Bon voyage en Arménie, Éric Zemmour

Bon voyage en Arménie. J’l’ai écoutée tellement de fois, cette chansonnette ! C’est une chanson enfantine qui commence toujours gentiment par « Les soutiens estimables versus les soutiens méprisables ». Puis peu à peu, sans prévenir, le refrain redondant laisse entendre ce : « Le camp du Bien et le camp du Mal ». Et l’apothéose prévisible d’une mélodie bien pervertie finit inéluctablement en :

« Les gentils contre les méchants ».

Pendant la guerre d’Artsakh, en octobre 2020, une délégation française se rend en Arménie, à Erevan, en soutien aux Arméniens.

Ils défilent tous devant les micros, avec ces journalistes choisis et dépêchés sur place pour l’occasion. Me trouvant déjà à Erevan, j’apprends que ladite délégation française, logée au Grand Hôtel Yerevan, est composée de « tous les bords politiques (droite/gauche)… à l’exception d’un sénateur français, Stéphane Ravier.

Ce dernier, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, avait beau soutenir également les Arméniens, selon les critères médiatico-politico français, il n’appartenait pas au « camp du Bien », et n’ayant pas obtenu son brevet en respectabilité, il a donc dû s’y rendre séparément (un ami arménien, l’accompagnant pour la traduction, m’ayant soigneusement exposé la situation.)

Aujourd’hui, l’histoire se répète irrémédiablement avec la venue du candidat Zemmour en Arménie. Ce qui suscite mon intérêt, c’est la capacité de ces détracteurs à vouloir faire croire que les autres prétendants, candidats, élus, députés et politiques « de tous bords » s’y sont rendus pour des raisons louables alors que lui s’y rend aujourd’hui pour des raisons méprisables.

Bien évidemment que le candidat Zemmour va en Arménie avec des vues électoralistes en France (comme tous les autres candidats également, car à défaut d’être naïfs, soyons au moins honnêtes).

Bien évidemment que le candidat Zemmour méconnaît la situation arménienne de par la complexité du conflit (tout comme Pécresse, Mélenchon, Hidalgo, Jadot, Macron & co, etc.).

Qui d’ailleurs est capable d’évoquer ce conflit historique avec les arguments et les connaissances géostratégiques ? En définitive, le combat politique français s’invite en territoire arménien. Beaucoup d’intervenants se sont déjà rendus pour faire entendre leurs voix : Michel Onfray, Sylvain Tesson, Philippe de Villiers, Boyer, Buisson, etc. Systématiquement est venu planer au-dessus de leurs têtes le mot et l’injure suprême : « extrême droite ».

Bien évidemment que le candidat Zemmour a dans ses alliés un avocat, Olivier Pardo (qui défend des intérêts azéris. Comme la droite de Rachida Dati et la gauche de François Hollande) et que cela doit être soulevé.

Bien évidemment, tout comme je le fais, il se prononce et positionne ouvertement « contre les lois mémorielles » (PLEVEN/GAYSSOT/TAUBIRA) (organe institutionnel national qui se substitue aux historiens et statuent en leurs noms) et non « contre la reconnaissance du génocide arménien » (nuance de taille colossale). PS : est-ce que la pénalisation de la négation du génocide arménien permet aujourd’hui de freiner les véhémences turques assumées ? À part caresser la diaspora arménienne pour apaiser sa conscience, que fait-on aujourd’hui contre l’épuration ethnique de son peuple ?

Qu’on se le dise, LA FRANCE et ses élus (droite/gauche) vont en Arménie « manger du Kholovatz et danser le Kotchari », mais les ventes d’armes et accords économiques colossaux se font bien avec la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Depuis la guerre du Haut Karabagh, les Français d’origine arménienne vivant en France se voient désormais assimilés en toute impunité par les médias nationaux à des gens d’extrême droite en France. Car ils ont le tort, eux aussi, de vouloir préserver leurs racines, leur langue, leur terre, leur culture, leur histoire et leur destinée…

C’est un sentiment étrange, mais on pourrait rajouter : « un peu comme en France d’ailleurs ».

Aujourd’hui, Éric Zemmour est en Arménie. Soyons à la hauteur de ce que nous sommes. Tâchons d’être accueillants et bienveillants, de faire jaillir notre hospitalité. Avec lui, comme avec tous les autres soutiens de l’Arménie de tous les autres bords politiques.

Gérard Boyadjian

Français de branche et patriote français

(D’origine et de race arménienne).

 

 

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4 Commentaires

  1. je comprend !!
    gerard il est vrai que les occidentaux devrais soutenir a fond ce qui reste des chertiens d orient et surtout des armeniens aux combien nos freres
    mais cette europe pourrie ne le fait pas par peur de muzz
    mais le jour viendra comme une evidence le vivre ou mourrir
    avec la tete haute et dans l honneur !!

  2. Merci pour cette mise au point,M.Boyadjian.Il serait interessant d’entendre votre point de vue sur les enjeux geostrategiques et de nous eclairer sur la nature du conflit dont souffre l’Armenie dans cette region.

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