Blanc c’est noir : un monde en folie, où les pires sanctionnent les meilleurs

Publié le 20 mars 2014 - par - 1 545 vues
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L’inversion de la réalité est une acrobatie de la pensée qui fait de plus en plus fureur dans les grands médias. C’est plus qu’une mode, c’est devenu une règle d’expression. On prend un ou plusieurs faits ; on ne se contente pas de les dénaturer, comme c’était l’habitude ; on les retourne sur eux-mêmes en fabriquant leur exact contraire. Le vaincu d’un match de tennis a battu son vainqueur ; la lanterne rouge a gagné le Tour de France ; l’eau de mer n’est pas salée et Hitler a remporté la Seconde guerre mondiale.

Vous ricanez devant ces affirmations idiotes ? Pourtant, c’est le genre de choses qu’on entend tous les jours en géopolitique. Hier, c’était Milosevic qui semait la terreur en se battant pour la Grande Serbie alors qu’il s’y était toujours opposé, Saddam Hussein qui menaçait le monde avec des armes de destruction massive qui n’ont jamais existé, Kadhafi qui ravageait son pays qu’il avait transformé en nation la plus prospère d’Afrique ou Gbagbo qui régnait en tyran parce qu’il tentait d’affranchir la Côte d’Ivoire de la tutelle coloniale. Aujourd’hui c’est Bashar al Assad qui massacre son peuple en le protégeant contre les fanatiques des filiales d’Al Qaeda, Hassan Rohani qui prévoit d’atomiser la planète alors qu’il veut améliorer les conditions de vie en Iran et Poutine qui rétablit une dictature totalitaire dans une Russie qu’il a spectaculairement remise sur pied.

Poutine, parlons-en. C’est le nouveau diable. Il est à l’origine de tous les méfaits. Il a attaqué la Georgie en étant agressé par Saakashvili. Il est un danger pour les Etats-Unis qui l’ont encerclé de leurs bases militaires. Il terrorise la Pologne qui installe des ripostes de missiles US à ses portes. Et surtout il piétine son berceau ukrainien en voulant s’approprier un territoire qui lui appartient. On a rarement assisté à un tel récital de mensonges, ressassé à longueur de journée par des gens qui nient l’évidence en marchant sur la tête.

Au Kosovo, on fabrique un Etat mafieux en arrachant une province à la Serbie, c’est-à-dire qu’on efface les frontières d’un pays souverain, mais on se souvient soudain de leur existence en Ukraine en refusant de rendre à la Russie un morceau de son territoire. On proclame que l’ère des ingérences est révolue au moment où on cherche à détruire un gouvernement à Damas et on en bricole un autre à Kiev. On met au pilori les malfaiteurs qui se moquent de la légalité internationale et de l’autorité des Nations Unies, alors qu’on ne fait que ça depuis des décennies dans des dizaines de pays minés par des subversions organisées, des révolutions de couleur ou des invasions armées.

Enfin – peut-être le plus ahurissant – on voit un ministre socialiste, censé représenter la gauche d’une démocratie, prendre le parti d’héritiers du nazisme, et un intellectuel juif, éloquent dénonciateur du moindre soupçon de racisme, faire l’éloge des pires antisémites actuellement en activité.

Un monde en folie. Où les pires “sanctionnent” les meilleurs. Va-t-on encore longtemps accepter d’y vivre ?

Louis DALMAS

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