1

BHL est toujours dans la grande illusion d’un « islam des Lumières »

https://www.leparisien.fr/resizer/-DY2TWEjF1IcltC2k9ex5qbXZE4=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/MRCCUKJNFVGHKMMPCCMWWJVX3Y.jpg

Dans une tribune du JDD, BHL appelle de ses vœux  un « islam des Lumières », en dénonçant le concept de « guerre de civilisation » qui opposerait le monde musulman à l’Occident.

En pleine révolte de millions de musulmans contre la France, coupable à leurs yeux de salir Mahomet, BHL nous livre une tribune pour le moins utopiste, au point qu’on se demande s’il vit sur notre planète.

Selon lui, si guerre de civilisation il y a, c’est d’abord celle qui oppose les nostalgiques d’Averroès, Avicenne, Ibn Khaldoun ou Al-Kindi, ces philosophes arabes héritiers de la pensée d’Aristote, aux fondamentalistes musulmans, salafistes et autres, qui dès les XIIe siècle commencèrent « d’éteindre les lumières de Bagdad ».

Si guerre il y a, c’est aussi celle qui ressurgit lors de chaque attentat, entre les tenants d’une politique de fermeté remettant en cause le droit d’asile et nos principes humanistes, et les défenseurs inconditionnels de l’état de droit.

Si guerre il y a, c’est celle qui oppose ceux qui défilent contre l’islamophobie en voulant imposer un délit de blasphème, aux  inconditionnels de la liberté d’expression.

Pour BHL, qui souligne en passant que le terrorisme islamique tue davantage de musulmans que de non-musulmans, le concept de guerre de civilisation ne fait que nourrir la confusion, l’aveuglement et l’ignorance, et doit être par conséquent rejeté.

Bon concept en revanche que celui du fascislamisme.

À grand renfort de références historiques, BHL estime que le jihadisme contemporain puiserait ses sources dans les temps sombres du fascisme.

Une hypothèse qui a le mérite, selon lui, de ne pas stigmatiser l’ensemble des musulmans.

Car s’il faut combattre le sectarisme des Frères musulmans et rappeler que certains dignitaires de l’islam furent des sympathisants du nazisme, il faut aussi se souvenir de ces goumiers, ces tabors et autres soldats de la liberté qui s’illustrèrent à Monte Cassino et ailleurs, sans oublier les peshmergas, ces combattants kurdes, qui ont sauvé les juifs d’Irak des griffes de l’EI.

Pour BHL, il est impératif de ne pas confondre « islam » et « islamisme », en pariant sur les savants en religion pour déradicaliser les sourates.

C’est là la seule référence au Coran que fait BHL, qui n’a jamais cité le Livre Saint dans sa très longue tribune !

Nommant les « courageux » imams de Drancy, Hassen Chalghouni, et de Bordeaux, Tareq Oubrou, BHL avale un peu vite le faux discours aguichant de bon nombre de musulmans fraîchement convertis à la République, alors qu’ils étaient des adeptes d’un islam des plus rigoristes, il y a peu.

Mais la taqîya, massivement pratiquée tant que l’islam est en position de faiblesse, BHL préfère l’ignorer.

Rêvant d’un retour à l’islam rationaliste de l’époque d’Ibn Khaldoun, BHL ne donne aucune solution pour éviter le désastre qui se profile, si ce n’est de rappeler aux musulmans que c’est à eux qu’il appartient avant tout de s’inscrire durablement dans la Cité, afin de régler la question de la déferlante fondamentaliste.

Un vœu pieux, évidemment, car cela suppose une totale relecture du Coran, expurgé de ses 600 versets les plus violents, haineux et misogynes.

Et qui peut croire que les responsables musulmans de France oseront s’attaquer à l’intouchable Saint Coran ou aux hadiths, jalousement défendus par les plus hautes autorités musulmanes du Caire ?

Cette tribune de BHL n’est qu’un rêve, qui relève de la naïveté la plus affligeante.

Le spécialiste de l’islam, Dominique Urvoy, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, soulignait  il y a quelques années les limites du dialogue          islamo-chrétien.

https://www.lefigaro.fr/livres/2006/12/14/03005-20061214ARTFIG90240-les_penseurs_de_mahomet.php

« La figure du dhimmi promis à l’enfer reste largement dominante. Même chez des penseurs modernistes, le chrétien ne vaut que pour son aptitude à se soumettre à l’autorité d’une autre religion. L’islam ne transigera pas sur l’essentiel : se considérer comme le détenteur de l’unique et ultime vérité ».

Comment dans ces conditions, espérer un islam des Lumières, qui serait en totale contradiction avec le Coran et la Sunna ?

