Bidar : si l’islam a quelques problèmes, c’est parce que les Français ne sont pas assez religieux

Publié le 7 septembre 2014 - par - 1 116 vues
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bidarAbdennour en remet une couche sur l’implication des Français dans les problèmes de l’islam… : « Les Français ne sont pas assez religieux… »
Sans doute qu’il doit y avoir aussi beaucoup de Français au Mali, au Nigéria, en Centrafrique, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, etc.
Et puis Abdennour trouve la religion très bien… : – ça aide sans doute pour les fins de mois difficiles…
Premier paragraphe :
Exhortations de Bidar : il faut que les Français lisent… ; il faut que les Français fassent… etc.
– « Combien de Français l’ont ouvert ? »… (Mais pourquoi devraient-ils l’ouvrir ?… pour résoudre quel problème de leur vie ?… : – ils ont déjà la religion occidentale… Doivent-ils de même apprendre le chamanisme ou le vaudou pour « bien vivre ensemble » avec les populations africaines ou autres ?…),
– « toutes les grandes religions ont été les matrices des grandes civilisations de la planète »… (C’est une déclaration à l’emporte-pièce… Que peut-on dire par exemple de la religion hindoue avec ses castes qui n’a pas franchement engendré des merveilles ? Que peut-on dire aussi de la religion amérindienne qui éventrait et démembrait ses victimes ?… et l’on ne peut pas dire dans les deux cas que c’étaient des petites civilisations…),
– « parce qu’il la ramène justement à une sorte de mauvaise conscience »… (Toujours le même refrain… Sauf qu’en fait, les Français vivaient jusque-là tranquillement sans l’islam, et qu’ils n’avaient pas à se poser de questions…)
– « le spectre si mal en point de son christianisme »… (Et alors ?… Ce serait une jalousie de la part des Français ?… C’est vraiment ce qui s’appelle avoir un raisonnement tordu…).
Paragraphe suivant :
Bidar fait la promotion de la religion –avec l’implication évidente d’une croyance en quelque chose qui n’a été prouvée par personne depuis l’origine des temps–, alors qu’il devrait faire la promotion de la philosophie à la place…
– « L’islam interpelle donc spirituellement notre France »… (Où se trouve « la spiritualité » dans les exigences de port de signes religieux dans la rue, de repas différents dans les communautés, d’utilisations de biens collectifs séparés hommes-femmes, d’abattage barbare pour les animaux, de prières dans la rue, etc.… ?),
– « cet islamisme interpelle les injustices de la société française »… (Les injustices de la société française sont identiques pour tout le monde… La société française est autant injuste envers ses propres ressortissants issus des décombres de la dernière guerre qui avaient tout juste à manger et très souvent pas de quoi se loger… D’autre part : comment se fait-il aussi que les Asiatiques par exemple ne crient pas sur les toits d’être discriminés ?…),
– « ils ne conçoivent pas que leur existence reste purement horizontale… »… (Il reste à démontrer que cela soit ça leur véritable motivation en revendiquant l’islam… Et d’après ce que l’on en sait : la philosophie n’a pas l’air d’être leur point fort…),
– « besoin de retrouver des moments de recueillement, de paix intérieure, de méditation, de partage aussi »… (Justement, pour toutes ces choses : la philosophie suffit…, que l’on peut retrouver dans le Bouddhisme par exemple si l’on tient absolument à rejoindre un groupe…),
– « où chacun retrouve l’aspiration à se relier à lui-même, aux autres… »… (Point de vue liaison des musulmans avec la population locale : – l’on ne peut pas dire que cela soit une réussite… –à en juger par le besoin de diffuser une émission sur les ondes nationales–).
Paragraphe suivant :
Et nous voilà maintenant sur le « divin »…
– « il faut peut-être que les Français dans leur ensemble acquièrent »… (Voilà : c’est aux Français de faire un effort…, alors que normalement, c’est plutôt à l’invité de faire l’effort…),
– « Mohammed… simple transmetteur de la parole de dieu »… (Y avait-il des témoins à l’époque ? Comment se fait-il que le « dieu » en question n’ait apparu à personne d’autre ? Et surtout, ne soit jamais réapparu ?…)
– « l’une des causes majeures de l’incompréhension entre la France et l’islam : c’est l’ignorance »… (Si les musulmans se comportaient comme les Asiatiques : le terme « incompréhension » n’aurait pas lieu d’être cité…),
– « les racines chrétiennes de la France ont une proximité extraordinaire avec l’islam du Coran »… (Eh bien, si cela est vrai : – alors pourquoi ne pas quitter la religion du pays d’origine, et rejoindre celle du pays d’accueil, puisqu’elles signifient apparemment la même chose ?…).

