914. Fort logiquement, lorsque Yann Moix l’évoquera, BHL renâclera : « Je n’aime pas la conception de la France que nous offre Péguy. » Equation imparable : Péguy aime la France ; BHL ne l’aime pas ; donc Péguy n’est pas propre à la consommation !

BHL était donc convié samedi soir pour parler de son dernier essai : L’esprit du judaïsme. Sur le papier, l’idée était belle : évoquer ce judaïsme longtemps apatride, qui sut s’enrichir de maintes cultures en y participant brillamment. Citons au hasard : Mendelssohn, Mahler, Kafka, Proust, Zweig, Modigliani.
C’eût été mal connaître BHL que de croire qu’il se contenterait d’un éloge. Non, il lui fallait régler des comptes avec une France honnie ; sans doute parce qu’elle lui refuse encore le statut d’un Victor Hugo, lui qui se voit plus grand que son effective petitesse !

Cette fois, pourtant, BHL s’est surpassé, atteignant des sommets ! Selon lui, l’affaire DSK serait antisémite, comme l’était celle du sang contaminé, qui mettait en cause Laurent Fabius ! S’agissant de ce dernier, BHL parle de « crime rituel », s’appuyant sans doute sur ces juifs accusés d’avoir empoisonné des puits pendant la Peste noire, au Moyen Âge. On croit rêver ! Vous avez dit communautarisme ?!

Au passage, si BHL avait sciemment voulu donner du grain à moudre aux vrais antisémites, il ne s’y serait pas pris autrement. Pire, BHL interdit en substance aux Français juifs de se caractériser d’abord en tant que Français, les renvoyant systématiquement à leur judaïsme.

Quid du véritable et très actif antisémitisme en France ? BHL est, là, plutôt discret, parce que l’islam ce n’est pas la France et que seule la France est génétiquement antisémite. Sa haine de notre nation l’aveugle à ce point !
Car BHL n’a aucun recul sur les événements et sur lui-même : sa voix doit sonner comme celle de Dieu le Père. Qu’importe ses supercheries passées – notamment ce montage-photo grossier en Bosnie où il tentait de nous faire croire qu’il était sous un feu nourri ! –, il les établit comme des faits indiscutables, verrouillant la moindre contradiction. « J’ai roulé ma bosse », dit-il avec un aplomb admirable sur le plateau.

Et pour parfaire son personnage, BHL, toute honte bue, subtilise le costume des autres : en s’interrogeant sur ce qui manquerait au monde sans le judaïsme, il paraphrase Chateaubriand à propos du christianisme, ce que la chroniqueuse Léa Salamé ne manque pas de lui rappeler. Pour autant qu’il la déteste, c’est la culture française qu’il convoque, trahissant peut-être une certaine schizophrénie.
Lorsque la même Léa Salamé pointe son absence de regrets à propos de la Libye, le sourire satisfait de BHL fait froid dans le dos. On se prend à cauchemarder : s’il avait à nouveau l’oreille d’un président de la République, que nous réserverait-il ? N’est-ce pas là l’ambition de BHL : faire rendre gorge à un pays qu’il abhorre ? C’est une question.

« Cette France où je suis né, qui ne sacre un juif roi de l’époque ou roi du système que pour mieux le honnir et, quand elle peut, l’abattre », écrivez-vous, monsieur Lévy. Me vient alors une question : si nous sommes si antisémites, que faites-vous là ? Il me semble que vous avez assez d’argent pour trouver de plus verts pâturages ! Vous parlez d’Israël comme d’un refuge ; alors songez que la France en est un pour beaucoup d’entre nous, qui n’admettons plus de la voir agressée par des actes et des propos dont vous êtes le chantre.

Charles Demassieux