Blaise Pascal, entre la foi et la raison


« Ce sont deux excès également dangereux, d’exclure la raison, de n’admettre que la raison »
Pensées (1670) Blaise Pascal

Dans des sociétés où la notion même de transcendance extérieure à l’homme est remise en question et est remplacée par une vision ethnocentrique de l’homme, où celui-ci est la fin de toute chose, cette conception a montré ses limites au XXe siècle à travers les expériences totalitaires du communisme et du nazisme, l’homme du XXIe siècle est-il voué à répéter les mêmes erreurs du passé ? N’a-t-il pas le devoir d’apprendre du passé pour vivre en adéquation avec les traditions et la culture judéo-chrétienne qui ont forgé sa civilisation ?

Dans le même temps, face à la montée des intégrismes religieux, l’homme d’aujourd’hui n’a-t-il pas aussi le devoir de repenser le rapport à la foi, en sortant des postures dogmatiques, pour aller vers une plus grande ouverture et en reconnaissant l’unicité des parcours de chacun face à la question de la foi ?

Dès lors comment penser le monde et la relation entre la foi et la raison ? Au lieu de les opposer comme la culture techno-scientiste cherche à le faire, n’est-il pas urgent de repenser et d’envisager les passerelles et les complémentarités entre foi et raison ?
Dans ce contexte, ces dernières ne sont-elles pas les pierres angulaires et complémentaires sur lesquelles repose notre civilisation occidentale. Vouloir soumettre la première à la seconde et c’est l’obscurantisme religieux qui l’emporte, et de la même façon vouloir soumettre la foi à l’unique logique de la raison et c’est le chaos et l’absence de repères moraux et humains qui guideront nos actions dans nos sociétés.

Blaise Pascal est connu comme une figure importante de l’histoire scientifique et philosophique française. En effet, son nom est rattaché à de nombreux théorèmes et lois mathématiques et également à des écrits majeurs tels que les Provinciales et les Pensées. Il appartient aux cercles des penseurs généralistes qui ne cloisonnent pas leur réflexion à une discipline. En cela, il se distingue des scientifiques actuels, qui à l’image de la société moderne, sont des spécialistes très pointus dans des domaines spécifiques mais qui n’ont pas nécessairement de recul et une vision d’ensemble pour penser le monde.

Le parcours de Blaise Pascal illustre les tensions et les conflits qui traverseront le siècle de Louis XIV, avec ses jeux d’influences et de pouvoirs. En tant que scientifique épris de vérité, Blaise Pascal incarne une conception de la foi et de la religion, qui met la question de la vérité au centre de l’expérience religieuse pour en faire une exigence. En cela, il s’oppose à une vision conciliante et relative de la foi et prône pour une ascèse morale et spirituelle comme seul chemin du salut de l’âme.

Il parvient également à réconcilier avant l’heure une vision de l’homme basée sur la raison et le libre arbitre, à travers son expérience de scientifique et d’homme du monde, avec une vision de l’homme dont la vérité se trouve dans le message du Christ, seul chemin d’accès à la transcendance divine.

Etienne Darcourt Lézat
https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/film-blaise-pascal

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43 Commentaires

  1. « Dieu est le nom que depuis le début des temps jusqu’à nos jours les hommes ont donné à leur ignorance. »

        • Si l’homme est mesure de toutes choses, c’est que les choses lui préexistent et que leur existence, comme la sienne, sont autant d’interrogations à résoudre.
          Avant la science et la philosophie qui ne se distinguaient pas l’une de l’autre au début, préexistaient les religions.
          Vous avez beau vous poser en homme supérieur, vous n’êtes qu’une fourmi et quant à votre raison, elle est dominée par vos passions, dont l’orgueil, la prétention, la présomption, ces vilaines passions qui poussent l’homme à s’entretuer au nom de leur raison supérieure : voir le marxisme et le nazisme ou l’Otan aujourd’hui qui prétend enrôler l’humanité raisonnable contre la Bête immonde poutinienne.

            • Pfff !
              Et qui créa l’homme et la nature ?
              Ce sont-ils créés tout seuls ?
              Plus forts que Dieu ou les Dieux donc ?
              A moins que la nature soit là de toute éternité ?
              Hi, hi, si votre bouquin explique tout cela aussi, pourquoi pas ?
              Mais j’en doute fort !

      • @ Etienne Darcourt Lézat. Non seulement le mystère de la création mais également celui de la vie. Quelle différence entre un corps vivant et ce même corps mort une seconde plus tard? La vie l’a quitté. Jésus a dit: « Je suis le chemin, la vérité et la vie … ». A méditer sérieusement comme l’a fait Pascal et de millions d’autres avant et après lui.

        • Puisque vous faites dans la citation, je vous recommande celle-ci également. « ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que tout est compréhensible ». A. Einstein. Le mystère demeure entier.

          • J’espère que vous accepterez la nature telle qu’elle est. C’est à dire absurde. Richard Feynman.

            • Ne projetez pas le sens que vous donnez à la nature avec ce qu’elle est. Vous mélangez la compréhension et le sens. Ce sont deux registres différents.

                • Au prétexte même qu’il serait absurde, faut il entretenir l’absurdité par l’absurdité ? La foi cherche à mettre du sens, la religion est le vecteur qui porte ce sens et cherche à le transmettre.

          • Expérience de Miller 1953. Mais c’est vrai que je n’y étais pas non plus.

            • C’est bien ce que je pensais, vous avez une foi athée. Vous aussi croyez en des choses que vous n’avez pas vues. C’est ce qui s’appelle avoir la foi. J’espère ne pas vous avoir fait douter? Ceci dit, le doute est un moteur de la science, ce qui n’est pas négatif en soi.

                • Quand j’observe la perfection incroyable de la création, moi aussi je crois aux faits et aux résultats démontrés. Qui dit mieux?

    • A Groin
      Fermez les guillemets ! Mais encore ? Sinon une pensée « propre » , personnelle , l’ignorant qui s’ignore ? Pour être plus clair quand on n’a rien à dire de pertinent on ferme saaaaa …… De Socrate à Pascal et suivants en passant par Platon , Aristote , Plotin et bien d’autres , on a de quoi faire et penser bien loin de votre ignorance satisfaite .

    • Qu’est-ce qu’être raisonnable ? Telle est la question !
      Tout dépend de la soif de connaissance de chacun.
      Pour un tel, ce sera se poser des questions pratiques pour améliorer son quotidien et dans son travail résoudre les problèmes spécifiques.
      Le reste du temps, s’adonner à des loisirs divers. Et rien d’autre.
      Pour d’autres, le quotidien, le travail et la carrière, ne suffisent pas. Ils ont besoin d’autre chose de plus grand : ce sera l’art, pour les uns, la science pour les autres, et la religion pour ceux qui se posent la question fondamentale : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien et d’autres subséquentes.
      Il y a bien des scientifiques de haut vol qui se déclarent athées. Sont-ils plus raisonnables que les autres ? La science ne les rend pas meilleurs en tout cas, premier indice que leur raison est défaillante.

    • @le chti
      « Raisonnable » ? C’est ch(t)iant ! Restez raisonnable et résonnant ( comme une ‘cymbale sonore » et vide ) .
      En effet , vous avez « raison » mais sans le savoir , la foi , comme la confiance méritée … , ça n’est pas raisonnable , c’est parfois intelligent .
      Les raisonneurs ignorent la confiance , donc l’amour , la beauté ( l’art ) , et donc l’intelligence . Ce sont de tristes sires , bureaucrates classificateurs et petits comptables . A Dios …si je puis dire

  2. Donc sans religion, pas de morale ? La réalité prouve le contraire, la proportion d’athées dans les prisons est infime.

    • @Lisianthus minus ….C’est court très court , et grossier , gros et épais .
      1/La FOI , dont il et question ( ça vous a échappé ?? ) , n’est pas superposable à « la religion »
      2/ « La religion » générique n’est qu’une abstraction DONC ab-straite de la réalité des religions que l’idéologie laique refuse , a priori , de considérer
      3/ Pour faire court , depuis quand « les prisons » et donc la justice humaine sont-elles l’instance ultime suprême et infaillible distinguant les bons et les mauvais , parodie du jugement dernier ( qui j’espère adviendra ) ? Mon pauvre

      • Minus, court, grossier, épais… Le recours à l’insulte révèle toujours le manque d’arguments et la pauvreté de la pensée ! La religion, qui refuse le réel et y superpose ses inventions, est effectivement une abstraction. La croyance est une réalité mais relève de l’irréel. Je vous conseille la lecture des livres de Stephen Hawking, Richard Dawkins, Christopher Hitchens, Victor Stenger, qui éclaireront votre petite lanterne, mon pauvre…

        • Bonjour Lisianthus. En tout cas, si Dieu est (car effectivement il n’existe pas puisque hors du temps), il a laissé à l’homme le libre arbitre. Si la foi était contraignante, l’homme serait vaincu par Dieu, non convaincu. Et si la religion est une abstraction (ce qui est en effet très souvent le cas), la question de la vie, de la mort et de l’au delà reste, elle, très réelle.

          • Bonjour Gigobleu, vous avez déserté Dreuz ? Vous avez raison, Dieu n’existe pas, et heureusement il n’est pas non plus, car la simple observation de la nature montre qu’il serait pervers et malfaisant.
            « Je n’arrive pas à me convaincre qu’un Dieu bienveillant et omnipotent ait créé les ichneumons afin précisément qu’ils passent leur vie à se nourrir de l’intérieur du corps vivant des chenilles.» Darwin

    • La religion cherche à réponse la question du pourquoi, alors que la science cherche à la réponse du comment? ce ne sont pas les mêmes registres, ils sont complémentaires.

        • Bien sûr. L’athéisme, bas du front, est la marque des ignares et des orgueilleux.

          • « ignares », « orgueilleux »… Le recours à l’insulte ne révèle que le manque d’arguments et la pauvreté d’esprit. C’est la croyance qui est la marque de l’ignorance, et l’athée sait que sa pensée est le produit de l’activité de ses neurones, et qu’elle disparaîtra à sa mort, il accepte avec réalisme et modestie sa finitude. Le croyant s’est lui-même convaincu que son « âme » est indépendante de son cerveau, en ce cas on ne voit pas à quoi lui servent ses neurones (il est vrai qu’il s’en sert peu), que sa petite personne est tellement extraordinaire et précieuse que le créateur de l’univers ne va pas la laisser disparaître et va l’emmener dans un Club Med céleste nommé Paradis : lequel est le plus orgueilleux ?

            • Les athéistes bas du front, font bien pire que l’insulte, tolérez, vous aussi que l’on porte des jugements sur vous. Si vous vous sentez concerné?

  3. Merci pour la réflexion bienvenue car trop rare et pourtant indispensable et vitale à l’humanité , aux sociétés et aux individus-personnes .
    Mais pour sortir de la vieille dualité , dialectique , foi et raison cherchant d’éventuelles ( hypothétiques ) passerelles , il faudrait , il FAUT , introduire la notion , perdue….(?) , d’intelligence et donc de SAGESSE la Sophia chère aux philosophes . La raison n’étant que l’instrument ( « ORGANON » littéralement organe ) et la Sagesse , objet de l’intelligence et du vouloir , la finalité ou le Bien .
    La raison moderne , mécanique ( jusqu’à l’ordinateur …) , quantitative ( mesurable ) a écrasé l’intelligence qui implique et recherche l’amour ( que la raison ignore )

  4. Bla-bla-bla, la foi.
    Ça fait 2022 ans que les cathos nous parlent de la foi, qu’ils ont la foi, or que voyons-nous?
    Leurs églises sont vides et beaucoup tombent en ruine.
    Aussitôt que l’église catholique est entrée en France avec sa prétendue foi, vers l’an 300, la haine apparut en France, puis impossible de créer une autre église que la catholique, les cathos accusaient les vaudois, les cathares, les protestants d’hérétiques et que faisaient-ils aux hérétiques? Ils les éventraient, les égorgeaient, les brûlaient.
    Arrêtez vos conneries avec votre foi, c’est un énorme mensonge.

    • Vous mélangez la foi avec l’institution. Ce sont deux choses différentes

  5. Et si le peuple Français a cru l’église catholique pendant plus de mille ans, presque 2 mille ans, c’est parce que le peuple était ignorant, inculte, petit en esprit, crédule et superstitieux: il avait peur de Dieu, parce que le Dieu catholique est vengeur, il punit les transgresseurs.
    Le petit peuple avait même peur des curés tout-puissants et pédophiles.
    Le petit peuple: tous des paysans, des fermiers, des agriculteurs, des ouvriers, des commis, des exécutants. Aucun ne savait lire ni écrire, alors il était facile de les berner, de les tromper, de les induire en erreur.

  6. Les cathos et leur foi et leurs dogmes se croyaient tout-puissants, mais quand les Lumières sont venues, ils ont été balayés, leur pouvoir balayé et les Révolutionnaires auraient pu les châtier pour toutes leurs mauvaises actions, mais ils ont été indulgents, voire charitables.
    Et la Révolution une fois terminée, qu’ont fait les cathos et leur merveilleuse foi qui transporte les montagnes?
    Ils ont servi leurs nouveaux Maîtres: les Républicains Athées, Intelligents, Réfléchis, doués de la Raison, possédant un bon jugement et un bon discernement.

    • Qui vous parle de catholicisme ici? Ce n’est pas le sujet. La foi ne se limite pas au catholicisme. Dieu merci!

  7. Je crois au Dieu qui a fait les hommes et non au Dieu que les hommes ont fait. La science est la discipline du comment, la religion celle du pourquoi.

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