Le besoin partagé de spiritualité : N°13 du samedi 9 août 2014
http://www.franceinter.fr/emission-france-islam-questions-croisees-le-besoin-partage-de-spiritualite
(Voix un peu inaudible au départ) …Qu’est-ce qui vient après la mort ?… J’ai toujours cru en un dieu…, puis ch’ai pas aussi…, l’épreuve de tous les jours. Rien qu’en écoutant du Coran, à l’époque sans comprendre les paroles : déjà ça me touchait au cœur, alors que je ne comprenais pas les paroles… C’est quelque chose que je pense qui est inexplicable… (Musique)
Le besoin partagé de spiritualité. France, Islam : Questions croisées. Abdennour Bidar : Bonjour à tous !
Une question revient en boucle dans les débats sur l’Islam : mais au fait, que dit le Coran ? Que dit exactement le Coran sur le voile par exemple ? Un philosophe tunisien : Youssef Seddik, écrivait il y a dix ans déjà, un essai que je vous recommande intitulé : « Nous n’avons jamais lu le Coran ». Comment dire mieux l’ignorance qui entoure ce texte –y compris d’ailleurs chez un certain nombre de personnes de culture musulmane–. Combien de Français l’ont ouvert ? À l’inverse : combien de Français ont-ils ouvert la Torah, ou les Évangiles ? Tous ces immenses textes devraient faire partie du bagage culturel de chaque honnête homme, de sa culture humaniste. Mais combien de croyants ont la curiosité et l’ouverture d’esprit nécessaire pour ouvrir le livre sacré de l’autre. Hélas, nous vivons une époque d’inculture religieuse généralisée où un grand nombre d’individus ont grandi dans le préjugé que la religion : – ce ne sont que des histoires de bonnes femmes –un simple besoin de se rassurer face à l’angoisse de la mort–, alors que pendant des millénaires toutes les grandes religions ont été les matrices des grandes civilisations de la planète, et qu’elles ont enfanté des sages, des saints, des penseurs immenses qui n’ont rien à envier –loin de là– à nos penseurs profanes. Quand donc notre monde moderne va-t-il enfin se décider à rendre justice à ces héritages religieux ? Nous sortons des époques religieuses : partout la religion devient un simple fait social parmi d’autres, même là où elle est très active et très bruyante. Mais nous n’arrivons à le faire que par la porte de l’ignorance, voire du reniement pur et simple de tout ce qu’elles ont appris à l’humanité sur elles-mêmes, et de tout ce qu’elles lui ont légué. Si aujourd’hui les religions reviennent en force : c’est probablement d’abord pour cette raison. Elles protestent : elles protestent parce qu’elles ne veulent pas mourir avant que nous ayons réussi à recueillir leurs héritages. Les religions attendent qu’on leur ait rendu justice avant de mourir et de laisser la place aux spiritualités du futur. Et je crois que si l’islam embarrasse autant la France aujourd’hui : c’est aussi parce qu’il la ramène justement à une sorte de mauvaise conscience : qu’as-tu fait, toi, la France, de tes héritages religieux ? Dans le miroir de l’islam, de cette religion si vivante, si turbulente, éruptive, réactive, agressive parfois : la France voit sans doute par contraste le spectre si mal en point de son christianisme –malgré le renouveau chrétien en effet–. Ce que disait feu le cardinal Lustiger reste vrai : « Le christianisme est devenu ici en France la religion des cheveux blancs et des chaises vides. » (Musique)
L’islam interpelle donc spirituellement notre France qui se considéra pendant longtemps comme la fille aînée de l’Eglise avant de devenir laïque, et qui fut pendant si longtemps, au-delà même du christianisme, une si grande terre de vie spirituelle. Même en effet, nos philosophes les plus antireligieux comme Diderot, Voltaire ou Rousseau, admiraient tous ce qu’ils appelaient : « Le dieu caché dans l’ordre merveilleux de l’univers », « Le dieu grand architecte de l’univers » comme le nomment encore les francs-maçons. Où en es-tu spirituellement, oh toi, la France ? Telle est sans doute l’interpellation la plus profonde que l’islam nous adresse aujourd’hui. Je vous soulignais son importance parce que le philosophe de la religion que je suis –ou que j’essaie d’être– en a assez d’entendre que la question de l’islam en France serait uniquement social ; que ce serait uniquement un problème de banlieue et de ghetto… Alors certes le sociologue Gilles Képel a raison, et il faut lire son livre intitulé : « Banlieues de la république ». C’est bien dans les zones en voie de ghettoïsation comme celle qu’il étudie ici à Clichy-sous-Bois en Seine Saint-Denis –c’est-à-dire dans les zones qui cumulent toutes les difficultés sociales– que l’islam radical ou traditionaliste se manifeste aujourd’hui dans des proportions inquiétantes. Et par conséquent, oui, bien sûr, cet islamisme interpelle les injustices de la société française et l’incapacité durable de celle-ci à fabriquer de la prospérité pour tous, sans pauvres et sans exclus. Toutefois ce serait une erreur majeure de limiter ainsi la question de l’islam de France à ce phénomène social de repli identitaire des plus défavorisés et des plus fragiles. Il y a aussi des musulmans qui tiennent à leur foi et à leur culture dans toutes les autres couches de la population française –et pas seulement les plus défavorisés–. Or beaucoup de musulmans conservent ainsi un attachement à l’islam –qu’ils le pratiquent ou pas d’ailleurs– parce que celui-ci donne à leur vie une référence spirituelle, un horizon ou un ancrage spirituel : c’est de cela précisément dont nous manquons tous le plus aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Nous vivons dans des déserts de sens –je l’ai déjà souligné ici– et à cet égard aussi, les musulmans de France sont infiniment moins différents que beaucoup le pensent ordinairement. En effet comme nombre d’autres membres de nos sociétés hyper matérialistes, ils ne conçoivent pas que leur existence reste purement horizontale, sans verticalité, sans transcendance, c’est-à-dire sans lien avec les dimensions de la réalité plus mystérieuse, plus exaltante, et plus puissante que celle de la vie ordinaire. En ce sens, l’attachement des musulmans à l’islam n’est que l’une des expressions d’un processus beaucoup plus large : le retour dans nos sociétés de ce qu’on appelait autrefois « la quête spirituelle » et qui se manifeste de plus en plus chez un nombre croissant d’occidentaux comme besoin de spiritualité –religieuse ou pas d’ailleurs–, besoin de se poser à nouveau la question de fond d’un sens supérieur de la vie, besoin de retrouver des moments de recueillement, de paix intérieure, de méditation, de partage aussi et de communion profonde avec les autres. Les musulmans de France sont à cet égard profondément des femmes et des hommes de leur temps : c’est-à-dire d’une époque où chacun retrouve l’aspiration à se relier à lui-même, aux autres, et à l’univers. Voilà la dimension qu’on oublie trop souvent quand on parle de l’islam et qu’on en fait uniquement une question de revendication sociale. De toute évidence dans nos sociétés si laïcisées, si sécularisées, nous avons trop perdu de vue la dimension spirituelle de toutes les grandes questions de sociétés et de civilisations. Or c’est bien à elles que fondamentalement l’islam nous ramène en nous rappelant que –comme le prophétisait André Malraux– : « Le vingt-et-unième siècle sera spirituel ou ne sera pas. » (Musique)
Si le dialogue entre la France et l’islam doit avoir lieu aussi sur le plan spirituel, il faut peut-être que les Français dans leur ensemble acquièrent un certain nombre de connaissances de base sur cette religion. Or celle-ci repose sur une croyance fondatrice, celle de l’origine divine du Coran –Mohammed n’étant pas l’auteur, mais le récepteur passif, le simple transmetteur de la parole de dieu–. Comme le disait jadis l’orientaliste français Louis Massignon : « Les musulmans considèrent ce Coran comme une dictée surnaturelle », révélée par Allah –le nom de dieu en islam– à Mohammed à partir de l’an 610 de notre ère, et alors que celui-ci avait pris l’habitude de se retirer pour méditer dans une grotte sur les hauteurs des environs de La Mecque. Cette dimension divine que les musulmans accordent au Coran constitue a priori –a priori– une différence essentielle entre islam et christianisme. Tandis que dans celui-ci en effet : le miracle c’est le Christ –le dieu fait homme– ; dans l’islam : le miracle c’est le Coran –le dieu fait livre–. Mais là où les deux se rejoignent au-delà de cette différence, c’est dans la croyance en un dieu qui parle, en un dieu verbe, en dieu parole, et dont la parole s’incarne tantôt dans un homme –le Christ– tantôt dans un livre –le Coran–. Comme le dit l’évangile de Jean : « Le verbe s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous ». Je précise cela parce que l’une des causes majeures de l’incompréhension entre la France et l’islam : c’est l’ignorance… Combien de musulmans ? Combien de chrétiens ? Combien de Français de telle ou telle origine ou confession savent ainsi que les racines chrétiennes de la France ont une proximité extraordinaire avec l’islam du Coran ? Qu’en l’occurrence, le dieu qui vient à l’homme dans le Christ –selon la foi chrétienne– fait le même mouvement que le dieu qui vient à l’homme dans le Coran –selon la foi musulmane–. Le Christ et le Coran sont les deux la chair du verbe de dieu. (Musique)

Elie Prodhomme

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