Bigoterie à gauche : le conseil municipal d’Illkirch vote pour la viande hallal dans les cantines scolaires !

Publié le 1 juillet 2008 - par

Il n’y a pas qu’à droite que l’on trouve des suppots du communautarisme. Ils sont nombreux à l’extrême gauche, mais aussi dans la gauche dite socialiste. En témoigne cette nouvelle bigoterie du conseil municipal d’Illkirch, ville dirigée par le maire socialiste Jacques Bigot -ça ne s’invente pas !-

C’est un article des DNA -Dernières Nouvelles d’Alsace- du 28 juin 2008 qui nous livre l’info : « A la rentrée, il y aura des repas hallal dans les cantines scolaires ». Cette décision ne manquera pas de faire date et nous y contribuerons car elle est la preuve s’il en était besoin que sur la sape des principes républicains comme sur l’imposition d’une Europe anti-sociale, une majorité de la gauche est alignée sur les positions de notre chanoine-président.

Il n’est d’ailleurs pas rare que des personnalités politiques de droite montent au créneau pour défendre les principes républicains face à une gauche de plus en plus favorable à l’immixtion des prescriptions religieuses dans la sphère publique. A Illkirch, c’est la courageuse Nelly Caminade, élue de droite qui s’est élevée contre ces « repas communautaires » malgré la réticence de son groupe. Elle estime qu’ils « seraient une atteinte à la laïcité scolaire », et « qu’ils vont entraîner la formation de groupes distincts aux tables dans les cantines ».

A l’inverse, du côté de la majorité socialiste, Jean-Claude Stammbach, adjoint au maire, ancien directeur d’école et présenté comme « vieux militant laïc » avance le principe de « justice sociale » pour justifier qu’il est favorable à cette introduction du religieux au sein de l’école publique. On se croirait en 2004, lorsqu’une forte fraction de l’extrême gauche et une partie de la gauche tentaient de nous convaincre qu’il fallait accepter les signes ostensibles -religieux- à l’école publique parce que l’égal accès à l’école publique l’emporterait sur le principe de laïcité au sein même de l’école.

Pourtant, le rapport de l’Inspection Générale de l’Education Nationale publié en Juin 2004 est sans ambiguité, en voici un extrait : « L’obsession de la pureté est sans limite : à ces élèves d’une école primaire qui avaient institué l’usage exclusif des deux robinets des toilettes, l’un réservé aux « musulmans », l’autre aux « Français », répond comme amplifiée la demande récente d’un responsable local du culte musulman à l’inspecteur d’académie d’un important département urbain, d’instituer des vestiaires séparés dans les salles de sport, car selon lui « un circoncis ne peut se déshabiller à côté d’un impur. »

Ce rapport montre que la communautarisation de l’école est une étape essentielle au processus de délaïcisation de la société dans son ensemble, pour lequel les religions toutes obédiences confondues investissent tant d’énergie et de moyens. Les arguments avancés par la gauche communautariste à laquelle appartient manifestement le clan d’Illkirch participe à blanchir cette collaboration non assumée, à faire passer la pilule aux électeurs et administrés laïques, à avancer vers plus de communautarisme sous couvert de progressisme.

Nous sommes nombreux à dénoncer depuis de nombreuses années l’association abusive qui consiste à lier la défense de la laïcité à l’appartenance politique à gauche. Il n’en est rien et ce qui se passe aujourd’hui à Illkirch le montre. Nous devons constituer un front de vigilance et de riposte laïque qui ne tienne compte que de la seule adhésion au principe de laïcité et des progrès qu’il a induit (mixité, égalité femme-homme, liberté de la femme à disposer de son corps, …). L’affaire d’Illkirch nous prouve que nous sommes dans le juste. Nelly Caminade, élue UMP est sans conteste laïque. A l’opposé, il est certain que le maire socialiste Jacques Bigot ne l’est pas.

Pour moi, laïque politiquement de gauche, il est évident qu’en matière de promotion de la laïcité, c’est avec madame Caminade que je lutterai même si je me retrouve face à un élu du même bord politique que le mien.

Kébir JBIL

Président de l’Ufal de Strasbourg

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi