Bobo Jocelyn : qu’attend Sarkozy pour faire circuler la composition du gouvernement Laslande ?

Publié le 23 avril 2012 - par
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La fiction de Pierre Cassen et Christine Tasin – écrite, rappelons-le, en août 2011) ne s’est pas concrétisée, ce dimanche 22 avril. Si François Hollande-Francis Laslande est bien au deuxième tour, le président sortant, Nicolas Sarkozy-Charles Norzy, n’a pas été éliminé au premier tour, et donc l’UPM (Union des Peuples Métissés) n’a pas encore explosé…

Malgré tout, ce scenario risque de se dérouler dans treize jours, le 6 mai, et donc une victoire du candidat socialiste peut encore entraîner la constituion d’un gouvernement dont l’énoncée pourrait donner des cauchemars à nombre de Français.

Pour mémoire, nous mettons à votre disposition l’annonce faite, dans l’ouvrage, de la composition du gouvernement, par une porte-parole qui ressemble étrangement à Eva Joly ! Si nous nous appelions Nicolas Sarkozy, nous ferions des distributions gratuites de ce livre à un maximum d’électeurs, avant le 6 mai. Si nous étions électeurs UMP, nous le ferions connaître à un maximum d’électeurs potentiels de François Hollande…

COMPOSITION DU GOUVERNEMENT LASLANDE-BORY

Henri Lefranc savait que le Premier ministre ne pourrait être que Marie Bory. Elle était première secrétaire du principal parti de gauche, maire d’une grande ville du Nord, et avait été la ministre des fameuses trente-cinq heures. Les patrons, qui lui avaient mis le pied à l’étrier, en finançant pour elle l’APMI (Association pour une meilleure intégration), avaient fait semblant de combattre de toutes leurs forces cette mesure qui, finalement, leur avait permis d’exiger encore davantage de flexibilité de leurs ouvriers, et donc de les payer moins cher. De plus, Marie Bory avait souvent été attaquée sur des sites Internet, à cause de sa connivence supposée avec les verlamistes. Le fait que son époux, Jean-Marie Chorben, ait plusieurs fois défendu des disciples de Maollah notoires avait sans doute contribué à la défaite de son épouse, lors des primaires qui avaient désigné le candidat socialiste.

Henri détestait tout ce que représentait Marie Bory. Il n’avait pu s’empêcher de s’étrangler de rage quand il avait constaté qu’ils avaient osé prendre comme porte-parole du gouvernement la nommée Rosa Choly. Ancienne avocate, ayant quitté son pays natal, la Suède, à l’âge de 25 ans, elle était en France depuis plus de 40 ans, et persistait à parler un français des plus approximatifs.

Elle avait découvert l’écologie sur la fin de sa vie, mais les Vrais-Verts, jamais en retard d’un bon coup médiatique, avaient choisi de présenter sa candidature. Le fait que cette femme ait gardé sa nationalité suédoise, en sus de la nationalité française, révoltait profondément Henri, qui ne comprenait pas qu’on puisse avoir postulé à la présidence de la France, sans en avoir l’unique nationalité.

Rosa Choly s’était, de plus, totalement déconsidérée, aux yeux de nombre de patriotes, en réclamant, le 14 juillet 2011, la fin du défilé militaire, remplacé par un défilé citoyen. Que Marie Bory ait pu désigner un tel personnage comme porte-parole du gouvernement avait été un premier coup de poignard pour l’amoureux de la langue de Victor Hugo qu’était Henri, qui souffrait d’entendre chaque syllabe écorchée par cette femme glaciale, hautaine et méprisante.

Mais le pauvre n’était pas au bout de ses surprises. Quand il avait entendu la porte-parole annoncer le titre du prochain ministère, il avait eu des sueurs froides :

« Binistre de la construction européenne et de la démocratie citoyenne… Lionel von Moditt. » « Non ! Pas celui-là », ne put s’empêcher de gémir le vieil homme. Il se rappela toute l’oeuvre de ce nouveau ministre. Agitateur anarchiste en 1968, il avait la double nationalité, suisse et française. Il incarnait à lui tout seul tout le gauchisme post-soixante-huitard qu’Henri exécrait, et tous les mauvais combats. Un temps, il avait milité pour le droit à la pédophilie, ensuite pour l’interdiction de la gifle, puis pour la sortie du nucléaire. Mais surtout, c’était un fanatique immigrationniste et européiste, pour qui toute trace de la civilisation française devait disparaître, qui montrait un profond mépris pour l’expression populaire, quand elle ne lui était pas favorable. Il avait, lorsque ses compatriotes suisses avaient refusé, par référendum, la construction de nouveaux minarets, exigé qu’ils revotent jusqu’à ce que mort s’ensuive, et encouragé les émirs du Golfe à retirer leur argent de Suisse. Bref, deux Vrais-Verts ayant la double nationalité dans les deux premiers ministres, cela ne pouvait commencer plus mal.

« Binistre de l’Intérieur, chargé des relations avec les cultes… Laurent de la Noëlle. » « Putain, pas lui », n’avait pu s’empêcher de hurler Henri, qui s’était surpris à prononcer une grossièreté qui lui était totalement étrangère. On allait mettre la police française sous les ordres d’un homme qui, maire de la capitale française, n’avait jamais su, durant son mandat, empêcher les prières verlamanes illégales dans de nombreuses rues de sa ville. On allait charger des relations avec les cultes un élu qui avait particulièrement brillé, tout au long de son mandat, en violant la loi de 1905, et en arrosant avec une grande générosité nombre de cultes. L’ordre public serait représenté par cette caricature de la bobocratie parisienne, qui n’avait pas hésité à accueillir des clandestins tunisiens, arrivés illégalement en France, et à leur payer l’hôtel, là encore avec l’argent des Parisiens. Henri n’avait pas davantage oublié la fameuse soirée-ramadan, l’année précédente, où Laurent de la Noëlle avait invité le verlam en personne, et son quatrième pilier, le jeûne – considéré par le vieil homme comme une pratique imbécile – dans son Hôtel de Ville. Il avait eu une pensée pour tous les policiers qui allaient devoir travailler sous les ordres d’un tel ministre, et se sentit soudain très las.

« Binistre de la Défense et de la Paix… Bernard-Rémi Ravi ! »

Un long gémissement avait accompagné cette nouvelle annonce. Ils avaient osé mettre ce prétendu philosophe qui, depuis trente ans, envahissait les plateaux de télévision, dans ce gouvernement, et en plus le nommer ministre des Armées. Depuis des décennies, cet ancien gauchiste insultait les Français, ne voyait dans leur pays que des nostalgiques du colonialisme et de Vichy, et qualifiait régulièrement le peuple de raciste. Milliardaire, passant son temps entre les Etats-Unis et Marrakech, il avait une influence médiatique énorme, faisant et défaisant les carrières. Il était prêt à tout pour se mettre en vedette, et instrumentalisait toutes les causes pour servir la seule qui l’intéressait vraiment : la sienne ! Ministre de la Défense et de la Paix, en plus, qu’est-ce que c’était que ce galimatias ? Henri n’avait pu, malgré la gravité du moment, s’empêcher d’éclater de rire en imaginant Bernard-Rémi Ravi en treillis militaire, la chemise grande ouverte pour faire fantasmer ces dames avec sa poitrine velue ! Il avait imaginé son épouse, Marielle Lamballe, en treillis militaire, à côté de lui, se livrant à un défilé de mode mettant en valeur une poitrine avantageuse par un décolleté vertigineux. Cela allait être cela, la France !

« Binistre de l’Education nationale et des Apprenants… Philippe Lemeilleur. »

Abattu, le vieux républicain n’avait eu aucune réaction. Il s’était rappelé que c’était ce triste individu, qui, en toute logique, ayant fini chez les Vrais-Verts, avait réussi l’exploit de foutre en l’air un système scolaire que le monde entier leur enviait, en moins de vingt ans. Pape des pédagogistes, il avait expliqué, appuyé par les différents gouvernements en place, que l’école ne devait plus être un lieu de transmission des savoirs, mais d’apprentissage du vivre ensemble, où les petits trésors devaient s’épanouir, et surtout ne plus faire d’efforts. L’enfant au centre de son apprentissage, c’était lui ! L’abandon de la discipline, c’était lui (mais l’arroseur avait été arrosé, quand, en fin de carrière, après des années passées à l’abri des Instituts de formation des maîtres, le pédagogiste avait dû enseigner à nouveau devant une classe de CM2 et avait avoué, en 2011, être dépassé par les événements, en l’occurrence, l’incapacité des enfants à se concentrer…) ! Une orthographe devenue catastrophique, c’était encore lui, et ses disciples, les bébés Lemeilleur, formataient tous les nouveaux enseignants dans ce nouveau moule de la pensée unique de l’Education nationale. Henri se souvenait que, bien qu’ayant quitté l’école à 12 ans, il ne faisait aucune faute, alors que son petit-fils préféré, Jocelyn, à 14 ans, ne comprenait toujours pas les règles grammaticales de base.

Le grand-père se rappelait les disputes mémorables qu’il avait eues avec sa bru, enseignante, militante socialiste, syndicaliste et membre de la SOS Droits de l’Homme , qui lui expliquait qu’il était dépassé, que l’orthographe était la science des ânes, et que ce qui comptait était l’intelligence et la créativité de son fils, et pas la manière dont il écrivait.

« Binistre de la Mondialisation solidaire… Marc Attila. »

Là, Henri avait commencé à disjoncter, et n’avait pu se retenir de jeter rageusement son vieux chausson en direction du poste de télévision. Attila ! Cet ancien conseiller du président Leharent, de 1981 à 1993, était passé au service de Charles Norzy, dès 2007. Il n’arrêtait pas, sur les plateaux de télévision, de leur raconter que la France devait disparaître, qu’il fallait toujours et toujours plus d’immigration et plus d’Europe et que le verlam était en France avant le christianisme, allait se retrouver ministre d’une République qu’il n’avait cessé de combattre tout au long de sa vie… Le vieil homme se rappelait que celui que tous les journalistes aux ordres considéraient comme un génie avait remis un rapport au Président de la République précédent, où il envisageait de libérer l’économie française de tous ses carcans ! Plus de services publics, plus de code du travail, le marché roi ! A côté de lui, Reagan et Thatcher apparaissaient comme de dangereux collectivistes !

« Binistre de la Démocratie participative… Marjolène Loyal »

Henri n’avait même plus eu la force de protester, ni de penser. Evidemment qu’on ne pouvait y échapper à celle-là ! De toute façon, au point où on en était…

« Binistre de l’Entreprise et de la Diversité… Florence Berlingot ».

Henri, effondré, avait constaté qu’ils avaient même osé ça ! Mettre dans un gouvernement de gauche l’ancienne responsable du principal syndicat patronal. Celle qui réclamait, pour baisser les coûts du travail, toujours plus d’immigration, quand leur pays comptait plus de 4 millions de chômeurs.

« Ah, ah, bravo les socialos, elle est belle, votre gauche », n’avait-il pu s’empêcher de grincer.

« Binistre du Travail, de l’Industrie et de la Solidarité entre les peuples… Jean-Jules Méchandon »

« A la soupe » avait persiflé Henri, qui, dans le passé, s’était surpris à manifester de la sympathie pour cet homme de gauche, qui, un des rares, osait encore parler de République. Il se souvenait de ses combats inlassables contre la charte des langues régionales ou minoritaires, que Bruxelles voulait imposer à la France, mettant ainsi la langue nationale au niveau des patois locaux. Il n’avait pas oublié le formidable combattant du « non de gauche » de 2005, contre le Traité Constitutionnel Européen. Mais c’était du passé. A présent, Méchandon avait basculé dans une espèce de gauchisme écologiste, disait que l’immigration enrichissait le peuple (tu parles Charles !), que le verlam ne posait aucun problème en France (ben voyons !) et qu’il ne fallait surtout pas sortir de l’Union européenne, mais se battre pour une autre Europe (cause toujours !). Il retrouvait des accents laïcards, quand, passant devant une église, il criait « A bas la calotte ! ».

Bref, Méchandon avait toujours été, sous l’apparence de discours contestataires, un rabatteur de voix pour la gauche, et faisait partie du système. Il allait donc trouver la récompense de ses bons et loyaux services.

Effondré, Henri avait éteint la télévision. Il n’avait su que le lendemain, en lisant son journal, Le Parisien, que des ministres de droite faisaient également partie de ce gouvernement. Albin Purré, Jean-Loup Viveloo, et Frédéric de Painlevit avaient accepté des maroquins, montrant finalement que le gouvernement Bory pratiquait la même ouverture que son prédécesseur, en 2007. Il avait appris que quatorze nouveaux ministres étaient issus de la diversité, et que cela devrait marquer un tournant décisif dans la représentativité des nouveaux élus. Il s’était montré perplexe sur certains ministères, et leur utilité. Que l’ancien champion de basket Yann Moah soit ministre de la Solidarité, de l’Amour et du Bonheur lui paraissait plutôt surprenant, mais cela devait faire partie des gadgets démagogiques, ce sportif étant, à ce qu’il paraissait, le citoyen préféré des Français, bien qu’il passât la majeure partie de son temps aux Etats-Unis.

(…)

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