Il faut s’appeler Xi-Jinping et être à la tête d’une puissante Chine de 1,4 milliard d’habitants pour oser réécrire le Coran à la sauce du PCC, dans le but de mater les 10 millions d’Ouïghours hostiles à Pékin.

Aucun pays musulman n’a osé manifester, aucun portrait de Xi Jinping n’a été décapité et aucun drapeau chinois n’a été brûlé.

Car dans le monde musulman, qu’il soit rationaliste ou obscurantiste, on méconnaît le droit, mais la force, ça se respecte !

Par conséquent, aucun pays arabe ou occidental n’osera toucher à une seule virgule du Coran. Il est donc illusoire d’imaginer un islam moderne qui aille à l’encontre de la parole sacrée.

Nous ne sommes plus en 1950, quand les pays musulmans ne représentaient que des masses incultes et misérables.

L’ère du pétrole est passée par là, enrichissant les monarchies du Golfe, qui sont devenues les principaux vecteurs de l’islam radical en Europe, à coup de pétrodollars inépuisables.

Quand BHL s’appuie sur un imam « modéré » comme Hassen Chalghoumi, il semble ignorer le passé sulfureux de ce musulman qui se dit profondément républicain, alors qu’il fut un adepte du Tabligh, mouvement fondamentaliste s’il en est, qui prône une interprétation strictement radicale du Coran.

Formé dans une madrassa au Pakistan, puis parti se perfectionner en Inde, Chalghoumi est devenu un des chefs de la mouvance tabligh en France.

Une note de la DGPN le signale pour ses positions extrémistes et ses appels au jihad ! C’est dire combien il est permis de douter de la fiabilité du personnage.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hassen_Chalghoumi

Quant à ce bon imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, décoré de la Légion d’honneur par l’indécrottable Juppé, l’homme qui n’a jamais lu le Coran, c’est pire. Ce monsieur plastronne en costume sur les plateaux TV, mais son passé vaut le détour.

J’invite BHL à se rendre sur le site islametinfo.fr pour y visionner une intervention de Frère Tareq, intitulée :

« Quand Tareq Oubrou parlait comme Daesh du califat »

Par ailleurs, un ex-frangin proche d’Oubrou, Omar Djellil, n’avait pas hésité à désacraliser l’image de cet imam républicain modèle, encensé par le gros naïf qu’on appelait le « Grand Mufti de Bordeaux ». Voici ce qu’écrivait Djellil à Oubrou :

« C’est de tes propres mains que nous recevions des magazines faisant l’apologie d’un certain Ben Laden, que tu nous présentais comme un milliardaire islamisé charismatique qui faisait dans l’humanitaire au Yémen, au Soudan, en Somalie, en Afghanistan… Je me vois encore en train de nous faire des accolades dans ton bureau au moment où les avions percutaient les tours jumelles de New York ; « Allah est grand ! » t’exclamais-tu ».

Si c’est avec ce genre d’imams que BHL espère voir naître un « islam des Lumières en France », l’affaire est mal partie. Très mauvaise pioche !

Pour terminer, si BHL ne cite pas une seule fois le Coran dans son texte, rappelons-lui que ce livre sacré est devenu la référence de 75 % des jeunes musulmans de France, qui placent la religion au-dessus de la République.

La conclusion de tout cela est que le « Pas d’amalgame » est une foutaise, un discours anesthésiant qui nous a menés en 20 ans à ce constat terrible : les 3/4 de la jeunesse musulmane de France ne se sentent pas français et, savamment manipulés par les barbus, restent tentés par la charia.

La sinistre vérité est que la France court vers des affrontements confessionnels majeurs, à des années-lumière d’un islam républicain parfaitement intégré.

Il est grand temps que nos penseurs et faiseurs d’opinion redescendent sur Terre et tiennent un discours de vérité, au lieu de nous bercer d’illusions dangereuses.

En trente ans de discours de tolérance nous vendant un islam de France parfaitement intégré, on a réussi l’exploit de faire des 3/4 de nos jeunes musulmans des ennemis de la République.

Bravo à tous nos politiques, philosophes et autres faiseurs d’opinion, qui ont oublié l’essentiel :

Il n’y a qu’un seul islam, intouchable et universel : le Coran !

Et il est inutile de philosopher sur la signification du mot « jihad », en voulant lui donner un sens moins guerrier, privilégiant la réflexion sur les textes sacrés, à la force du sabre. C’est tout simplement d’une naïveté sidérante et totalement suicidaire.

La seule interprétation du mot « jihad » qui vaille, c’est celle de l’EI : une guerre d’extermination totale, si l’ennemi ne se soumet pas à Allah.

Tout le reste n’est que salade de bonimenteur.

Jacques Guillemain